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  • Le choix des libraires : Pardon mère (1 choix) - Jacques Chessex - Grasset, Paris, France - 14/07/2012

Il dit d'elle qu'elle avait les yeux plus bleus et gris que le ciel de ses montagnes suisses. Il dit d'elle tant de choses vraies et fragiles. La véracité ne tenant qu'à l'évocation. Dans toute sa puissance puisque seule son évocation reste d'elle. Dans son souvenir d'elle et de lui, de lui contre elle. Il dit tant de lui aussi. Il se maudit et la chérit. Il se maudit dans son amour à elle. Dans ses manques à lui. L'écriture comme seule rédemption, comme ultime déclaration d'un amour total.

Lorsqu'une plume aussi pleine et déliée que celle de Jacques Chessex se donne le temps et la verve d'accompagner son amour à sa mère, il reste comme une admiration indicible pour l'auteur et son oeuvre, malgré lui sans doute.


Ils se font face. Ils se sont retrouvés sur le quai de la gare, sont montés dans le train, se sont assis d'un même élan dans un compartiment, mais les autres voyageurs les empêchent d'exprimer pleinement leurs sentiments. Alors ils se font face en silence, et chacun pense à ces neuf années de séparation.
L'homme était jeune alors, pauvre, acharné au travail, prêt à tout pour sortir de sa condition miséreuse. La femme était moins jeune, prévenante, intelligente et fort belle. Mais elle était mariée à l'employeur et bienfaiteur du jeune homme. Ils se sont chastement aimés avec passion jusqu'à ce qu'il soit envoyé au Brésil, ce sont promis l'essentiel avant son départ.
La Grande Guerre ayant éclaté, le retour de l'homme a été différé bien des fois, et les vies de ces deux êtres se sont définitivement réalisées l'une sans l'autre.
Ils se font face maintenant, s'aiment encore, ou veulent le croire.
Pourtant, il n'y a rien d'autre que le passé face à eux, ce passé qui les envahit sans jamais leur donner la possibilité de se retrouver dans le présent, et encore moins de se projeter.
Sans doute prennent-ils alors conscience que ce voyage dans le passé sera celui de l'amour ou du désamour, de nouveaux espoirs, ou de désillusions. Chaque mot, chaque pensée, chaque geste est lourd de significations et d'implications. Que reste-t-il, que gardent-ils l'un pour l'autre, au bout du temps ? Aussi surprenant que cela puisse paraître, voici une nouvelle du maître encore jamais traduite en français. Encore plus surprenant, il ne s'agit pas d'un fond de tiroir qui aurait dû rester là où il était, mais bien d'un petit joyau littéraire, comme sait les concocter S. Zweig. On y retrouve la profondeur, l'intelligence et la sensibilité de l'auteur. On y retrouve la confusion des sentiments, le temps qui se dilate ou se contracte, toujours à contre-courant de ses personnages, comme perdus en eux-mêmes. Superbe.


  • Le choix des libraires : La muette (4 choix) - Chahdortt Djavann - Flammarion, Paris, France - 14/07/2012

Fatemeh a 15 ans. Elle va bientôt être pendue. Du fond de sa cellule, elle écrit ce court récit, pour témoigner. Pas pour que les gens lui pardonnent, mais pour qu'ils comprennent. Le récit d'une jeune fille en sursis, qui vient de connaître en quelques mois les bouleversements de toute une vie. L'amour et la mort réunis. L'amour de sa tante, dont elle conte l'indépendance, l'esprit de résistance. Muette, celle-ci ne cache pas ses opinions dans sa poche. Dans cet Iran tenu par les Mollahs, elle vit tête nue et ose dévoiler ses sentiments à l'homme qu'elle aime, sans se soucier de celui à qui elle est promise, pour ne pas dire vendue. Fatemeh livre ces bouts de vie cachés. Les regards, les caresses, l'amour, la sensualité des corps en désirs, les jeux, les rires, et l'horreur. La violence de certains hommes, la complicité de certaines femmes, et l'abdication ou la mort des innocents.

Un texte dense et sobre, fluide, presque léger malgré la dureté du propos. Des personnages touchants et profonds. Chahdortt Djavann ne sacrifie pas son récit aux artifices sentimentaux qu'auraient pu sous tendre son sujet. C'est une vraie réussite que ce court roman.


