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Site Internet : http://librairieduparc.over-blog.com



Les coups de cœur de ses libraires

Un album drôle, mais pas seulement : un texte qui fait réfléchir sur l'aspect absurde de certaines décisions imposées, sur l'arbitraire d'ordres sans queue ni tête auxquels il nous arrive (trop ?) souvent de nous plier, sans nous poser plus de questions....
Un outil formidable pour faire travailler ce 'muscle' devenu aujourd'hui indispensable : l'esprit critique.


Lorsque l'on tombe amoureux à dix ans, les sentiments que l'on éprouve bouleversent tout autant qu'à l'âge adulte. Clément le sait bien : l'arrivée de la jolie Kenza dans sa classe a transformé sa vie. Hélas ! Aux yeux de la demoiselle, il demeure invisible.
Avec l'aide de Solenn, sa 'nouvelle soeur', et de mystérieuses formules magiques, le jeune garçon va entreprendre de conquérir sa belle.
Mais entre potions, actes héroïques et 'accélérateur d'amour', Clément va rapidement se retrouver dépassé par les évènements, qui vont prendre une tournure inattendue.
Un petit bijou de délicatesse et de sensibilité à mettre entre toutes les mains, dès 9 ans.


  • Gwendoline Gaciarz : Là-bas c'est dehors - Richard Peduzzi - Actes Sud, Arles, France - 12/12/2015

Quand la scénographie devient art....
Scénographe de toutes les pièces et de tous les opéras de Patrice Chéreau, de Luc Bondy et de bien d'autres encore, Richard Peduzzi n'en est pas moins peintre et muséographe. Cet ouvrage raconte, par la voix de l'artiste, le parcours de ce dernier au fil des photographies de son travail et de ses oeuvres.
Un document précieux.


Un jour sur internet, Isabelle Monnin achète un lot de photographies. Ces photos seront le point de départ d'une aventure littéraire originale et incroyable. Journaliste et romancière, elle va alors utiliser ses deux talents pour écrire Les gens dans l'enveloppe. Le livre se compose de deux parties : l'histoire imaginée par l'auteur à partir des photos et l'enquête qu'elle a menée pour découvrir l'identité des gens sur les photos.
Le roman met en avant trois personnages féminins. La petite Laurence a huit ans et sa mère est partie. Elle voit son père se murer dans la tristesse et elle, elle essaie de survivre. Heureusement il y a les vacances chez mamie Poulet et papy Raymond.
Il y a Michelle, la mère en fuite. Michelle rêve d'ailleurs mais Serge, son mari, est un homme ancré pour qui l'horizon s'arrête à son usine et à son chez lui. Alors, quand Horacio, le bel Argentin, croise le regard de Michelle, c'est le coup de foudre. Horacio c'est l'ailleurs tant espéré par la jeune femme, qui n'hésite pas à abandonner sa famille pour le suivre dans son pays, plongé pourtant dans l'horreur de la dictature.
Et le roman se termine par Simone, la grand-mère, surnommée Mamie Poulet. Elle reçoit les lettres de Laurence, partie à la recherche de sa mère. Simone est malade, se laisse dériver et se souvient, tout en brûlant les lettres de sa petite fille et en laissant infuser de vieilles photos dans des bols de lait avant de les boire...
Dans la seconde partie, on peut lire le journal littéraire de l'auteur, où elle décrit les différentes étapes qui ont amenées à l'écriture du roman et l'enquête qu'elle va suivre pour découvrir la véritable identité de ses personnages. C'est une photo où figure un clocher qui va permettre à l'auteur de découvrir où cette photo à été prise et qui va la mener au petit village de Clerval, en Franche Comté. Je ne vais pas vous dévoiler tous les détails de cette enquête qui va être remplie d'émouvantes coïncidences. En tout cas, Isabelle Monnin va bel et bien rencontrer Laurence, Michelle et Serge, dont on retrouve les voix sur le cd qui accompagne le livre. Ce cd est à l'initiative d'Alex Beaupain, ami de l'auteur et qui a tout de suite été emballé par ce projet. Les chansons sont inspirées du roman et il y a aussi deux reprises dont Les Mots Bleus (magnifique !). Camélia Jordana, Clotilde Hesme et Françoise Fabian interprètent quelques chansons. Mais le moment le plus fort pour moi fut d'entendre la vraie voix de Serge...
Isabelle Monnin signe ici un très beau roman, qui permet de mettre en valeur la force des histoires, qu'elles soient inventées ou non, la beauté des gens, même s'ils sont "normaux", ce qui n'empêche pas leurs vies d'être "universelles et singulières". Alors, vite, précipitez-vous, vous serez diablement ému par la lecture de ce livre.
"C'est peut-être simplement cela, être romancière : avoir des livres qui poussent dans les interstices de tout."


