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Les coups de cœur de ses libraires

Maggie a quitté sa Caroline du Sud natale pour la Sillicon Valley, terre de toutes les espérances pour les adeptes des nouvelles technologies. Créatrice d'une start-up avec son ami Dizzy, elle est cependant licenciée lorsque sa société, rachetée par une plus grosse, délocalise les emplois en Inde. Doit-elle chercher un autre emploi en faisant jouer ses relations, son réseau ? Doit-elle retourner en Caroline du Sud et se marier comme le suggère sa mère ?

En attendant de trouver les réponses à ses questions, Maggie squatte les fauteuils de la librairie Dragonfly Used Books qui appartient à son ami Hugo. Romans à l'eau de rose aux couvertures quitsch, westerns ou romans d'aventure : Maggie dévore littéralement tout ce qui lui tombe sous la main. Pour lui permettre de retrouver un job de geek, Dizzy l'a fait entrer dans le club de lecture d'une femme d'affaires influente. Au programme de la prochaine réunion : vin blanc et "L'amant de Lady Chatterley". Même si elle possède un exemplaire neuf, la version d'occasion qu'Hugo lui met entre les mains va attirer son attention : les pages se détachent toutes seules tant il a été manipulé, mais surtout Maggie découvre sur certaines pages une correspondance écrite en marge des pages entre Catherine et Henry. Maggie n'aura alors de cesse de trouver qui sont ces personnes et ce qu'elles sont devenues.

"Le problème avec les livres d'occasion, expliqua Hugo, c'est qu'ils apportent leur passé avec eux. Ils ne sont pas tout juste sortis de la presse d'un imprimeur et emballés dans un carton, prêts à être expédiés. ils sont abandonnés ici par des gens qui n'en veulent plus. Comme des orphelins dans un roman de Dickens. Ils sont rejetés à mesure que leurs propriétaires avancent dans leur vie. Parce qu'ils sont trop lourds à déplacer ou prennent trop de place. C'est comme ça qu'ils finissent ici. Par conséquent, il faut qu'on les libère de leur ancienne vie pour qu'ils puissent passer à autre chose et appartenir à ceux qui veulent bien d'eux."

Maggie est une jeune femme indépendante, qui a toujours voulu se construire une vie à l'opposé de celle de sa mère, femme au foyer docile. C'est une jeune femme férue de nouvelles technologies, qui a très bien gagné sa vie grâce à la start-up qu'elle a créée, au caractère pragmatique et logique, mais qui n'hésite pas à faire preuve d'humour envers elle-même. Son licenciement lui montrera que cette vie reste artificielle pour une grande part, où les relations entre les personnes se font par réseaux sociaux interposés et non en face à face. La librairie va lui permettre de créer un autre réseau, celui des amoureux des livres et des mots, un réseau où l'on prend son temps pour fouiner dans les rayons à la recherche de la perle rare (à l'opposé de la grande librairie de l'autre côté de la rue !). Et qui sait si Maggie ne trouvera pas l'amour, le courage et l'aventure qui manquait dans sa vie si bien ordonnée ?

Un livre "feel good" fait pour les amoureux du livre, mais à mettre, aussi et surtout, entre les mains des adeptes inconditionnels du portable et des réseaux sociaux pour leur permettre de voir que la vie est belle si on lève les yeux !


  • Catherine Demontpion : Eux sur la photo - Hélène Gestern - Arléa, Paris, France - 05/04/2013

Hélène, la narratrice, a perdu sa mère lorsqu'elle était enfant. En grandissant, Hélène pose des questions à son père, mais il refuse de lui parler et s'éloigne de plus en plus d'elle. Ce n'est qu'auprès de sa mère adoptive qu'Hélène trouve de la compréhension, de l'amour, de l'assurance.