  • Le choix des libraires : Auprès de moi toujours (2 choix) - Kazuo Ishiguro - Gallimard, Paris, France - 14/07/2012

Hailsham est un centre, quelque part en Angleterre, qui accueille des enfants, de tout petit à l'adolescence. Marquée par son passage dans cet établissement étrange, Kath nous relate avec mélancolie ses souvenirs d'enfance. Les journées d'étude, de sport, et d'activités créatives en tous genres, les regroupements et les échanges d'oeuvres artistiques entre élèves, les «gardiens», chargés d'éduquer et préparer plus que de surveiller. Mais préparer à quoi ? Eduquer dans quel but ? Pourquoi l'art parait si essentiel à tout le monde ? Quel avenir attend donc ces enfants chargés de mystère, craints par leurs professeurs malgré leur douceur et leur innocence ? Qu'y a-t-il juste derrière l'enceinte de Hailsham ? Quel monde et quelle vie attendent Kath, Ruth, Tommy et les autres ?

Ishiguro dévoile son intrigue au fil des pages, et croise les histoires parallèles pour mieux capter et surprendre. On se retrouve comme ses personnages, un peu perdu dans un monde dont on reconnaît les secrets sans pouvoir les percer. A l'instar de ses «gardiens», l'auteur lève un bout du voile à chaque chapitre, et l'on est comme happé par les questions posées et les réponses apportées, par ce monde si terriblement proche du notre, par les destins de ces jeunes que l'on voudrait sauver de leurs chimères.
Un roman d'anticipation intelligent autant qu'émouvant, saupoudré d'une pincée de philosophie qui n'est pas sans rappeler les plus illustres des prédécesseurs de Ishiguro : Aldous Huxley et Georges Orwell.


  • Le choix des libraires : Emily ou La déraison (1 choix) - Jean-Pierre Milovanoff - Grasset, Paris, France - 14/07/2012

Suite à la disparition des figures ancestrales de sa famille, le narrateur revend la maison familiale et s'installe à Paris avec sa soeur Emily.
Emily est une jeune fille innocente. Un grain de poussière dans les rouages de son cerveau, une sensibilité exacerbée et une angoisse de tous les instants, la rendent originale et émouvante, perdue dans la vie et ancrée dans son monde.
Son frère a probablement inconsciemment décidé de la sauver d'elle-même, et le sort s'en mêle en lui proposant une histoire d'amour à son image, profonde et légère à la fois. Et puis le sort s'acharne finalement, sans trop savoir pourquoi. Et Emily s'en sort, plus ou moins, sans conscience, mais glisse petit à petit hors d'elle-même, sur les chemins de la déraison.

Une belle histoire, un personnage central très touchant, une écriture fine et précise. Un beau roman


  • Le choix des libraires : Le rêve de Machiavel (1 choix) - Christophe Bataille - Grasset, Paris, France - 14/07/2012

Italie, 1527. La peste frappe le pays. Un homme s'est enfui de Florence où la maladie sévit, et arrive aux portes d'une petite ville toscane encore épargnée.
Cet homme est un prince, un conseiller des rois, un homme de lettres, de connaissances, un être qui a longtemps eu droit de vie et de mort sur ses congénères par sa simple parole.
Il connaît le monde, il connaît la vie, et surtout la mort, il connaît les hommes, et leurs vices, il connaît le pouvoir, ses rouages, ses limites, ses devoirs, ses droits et ses excès.
Cet homme est Machiavel. Il se croit encore Prince sans doute. Mais il vient de Florence la maudite, et plus rien ne compte. Ses titres sont sans valeur, ainsi même que ses diamants.
La peur a raison de tout, et lorsque le peuple n'ose plus boire ni manger, l'argent et le pouvoir n'ont plus de signification.
Le Prince Machiavel est littéralement mis à nu, on l'observe, on cherche les petites tâches grises, on n'en trouve pas, puis on le fait rentrer dans la ville.
Quelques jours passent, et la mort s'abat à nouveau. Elle rôde dans la cité, s'insinue dans chaque recoin, s'engouffre, et finit par s'établir en maîtresse sur son nouveau royaume.
Lorsque brûler les cadavres ne suffit plus, on s'en prend aux vivants qui les ont approchés, aux sorcières, aux juifs, aux parias, à tous ceux qui pourraient représenter la cause de ces malheurs.
Lorsque même les bourreaux ont peur de la mort, c'est que la barbarie a atteint son âge de raison.
Machiavel se cache, rôde, un couteau en main, trouve refuge dans une auberge abandonnée, et tente comme il peut de survivre à ce cauchemar.
Il sauve un jour une jeune fille de la torture et des flammes. Une jeune fille qui montre manifestement les signes avant-coureurs de la peste. La sauver, c'est déjà s'attacher.
Il la protège, la soigne tant qu'il peut. Il l'aime.

