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Il n'est pas donné à tout le monde de se voir attribuer un aussi beau prénom à la naissance. Behrouz signifie «le meilleur des jours en persan».
Avec un tel prénom, on ne pouvait s'attendre à rien de moins qu'une destinée hors du commun. Et c'est précisément pour rendre hommage à cet homme d'exception, à ce héros de père, que Yassaman Montazami a pris sa plus belle plume, égrenant les souvenirs de cette histoire foisonnante et pleine de contradictions qui fût celle de l'Iran.
Plongés dans une atmosphère souvent étourdissante, les lecteurs se laisseront volontiers embarquer sur les traces de cet homme à la fois brillant et fantasque, ainsi que sur celles d'une poignée de personnages hauts en couleur.
Un premier roman subtil et une voix à découvrir.
Qui n'a jamais lu un livre de Bill Bryson a vraiment manqué une occasion de rire !
Découvert par les lecteurs français grâce à ses recueils de chroniques, notamment celui sur les États-Unis (American Rigolos) et celui sur l'Australie (Nos voisins du dessous), ce lointain héritier d'écrivains chroniqueurs dans la veine de Robert Benchley s'est enfin décidé à récidiver, et ce pour le plus grand bonheur de nos zygomatiques, qui se voient enfin tirés de leur ennuyeuse léthargie !
Récit d'une randonnée épique sur le fameux Appalachan Trail, un sentier qui traverse le Nord-Est des États-Unis sur quelques 3 500 kilomètres, du Maine à la Géorgie, Promenons-nous dans les bois se présente une fois de plus comme une aventure autobiographique. Animé par un fort désir de retour à la nature, notre héros commence avant tout par chercher un compagnon pour mener à bien son projet. Sa femme n'étant pas particulièrement motivée par l'idée, il retrouve la trace de Katz, un ancien camarade de classe. C'est ainsi que, affublé d'un acolyte dont le moins que l'on puisse dire est qu'il n'est pas des plus adaptés à ce genre d'exercice (ni même à la moindre forme d'exercice), Bill se lance dans cette aventure qui s'avérera profondément mémorable. Entre les descriptions particulièrement savoureuses de cet archétype du «beauf» bien en chair, un véritable estomac sur pattes qui a préféré bourrer son sac à dos de charcuterie au lieu d'emporter les provisions indiquées, pour finalement jeter le tout dans la nature afin d'alléger ledit sac, la galerie de personnages hauts en couleurs qu'il leur est donné de rencontrer et la menace omniprésente des ursidés, ce livre regorge d'anecdotes loufoques dont la lecture ne pourra que vous faire hurler de rire.
Volontiers comparés à Don Quichotte et à son compagnon Sancho Panzo, Bill et Katz sont aussi mal assortis que les deux alpinistes mis en scène par Ludwig Hohl dans son superbe roman Ascension, l'humour en plus. C'est ainsi que ce livre devrait plaire sans conteste aux amateurs de randonnée, aux adeptes de mésaventures mêlant énergumènes de l'espèce humaine et animale, comme Kenneth Cook en a par ailleurs le secret, ainsi qu'à tous ceux qui ont envie de se laisser porter par la lecture d'une aventure rocambolesque à souhait.
Parce qu'il n'est pas donné à tout le monde d'avoir une vie hors du commun, certains ont tout intérêt à laisser parler leur imagination. Mais autant vous rassurer tout de suite, dans le cas de Jeanette Winterson, comme dans celui de A.M. Homes, nul besoin d'aller chercher midi à quatorze heures !
Révélée aux lecteurs français lors de la publication en 1991 de son récit Les oranges ne sont pas les seuls fruits après une poignée de livres au succès relatif, Jeanette Winterson fait à nouveau l'actualité aujourd'hui, et ce pour notre plus grand bonheur. Dans ce premier récit autobiographique était déjà évoquée l'enfance traumatisée de l'auteur, entre une mère adoptive intransigeante, voire despotique, et un père totalement absent. Très tôt, l'avenir de la petite Jeanettte avait été décidé par cette femme évangéliste complètement obsédée par les Écritures Saintes (la Bible était d'ailleurs le seul livre autorisé à la maison) : elle serait missionnaire en Afrique.
Avec ce nouveau récit intitulé, Pourquoi être heureux quand on peut être normal, elle complète aujourd'hui son histoire et revient sur son parcours de femme et d'écrivain. Née à Manchester en 1959, elle a passé les seize premières années de sa vie à Accrington, petite ville ouvrière du Nord de l'Angleterre. C'est en se rendant en cachette à la bibliothèque qu'elle pu découvrir la les auteurs et les textes qui l'ont nourrie durant toutes ces années. Mais les choses se sont accélérées le jour où sa mère adoptive s'est rendue compte que la jeune fille avait une relation d'ordre homosexuel. Jetée dehors sans autre forme de procès, elle a été condamnée à vivre d'expédients pendant quelques années. Animée cependant par ce qui est vite devenu une véritable passion pour la littérature et soutenue par l'un de ses professeurs, elle est parvenue à intégrer Oxford et s'est lancée dans une carrière d'écrivain. Aujourd'hui considérée comme une véritable icône en Angleterre, cette grande dame doit son succès à sa force de caractère, son courage et sa persévérance.
A la lecture de Pourquoi être heureux quand on peut être normal, comment ne pas succomber au charme de ce personnage attachant s'il en est, et au flegme, somme toute très British, qu'elle parvient à conserver en toutes circonstances ? En France, elle vient d'ailleurs de se voir décerner le prix Marie-Claire du roman féminin pour ce superbe récit de vie, aussi inhabituel que touchant. Mais espérons que ce ne soit que le début, car elle mérite bien davantage ! ! !
Sud du Texas, 1895. Un homme se réveille dans un lit maculé de sang. A côté de lui, sa femme a commencé à donner naissance à leur quatrième garçon. Ça se présente plutôt mal. Il comprend rapidement que ses minutes sont comptées.
C'est à travers le regard de Karel, le dernier de la fratrie qui n'aura donc jamais connu sa mère, que nous est racontée l'histoire de cette famille. Sous le joug d'un père tyrannique et castrateur qui ne vit plus désormais que pour acquérir de nouvelles terres et voir courir ses chevaux, les quatre garçons grandissent dans un univers marqué par la violence et l'absence de la moindre forme de tendresse, en permanence tiraillés entre la terreur qu'il leur inspire et la volonté de lui plaire. Leur destin est scellé à partir du jour où un riche propriétaire mexicain s'installe dans le coin avec ses trois filles, et lui propose un pari bien étrange qui affectera l'ensemble de leurs destinées.
Ancré dans la conquête de l'Ouest, ce premier roman très réussi se lit comme une magnifique variation sur le thème de la rédemption. Avec ses airs de tragédie grecque, l'épopée haletante de ces quatre frères livrés à la violence de leur père promet de ne pas vous lâcher tant que vous n'en aurez pas terminé la lecture. Parsemé de scènes d'une force inouïe, ce roman très visuel inscrit son auteur dans le sillage d'écrivains comme Jim Harrison, Norman Maclean ou encore Charles Frazier et il faut bien reconnaître que grâce à lui, Bruce Machart fait une entrée fracassante en littérature !
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