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Il m'avait déjà émue avec "Miée", et là, je suis à nouveau éblouie par son nouveau roman. Xavier-Laurent Petit aborde un thème qui a été vaguement traité dans les journaux, le recrutement "abusif" des jeunes par l'armée. Il a la virtuosité de ne pas situer son roman géographiquement, de ne donner aucune date, les prénoms ont des consonances américaines, mais...
Jeremy et son frère font une pause entre deux morceaux de musique joués dans le garage familial et vont s'offrir un Coca au centre commercial sur lequel se trouve un car de l'armée. Ses soldats patrouillent sur le parking à la recherche de nouvelles recrues. Jeremy, sans avenir scolaire voire même professionnel signe, dans l'espoir de "construire des ponts". Sauf que c'est "là-bas" que Jeremy part.
Chacun de leur côté, les deux frères vont faire l'apprentissage de la réalité, de la distance, de l'éloignement, de la peur. Ils vont grandir séparément, chacun à leur façon.
Un très grand texte, juste et sans fioritures, qui décrit un autre aspect de la guerre sans jamais s'attarder sur les horreurs que l'on voit à la télé, mais qui peint à merveille les dégâts qu'elle engendre bien loin du lieu des combats.
L'histoire de deux amis, deux garçons d'une dizaine d'années qui se voient interdire de manger du chocolat et des sucreries par un parti politique, "Le Parti Qui Vous veut du Bien". Mais ces deux enfants ne sont pas d'accord et vont contourner la loi, en se fournissant du chocolat au noir, et vont essayer d'en fabriquer avec la complicité d'une épicière, malgré toutes les techniques plus sophistiquées les unes des autres du parti pour repérer les contrevenants.
Un roman qui incite à réfléchir sur la montée d'un parti totalitaire, faut-il contourner la loi même si elle est mauvaise ? Le chocolat permet d'aborder ce sujet un peu délicat et souvent traité au sujet de la seconde guerre mondiale. Dans ce livre, nous ne savons pas à quelle époque nous situer ni dans quel pays et c'est ce qui en fait la force.
Un roman qui donne envie de manger du chocolat pendant sa lecture !
Le quatrième roman de Sarah Dessen, après "cette chanson là", "Ecoute-la" et "pour toujours... jusqu'à demain", auteure très appréciée des adolescentes (pour en juger, voir le forum du site de Pocket Jeunesse !). Elle nous revient avec un très bon roman pour adolescentes, moins mièvre que les précédents et un peu plus "social".
L"histoire... Ruby est anti-famille... normal, sa mère est alcoolique, a des relations de passage et Ruby est contrainte de travailler avec/à la place de sa mère pour remplir le porte monnaie. Un jour, sa mère s'en va sans crier gare et Ruby essaie de se débrouiller pour vivre dans la caravane pourrie que lui a laissée sa mère, jusqu'à ce que les services sociaux n'interviennent et ne l'envoie chez sa soeur, exilée dans un quartier bourgeois. Là-bas, Ruby rencontre un jeune homme qui cache un secret mais qui lui redonnera le goût de vivre.
Le roman, de presque 500 pages, mais cela ne fait plus peur aux ados, on le sait bien depuis Twilight et Harry Potter, est captivant et se lit d'une traite, les personnages touchants et attachants (notamment l"héroïne, dont on suit la renaissance). Bien plus destiné aux jeunes filles, ce roman saura captiver les nouvelles venues dans l'univers de Sarah Dessen, mais plaira tout autant aux inconditionnelles.
"Une lecture d'une force inoubliable" dit la quatrième de couverture. Gallimard Jeunesse a bien raison ! Une histoire d'amitié entre eux jeunes garçons, dans les années 40, en plein coeur de la seconde guerre mondiale. Sauf que l'un, Bruno, est le fils d'un haut gradé dans l'armée nazie et l'autre, Shmuel, un petit garçon juif déporté. Ils se rencontrent au camp de concentration, dont le père de Bruno est devenu responsable.
Ce roman aborde avec toute la naïveté d'un enfant de 9 ans, les incompréhensions de la guerre avec aussi une certaine forme d'humour (Shmuel est incarcéré à "Hoche-Vite"). Malgré la fin, tragique, ce roman reste plein d'espoir.
Un roman pour les enfants à partir de 12 ans, à lire quand même avec les parents à proximité pour quelques explications.
Le meilleur roman sur la seconde guerre mondiale pour la jeunesse !
Voici le récit romancé d'une histoire singulière pendant la seconde guerre mondiale. Hannelore est juive, et va transiter de camps en camps, va faire des rencontres plus ou moins heureuses, de Fraulein Liselotte à Manek, un jeune soldat polonais dont elle tombe amoureuse. Mais surtout Oskar Schindler, homme mystérieux et dont tout le monde cherche à s'assurer de ses faveurs, sans trop savoir pourquoi.
Au fil de ses tribulations, Hannelore se questionne, grandit, fait preuve d'un courage incroyable et d'une force insoupçonnable.
Un roman d'autant plus émouvant quand on sait qu'il s'agit d'une histoire vécue. Un très bon roman, à l'écriture fluide et au rythme soutenu, pour faire découvrir aux enfants (à partir de 12 ans) qui était cet homme.