Devenue adulte et archiviste au Musée de la carte postale, Hélène fait face au décès de son père et à l'affaiblissement de sa mère adoptive, victime de la maladie d'Alzheimer. Mais c'est aussi le moment où les réponses à ses questions d'enfant apparaîtront, grâce à des documents découverts dans le bureau de son père. Des réponses et d'autres questions aussi suscitées par des photos de personnes inconnues. Passer une annonce dans un journal semble être le meilleur moyen de continuer ses recherches. Et c'est Stéphane qui lui répondra, ayant reconnu son propre père sur la photo. Mais quel est le lien entre la mère de l'une et le père de l'autre ? Étaient-ils de simples connaissances ou plus encore ? Que se cache-t-il sous la disparition dans un accident de la mère d'Hélène ? Pourquoi avoir gardé pendant toutes ces années le secret sur l'histoire de cette femme si belle et si mystérieuse ?

"La photographie est craquelée, et les bords en sont abîmés, comme si elle avait été maintes fois manipulée. Une large rayure, trace d'une pliure ancienne, forme une barre verticale au milieu de l'image. Celle-ci représente un groupe d'enfants et d'adolescents, d'âges divers, encadrés par trois adultes : un homme barbu en habit de pope et deux femmes de taille moyenne. En tout, on dénombre une quinzaine de personnes sur l'image et aucune d'entre elles ne sourit. A l'arrière plan, on distingue, assez mal, un panneau de bois peint qui ressemble à un paravent; la présence, à gauche, d'une croix orthodoxe renseigne sur le fait qu'il s'agit d'une iconostase, et que la photo a été prise dans une église."

Une jeune femme à la recherche de renseignements sur une mère qu'elle a peu connue, voilà un sujet de roman qui peut sembler simple, déjà vu sous la plume d'autres auteurs. Mais le style d'écriture d'Hélène Gestern, lui apporte toute son originalité : l'histoire des familles d'Hélène et de Stéphane apparaît au fil des pages, distillée dans des lettres et des courriels échangés par les deux personnages, d'une écriture très formelle dans un premier temps (le vouvoiement), mais de plus en plus intimes lorsque les morceaux du puzzle commencent à s'assembler. En partant d'une photographie noir et blanc, dont le nom des personnages n'est pas mentionné, l'histoire, les secrets enfouis depuis si longtemps, vont réapparaître, laissant à la fois un goût amer et une envie d'aller jusqu'au bout, jusqu'à la vérité. Un roman plein de finesse (la description des photographies est si bien faite que le lecteur peut "la voir"), de regrets et d'espoirs, de confiance en l'avenir.


  • Catherine Demontpion : Fais de beaux rêves - Pierre Lagier - Buchet Chastel, Paris, France - 14/07/2012

Ce matin-là semblait pourtant être un matin comme les autres, avec un réveil "en senteurs" que Pierre, le narrateur, préfère "aux agressions auditives des mécaniques horlogères traditionnelles." Et pourtant, ce matin-là, la première pensée de Pierre est pour son grand-père, décédé depuis plusieurs mois.
Pourquoi une telle pensée ? Certes, le grand-père et le petit-fils ont eu une relation privilégiée depuis l'enfance, même si le reste de la famille ne le voyait pas d'un très bon oeil. Car ce grand-père était ce que l'on est obligé d'appeler un original. Grand fumeur de gitanes ("si je fume aujourd'hui, c'est grâce à lui"), il aimait percer "ses bérets pour aérer son crâne, l'été" et savait inventer "un système lui permettant de boire la nuit à une bouteille qu'il faisait descendre du plafond par un jeu complexe de poulies". Ce grand-père n'en reste pas moins le complice du narrateur, celui qui l'écoute, le rassure, répond à ses questions mais lui laisse aussi la possibilité d'émettre et de développer ses propres idées (notamment pour passer le cap de l'adolescence et de la rébellion qui est associée). Un grand-père plein de bon sens et de philosophie qui, pour avoir fait comprendre l'importance de la tolérance et du respect d'autrui, pour avoir donné le goût de la dérision et du bonheur, mérite "sa place sur ce piédestal personnel où l'on juche ses propres héros."
Mais comment se fait-il que, quelques mois après sa mort, le vieil homme s'insinue dans les pensées du narrateur ? Et dans sa vie également en lui envoyant des lettres manuscrites qui vont toutes être distribuées à des dates précises (fête, anniversaire...) ? Des lettres énigmatiques, pleines d'humour et de dérision, à l'image de leur auteur, et qui sont destinées à faire réfléchir son petit-fils sur le sens de sa vie et sur la voie dans laquelle il veut s'engager.
Dès lors, commence pour le narrateur un vrai travail d'espion : trouver qui dépose les lettres chez lui, découvrir l'auteur de cette machination, et comprendre pourquoi cette jeune femme s'intéresse à lui au point de le suivre dans la rue. "L'hypothèse qu'une femme puisse me pister m'étonnait. Sans être laid ou mal fichu, je ne suis pas non plus le genre de type sur lequel les femmes se retournent. Alors, imaginer que l'une d'entre elles me surveille suscitait chez moi plus de méfiance que de fierté."
D'une écriture précise, avec des mots simples et pleins d'émotion, toujours judicieusement choisis, Pierre Lagier nous entraîne dans une belle histoire d'amour, de complicité qui ne semble pas vouloir s'arrêter avec la mort de l'un des protagonistes. C'est aussi une belle histoire sur la vie, sur la façon dont on souhaite la mener, sur ce qu'elle peut nous apporter et sur ce que nous-mêmes pouvons apporter à ceux qui nous entourent.


