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Les coups de cœur de ses libraires

  • Olivier Schittenhelm : L.A. story - James Frey - Flammarion, Paris, France - 14/07/2012

James Frey a beau vivre à New-York, son "L.A. story" est une chronique très impressionnante du Los Angeles contemporain. Au coeur de la cité des anges défilent des dizaines de personnages. Certains ne feront qu'une brève apparition entre deux chapitres consacrés à l'histoire et aux faits marquants de la ville. D'autres, l'auteur nous livre leurs vies tumultueuses en détail. Une jeune et très brillante Latino-Américaine passe de déceptions en déceptions, un acteur de films de série B, égocentrique et narcissique, dépense sans compter des millions de dollars pour assouvir ses passions et ses moindres envies, au risque de se perdre ; deux jeunes amoureux de dix-neuf ans qui ont échappé à leurs parents et qui (sur)vivent aux portes de la grande ville ; un vieil alcoolique de Venice Beach qui vit dans des toilettes et qui cherche une réponse au sens de sa vie. La force de ce roman réside dans l'écriture sans concessions de James Frey, qui superpose avec maestria les joies, les chances, les malheurs et même parfois les horreurs vécues par ses personnages. Tous ont cédé à l'appel des sirènes. Certains vont réussir, réaliser leurs rêves. Les autres vont finir broyés par la vie et par la ville. Un livre fascinant et bouleversant.


  • Olivier Schittenhelm : Les fables de sang - Arnaud Delalande - Grasset, Paris, France - 14/07/2012

Nous sommes à Versailles en 1774.
Louis XV vient de mourir et le sacre de Louis XVI, à Reims, approche. A ce moment là, une série de meurtres est commise par le fabuliste. Ce dernier tue ses victimes selon un mode opératoire exigeant qui consiste à mettre en scène certaines fables de La Fontaine. Les victimes choisies ont toutes un lien avec le secret du roi, diplomatie parallèle en vigueur sous Louis XV, et dirigé à cette époque par le comte de Broglie. Au fil de l'histoire, on retrouve les personnages du chevalier d'éon, de Vergenne, de Beaumarchais, tous agents du secret. L'enquête est alors confiée au vénitien Pietro Viravolta, enquêteur et héros du livre précédent " le piège de Dante", dit "l'orchidée noire". Viravolta devra déjouer un complot visant Marie-Antoinette, la jeune autrichienne.
Ce thriller se déroule comme une symphonie, on a d'ailleurs l'impression qu'il a été écrit en musique. C'est un mouvement musical donné à la fois par le rythme des meurtres et à la fois par une description précise de la décadence et de la splendeur de Versailles, que ce soit à la cour du roi, dans les jardins, dans le labyrinthe ou à travers le Paris du XVIIIe Siècle. Enfin, l'histoire se termine en apothéose.


  • Olivier Schittenhelm : La ville des voleurs - David Benioff - Flammarion, Paris, France - 14/07/2012

Leningrad, 1941. La ville est assiégée par les allemands. Deux adolescents se retrouvent en cellule, arrêtés par l'armée rouge, chacun pour une raison différente. En principe, ils doivent être purement et simplement exécutés le lendemain matin. Contre toute attente, Lev et Kolya vont être convoqués par un colonel du NKVD. Il marie sa fille prochainement et lui manque une douzaine d'oeufs pour le gâteau ! Il propose alors aux deux jeunes garçons un ultimatum hors du commun : la vie sauve contre les précieux oeufs. Une semaine pour trouver des oeufs dans Leningrad assiégée : une gageure. Les deux hommes vont, par la force des choses, devenir inséparables et vivre un périple hallucinant. Avec une écriture irréprochable, Benioff s'empare de l'histoire familiale (Lev est sont grand-père) et de l'Histoire. Dès les premières pages, vous serez plongés dans ce qui s'apparente non pas à un roman de guerre, mais à un roman d'aventures pendant la guerre.

Les personnages sont extrêmement attachants et la plume de Benioff ne se départit jamais d'un humour cruel et tranchant, jamais vulgaire, jamais pathétique. Une merveille.