Voici probablement l'ovni littéraire de la rentrée. Christophe Bataille imagine les jours de Machiavel lors de la peste de 1527, en se basant sur ses écrits.
Il lui crée cet amour, le dernier, celui peut-être de la rédemption.
Derrière l'anecdote, c'est Machiavel lui-même qu'il réinvente, réhabilite. L'homme qu'il fut, au-delà de l'image populaire qui en est restée.
Un homme hanté, qui a peur, qui veut vivre, qui aime encore, qui observe, qui pense et qui s'émeut.
Ce n'est pas un diable humanisé. C'est un homme, tout simplement. Et voilà l'autre partie de ce roman mystérieux : une réflexion imagée et implicite sur la condition humaine.
La langue est riche, soutenue, très belle, à la fois classique et moderne. C'est un long rêve que nous propose de visiter l'auteur. Un long rêve qui s'éternise dans une réalité imaginée. Certains le trouveront impénétrable, sans doute. On se dit que Christophe Bataille est trop ambitieux. Et puis on termine le livre sans même s'en rendre compte, et on loue son auteur de nous offrir quelques bouts de ses ambitions démesurées.


  • Le choix des libraires : Chaos calme (2 choix) - Sandro Veronesi - Grasset, Paris, France - 14/07/2012

Pietro n'est pas là lorsque sa femme fait une rupture d'anévrisme sous les yeux de leur fille Claudia. Il n'est pas là car il est en train de sauver une inconnue de la noyade. Pétri de culpabilité, il décide de passer ses journées devant l'école de Claudia, dans sa voiture la plupart du temps, dans le café du coin ou le parc mitoyen. Il observe la vie alentour, les habitants du quartier, les passants, et porte un regard tendre et amer, cynique et doux, sur la vie qui continue son chemin. Il attend. Mais il ne souffre pas. Il est dans cette phase étrange où le drame est bien présent mais n'a pas encore explosé en lui, ni en sa fille d'ailleurs, dans un «chaos calme» comme il le définit.
L'enchaînement des conséquences de cette immobilité porte tout son entourage, personnel et professionnel, à venir se liquéfier dans sa voiture, chacun y allant de son malheur, de la triste anecdote qui a bouleversé sa vie. D'abord objet de compassion, Pietro devient l'analyste involontaire de son monde, l'oreille attentive et discrète dont ces êtres au bord de la rupture avaient besoin. En tous les cas jusqu'à ce que sa fille vienne remettre quelques pendules à l'heure.

Un roman fort, très bien écrit et aux idées souvent originales. Un sens du retournement absurde digne de Beckett, un existentialisme doux, entre humour tendre et cynisme noir. On referme ce livre en regrettant déjà que ses personnages ne nous accompagnent pas plus longtemps. Une réussite.


  • Le choix des libraires : La vigilante (1 choix) - Melanie Wallace - Grasset, Paris, France - 14/07/2012

Jamie, déjà marquée par le destin malgré son jeune age, a perdu sa mère il y a peu. Elle fuit la maison d'accueil, surtout pour garder son chien, seul lien familial et affectif qui lui reste.
Elle vagabonde, arrive dans le village natal de sa mère, derrière le lac de retenue où, quelques dizaines d'années plus tôt, ses aïeux avaient dû partir et abandonner leur ville aux eaux à cause de la construction d'un barrage.
Ce retour inconscient aux sources va représenter une renaissance certes miséreuse mais salvatrice.
Elle tisse de nouveaux liens, sociaux, amoureux, et professionnels, même si elle continue de vagabonder comme hantée par ses fantômes, à demi noyés dans les eaux du lac.
Mais un soir, Jamie découvre un jeune garçon attaché à un arbre, puni par son père. Elle le libère, sans se douter que ce geste va la poursuivre comme une malédiction.
C'est en effet toute la violence d'êtres dégénérescents qu'elle déclenche à cet instant, l'horreur innommable de secrets de familles sordides.
Se laisser porter par les évènements ne sera cette fois plus suffisant pour échapper aux démons qui la hantent, ni à ceux qui la poursuivent.