  • Catherine Demontpion : Jeanne et Marguerite - Valérie Péronnet - Calmann-Lévy, Paris, France - 14/07/2012

Jeanne est habituée à mettre des mots sur les sentiments et les histoires des autres mais, cette fois, c'est son histoire à elle qu'elle raconte. Celle d'une femme qui rencontre un homme dont elle ne connaîtra jamais le véritable nom mais qu'elle appelle James pour son côté mystérieux. C'est le coup de foudre dès leur première rencontre, un amour étrange et fort va les unir, un amour en pointillés entre Paris et la province, jouant avec les absences mystérieuses de James. Mais si Jeanne et James partage le même désir, le même amour, leurs visions de la vie et de leur relation est bien différente : l'une souhaiterais s'engager plus avant, alors que l'autre préfère vivre le moment présent.

"Des mois après notre rencontre, je ne savais toujours rien de sa vraie vie, à part qu'elle était multiple sans doute. Et dangereuse, un peu. Il en laissait parfois échapper quelques éclats, souvent par inadvertance ou quand il ne pouvait pas faire autrement (...) Semaine après semaine, mois après mois, mes propres défenses se sont dissoutes dans le plaisir de sa présence. Déshabillée jusqu'à l'âme, de plus en plus fragile."

Et il y a aussi Marguerite, celle dont Jeanne nous raconte l'histoire. Marguerite, que tout le monde appelle Guitta, vit à Nice en 1906. Retirée de l'école pour tenir compagnie à son petit frère malade, Guitta essaie de se distraire en allant à la plage... C'est là qu'elle rencontre Eugène, un beau jeune homme dont elle tombe amoureuse dès le premier regard et le premier sourire. Leur relation évoluera selon les convenances de cette autre époque : courtisée par cartes postales interposées (Eugène est parti faire ses études en Suisse), fiancée après deux ans et mariée l'année suivante. Un bonheur sans tâche dans lequel naîtront deux petites filles.

"La première fois que Guitta voit Eugène, il sort de l'eau en riant aux éclats. La première fois qu'elle le voit, ils sont deux beaux hommes qui se ressemblent. Deux frères, même rire, même barbe, même maillot ridicule en coton tricoté, mêmes grands gestes chahuteurs, mais c'est lui qu'elle voit. Pas l'autre. Elle fait ce que les filles font pour que les garçons la regardent. Elle sourit, elle rosit, elle tremble un peu."

Des décennies séparent les deux femmes, mais leur histoire est pourtant la même : un amour fou, en amour qui envahit le corps et l'esprit et toute l'existence. Des sentiments si intenses qu'ils font du bien et du mal en même temps. Des sentiments parfaitement décrits dans le roman de Valérie Péronnet, à l'écriture sobre et sensible. Deux histoires qui seront interrompues par un évènement identique : la guerre, la bataille des Flandres pour Marguerite, l'Afghanistan ou la Tchétchénie pour Jeanne. Que restera-t-il alors de ce sentiment, de cet amour si fort ?