Élise Fontenaille risque de déranger au moment où commence les JO d'hiver à Vancouver au Canada. Elle relate dans un roman qui tient plus du récit -elle parle de faits réels- la disparition de 69 prostituées du DTES (Downtown East Side) aussi nommé le Skid Row à Vancouver pendant de nombreuses années. Une à une ces femmes, la plupart indiennes, droguées et prostituées, sont enlevées dans l'indifférence quasi générale. Les pouvoirs publics ne font rien ou presque. Jusqu'au jour où, en 2002, on découvre un véritable charnier dans une ferme proche de la ville. Le fermier dépeçait ses victimes, donnait les "bas morceaux" à manger à ses cochons, offrait ou commercialisait le reste dans son restaurant spécialisé dans la viande de porc...

Élise Fontenaille décrit donc l'horreur, dans un style très brut, que ces jeunes femmes ont vécu. Elle n'a de cesse de dénoncer l'indifférence réservée aux indiens des réserves ("Au Canada, un tiers des habitants ont du sang indien, les trois quarts ont du sang indien sur les mains").

Un vibrant hommage à ces laissées pour compte disparues. Une alerte alors que sur une route proche de Vancouver, alors que le "boucher" a été arrêté, les disparitions de jeunes femmes continuent.


  • Olivier Schittenhelm : Le voyage d'hiver - Amélie Nothomb - Albin Michel, Paris, France - 14/07/2012

La sortie d'un nouveau roman d'Amélie Nothomb, certes régulière et attendue, n'en demeure pas moins chaque année un événement. Dans "Le voyage d'hiver", on retrouve le style d'Amélie, des personnages toujours aussi singuliers, sortis tout droit de son imagination qui semble décidément sans limites.

L'auteure ne souhaiterait certainement pas que l'on déflore son livre avant sa sortie. La quatrième de couverture reste, comme souvent, énigmatique "Il n'y a pas d'échec amoureux".

On se contentera donc de décrire le début. Un homme, a priori tout ce qu'il y a de plus neutre dans le sens où il n'est pas terroriste ni délégué par quelque groupe que ce soit, s'apprête à détourner un avion. Dans ce crash, il va se suicider bien sûr, mais aussi entraîner la mort de tous les passagers. Comme il n'a plus rien à perdre et que de toute façon personne n'en retrouvera la trace, il entreprend de s'expliquer sur ses agissements en écrivant son histoire.

Le résultat est cruel, drôle, décapant.


"La distribution des lumières" est le nouveau roman de Stéphanie Hochet, à paraître chez Flammarion en août 2010. Avant d'entrer dans le vif du sujet, je voudrais souligner à quel point, de roman en roman, le style de Stéphanie Hochet s'affirme, mûrit, prend de l'ampleur. Cette auteure est (pardonnez-moi ce lieu commun) comme le bon vin : elle se bonifie avec l'âge. Toujours riche de ses lectures, elle n'hésite pas à intégrer à ses textes de nombreuses (bonnes) références littéraires. Chessex, Bernanos, sont pour elle des modèles. On ne s'étonnera donc pas que ses propres textes aient du caractère. En effet, Stéphanie Hochet se situe bien loin de certains écrits nombrilistes ou relatant un quotidien trop plat : elle crée des personnages, crédibles de la première à la dernière page. Elle ose des caractères bien trempés, elle joue avec les limites, elle nous entraîne dans des histoires passionnantes, elle joue avec le lecteur. En la lisant, on se rend compte à quel point elle a dû prendre plaisir à écrire. Pour ces raisons-là, déjà, vous ne devez sous aucun prétexte, passer à côté de cette auteure talentueuse.

Après ce préambule, il va m'être encore plus difficile de vous parler de "La distribution des lumières". Je m'en tiendrai aux grandes lignes, car je ne veux pas déflorer ce récit qui tient, presque comme un thriller, sur un suspens très bien dosé qui fera que, comme moi, vous ne refermerez ce livre que lorsque vous l'aurez terminé.

Aurèle est une adolescente plutôt dévergondée. Comme tant d'autres ? Peut être pas. Elle passe le plus clair de son temps avec son demi-frère Jérôme, attardé mental. Au collège, elle suit les cours de musique d'Anna Lussing. Rapidement, l'intérêt d'Aurèle pour Anna va devenir obsessionnel, dévorant, dangereux... Pasquale, un traducteur italien qui ne supportait plus le régime Berlusconi et qui vient s'installer en France, va tomber amoureux d'Anna. Cela ne va pas du tout plaire à Aurèle...

