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Les coups de cœur de ses libraires

Certains parcours de vies chaotiques peuvent effrayer ceux qui s'estiment préservés du malheur. Alors comme souvent ces personnes détournent la tête, et partent sur la pointe des pieds, persuadées que l'infortune est contagieuse. Pourtant, en entrant dans le récit de Leslie, petite flamme vacillante malmenée par le vent du destin, nous découvrons toute la force d'un simple témoignage. Le courage et la volonté de cette jeune femme nous apprend bien plus sur la nature humaine et le sens de l'existence que n'importe quel roman ou essai psychologique. Au soir d'une vie que la maladie a décidé d'écourter, Leslie lègue donc à sa fille de cinq ans ses mémoires. Une sorte de guide de l'existence pour lui permettre de se construire avec une énorme dose d'amour. Tant de personnes songent à laisser une trace écrite avant de partir, Leslie l'a fait. C'est le plus beau des cadeaux d'adieux que l'on puisse imaginer. Tout le reste n'est que littérature, laquelle prend un sacré coup devant la force de cette histoire et passe, osons le dire, pour un luxe de nantis sans soucis.


«Être né sous le signe de l'hexagone, c'est vraiment pas une sinécure», chantait Renaud. Ce refrain prend tout son sens quand un historien aussi passionné qu'exigeant se retrouve sous les tirs croisés d'intellectuels rabat-joie et dogmatiques lui jalousant les lauriers de la gloire. Peu importe ces vociférations, Lorànt Deutsch a du mal à les entendre puisqu'il vient de franchir le périphérique. Adieu stations de métros aux noms chargés d'histoire, bonjour routes et fleuves de province. Son nouveau travail reprend le cours de notre roman national, en cheminant allègrement dans les artères de l'hexagone. S'il convoque la géographie de la France, c'est pour reprendre à zéro ses deux mille ans d'histoire. Une démarche originale qui relève le défi de faire bon ménage avec la chronologie et la vulgarisation de bon niveau. L'enquête historique est un chantier permanent nécessitant un apport régulier de maçons enthousiastes. Notre insatiable petit fureteur a le don de sortir des sentiers battus de la recherche, de faire parler les vieilles pierres, et de relire notre passé sous un autre angle. Lorànt Deutsch arrive avec sa méthode qui bouleverse les vieilles habitudes héritées d'écoles historiques un peu poussiéreuses. Un excellent travail apporté à l'édifice pharaonique commencé il y a deux siècles par Jules Michelet. Alors attachez vos ceintures, un long voyage vous attend en compagnie d'Hercule, Hannibal et Louis XI, sur les routes des envahisseurs, des marchands et des pèlerins de notre bon vieil hexagone.


Comment un jeune mentor entouré d'amis, béni des muses et plein d'avenir a-t-il pu sombrer dans la précarité bien après ses inoubliables années lycée. La grande maturité de ce jeune romancier perce dès les premières lignes de cet ouvrage. Il révèle une vision globale de sa génération, saturée de confort et tiraillée entre le besoin d'intégration sociale et la quête de sens.


Buchet-Chastel réédite l'un des plus beaux livres d'Henry Miller. Cet écrivain américain avait fuit le pays du cauchemar climatisé où il étouffait moralement. La France, patrie de la liberté lui avait offert une bouffée d'air frais, mais dans sa quête d'absolu il lui manquait un supplément d'âme. La découverte de la Grèce et de son essence éternelle lui offrit l'apaisement et surtout cette révélation qu'il recherchait tant. Fuyant la société du matérialisme roi, il découvre avec émerveillement un pays béni des muses où la notion de sacré palpite encore. Cette flânerie littéraire riche en rencontres nous conduit de Corfou à la Crète, de villages en sites antiques. Entrecoupée de splendides réflexions, elle est l'hommage d'un homme envers une terre, un peuple et l'esprit qui s'en dégage. Au-delà du simple récit de voyage, ce livre se révèle être le partage d'une expérience humaine, celle d'une transfiguration. Une certitude, Le colosse de Maroussi et sa lumière égéenne illuminent le lecteur avec la même intensité que son auteur. Outre l'envie de relire et d'annoter de nombreux passages, la vertu essentielle de ce livre est de nous inviter à repenser le monde ou la vision que nous en avions.