  • Catherine Demontpion : Lo Cro do diable - Serge Vacher - Après la lune, Paris, France - 14/07/2012

Le décor de l'histoire : le plateau de Millevaches, là où naissent trois rivières, Corrèze, Creuse et Vienne. C'est aussi le pays des légendes, comme celle de cette crevasse géologique dont personne ne connaît l'origine, mais que tout le monde surnomme "Lo Cro do Diable" en raison des fantômes et des lutins que certains y aurait vu. "Le vent semblait prendre ses aises sur le plateau de Millevaches. Il respirait enfin, si l'on peut dire. Tout sur ces landes le savait."

C'est dans ce pays rural que vit Louis, propriétaire de terres agricoles qu'il cultive seul depuis le départ à la retraite de son employé. Mais au moment de la pleine saison, Louis est débordé et ne peut passer autant de temps qu'il le voudrait avec sa jeune et jolie épouse. Il engage donc Pierre Carmet, d'abord pour six mois, puis le gardera toute l'année. "Et le temps avait coulé. Les foins, puis les blés s'étaient fauchés et moissonnés. Pierre avait donné sa part de boulot et Louis et Mine semblaient satisfaits. Lui aussi. Il avait passé près de six mois de bonne vie. Il se sentait bien là."

Lo Cro do Diable est à la limite des terres de Louis et c'est là que l'agriculteur va découvrir les corps de Georges son ancien employé et de sa bonne amie Marie la Mie. "Il inspecta la pente et trouva un chemin sur les énormes blocs de pierre qui jonchaient la pente, affleurant à peine et cachés par la végétation. C'est avec mille précautions qu'il réussit à rejoindre le chien. Il se pencha sur les deux tas de vêtements et constata avec horreur qu'ils étaient habités." Que s'est-il passé pour que ces deux-là se retrouvent à cet endroit ? Pourquoi se sont-ils aventurés en pleine nuit dans cette partie de la lande déjà dangereuse le jour ? Certes, ces deux-là buvaient, beaucoup, énormément, mais est-ce vraiment l'alcool qui leur a fait tourner la tête ?

Le flic Bastien Lenoir, "flic émérite à Limoges depuis plus de vingt ans", et Maxime Léobon, journaliste à l'Écho du Limousin, vont mener l'enquête où ils devront faire parler les habitants, honnêtes mais pas très causants. Et ces rumeurs autour de déchets nucléaires allemands stockés en Limousin, ont-elles un quelconque rapport avec les morts du Cro do Diable ?

Un pays rural, des habitants peut-être un peu frustres et bornés mais honnêtes, confrontés à des évènements qui les dépassent, bref un polar de qualité parce que les héros sont des personnages de tous les jours.


  • Catherine Demontpion : La reconstruction - Eugène Green - Actes Sud, Arles, France - 14/07/2012

Jérôme Lafargue est professeur de littérature à la Sorbonne, marié depuis 35 ans avec Jana et père d'un garçon. Sa vie semble se résumer à son travail, ses discussions avec ses collègues et ses étudiants, et ses visites à son père atteint de la maladie d'Alzheimer. L'apparition de Johann Launer, professeur allemand, va réveiller en lui des souvenirs de sa jeunesse. Cet homme lui demande de fouiller sa mémoire, de retrouver les souvenirs de sa jeunesse, lorsque Jérôme avait 20 ans et séjournait à Munich dans la maison de Herr Launer, le père de Johann.
A travers son journal, Jérôme remontera le fil de ses souvenirs et les confessions que Herr Launer lui avait fait sur sa vie pendant la Deuxième guerre mondiale. Mais a-t-il le droit de parler de ses souvenirs ? Est-ce que le passé aidera Johann Launer dans son présent ?
Eugène Green nous entraîne entre passé (le journal de Jérôme Lafargue) et présent, dans une très belle histoire où nous suivons les réflexions des personnages sur la filiation (véritable ou supposée), sur la foi et la religion, sur le bien et le mal, sur l'Europe et l'identité de ces immigrants obligés de quitter leur pays et leurs racines.