  • Valérie Simonnot : Cassandra - Todd Robinson - Gallmeister, Paris, France - 04/11/2015

"Je ne supporte pas les brutes, même si mon métier consiste à être la pire brute du quartier."

Boo travaille avec son meilleur ami Junior comme videur dans un bar de Boston, le Cellar. Tous les deux se connaissent depuis l'orphelinat, et il faut dire que ces deux gars en impressionnent plus d'un avec leurs tatouages et leurs kilos de muscles.
Un jour, on leur propose une drôle de mission : ils sont chargés de retrouver une adolescente fugueuse, Cassandra, qui se trouve être la fille du procureur de la ville, rien que ça. Même si les deux gus sentent venir le coup fumeux, ils décident d'accepter ce job - 25000 dollars de récompense, ça ne se refuse pas ! - et Boo n'est pas insensible au charme de Kelly, la collaboratrice du procureur... Bien évidemment, l'enquête va partir en eau de boudin.
Boo et Junior sont des personnages comme on les aime : extrêmement attachants, drôles, humains. Ils ont connu beaucoup de galères et pas mal d'horreurs aussi, comme on l'apprend au fur et à mesure du récit. Et puis il y a aussi toute une galerie de personnages secondaires qui gravitent autour d'eux : Underdog, un camé qui cache bien des secrets, Twitch, un autre ami connu à l'orphelinat un peu sociopathe... Tous les ingrédients sont réunis pour passer un bon moment, en plus d'une intrigue bien ficelée, et j'ai lu ce roman avec beaucoup de plaisir, quasiment d'une traite, en espérant revoir bientôt Boo et Junior dans d'autres aventures.


  • Valérie Simonnot : Squat - Yannick Bouquard - Rouergue, Arles, France - 07/06/2014

Yannick Bouquard s'inspire de sa propre expérience de squatteur dans ce premier roman qui raconte la vie d'un squat, dans la banlieue ouest de Paris, à Vienspasissy-sur-Seine, des débuts de son occupation, en passant à son organisation (pas si simple !) jusqu'à son démantèlement.
Outre l'aspect «pratique» de la chose, à savoir les ficelles légales à connaître pour installer un squat et empêcher sa fermeture, c'est une chronique loufoque et drôle d'une bande de squatteurs pas piquée des hannetons. Entre «Papa Ours qui est punk ; Cheval qui est alcoolique ; Andrew Mack qui est anglais ; Beyrouth qui est morose ; Grand David qui est grand ; p'tit David qui doit de l'argent à la caisse ; Aurore qui a de gros seins ; François Chauve qui est joaillier ; Ron qui est russe ou presque ; Crassnal qui est énervée ; Orianne qui est un peu candide ; Axel Youpin qui est fainéant ; Franck qui est déprimé ; Laurent qui est débonnaire ; Youri le socialiste qui conduit les morts ; JC qui fout des plats à tarte dans la gueule ; Tran-Tran qui fait de la gymnastique ; Bilal qui est libanais ; Pimprenelle qui est beatnik, un peu ; Millie qui est bronzée ; Stupide qui est un chien très con ; Alexia qui est folle», et Yann, le narrateur, à la recherche de la femme idéale, sans oublier les «squatteurs de squat», vous allez, c'est sûr, beaucoup vous poiler.
L'histoire est aussi un prétexte à dézinguer les préjugés que l'on peut avoir sur les squats et leurs occupants et le narrateur en profite pour égratigner le système et ses lois ineptes, les faux rebelles, et les vrais cons tout court. C'est foutraque à souhait et bon dieu que cela fait du bien dans cette ambiance sociale morose et gaie comme un canal. Merci Yannick Bouquard, la lecture de votre livre m'a fait énormément de bien !