Le règne de Catherine II en résumé accéléré : Jeune fille de Poméranie, oublie ta patrie, abandonne-toi à la Russie, débarrasse-toi de ton mari, entoure-toi de bons amis, cultive ton esprit ; en bref profite de la vie mais surtout embellis et agrandis ton vaste et nouveau pays. Une biographie remarquable à lire sans tarder si vous souhaiter prendre le pouvoir dans un royaume étranger et surtout le garder !


  • Laurent Lebourg : Le livre du roi - Arnaldur Indridason - Métailié, Paris, France - 14/11/2013

Un thriller captivant d'une grande richesse culturelle. Au-delà d'une intrigue invoquant les muses d'Hergé et Umberto Eco, l'auteur nous apprend beaucoup sur la place capitale des sagas dans l'imaginaire islandais. Les rapports entre ce peuple et son ancienne métropole danoise sont également très bien replacés dans leur contexte historique. Il démontre enfin les différentes valeurs accordées à un manuscrit médiéval, que l'on se situe sur le plan idéologique, identitaire, patrimonial, esthétique ou financier. Ce roman d'aventures situé dans les années cinquante nous invite particulièrement à nous intéresser à ces voisins scandinaves bien plus proches que nous ne le croyons. La plume d'Indridason ravira enfin la grande fratrie des amoureux du livre et des mystères gravitant autour.


  • Laurent Lebourg : Sulak - Philippe Jaenada - Julliard, Paris, France - 10/11/2013

Biographie romancée et joyeusement émiettée d'une étoile filante du grand banditisme. Bruno Sulak incarne l'image d'un gentleman braqueur aux mains propres. Il entra dans la légende sans passer par l'étape de la récupération idéologique. Un roman au style décoiffant, truffé d'exquises digressions liées au contexte de l'époque, comme l'affaire Jimmy Carter et son lapin tueur !


Sur cette couverture, le visage en clair obscur d'un béret vert vous interpelle de son regard franc et vif. Imprégné des vers de Kipling et du code d'honneur des Samouraïs, le dénommé Marius ose s'emparer de la plume. Un pari relevé par son éditeur, séduit par son message dépassant amplement le cadre militaire. Au fil de ces pages une sacrée personnalité prend forme et dévoile les grandes étapes d'une vie en forme de parcours initiatique. En intégrant un corps d'élite renommé, ce jeune Marseillais a inversé le cours d'une destinée commencée sous les pires auspices. Le port de l'uniforme a amorcé en lui un processus de mue existentielle lui intimant l'ordre de sublimer ses blessures d'enfance et ses dérives d'adolescent. Au fil de d'une expérience militaire acquise dans les chaudrons de plusieurs théâtres d'opérations du Proche-Orient à l'Afrique, Marius s'est forgé une solide éthique personnelle. Son ouverture d'esprit s'est même épanouie sur ce socle, évitant ainsi le piège de devenir une caricature de soldat. Tout semblait alors réuni pour faire de lui un instructeur idéal, poussant ses jeunes recrues à donner à leur tour le meilleur d'eux-mêmes et de se connaître en profondeur, avant de partager aujourd'hui avec des civils les fruits de son remarquable parcours.


Abandons en nature hostile, naufrages légendaires, évasions rocambolesques, cette anthologie recense les plus étonnantes et néanmoins authentiques histoires de survie. Une série de tragédies dont l'issue fatale est détournée de son cours par des hommes découvrant que la vaillance n'est pas toujours l'apanage des héros. Ce livre agrémenté de très bonnes cartes géographiques mérite toute notre considération. Il serait particulièrement réducteur de le cantonner dans le rayon exploits sportifs, car son contenu va bien au delà du sensationnel. «Survivants de l'extrême» nous enseigne beaucoup sur les trésors cachés de la nature humaine. Ces soixante expériences ont toutes en commun un fervent amour de la vie. Rassemblées par thème, elles constituent une sorte de monument dédié aux forces vitales dont nous ignorons l'existence et dont la plus noble se nomme volonté.


