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Les coups de cœur de Valérie Simonnot de la librairie LA BOÎTE DE PANDORE à LONS-LE-SAUNIER, France


  • Le choix des libraires : La maison Wolfe (1 choix) - James Carlos Blake - Rivages, Paris, France - 06/04/2017

Il s'agit du deuxième opus de la saga des Wolfe, cette famille de trafiquants mexico-américains, une famille un peu particulière, qui défend farouchement son indépendance vis à vis des gangs et cartels mexicains, et qui oblige ses membres à suivre des études avant de "rouler" pour les affaires de la famille.
Ici, on suit Jessie Wolfe, qui est invitée à un mariage entre deux grandes familles de la haute bourgeoisie de Mexico.
Manque de bol, les mariés et quelques-uns de leurs amis, dont Jessie, sont enlevés mais les pauvres kidnappeurs ne savent pas encore qu'ils ont enlevé une Wolfe et le clan va leur faire payer cher.
J'ai un peu moins aimé ce deuxième volume par rapport au premier (La Loi des Wolfe) et c'est sans doute dû au fait que Rudy et Frank Wolfe (mes préférés de La loi des Wolfe) soient moins mis en avant, mais j'ai tout de même eu grand plaisir à retrouver cette famille.
Le rythme est efficace et rapide. James Carlos Blake sait mener son affaire ! Vivement la suite !


Franck sort de taule. Il va vivre chez les parents de Jessica, la copine de son frère Fabien.
Dès le départ, on sent que tout va déraper tant est bizarre cette famille avec laquelle Franck doit cohabiter pendant l'absence de son frangin : le père qui magouille, la mère qui le met mal à l'aise, Jessica qui est une junkie, et sa fille Rachel, qui ne parle pas... Et il y a cette chaleur étouffante qui ne finit jamais, et qui envahit l'écriture, une écriture au cordeau.
Voici Hervé Le Corre dans une veine très noire et cela lui va bien, le monsieur sait utiliser les codes du genre tout en les mettant à sa sauce.
Bienvenue dans l'ultranoir !


Sur une aire d'autoroute, un homme cherche le meurtrier de sa fille.
Depuis le drame, Pierre est une loque, il a abandonné son métier de médecin légiste, sa femme vit recluse dans leur appartement. Il n'a qu'une obsession : retrouver celui qui a enlevé et tué son enfant. Persuadé que l'assassin recommencera, il hante les aires d'autoroute, car c'est dans l'une d'elles que sa fille a été enlevée. Effectivement, un nouvel enlèvement a lieu, une autre fillette disparaît et la traque commence.

On suit différents protagonistes : Pierre, la gendarme Julie Martinez, le meurtrier et la "faune" qui peuple les aires d'autoroute, des individus tourmentés, paumés.
Les aires d'autoroute ont toujours été pour moi le lieu de la solitude suprême, la quintessence de l'absurdité de notre société. Malbouffe, béton et cie. Des gens qui se croisent et qui ne se mélangent pas. Pas étonnant que Josef Incardona ait choisi ce lieu pour situer son roman, qui plus est un quinze août, c'est le pompon. La moiteur, ça va bien avec le désespoir.
C'est du noir de chez noir, dépressifs s'abstenir ! Rien n'éclaire le récit, tout est désespérant. Mais que c'est bon ! C'est pour cela que j'aime le roman policier, un genre qui égratigne souvent les dysfonctionnements de la société, et avec Incardona, c'est du grand art. Il réussit à exprimer parfaitement la vacuité de l'existence humaine avec un style clinique et corrosif. À lire absolument !


  • Le choix des libraires : Poulets grillés (1 choix) - Sophie Hénaff - Le livre de poche, Paris, France - 21/03/2017

Suite à une bavure, le commissaire Anne Capestan se retrouve au placard mais un placard un peu particulier. Son supérieur hiérarchique et mentor lui confie une brigade de policiers que l'administration ne peut pas virer. Sur quarante éléments sélectionnés, seuls quelques-uns viennent se présenter à leur nouvelle patronne : un chat noir - un policier qui attire la poisse et que tout le monde fuit comme la peste -, un excellent policier qui a eu le malheur d'avouer son homosexualité, et une policière qui a écrit des romans à succès... S'ajouteront ensuite une joueuse compulsive, un alcoolique. On leur confie des affaires non résolues, à eux de reprendre les enquêtes, ou pas, le principal étant qu'ils se fassent oublier. Sauf que Capestan est tout sauf une policière obéissante. Avec le meurtre d'un marin qui frôle la prescription et celui d'une vieille dame, elle veut absolument montrer que sa brigade vaut celle du 36 Quai des Orfèvres.