Roman polyphonique, "La distribution des lumières" est orchestré habilement et écrit dans un style pour le moins direct. La psychologie des personnages étudiée avec soin rend ce récit sur la cruauté, mais aussi sur la candeur de l'adolescence, absolument passionnant.

Extrait :

Aurèle :

" Quand elle se retourne pour écrire quelque chose au tableau, je regarde les agrafes de soutien-gorge sous son pull. Je m'imagine le détacher. L'instant d'après, je ne sais pas pourquoi, je pense aux ceintures de chasteté. Aux cadenas qui serrent la chair, et je me demande alors comment les femmes pouvaient pisser quand le roi était parti en croisade avec la clé".


  • Olivier Schittenhelm : Darling Jim - Christian Mork - Serpent à Plumes, Monaco, France - 14/07/2012

Pour un danois vivant à Brooklin, Christian Mork décrit plutôt bien l'atmosphère qui règne dans les pubs de campagne irlandais les soirs de contes traditionnels. Ce polar de très bonne facture jongle en effet entre folklore et modernité, mêlant un compteur machiavélique et charmeur aux destins de jeunes femmes qui n'ont pas su/pu lui résister. Le rythme est soutenu et même si la trame reste somme toute classique, on se laisse prendre au jeu de ce conte pour adultes. La déception vient en revanche de la traduction, avec des tournures idiomatiques traduites "au couteau" et un ton parfois étrange, dont on peut se demander s'il est né de la volonté de l'auteur. C'est dommage.


  • Olivier Schittenhelm : Floralies - István Örkény - Cambourakis, Paris, France - 14/07/2012

"Être ou ne pas être" ? Telle est la question à laquelle Istvan Örkény tente de répondre en partie dans "Floralies". Très en avance sur son époque, l'auteur hongrois voyait déjà quelle pouvait être la puissance (dévastatrice ?) de la télé-réalité. Peut-on filmer des personnes juste avant leur mort, puis leur mort en direct ? Un jeune réalisateur se lance dans ce défi. Des candidats, des caméras... Cela ne vous rappelle rien ? Avec un humour grinçant et drôle, Örkény joue avec les limites de l'absurde pour nous faire rire et réfléchir. Il jette un regard très tendre sur des personnages auxquels le lecteur ne peut que s'attacher.


  • Olivier Schittenhelm : Parquet flottant - Samuel Corto - Denoël, Paris, France - 14/07/2012

A la lecture de "Parquet flottant", on comprend pourquoi l'auteur, ancien substitut du procureur, a choisi d'écrire sous un pseudonyme !

Grinçant dès les premières pages, ce roman, très documenté sur le fonctionnement du parquet, ressemble plus à un pamphlet sur la face cachée de la justice française. Samuel Corto, sans doute inspiré par Desproges, s'en donne à coeur joie pour notre plus grand plaisir. Entre sa collègue qui "sent le poisson", qu'il emmènera royalement dîner dans un fast food avant de lui proposer la banquette arrière de sa vieille voiture, ses supérieurs hiérarchiques dont il se moque frontalement et effrontément, ses collègues avides de satisfaire les directives de la chancellerie avec des chiffres et des condamnations en séries, même pour des délits plus que mineurs, chacun en prend ici pour son grade.

Etienne Lanos (Samuel Corto ?), organise sa survie dans le milieu hostile des procureurs de la République. Ses impertinences, ses comportements d'ancien avocat qui le pousse à prendre instinctivement et ouvertement la défense des prévenus lors des audiences, son priapisme à peine dissimulé, lui valent la méfiance et une certaine forme de respect de son entourage professionnel. Il ira même jusqu'à organiser une fête au tribunal, pour laquelle il confectionnera quelques mets plutôt singuliers, à base de substances entreposées au Palais de Justice, dont, après tout, personne ne faisait rien !

L'auteur a choisi de dénoncer habilement et toujours avec humour une justice qu"il trouve plus que désuète et inadaptée à la société moderne. Un livre drôle et instructif.


