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P.D. James invente une suite criminelle au roman de Jane Austen "orgueil et préjugés".
Elizabeth Bennet est mariée à Mr Darcy et est devenue la maîtresse du domaine de Pemberley. Mais, la veille d'un grand bal, un homme est tué dans les bois du domaine et Georges Wickham est retrouvé sur les lieux du crime.
P.D. James crée une suite extrêmement habile en utilisant les codes de l'écriture de Jane Austen. C'est un véritable plaisir de retrouver les personnages d'"orgueil et préjugés", fidèles à eux-mêmes dans cette intrigue policière digne du XIXe siècle.
Lemaitre est le roi des rebondissements. Avec "Alex", le lecteur se fait de nouveau transbahuter par son personnage. On retrouve le commissaire Verhoeven, déjà dans "Travail soigné" (disponible en format poche). Dans la première partie, Alex se fait kidnapper et séquestrer, on ne sait pas trop pourquoi. Mais il s'échappe. Et la deuxième partie commence...
Lemaitre a un style fluide, son polar se déroule tout seul. On peut émettre des réserves sur son personnage mais l'action prend le dessus sans problème. De même, on peut signaler les polars "Cadres noirs" et "Robe de marié" du même auteur qui sont aussi excellents !
Dans un lieu imaginaire se dresse à flan de falaises, un château-auberge le Coq vert. C'est dans ce décor de contes de fées que l'on va s'attacher dès le tome 1 aux personnages. Polpette, le cuistot du château, est à l'affût des bonnes herbes et recettes qui rythment la vie des habitants. La belle demoiselle Alméria n'est autre que... la chauffagiste du château. Tout ce petit monde est sous les ordres (enfin, c'est beaucoup dire !) d'un comte qui a un côté Salvador Dali. Le dessin de Julien Neel donne une touche envoûtante à ce château. Vivement la suite !
Un jeune auteur serbe est invité à résider au Bellagio, un genre de Villa Médicis au bord du lac de Côme. Au début, il ne fait rien du tout à part boire de l'alcool. Mais peu à peu, il va s'ouvrir aux autres et le lecteur devient spectateur de sa transformation.
Valjarevic nous offre des scènes magnifiques comme la communication par le dessin entre l'italienne Alda et le jeune homme serbe. On est presque déçu que ce livre termine car il est beau, aussi beau que la région de Côme.
Ce livre est une agréable surprise, un roman à découvrir. Annabel Lyon fait d'Aristote le narrateur de son roman. Le philosophe, accompagné de son épouse Pythias et de sa suite, se rend à Pella, la capitale de la Macédoine. Il revoit son ami d'enfance, le roi Philippe, qui va lui demander d'être le précepteur de son fils, le futur Alexandre le grand.
Très vite, l'écriture d'Annabel Lyon nous rend le personnage d'Aristote attachant. De même, le lecteur sent toute la force du personnage d'Alexandre, encore enfant. A. Lyon travaille en finesse la psychologie des personnages. Elle évoque aussi des thèmes forts comme la transmission, les rapports filiaux, le pouvoir. Les dialogues sont intelligents, rythmés par des mots et expressions plus contemporains. Une belle surprise de cette rentrée littéraire.
Lisbeth prépare 10 billets de 500 euros dans une enveloppe dans le but de passer une nuit à Reykjavik avec Eduardo Ros, un argentin amateur de tango. Une histoire banale en apparence.
Mais ce roman est beau et froid, sensuel et dur, dérangeant et envoûtant. Brina Svit joue sur le stéréotype de l'argentin ou sur celui de la femme d'affaire qu'incarne Lisbeth, sauf que le lien n'est pas approprié. L'Islande n'est pas d'un exotisme fou pour s'envoyer en l'air toute la nuit. Sensuel et froid...
Le personnage de Lisbeth cache de sombres pensées et le lecteur se demande si Eduardo va être son remède. Dérangeant et envoûtant...
Il n'y a pas d'amour à proprement parler, dans ce roman, mais on aimerait ! Brina Svit nous offre, par petites touches, les ingrédients d'une relation. Que l'on soit fleur bleue ou non, on espère. Beau et dur...
Coup de coeur de la rentrée littéraire.
Thierry Laget nous offre un roman très littéraire et énigmatique pour cette rentrée littéraire. Un homme est chargé de cataloguer la bibliothèque du château de la comtesse Azélie. Il va faire de nombreuses rencontres : l'ex-mari d'Azélie, la cuisinière, la vendeuse de légumes... Mais la comtesse reste pour lui un personnage mystérieux : quel est son passé ? Pourquoi a-t-elle conservé le château ?
L'ambiance de la Lanterne d'Aristote fait ressurgir les fantômes. Dès les premières pages, Azélie et le narrateur descendent dans les souterrains du château. L'écriture de Thierry Laget nous entraîne dans un monde invisible à l'oeil nu. C'est un roman envoûtant, un hymne à la littérature.
Après Sukkwan Island, David Vann signe une fois de plus un roman magistral.
De deux personnages dans Sukkwan Island, nous passons à quatre personnages principaux, une famille en Alaska. Gary, le père, rêve d'une vie entre pionnier et viking. Pour accomplir ceci, il entreprend la construction d'une cabane sur un îlot désolé. Irene, sa femme, comprend peu à peu qu'elle raté sa vie et développe des migraines psychosomatiques. Puis, il y a les enfants, déjà adultes, Mark et Rhodda. Le fils est pêcheur et fumeur d'herbes. Rhodda souhaite autre chose même si elle doit épouser son ami Jim, un dentiste inintéressant. Avec ces personnages, on sent qu'un drame n'est pas loin.
Comme dans Sukkwan Island, l'Alaska donne un ton dur et beau à ce roman. David Vann nous entraîne vers la fin de cette famille. La montée en puissance de son écriture nous fauche comme le vent froid et l'hiver qui arrivent sur l'îlot.
Une fois de plus, on n'en sort pas indemne. Superbe !
C'est un livre mystérieux où se mêlent les revenants et les croyances indiennes qui peuplent les bois de Sawgamet.
Le narrateur, prêtre anglican, revient à Sawgamet pour prendre la succession de son beau-père, Earl, à la tête de l'église. Il revient sur ses souvenirs et les mythes que se racontent les habitants de génération en génération.
Jeannot, son grand-père, s'installa à Sawgamet pour chercher l'or qu'il ne trouva pas. Mais il fit fortune en exploitant le bois pour ceux qui en trouvaient (Il y avait de l'or, mais pas pour Jeannot).
Alexi Zentner nous emmène dans le froid, aux limites du rêve. Certaines scènes sont merveilleuses, comme lorsque Sawgamet se retrouve sous six mètres de neige.
Quelques mots sur l'auteur : Premier roman de cet auteur américain.
Véronique Ovaldé nous offre à nouveau un très beau roman. Vida fait appel à la police car elle suspecte une effraction sans vol dans sa très belle maison. Le Lieutenant Taïbo se rend sur les lieux. Et leur rencontre est la première d'une belle série. Les quatre personnages ont du mal à trouver leurs nids et devront défaire les liens qui les entravent pour accéder à la liberté et au bonheur.
Comme dans «Ce que je sais de Vera Candia», les lieux, le pays sont imaginaires : la colline de Villanueva ou le village d'Irigoy. On bascule alors dans le conte, la frontière de l'imaginaire qui rend son écriture plus forte. Coup de coeur de la rentrée littéraire.
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