  • Valérie Simonnot : Rouge sur rouge - Edward Conlon - Actes Sud, Arles, France - 15/05/2014

Nick Meehan intègre une nouvelle brigade du NYPD et devient le coéquipier d'un certain Esposito. Autant Meehan est discret, autant Esposito est grande gueule, roublard... Et c'est bien cette grande gueule qui lui cause des problèmes puisque les services internes ont en fait missionné Meehan pour espionner Esposito afin de le faire tomber.
Rouge sur rouge est le premier roman d'Edward Conlon, ancien policier au NYPD, et cela se sent dans l'extrême réalisme dont est empreint ce livre, un réalisme qui n'est pas sans rappeler celui des romans de Mankell, où tous les détails ont leur importance, même anodine, et nous permettent de pénétrer dans les mécanismes du métier de policier. Car finalement, le sujet principal de ce roman est le duo, ce fameux binôme d'enquêteurs que l'on voit dans bon nombre de séries policières. Comment se constitue-t-il ? Comment fonctionne-t-il ? Ou pas ?
Rouge sur rouge pourrait presque se lire comme un documentaire sociologique sur la condition policière.


Vous avez aimé "Le mec de la tombe d'à côté" ? Alors vous allez adorer ce livre !

On y suit Adèle, directrice, par tradition familiale plus que par réel goût, d'une entreprise de pompes funèbres. Elle va avoir trente ans, est pleine de complexes et pour son malheur, est affublée d'une soeur qui a accaparé toute la beauté familiale.

Mais celle-ci, qui aime tendrement sa petite soeur et ne cesse de l'encourager afin qu'elle se trouve enfin un amoureux, décide de marquer le coup et de lui organiser une fête d'anniversaire mémorable. Elle loue une péniche et retrouve le banc et l'arrière banc des amis et camarades de lycée et de fac d'Adèle.

Je ne vais pas en dire plus si ce n'est que l'on s'attache à cette fille un peu paumée, soignant ses angoisses à coups de lait concentré et de Curly, et ayant une confiance en elle à raz les pâquerettes. Les personnages hauts en couleurs donnent du peps au récit et l'auteur excelle à nous tenir la dragée haute jusqu'à la toute dernière phrase.

Bref, laissez-vous tenter par ce roman sympathique et haletant, vous ne le regretterez pas.


Afin de mettre un terme à la rivalité entre la France et l'Espagne, Philippe d'Orléans, alors Régent (Louis XV n'ayant pas encore atteint la majorité), a la lumineuse idée - tout en marinant dans son bain pour se remettre d'une gueule de bois... - de marier le jeune roi avec l'Infante d'Espagne, Anna Maria Victoria, alors âgée de quatre ans. Par la même occasion, il décide aussi de marier sa jeune fille de douze ans, Mademoiselle de Montpensier avec le futur roi d'Espagne, le prince des Asturies.
Les deux puissances s'étant mises d'accord, les deux princesses seront alors échangées à la frontière, à la suite d'un pénible voyage.
Autant la jeune infante ravit son entourage par sa grâce et sa bonne humeur, autant la princesse française, qui était contre l'idée de son père, est revêche. Mais malheureusement, le charme de la jeune infante n'aura pas prise sur Louis XV...
L'échange de princesse est un magnifique livre, plein d'humour (je vous conseille notamment le passage sur les trois rots de la princesse de Montpensier) extrêmement bien documenté, et qui interroge la place de l'enfant dans cette société du XVIIIème siècle. Chantal Thomas a sa manière de raconter l'histoire et c'est un vrai plaisir !


  • Valérie Simonnot : Molosses - Craig Johnson - Gallmeister, Paris, France - 25/04/2014

Le shérif Wilt Longmire est de retour dans Molosses. J'ai déjà maintes fois clamé mon amour pour les livres de Craig Johnson, alors n'attendez aucune objectivité de ma part concernant ce dernier roman. J'attends chaque nouvelle publication comme un drogué attend sa méthadone !
Contrairement à nous, l'hiver est très rude dans le Wyoming. En plus des conditions climatiques terribles (-20°C la journée jusqu'à -40°C la nuit !), le shérif Longmire a fort affaire avec la famille Stewart, dont le grand-père, Géo, s'occupe d'une décharge, enfin du "Site municipal de dépôt, tri et récupération des déchets". Outre les acrobaties du bonhomme, qui a la fâcheuse tendance à tomber des toits, la police retrouve un pouce dans une glacière déposée dans ladite déchetterie.
Avec tout ça, les cadavres vont commencer à pleuvoir, sans compter que Longmire est un peu tourneboulé par le futur mariage de sa fille chérie...
Bref, c'est un vrai bonheur que de se retrouver une nouvelle fois dans le comté le moins peuplé de l'État le moins peuplé des États-Unis, c'est comme si on se retrouvait à la maison, entouré de ses meilleurs potes.