  • Catherine Demontpion : L'ange incliné - Pierre Mari - Actes Sud, Arles, France - 14/07/2012

Le narrateur de ce livre est universitaire, la quarantaine, dont la vie oscille entre famille (une mère veuve depuis peu qui se complait dans le souvenir de vieilles rancoeurs ; une soeur qui séjourne de plus en plus souvent en hôpital psychiatrique) et collègues d'université qui se résignent à avoir une vie ordonnée, linéaire où les rêves de jeunesse font partie des souvenirs. Mais lui ne les a pas oubliés et reviendront intacts lors de vacances dans la maison de son enfance.
C'est dans cet état d'esprit qu'il rencontrera, dans le train du retour, Anna, une jeune femme pétillante, souriante, dévorant la vie à pleines dents. Commence alors pour lui "une vie avec Anna" faite de rencontres de quelques jours ou de quelques semaines, entrecoupées de séparations qui donnent un sentiment d'imprévisibilité à leur histoire.
Une histoire intense entre deux personnages attachants, qui jouent avec bonheur de l'imprévisibilité de leur histoire comme des enfants pour qui les lendemains semblent si lointains. Une écriture poétique, douce et tonique à la fois pour un livre que l'on souhaiterait ne pas avoir lu lorsqu'arrive la dernière ligne.


  • Catherine Demontpion : La rose de Brod - Roberto Piumini - Rouge inside, Lyon, France - 14/07/2012

Sander, écrivain, a pour habitude de s'isoler pour écrire ses romans. Partir et laisser le hasard choisir un lieu dans lequel il se sentira à l'aise : cette fois, c'est un village de la campagne italienne, une pension de famille tranquille.

Avant son départ, son épouse Milena lui a confié cinq lettres, une pour chaque semaine de son absence, cinq lettres touchantes dans lesquelles elle décrit son amour pour lui en des termes élégants et passionnées. Cinq lettres que Sander lira à la fin de chacune de ses semaines d'écriture, comme une parenthèse et une récompense.

Parallèlement, apparaît au fil des pages le roman de Sander : l'histoire d'un village italien écrasé de chaleur, où le quotidien des habitants se résume aux messes du Père Lavj et aux commérages entre vieilles dames. Une figure domine cependant ce village : celle du Père Brod, ancien curé du village aujourd'hui à la retraite, qui continue à s'occuper du jardin de roses blanches et jaunes que son prédécesseur avait mis en place. Mais ce matin là, un sentiment étrange s'empare du vieil homme lorsqu'il découvre une rose d'un rouge éclatant au milieu des merveilles du jardin. D'où peut-elle venir ? Qui aurait pu se permettre de l'introduire dans le jardin ? Le Diable bien évidemment, car à la suite de cette découverte, d'étranges évènements vont se produire dans le village.

"Le jardin de roses n'était pas l'oeuvre du Père Brod. Il avait été planté par son prédécesseur, le Père Kamuals, grand botaniste auteur de plusieurs traités (...) Mais le Père Brod qui ne l'avait pas connu, ayant été envoyé dans cette paroisse pour remplacer le botaniste tombé sans préavis dans les bras de l'Eternel, n'avait pas eu à se retenir de juger le Père Kamuals pour ses qualités de curé. Mais il l'avait béni et admiré sans la moindre réserve en tant que cultivateur de roses (...) Les roses jaunes et blanches, fleurs toujours admirées, lui apparaissaient dans ce jardin comme un mirage diffus et articulé."

Une construction étonnante mais qui ne gêne en rien la lecture, lui donnant plutôt du dynamisme; une écriture précise et poétique; des personnages passionnants en proie au doute quant à leur foi ou leur vie : des ingrédients qui font de ce livre une découverte que j'ai beaucoup appréciée.