  • Laurent Lebourg : Il Babbo - Ivan Macaux - Stock, Paris, France - 22/10/2013

Pères et fils peuvent-ils briser cette malédiction qui les condamne à l'incommunicabilité ? Existe-il une autre issue relationnelle lorsque deux lions fougueux cessent de s'affronter pour un même territoire ? La complicité entre père et fils n'est-elle qu'un mythe ? Doivent-ils nécessairement s'éviter comme deux spectres ou se refléter vainement dans l'abîme comme deux miroirs face à face ? La sempiternelle logique freudienne est-elle une fatalité ? Elle génère en tout cas une perspective infinie de questions essentielles. A défaut d'y répondre, la littérature arrive à point nommé pour renvoyer un écho formidable à ces interrogations de grands solitaires. Par sa singulière vision du père disparu, Ivan Macaux nous offre un roman beau et poignant, sachant trouver les mots qui nous manquent tant. Le temps d'un voyage retour le long de la nationale 7, deux hommes se retrouvent enfin seuls et vivent l'illusion de regarder dans la même direction. L'auteur tente alors de recomposer par petites touches la figure évasive de celui qu'il nomme familièrement le Babbo. Un portrait de contrebande selon sa formule car fruit de sa propre réinterprétation. Un livre qui fera date auprès des âmes qui brûlent silencieusement.


  • Laurent Lebourg : Mémoires - Adrien Bourgogne - Arléa, Paris, France - 10/10/2013

Un authentique et hallucinant récit sur la campagne napoléonienne de Russie. Les souvenirs de ce grognard rescapé entrainent le lecteur au coeur de la tragédie. On ne peut que s'incliner devant la verve de ce sous officier couchée sur le papier au soir de sa vie. Un homme sincère qui relate fièrement ses actes de pillage, mais s'autorise un examen de conscience lorsqu'il confesse une attitude égoïste vis-à-vis de ses camarades. En suivant ce sergent égaré dans un dédale de ruelles moscovites où des incendiaires surgissent de nulle part, nous partageons l'angoisse de ces Français pris au piège de leur conquête. Les pages se succèdent frénétiquement afin de savoir comment ils vont s'extirper de ce brasier de l'enfer. Passant de Charybde en Scylla, le sergent Bourgogne doit ensuite subir dans sa chair la retraite de Russie de sinistre mémoire. La Grande Armée impériale, composée de contingents allemands, croates ou polonais, voit sa cohésion se déliter dès les premiers coups sournois du général hiver. Notre témoin victime du froid, de la faim et de la vermine réalise avec effroi que l'ennemi intérieur généré par l'instinct de survie peut s'avérer bien pire que les hordes de Cosaques en embuscade. Un ouvrage au souffle bien plus puissant que le meilleur des romans historiques, rédigé dans le parler de l'époque.


  • Laurent Lebourg : Le fléau - David Van Reybrouck - Actes Sud, Arles, France | Leméac, Montréal, Canada - 30/09/2013

En littérature le plagiat est jugé comme un crime imprescriptible. Il entache à vie la réputation du coupable, si toutefois il est pris en flagrant délit ! Cette condamnation morale semblerait même s'aggraver avec le temps. Pour preuve ce récit inclassable et protéiforme de David Van Reybrouck, enquêtant sur une affaire de ce type vieille de près d'un siècle. Dans le box des accusés : Maurice Maeterlinck, gloire nationale pour avoir été le seul écrivain belge nobélisé. Du côté de la victime : Eugène Mairais, entomologiste sud-africain, spécialiste des termites, l'accusant d'avoir pillé l'oeuvre se sa vie.
Afin de vérifier cette rumeur tenace, le narrateur se lance dans une enquête aussi difficile que palpitante, le conduisant jusque dans les régions rurales les plus isolées de l'Afrique du Sud. Doté d'une curiosité encyclopédique sans limites, il nous parle successivement de poésie symboliste, de conflits linguistiques belges, de l'histoire des Boers, et surtout de la vie des termites puisqu'il s'agit du coeur du sujet. Ne demandez comment il arrive à rendre aussi passionnant un sujet qui à la base n'intéressait que lui, cela fait partie de son charme mystérieux !
Au fur et à mesure de ses investigations riches en rencontres hétéroclites et autres aventures inattendues, il nous dévoile non sans humour ses doutes, ses pics d'enthousiasme ou ses opinions très affirmées. L'auteur du Fléau est tout le contraire d'un rat de bibliothèque, il aurait plutôt les traits d'un Tintin au Congo. Le paternalisme colonial d'Hergé y est juste remplacé par cette condescendance juvénile d'intellectuel progressiste. Chez Van Reybrouck, la figure du sauvage récalcitrant n'est plus incarnée par le bon Congolais, mais par le fermier afrikaner du Transvaal. L'histoire ne nous dira pas si sa vision du monde a été ébranlée au fil du temps. Pourtant, en transformant cette obscure recherche universitaire en voyage initiatique, ce détective littéraire finit par reconnaitre que le but de son voyage n'était pas la résolution de son énigme mais le chemin qui y menait.