  • Marion Revoyre : Les endormeurs - Anna Enquist - Actes Sud, Arles, France - 18/04/2014

Lui est psychanalyste, elle est anesthésiste : ils sont frères et soeurs et affrontent chacun à leur manière la perte. En effet, la femme de Drik qui était aussi la meilleure amie de Suzanne, vient de mourir des suites d'un cancer. Suzanne a tout assumé : les soins de sa belle soeur, sa vie de famille, et quand tout a été fini, elle a pris son frère sous son aile.
Le roman commence au moment où Drik reprend son activité professionnelle, tout en ayant le sentiment de n'être pas tout à fait prêt. Suzanne, quant à elle, retourne dans son service avec bonheur.
Anna Enquist se saisit de cette histoire pour mettre en opposition deux façons de se positionner par rapport à la vie : l'analyse cherche le mieux-être à travers la confrontation à la douleur du souvenir, l'anesthésie, quant à elle, a pour but ultime l'oubli, l'absence de douleur, l'évitement. Ces deux personnages vont incarner cette opposition.
Ceci posé, et nonobstant cette très intéressante réflexion, ce roman se lit comme un très très bon polar : impossible de le lâcher ! Anna Enquist installe une tension dans l'enchaînement des événements, et juste ce qu'il faut de souvenirs d'enfance traumatisants pour rendre le lecteur avide de connaître le dénouement.
Bref, nous tenons là un excellent roman qui séduira, j'en suis sûre, les lecteurs les plus exigeants.


Voici un roman hors normes, mieux qu'un polar historique : c'est un polar préhistorique, paléolithique pour être plus précis.
L'intrigue se déroule lors du Jamboree qui rassemble dans le Val Velu des dizaines de tribus autour d'agapes et de cérémonies religieuses. C'est le moment de resserrer les liens entre clans, de partager les découvertes entre confrères chamanes et c'est surtout pour nous l'occasion de rencontrer une myriade de personnages aux noms tarabiscotés et évocateurs.
Bien sûr il faut nourrir tout ce monde, c'est pourquoi sur une steppe balayée par le boréal (le vent réputé être le plus perfide et le plus rancunier) un groupe de chasseur traque un troupeau de bisons. Au moment crucial, lorsque la bête ploie sous le coup des sagaies, l'invité d'honneur en personne se volatilise.
Et ce n'est que la première d'une série de disparitions qui propage une onde de terreur superstitieuse sur le rassemblement des clans. Heureusement que le chamane Collembole N'a-Qu'un-oeil, en digne précurseur des Hercule Poirot et autres Sherlock Holmes se charge de mener l'enquête.
Timothée Rey profite de la liberté incroyable que lui procure une période si peu connue pour laisser libre cours à son imagination ainsi qu'à ses inspirations narratives. En effet il s'affranchit d'emblée de l'idée de coller au vocabulaire limité et aux tournures simplistes auxquels on pourrait s'attendre dans la steppe préhistorique, au contraire, il se plait à utiliser un langage soutenu (les chamanes confrères n'hésitent pas à se donner du «cher homologue»). Par ailleurs Rey se laisse tenter par des anachronismes réjouissants souvent portés par des jeux de mot douteux (dès les premières pages, une hase bine).
Une fois que l'on accepte de jouer le jeu de cette narration toujours inventive, on accède à un monde parfaitement structuré et qui émerge peu à peu à travers une foule de détails :
- une mythologie développée entre chaque chapitre sous forme d'histoires racontées autour du feu ;
- une organisation précise, pacifique et matriarcale de la société ;
- un système original de mesure du temps et de l'espace ;
- différentes manières d'aborder la spiritualité, depuis le chamane soigneur au vantard fanatique ;
- des expressions spécifiquement aurignaciennes ;
- des noms savoureux qui méritent ici un début d'inventaire. Citons Orvet Bras-Croisés, Souci Chez-les-Siens, Sphaigne Anse-Cachée, Ciguë N'a-Rien-Dit, Cigogne Y-Prend-Goût, Hulotte Deux-Voeux-Lourds ou encore Aspérule Á-Pieds-Joints.

Après des premiers pas sceptiques dans ce roman, je me suis rapidement surprise à chercher un sens caché dans chaque dialogue, à attendre la prochaine astuce avec impatience et à cheminer aux côtés du chamane-détective avec jubilation.