Dans un paysage de brume et de neige, des êtres morbides se débattent dans la violence de leur dégénérescence. La loi du Talion est la seule acceptable. L'amour peut prendre place, pourtant, si le destin le veut bien.
Un excellent roman noir, qui vous glace de froid et d'angoisse. Une écriture d'une rare intensité, ponctuée d'images poétiques sensibles. Un second roman très réussi. Un auteur à découvrir, et à suivre.


  • Le choix des libraires : Femme de chambre (1 choix) - Markus Orths - Liana Levi, Paris, France - 14/07/2012

Lynn sort d'une cure de six mois en hôpital psychiatrique. On ne sait pas les raisons profondes de son internement, et cela n'a pas grande importance. Elle tente juste de reconstruire quelque chose, quoique ce soit, d'un tant soit peu tangible.
Elle trouve du travail comme femme de chambre dans un hôtel de luxe.
Cela lui va bien comme travail. D'abord parce que ça occupe ses journées, ses pensées, ses mains. Ensuite parce que c'est à l'image de ce que Lynn doit accomplir : ne laisser aucune trace, aucune tâche, aucun vide s'immiscer dans sa vie, puisqu'elle a conscience que le moindre écart la mettrait probablement en déséquilibre.
Mais à force d'y consacrer tout son être, la propreté finit par devenir une obsession, grandissante, jusqu'à paraître franchement compulsive.
Cela arrange dans un premier temps tout le monde, puisqu'elle ne fait pas payer ses heures supplémentaires, qu'elle passe à nettoyer, récupérer, brosser, toutes les chambres, même inoccupées, toutes les pièces, tous les objets, par-dessus, par-dessous, à l'intérieur des tiroirs, des tables, des abat-jour, derrière les radiateurs, sous la moquette si elle peut, jusqu'aux lattes des sommiers.
De fil en aiguille, elle se retrouve à passer une nuit par semaine sous le lit d'un client, en rêvant qu'à son tour quelqu'un viendra sous le sien écouter sa vie se dérouler.
Lynn est donc déjà sur la corde raide lorsqu'elle rencontre Chiara, "escort girl" aux plaisirs payants, jeune fille fragile et dure en manque d'affection.
Leur relation marquera un tournant décisif dans la vie de Lynn, mais il est périlleux de vouloir garder son équilibre à deux, debout dans une barque minuscule face aux ouragans d'une vie.

Un roman original. L'écriture est concise et imagée. Rien n'est expliqué, tout est dans la subtilité des situations, des gestes, des paroles, des symboles. Le roman se trouve surtout dans le regard que le lecteur porte sur les personnages. Une jolie découverte.


  • Le choix des libraires : L'homme qui tombe (2 choix) - Don DeLillo - Actes Sud, Arles, France - 14/07/2012

Sorti de l'enfer des tours du World Trade Center, Keith revient à l'appartement de son ex-femme, couvert de cendres et de sang, divaguant à moitié, comme par instinct, une mallette qui ne lui appartient pas dans la main. «L'après» se déroule tout seul, sans heurt et sans volonté, chacun suit les traces de ses névroses et retourne sans cesse sur ses pas. Si Keith reprends une vie de famille depuis longtemps abandonnée, c'est dans les bras d'une autre rescapée qu'il tombe, comme sa femme tombe dans les oublis de ses patients atteints d'Alzheimer, qui font tout pour se rappeler comment c'était avant. Mais c'est comme si «avant» n'existait plus pour personne. L'apocalypse semble née le 11 septembre et ne cesse de s'étendre, moins chaotique que méthodique. Les vies ne se reforment pas tout à fait, et chacun est cet «homme qui tombe» des toits ou des gares, dans une mise en scène macabre et dérangeante, de «l'art de rue» pour crier en silence un mal-être touchant toute l'Amérique.

Don DeLillo retrace avec un grand talent les névroses de ses personnages, d'une plume sensible, aussi trouble et nerveuse que cette Amérique assommée de l'après 11 septembre, ce colosse qui vient de s'apercevoir que ses pieds sont d'argile. Voilà un témoignage rare de la culture américaine telle qu'elle se redéfinit depuis 2001.


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