Sophie Hénaff apporte un vent frais et léger dans le roman policier français. Je suis plutôt amatrice de romans noirs mais j'ai passé un très bon moment avec ces flics ratés ! L'autrice a le sens de la réplique - «Il observait la vie avec l'enthousiasme d'une otarie dans les vagues» ; «ce type avait une gueule de jeep prête à défoncer la dune» -, l'intrigue est très bien menée et les personnages sont bien évidemment caricaturaux mais c'est pour ça que ça marche. J'ai donc hâte de retrouver la suite des aventures de cette brigade de bras cassés dans le second opus, Rester groupés.


  • Le choix des libraires : En route vers toi (1 choix) - Sara Lövestam - Actes Sud, Arles, France - 20/03/2017

La vie d'Hanna va être bouleversée lorsqu'elle va acquérir quatre objets dans un concours de circonstances plutôt rocambolesques : une paire de bottines, une vieille paire de lunettes rondes, une règle en bois et une broche en argent.
Hanna a une vie monotone, elle a parfois des crises de boulimie et sa mère adore l'humilier. Mais le jour où elle chausse ces bottines au charme suranné, c'est comme si ces dernières étaient douées d'un pouvoir magique capable de lui donner une force de caractère qu'elle ne possède pas d'habitude.
Comme les objets ont l'air assez ancien, Hanna imagine qu'ils ont peut-être appartenu à la même personne. Elle se lance alors dans une chasse au trésor, aidée d'un vieux commissaire priseur, qui la mènera à la découverte de la correspondance entre deux femmes, Signe et Anna.

Le récit fait ainsi voyager le lecteur dans le temps, alternant les chapitres sur Hanna et sur Signe Sivander, une jeune institutrice au siècle dernier. Autant Hanna s'apitoie sur son sort, autant Signe est une jeune femme volontaire. Elle déplore la condition des femmes et se plaint du fait que son homologue masculin soit mieux payée qu'elle... en 1906. Elle s'engage dans le combat pour le droit de vote des femmes et rencontre la belle Anna, qui partage les mêmes opinions politiques. Toutes les deux vont tomber follement amoureuses l'une de l'autre et entretenir une correspondance, que nous lit Hanna, reconstituant ainsi les trahisons et les drames qui ponctuent cette histoire d'amour.
Le point de départ de ce roman peut paraître assez fantaisiste mais Sara Lövestam arrive à faire croire au lecteur que tout est possible. D'ailleurs, la réalité dépasse parfois la fiction. Et au delà des résonnances que ce texte peut avoir avec le présent, En route vers toi est aussi une très belle histoire d'amour.


  • Le choix des libraires : La daronne (3 choix) - Hannelore Cayre - Métailié, Paris, France - 17/03/2017

Patience Portefeux est traductrice pour la police. Patience est un sacré personnage, fille d'un pied noir tunisien et d'une mère juive autrichienne. Mais Patience a une vie de merde : elle est veuve, gagne petitement sa vie, elle a beaucoup sacrifié pour élever ses deux filles, et sa mère, atteinte d'Alzheimer, vit dans une institution qui lui coûte un bras. Un jour, elle entrevoit la possibilité de s'en sortir, mais en arrêtant d'être honnête. Elle va ainsi réussir à récupérer le pactole, soit plusieurs dizaines de kilos de bonne beuh marocaine, qu'elle va devoir vendre pour blanchir ensuite l'argent que cela va lui rapporter. Je ne rentrerai pas dans les détails de la combine élaborée par cette femme qui cache bien son jeu mais qui va s'avérer être redoutable. Une daronne, quoi !
Plongée dans la lecture de romans un peu mous qui peinaient à me captiver, La Daronne m'a redonné un coup de fouet. C'est efficace, on est tout de suite dans l'histoire et dans les personnages, et on se marre. Avec Hannelore Cayre, rien n'est ni tout noir ou tout blanc, et j'aime son humour mordant, sa vision critique de la vie à travers la description d'une justice qui prend parfois/souvent l'eau. Promis, vous vous régalerez à lire La Daronne !