  • Catherine Demontpion : Ailleurs - Julia Leigh - Bourgois, Paris, France - 14/07/2012

Olivia quitte l'Australie avec ses deux enfants et se réfugie en France, dans la maison de famille qu'elle avait quittée vingt ans plus tôt, une maison où elle retrouve sa mère, son frère et l'épouse de celui-ci. Mais quelle est l'origine de ce retour aux sources ? Comment retrouvera-t-elle une place dans cette famille qu'elle a quittée sans prévenir ? Et quelle sera la réaction de ses enfants ?
Il est impossible de résumer plus ce livre étonnant sans révéler toute l'histoire. Julia Leigh a réussi à créer une ambiance étrange, où les émotions sont présentes à chaque page, où les histoires et les caractères de chacun des personnages sont distillés au compte goutte. S'ils semblent évoluer comme des fantômes au début de l'histoire, chaque révélation leur permet de prendre de plus en plus d'épaisseur pour révéler une famille où la communication semble difficile, mais où chacun des membres n'en reste pas moins touchant et émouvant.
Un livre à ne pas manquer pour découvrir une belle histoire, servie par une écriture aussi simple que précise, où chaque mot a son importance.


  • Catherine Demontpion : Le fiancé de la lune - Éric Genetet - Ed. Héloïse d'Ormesson, Paris, France - 14/07/2012

Arno Reyes, la quarantaine, exerce un métier qui l'envoie en mission sans préavis aux quatre coins du monde. Il mène donc une vie solitaire, sans attache, logeant dans des chambres d'hôtels entre deux missions, une petite amie occasionnelle. Une vie solitaire voulue. Mais Giannina, la trentaine, apparaît et l'aventurier solitaire a maintenant des envies de stabilité, revient dans la maison de famille délaissée, souhaite avoir un enfant. Tout se réalise, tout le bonheur qu'il ne semblait pas vouloir s'installe dans sa vie. Le bonheur mais aussi le quotidien, l'habitude qui peut gâcher la vie d'un couple, lui faire oublier l'amour qui était là au tout début. Jusqu'à cette maladie qui changera tout.
Une histoire belle, sensible. Une écriture précise, sans mièvrerie pour décrire les sentiments, le temps qui passe trop vite, les erreurs que l'on commet dans un couple, la nécessité de faire attention à la personne qui partage sa vie, à ses désirs et son amour avant qu'il ne soit trop tard. Une histoire à lire en écoutant la voix mélodieuse d'Ella Fitzgerald qui hante les pages du roman, comme celle de Giannina hantera la vie d'Arno et de son fils.


Emma Gentili est traductrice, passe beaucoup de temps à voyager. A l'approche de la cinquantaine, l'envie se fait de plus en plus pressante de changer radicalement de vie. "L'alarme, ça avait été une guillotine à l'entrée de mon estomac, quoi que je mange. En général l'après-midi, vers quatre heures. (...) Je vivais dans une attente indéfinissable, pressentant un changement, sans savoir que faire, ni par où commencer." Et la solution viendra d'un héritage, une ancienne boutique au charme suranné mais qui permettra à Emma de réaliser son rêve : ouvrir une librairie bien particulière, consacrée uniquement aux histoires d'amours. Malgré l'opposition de beaucoup (le plus virulent étant son ami expert-comptable, l'Ennemi fidèle), "Rêves et Sortilèges" voit le jour et réussit à fidéliser une clientèle de plus en plus nombreuse, qui évolue dans les rayonnages nommés "Coeurs brisés", "Amours sous glace", "Les lieux de l'amour"...etc.
La librairie sera aussi pour Emma un lieu de retrouvailles avec son amour de jeunesse, Federico, devenu architecte. Malgré les années, les sentiments sont toujours présents mais la distance qui les sépare va les obliger à utiliser un moyen de communication "d'un autre temps" pour renouer les fils de leurs vies : ouvrant des boîtes postales à New-York pour Federico et Milan pour Emma, les lettres et les souvenirs vont voyager entre les continents, entrecoupées de rencontres amoureuses en France.
Il est difficile de résumer plus avant un tel livre, riche en émotions, en fous rires, en sentiments. J'ai admiré l'audace d'Emma qui, malgré les oppositions et son manque d'expérience dans le métier, va réaliser son rêve sans jamais dévier de ses idées, avec un flair incroyable pour comprendre ses clients-lecteurs et trouver LE livre qui correspondra à leur humeur du moment. Observatrice, elle saura évoluer au fur et à mesure pour offrir de nouveaux services (une auberge, des chambres d'hôtels pour recevoir les auteurs venus dédicacer...).
Ce livre est donc une histoire d'amour, entre la libraire et l'architecte (une histoire difficile, Federico étant marié, mais une histoire intense, de celles qui finissent bien), entre la libraire et ses clients (des clients qui deviennent des habitués, des amis), entre les lecteurs et les livres (à chaque moment de la vie, gai ou triste, correspond une histoire qui va aider à avancer, selon Emma). L'alternance des lettres de Federico et Emma, plus intimes, et la relation de la vie de la librairie, le quotidien, rend le livre agréable à lire, à dévorer, et permet au lecteur de mieux appréhender les personnalités, les sentiments, les émotions.
Ce livre est aussi le portrait d'une libraire passionnée qui veut faire partager sa passion pour le livre et la lecture. Et je ne peux que partager son point de vue !