Quand la mégalomanie conduit un grand compositeur à sa perte, en signant un pacte faustien pour un surplus de gloire. Portrait ironique de Serge Prokofiev, génie odieux dévoré par sa passion, dans son rapport avec ses confères ou ses proches. En suivant son parcours de Paris à Moscou, des années trente aux années cinquante, nous découvrons au final un homme dont l'insensibilité ne répondait qu'à son constat lucide d'une humanité qu'il jugeait décevante.


L'application à la lettre de principes rigides finit toujours par se heurter au mur de l'amère réalité. Le professeur Michel Cordillot redonne vie à un épisode historique méconnu : celui des colons utopistes français qui participèrent à la conquête de l'Ouest américain. Conduits par des illuminés dogmatiques, des centaines de volontaires traversèrent ainsi l'Atlantique vers le milieu du XIXe siècle. De tendance icarienne ou fouriériste, ces colons d'un nouveau genre rêvaient d'une cité idéale. Pourtant, leurs multiples tentatives d'installation se soldèrent toutes par une série d'échecs désolants. Un bilan particulièrement humiliant dans la mesure où de son côté le front pionnier américain progressait tranquillement. Devant le succès de leurs voisins, les idéalistes français s'enlisaient dans leurs doctrines et s'épuisaient vainement à la tâche. Leur terre promise glorifiée à travers les écrits de leurs porte-drapeaux, peinait à prendre forme. L'incompétence, l'intransigeance aveugle, la soif de pouvoir, la division et tant d'autres faiblesses de la nature humaine minèrent ces audacieux projets communautaires les uns à la suite des autres jusqu'à ce qu'ils sombrent dans les oubliettes de l'histoire.


  • Laurent Lebourg : La vie critique - Arnaud Viviant - Belfond, Paris, France - 19/09/2013

Critique littéraire ! Le narrateur exerce ce métier terriblement artisanal qui suscite une montagne de préjugés et de controverses. Il consiste à peser sur la balance du bon goût quantité de livres fraichement sortis de la presse. Combien d'auteurs attendent anxieusement sur le billot de chevet du critique un pouce levé qui lui évitera le pilon ? Acerbes ou élogieux, les articles des critiques sont pourtant des étapes essentielles dans la chaîne du livre. Et si l'on se mettait un peu à la place de ces esclaves de la prose, pauvres goûteurs condamnés à l'indigestion littéraire ? Sacrifiés sur l'autel de la surproduction éditoriale, ils sont en plus payés au lance-pierre ! Il était tant pour cette incontournable corporation de passer à son tour sur le grill et de se présenter sous un nouveau jour. Comme Arnaud Viviant ne pouvait éthiquement se camoufler derrière la facilité du témoignage, le roman comme mode d'expression s'imposait d'office. Qui se cache donc derrière cet homme coupable d'user du droit de vie ou de mort sur des livres ? Un esthète courtisé vivant dans sa tour d'ivoire ou un vieux gauchiste nostalgique écorché vif, errant en scooter dans Paris entre deux bistrots ? Un critique tueur à gages ou un professionnel honnête habitué du confessionnal freudien et doutant sans cesse de sa légitimité professionnelle ? Vous l'aurez compris, ce court roman est avant toute chose un traité d'auto-flagellation comme le laissent croire les nombreux fantasmes sadomasochistes taquinant le narrateur durant ses laborieuses lectures. Une manière pour ce rusé mousquetaire de couper l'herbe sous les pieds de la critique... A vous de juger puisque l'auteur le veut bien !


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