  • Le choix des libraires : Seules les bêtes (1 choix) - Colin Niel - Rouergue, Arles, France - 14/03/2017

Après la Guyane, Colin Niel nous embarque dans les Causses, au coeur de la France profonde et rurale.

Une femme a disparu. Les recherchent commencent. Certains accusent la tempête, souvent responsable de bien des morts dans le coin... Cinq personnes racontent leur version de l'histoire, en dévoilant peu à peu la vérité. Alice est assistante sociale et va rencontrer les agriculteurs du coin, de plus en plus victimes de la solitude et des dettes ; Joseph est éleveur et fait partie des "clients" d'Alice ; Maribé a eu une brève liaison avec la disparue ; Armand est un escroc, et c'est la voix de Michel, le mari d'Alice, qui clôt le récit. Un roman choral, qui m'a fait penser à l'excellent polar de Ron Rash, Un pied au paradis, qui reprend le même procédé de narration.

La force principale de ce roman, c'est la construction de la psychologie des personnages, dont le point commun est peut-être la solitude. Et son autre force est de nous emmener très loin du point de départ de l'histoire, avec une fin très surprenante mais qui reste plausible.

Alors lisez Seules les bêtes, et lisez aussi les autres livres de Colin Niel, notamment Les hamacs de carton (sorti en poche) et Ceux qui restent en forêt, avec le capitaine de gendarmerie guyanais Anato : c'est aussi un régal pour les amateurs de polars, en plus de nous faire découvrir la Guyane, une contrée peu connue de la littérature.


  • Le choix des libraires : Gabacho (2 choix) - Aura Xilonen - Liana Levi, Paris, France - 14/03/2017

Ce roman, c'est mon coup de coeur intégral de ce début d'année 2017 ! Si je suis libraire, lectrice, librocubicuraliste, c'est pour ce genre de livre, qui transporte, qui ravit, qui transforme !

Gabacho, c'est l'histoire de Liborio, un jeune mexicain qui a réussi à traverser la frontière étasunienne. Il travaille au noir dans une librairie ( ! ! !). Un jour, il aide une jeune fille - une gisquette comme il dit - qui se fait draguer lourdement par un mec à un arrêt de bus. En fait, cette gisquette-là, il la connaît car depuis qu'il l'a aperçue une fois dans la rue, il est tombé fou amoureux d'elle. Le gros lourd se fait massacrer par Liborio, ses copains vont vouloir le venger, etc, etc... En fait, cette bagarre va changer la vie de Liborio, mais ça, il ne s'en doute pas.

Liborio a plutôt un physique de "sandwich SNCF" pour reprendre Renaud. Mais on a l'impression qu'il a de l'adamantium dans les os, comme Wolverine. Il est indestructible. Il a l'étoffe d'un champion de boxe, mais il manie aussi bien les mots que les poings.

Ce qui m'a emballée dans la lecture de ce roman, c'est 1) le personnage et 2) sa langue. Liborio, il a eu une vie de merde, il a une vie de merde, et pourtant, c'est la vie, il est la vie. Sans famille ni amis, il a vécu des choses atroces, échappé à des trucs encore pires, et pourtant, il continue. Il n'a sûrement pas été très longtemps à l'école, s'il y est allé, mais il utilise les mots comme un magicien. Il invente ses expressions, ce qui donne à ce roman un style inimitable, assez "fleuri" et très imagé. Un régal ! (Au passage, la traductrice a fait un boulot extraordinaire !) Vous aurez compris, Gabacho, ça déménage ! Si vous avez envie d'avoir la banane, si vous détestez Donald Trump, si les gros mots ne vous font pas peur, si vous (n') aimez (pas) Paolo Coelho, si vous voulez lire un texte plein de vie, si vous en avez marre de l'autofiction et des livres avec des «pûtes» ou des «visse», Gabacho est fait pour vous !