Janvier 1946. Londres sous les décombres des immeubles détruits par les bombes allemandes. Juliet Ashton est devenue célèbre pendant la guerre pour ses chroniques caustiques et humoristiques parues dans un journal londonien, puis sous la forme d'un livre après-guerre.
En panne d'inspiration pour son prochain roman, c'est la lettre d'un inconnu, habitant de l'île de Guernesey, qui va lui offrir l'occasion de découvrir la vie de cette petite île anglo-normandes.
Par un échange de lettres, elle va ainsi apprendre comment les soldats allemands ont débarqués sur l'île, pensant faire le premier pas dans leur conquête de la Grande-Bretagne. Réquisitions des maisons pour les officiers, des cochons et poulets pour leur consommation personnelle : les habitants de l'île vont bientôt manquer de tout, nourriture et vêtements, l'approvisionnement ne se faisant plus au fur et à mesure de l'avancée des alliés sur les troupes allemandes. Mais les habitants résistent et font preuve de ruse pour tromper les Allemands. Au point d'inventer un club de lecture pour couvrir d'autres activités interdites. Et c'est ainsi que naîtra "le club littéraire des amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates".
Au fur et à mesure des lettres, une véritable amitié va se créer entre Juliet et les îliens au point qu'il lui deviendra indispensable de se rendre sur place pour les rencontrer. Mais que va en penser son amoureux, le magnat américain de la presse Markham V. Reynolds ? Juliet devra-t-elle choisir entre une vie simple mais heureuse sur l'île et une vie d'opulence et de mélancolie ?
Tour à tour drôle, caustique, émouvant, ce livre est une agréable découverte. La présentation sous forme de lettres et de télégrammes échangés entre les différents protagonistes lui donne un charme désuet, celui des missives d'autrefois écrites à la main, que l'on avait plaisir à écrire, à lire et dont on attendait la réponse avec impatience. Il permet au lecteur de découvrir un morceau du passé de l'île de Guernesey, une île où, malgré les privations, les habitants resteront dignes et fiers, humains et généreux. Une découverte à la suite de Juliet, une jeune femme au caractère bien trempé, qui trouvera sa place presque par hasard sur une petite île au large des côtes anglaises.


  • Catherine Demontpion : La plume - Michaël Escoffier - Frimousse, Paris, France - 14/07/2012

Il était une fois trois zoizeaux qui papotent tranquillement de la pluie et du beau temps. Mais, comme dans toutes discussions, il arrive un moment où l'on parle de l'aspect physique des uns et des autres, du derrière de l'un et du gras de l'autre. Et la bagarre arrive très vite, une bagarre dont on se demande bien qui sera le vainqueur.
Mais l'arrivée d'une plume, tombée du ciel, va mettre fin à la bagarre, enfin presque. Car maintenant, il s'agit de trouver à qui appartient cette plume ? Et là encore, les avis divergent.
Un livre adorable, une histoire tellement drôle accompagnée de dessins (collages et dessins) colorés, presque naïfs, comme si des enfants les avaient fait. Un livre où les dessins accompagnent le texte sans jamais "l'étouffer", un équilibre harmonieux qui donne envie de lire et relire sans arrêt l'histoire et de s'y perdre !