  • Valérie Simonnot : Inside - Alix Ohlin - Gallimard, Paris, France - 05/04/2014

Inside raconte les destinées croisées de trois personnages, tous liés entre eux : Grace, psychothérapeute à Montréal ; la jeune Anne, une des ses patientes ; et Mitch, l'ex-mari de Grace. Le récit se passe sur un laps de temps de dix ans, entre Montréal, la région arctique et le Rwanda. Dix ans pendant lesquels ces trois êtres vont subir des drames, se cherchant, se retrouvant parfois...
En plus de se connaître, Grace, Mitch et Anne ont en commun d'être un peu perdus dans leur vie : Grace va tomber folle amoureuse d'un homme mystérieux qui la fera souffrir ; Anne, jeune adolescente torturée, va fuguer à New York et Mitch va se séparer de sa nouvelle femme pour retrouver son ex de manière assez inattendue, après une aventure professionnelle malheureuse au Groenland.
La couverture du livre explique bien l'esprit du roman : c'est comme si nous lecteurs, nous observions ces héros ordinaires se débattre dans le chaos de leurs vies, par une petite fenêtre, ou comme s'ils étaient dans une boule de neige que nous tenons entre nos mains. L'auteur nous offre ainsi un récit intimiste sans grandiloquence mais d'une parfaite justesse.


  • Valérie Simonnot : Le livre de Leela - Alice Albinia - Actes Sud, Arles, France - 22/03/2014

Après plus de vingt ans d'absence, Leela revient dans son Inde natale à Dehli. Elle et son mari Hari viennent assister au mariage de la nièce de ce dernier. Elle épouse le fils de Vyasa Chaturvedi, un universitaire très réputé et spécialisé dans l'étude du sanskrit et du Mahabharata.
Ce que tout le monde ignore, c'est que Leela, bien avant sa fuite aux États-Unis, a très bien connu Vyasa. Ce dernier avait épousé sa soeur adoptive Meera, aujourd'hui décédée.
Bon, tout ça sent le secret de famille à plein nez et vous avez raison de le penser !
Mais au delà d'une histoire familiale aux moult rebondissements qui tiennent en haleine le lecteur avide de connaître la vérité, ce livre est très original dans sa construction. En effet, les différents personnages du roman sont en fait les jouets d'un combat mythique entre Ganesh, le dieu à tête d'éléphant et l'infâme scribe Vasya, l'auteur présumé du Mahabharata. Depuis la création de ce livre sacré, ces deux-là se vouent une haine sans merci et se confrontent par personnes humaines interposées, à travers leurs différentes incarnations.
Même si ce sont les dieux qui mènent la danse, le roman mêle très finement la tradition et la modernité, à l'image de l'Inde contemporaine. Les personnages rejouent la même histoire mais les temps changent et chacun présente un visage particulier de l'Inde, confrontée à de nombreux antagonismes : le beau père nationaliste qui a répudié sa fille qui a épousé un musulman, les domestiques vivant dans des taudis à quelques mètres des beaux quartiers, la jeune indienne libérée, le fils homosexuel...
Le livre de Leela est un récit romanesque, érudit et dépaysant, une fenêtre sur un pays fascinant et plein de contradictions.


  • Marion Revoyre : Témoin de la nuit - Kishwar Desai - Ed. de l'Aube, La Tour-d'Aigue, France - 21/12/2013

Le livre s'ouvre sur une scène de cauchemar, racontée dans un cahier par une toute jeune fille. On ne comprend d'abord pas très bien si cette fille est à l'origine du carnage ou une victime échappée. Un homme est là...
La police de caractère change et nous rencontrons la narratrice de cette histoire : Simran, travailleuse sociale qu'un ancien amant, chef de la police de sa ville natale, a appelé à la rescousse pour débrouiller les fils d'une affaire. De fil, il s'agit en fait d'une jeune fille, Durga, unique témoin du massacre de sa famille et qu'il faut faire sortir de son mutisme afin de savoir ce qui s'est vraiment passé.
Le roman alterne donc les pages du journal intime de Durga, et le récit de Simran sur l'enquête qu'elle est en train de mener. Et c'est toute la société indienne qui nous est racontée. Avec beaucoup de talent, Kishwar Desai brode dans son enquête policière un portrait de l'Inde contemporaine, du fonctionnement de son système de caste et de la place de la femme dans cette société. La description est glaçante et prend toute sa place dans le roman, elle vient appuyer l'histoire et donner de l'épaisseur aux personnages.
Je gage que ce polar ne vous laissera pas de marbre !


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