  • Le choix des libraires : Seul le grenadier (1 choix) - Sinan Antoon - Sindbad, Paris, France - 13/03/2017

Jawad vit à Bagdad, sa famille appartient à la communauté chiite. Il a un rêve : devenir sculpteur. Mais sa vocation artistique déplaît à son père, qui exerce une profession très particulière : il lave les morts. Le lavage des morts est un rituel très important dans la religion musulmane. Et le père de Jawad espère que son fils cadet lui succédera. Mais les guerres, les différents drames que vont connaître sa famille vont pousser Jawad loin de la vie qu'il désirait...
Il y a des livres qui sont plus difficiles à défendre que d'autres en librairie. Et je sais qu'en disant certains mots à ma clientèle pour défendre un coup de coeur, ça va être parfois compliqué. Les mots à éviter étant, entre autres : mort, guerre, maladie. Donc, cela part très mal pour ce roman qui parle d'un pays en guerre, l'Irak, et que la mort en est le thème central. Mais je vais rester optimiste. N'oublions pas que lire offre la possibilité d'avoir des fenêtres ouvertes sur des mondes très éloignés du nôtre. Ce roman m'a ainsi permis de connaître ce pays méconnu qu'est l'Irak, en guerre depuis les années quatre-vingt. C'est un pays très lointain mais dont la situation géopolitique provoque des remous dans nos (tranquilles) démocraties. À travers l'histoire de Jawad, l'auteur explique l'évolution politique et confessionnelle de l'Irak.

L'autre point essentiel du livre, c'est que la mort et la vie sont intimement liées. Oui, j'enfonce des portes ouvertes, mais pas tant que ça, quand on voit comment la mort est cachée, désincarnée, dans notre société. Et c'est le grenadier qui symbolise ce lien et qui a une importance capitale dans cette histoire. Le père de Jawad ne jette jamais dans les égouts l'eau qui a servi à purifier les morts. Elle est directement jetée dans la cour où s'élève un grenadier, qui grandit et fleurit au fil des années. L'arbre se nourrit de l'eau des morts. Et Éros suit toujours Thanatos de près. Jawad va vivre deux histoires d'amour «intenses», sortes de respirations dans le gouffre dans lequel le héros est plongé peu à peu, donnant l'occasion à l'auteur d'écrire des scènes d'amour d'une extrême sensualité.

L'histoire de Jawad, ponctuée de déceptions, de renoncements et de drames, est un monologue de tristesse mais c'est aussi une remarquable leçon sur la vie. Alors ne vous privez pas de ce texte.


  • Le choix des libraires : Vie de ma voisine (2 choix) - Geneviève Brisac - Grasset, Paris, France - 13/03/2017

Un jour, la voisine de Geneviève Brisac l'interpelle en lui disant qu'elle a connu Charlotte Delbo. C'est ainsi que Jenny entre dans la vie de l'auteur, qui lui fait raconter son histoire.
Les parents de Jenny étaient des juifs polonais. La famille fut arrêtée lors de la rafle du Vel d'Hiv, le 16 juillet 1942. Jenny et son frère s'en échappèrent mais ils ne revirent plus jamais leurs parents. L'instant le plus fort du livre, c'est lorsque Jenny attend d'être libérée et de sortir du Vel d'Hiv, le temps que l'administration vérifie qu'elle et son frère sont bien nés en France et peuvent partir. Une loi venait d'être votée, permettant aux enfants de ressortissants étrangers d'être Français. En deux heures, la mère de Jenny essaiera de lui inculquer ce qu'une fille doit savoir de la vie.
Et c'est aussi la découverte d'un mot envoyé par son père, écrit en yiddish, et que Jenny se refusa pendant longtemps à faire traduire et qui se termine par «Vivez et espérez.»

Après la délivrance, c'est la survie dans l'appartement familial jusqu'à la fin de la guerre. Des gens aideront Jenny, mais pas sa concierge, qu'elle retrouva fouillant dans leur appartement alors que sa famille venait d'être arrêtée.

Comment écrire l'horreur et la beauté de la vie ? C'est ce qu'a réussi Geneviève Brisac dans ce court récit, qui raconte l'histoire de cette femme, qui a vécu le pire, et qui a continué à lutter contre la bêtise durant sa carrière d'institutrice.

Un livre tout simplement poignant.


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