  • Catherine Demontpion : Le sixième crime - Sébastien Fritsch - Ed. du Pierregord, Calviac-en-Périgord, France - 14/07/2012

Jérôme Babalnic, commandant de la police judiciaire à Lyon, est chargé d'enquêter sur un meurtre qui se trouve être, en réalité, le cinquième d'une longue série. Les meurtres sont tous commis de manière atroce, en utilisant cinq livres écrits quarante ans plus tôt et jamais publiés par Jacob Lieberman, un auteur disparu depuis. Son enquête le mène vers un village reculé de la Drôme, un village où vit seul, depuis quarante trois ans, un écrivain connu du monde littéraire sous le pseudonyme de Lex. Mais quels peuvent bien être les liens qui unissent Lieberman, Lex et les cinq meurtres ?
Un roman noir impressionnant : une enquête à la fois policière et littéraire où les apparences sont toujours trompeuses, où le lecteur se fait une opinion sur les personnages, pour mieux la défaire et la reconstruire dans les pages suivantes. A la lecture de ce texte, on se sent manipulé par les faits, les mots, les évènements, pour aboutir à un dénouement surprenant !
"Son visage resta pourtant impassible. Je compris qu'il avait fini, uniquement quand il replia la feuille et me la tendit. Je la posais sur la table sans le quitter des yeux. Il rangea calmement ses lunettes et planta ses pupilles dans les miennes. Un silence étrange s'installa entre nous. J'attendais au moins un commentaire. Mais mon vis-à-vis restait muet. Je flairai alors que je n'obtiendrais rien sans l'aiguillonner un tant soit peu."


Jonas Burkel, la quarantaine, est photographe. Il mène une vie sans complication et sans émotion. Les conquêtes féminines se succèdent dans sa vie sans pour autant y laisser des traces indélébiles. Et les femmes finissent invariablement par le "larguer" devant son absence d'émotion et l'impossibilité d'une vie commune dans l'avenir. Seules constantes dans la vie de Jonas : son appartement parisien, ses disques (Oscar Peterson en particulier), son paquet de cigarettes, et ses soirées à observer la vie dans les immeubles face au sien.
Une rencontre dans un train va cependant réveiller des sentiments étranges en lui : une jeune femme brune et magnifique, qui lit et relit sans cesse "Le portrait de Dorian Gray" d'Oscar Wilde, qui fait son chemin petit à petit dans son esprit. Et cette jeune femme est-elle bien ce qu'elle semble être ?
Ce livre commence comme un roman, celui d'un homme qui semble "handicapé" par ses sentiments, comme incapable d'exprimer ce qu'il ressent aux personnes autour de lui (à l'exception peut-être de Kelly, l'artiste peintre américaine dont la sensibilité est proche de celle de Jonas). Un personnage agaçant dans sa volonté de trouver réconfort et assurance dans ses rituels : whisky, cigarettes, musique et les femmes, toujours belles et brunes, qui apparaissent dans sa vie mais disparaissent rapidement. On sent pourtant que, derrière cette façade de photographe un peu cynique, se cache peut-être une autre personnalité.
Ce serait cependant réducteur de parler de ce livre uniquement sous l'angle du roman. Et, comme dans son précédent livre "Le sixième crime", Sébastien Fritsch distille les indices, petit à petit, pour nous accrocher à notre insu et de notre plein gré ! Impossible de dire plus du livre, ce serait entrer dans le déroulement de l'histoire. Et alors où serait le plaisir de la lecture, le plaisir de la découverte ? Et surtout celui de dire que, pour la deuxième fois, on s'est fait manipuler par cet auteur machiavélique !


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