Ceci est l'histoire d'une rencontre entre deux petites filles du même pays, la Tanzanie, totalement différentes mais dont les destins vont de retrouver. Rosa, elle, vit en Angleterre avec sa maman, fait du patinage avec elle, une petite vie tranquille, en somme... jusqu'au jour où sa mère décide d'adopter un enfant de Tanzanie.
Abela, elle, vit en Tanzanie où les gens meurent du sida par centaines, et parmi elles, sa mère, sa soeur, son père. Sa grand mère l'élève, mais un beau jour, re-surgit son oncle qui se marie avec une jeune Anglaise, dessous de tables à l'appui, pour obtenir son visa pour l'Angleterre d'où il vient d'être expulsé. Il projette d'emmener Abela pour ensuite la revendre comme petite domestique à une risque famille britannique.
Même si l'on pressent la fin de l'histoire dès le quart du roman, je suis restée suspendue aux mots de l'auteur, qui met sur notre passage quelques obstacles et des sujets de réflexion. Un texte pourtant assez dur (à partir de 13 ans) qui aborde les thèmes du sida, de l'excision, du trafic d'enfants sans pour autant être moralisateur.
Un roman bouleversant, dont on se souvient.
Après "Cher inconnu", le nouveau roman de Berlie Doherty.
Un des rares romans pour ados sur le Berlin déchiré des années 80. Dans cette ambiance de méfiance incarnée parfaitement par la Stasi, l'histoire de Klaus, Anna et Markus est reconstruite ; celle d'Anna par son journal intime de l'époque, celle de Klaus par le récit qu'il fait à une jeune documentaliste française et celle de Markus, à travers son témoignage après une attaque cérébrale qui le prive de la parole.
Trois personnages aux vies tragiques, tellement différentes mais reliées. Markus, voisin amoureux d'Anna mais également agent de la Stasi est chargé d'enquêter sur l'amoureux d'Anna, qui n'est d'autre que le frère de Klaus.
Une histoire d'amour et d'amitié brisée par le socialisme et le Mur, qui tombe à la fin du roman.
Un roman qui ne s'encombre pas de trop d'indications politiques et de sigles et qui de cette manière reste très accessible aux ados à partir de 15/16 ans, mais aussi aux grands ados...
Un roman fort qui traduit bien le sentiment de cette jeunesse brisée, privée de ses libertés (Anna rêve tellement de voyager et Klaus rêve tellement d'écrire tout ce qu'il veut), de sa liberté de penser, mais d'une jeunesse qui croit en ses convictions, son avenir, pleine d'espoir.
Cette histoire a une bien étrange résonance lorsque l'on a visité Berlin et "admiré" les restes du Mur, les marques du socialisme qui perdurent tant d'années après...
Un roman à conseiller et à faire découvrir sans modération !
Encore un grand roman ! Le talent de conteur de Xavier Laurent Petit nous entraîne dans une vallée éloignée de tout, dont les habitants sont mis au rebut par les "gens de la ville". Leur quotidien est malmené lorsque Chems et sa mère s'installe dans une caravane loin de tout.
Louise tombe amoureuse, le voit en secret, subit les foudres des autres habitants préoccupés par la fermeture de la scierie qui les emploie presque tous.
Une émotion incroyable se dégage de ce roman, une force, une vivacité, un courage, la folie de l'adolescence et de la passion amoureuse, mais aussi la difficulté de la réalité et la confrontation entre le monde des adultes et celui plein d'idéaux.
Nouveau roman de cette auteure lyonnaise qui nous avait tant émus avec " A présent".
Celui-ci raconte avec pudeur l'année étrangère de Laura, jeune française de 17 ans qui s'"exile" pour 6 mois en Allemagne, dans les années 80, avant la chute du Mur. Les difficultés d'adaptation, tant au niveau de langage, que d'insertion dans la famille - comment trouver sa place dans une famille où l'on est à la fois blanchisseuse, cuisinière, deuxième soeur, confidente... - et les fuites sont dans ce roman décrites avec beaucoup de sensibilité et de douceur, dans un langage qui va à l'essentiel. Laura qui croyait fuir sa drôle de famille et surtout le décès de son petit frère sera confrontée à bien d'autres non-dits avant de devenir femme.
Parler de cette "mutation", du rapport à la mère, d'un décès d'un enfant et s'interroger sur la langue, voilà tout ce que referme le très beau roman presque initiatique de Brigitte Giraud.
L'histoire d'un petit garçon, venant de l'est de l'Europe, et voulant quitter sa vie misérable pour rejoindre la France, "le pays de Baudelaire et des droits de l'homme". Rescapé d'un accident de train et recueilli par une jeune femme qui récupère aussi deux passeports français, il est bringuebalé de village en village, de petits boulots en petits boulots tous misérables, poursuivi par la mafia, et toujours la peur au ventre. Sa soif d'apprendre et son désir d'engranger le plus d'informations, persuadé que celles ci lui servirons tôt ou tard, le sauvent.
Il est retrouvé tapi au fond d'un camion au milieu d'une cargaison de porcs. Dès lors, il partira à la recherche de sa mère, de ses mères.
Un sujet original, un style fluide pour un roman bien écrit et un sujet très bien traité.
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