  • Anne Guyot : Cette vie - Karel Schoeman - Phébus, Paris, France - 14/07/2012

Voulez vous vivre dans la rudesse du climat de l'Afrique du sud ? nous y sommes, la rudesse des êtres, la rudesse des émotions, la rudesse des souvenirs.
Ce livre ne dénonce pas l'apartheid, ce n'est pas du tout le sujet. Mais, nous pénétrons au fond des fermes et au fond des coeurs.
La narratrice, une vieille femme qui va mourir, se souvient. Mais les souvenirs ne sont pas toujours francs, sans heurts ni sans détours.
Cependant, en les faisant remonter à la surface de sa mémoire, cette femme qui a toujours été silencieuse et dans l'attente de sa vie, fait revivre les drames et les secrets de sa famille.
Un très beau livre où l'Afrique du sud se fait sentir jusque dans les pores de la peau des êtres, de ces êtres faits pour qu'on les oublie.


  • Olivier Schittenhelm : La fuite en Egypte - Michel Chaillou - Fayard, Paris, France - 14/07/2012

Cet homme-là est un écrivain, un vrai. Michel Chaillou est l'auteur de plus de vingt-cinq ouvrages. Il a reçu en 2007 le Grand prix de littérature de l'Académie française pour l'ensemble de son oeuvre. Son dernier roman chez Fayard, s'appelle «La fuite en Égypte». C'est lui qui en parle le mieux :
«Les deux héros de ce livre, perdus sur leurs routes innombrables, seront-ils, si l'autorité publique les rattrape, expulsés de France vers leur contrée d'origine ? Mais justement où se trouve-t-elle cette Petite Égypte des Roms, Gitans, Manouches, Tsiganes, Yénishes, cette patrie légendaire de tous ces gens du voyage qu'aucun géographe n'a jamais su jusqu'à ce jour situer ? Rêvera-t-on assez en leur compagnie pour en découvrir le chemin ?
Voici donc l'histoire de cette fantasque virée qui me fonda, moi, le petit-fils de ce couple d'ombres vagabondes, qui s'efforce aujourd'hui de relater leurs aventures. Qu'on en juge ! Un soir d'automne, au début du siècle dernier, une jeune Nantaise du meilleur monde profitant du brouhaha de la brasserie sélecte où elle sirotait sa mélancolie en compagnie de son père, s'enfuit tout soudain avec l'artiste bohémien qui s'y produisait, y chantait. Était-ce pour ajouter un couplet inattendu à ses obscures rengaines ? Ils courent. Leurs coeurs sautent dans leurs poitrines, ils se tiennent par la main. Comment raconter leurs mains qui se nouent, se dénouent ? Comment ressusciter ce roman de la poussière que lèvent leurs pas voyageurs ? L'objet même de ce livre itinéraire sur la terre féconde !» M.C.

Vous l'aurez compris en lisant le quatrième de couverture, Michel Chaillou nous conte les aventures de ses grands-parents. Bien que commençant au début du vingtième siècle, le récit est toujours d'actualité. Alice, bien que devenue quelque peu brutale, derrière son cuir tanné par la vie, fascine son petit fils. Derrière les histoires vraies et le vécu de sa grand-mère, Michel Chaillou invente avec classe, tisse avec style, les aventures épiques de cette femme inclassable, cette aventurière au caractère bien trempée.
Comme toujours, c'est merveilleusement bien écrit. Chaque mot est choisi, le texte est ciselé, l'écrivain se faisant ici orfèvre. Bien loin des clichés et des phrases toutes faites, Michel Chaillou nous transporte dans son récit. Il nous transporte avec lui, car il se fait témoin du long voyage de ses grands-parents et s'en régale à chaque page. Il nous le fait partager, comme l'avait fait Blaise Cendrars dans «Boulinguer» : «Vivez, ah ! Vivez donc, et qu'importe la suite ! N'ayez pas de remords. Vous n'êtes pas Juge.» Nous vous laissons découvrir les aventures de ce couple singulier, ne déflorons pas ici l'essence de ce fabuleux roman. Roman d'aventure, de voyage, reflet d'une époque, aux accents terriblement actuels. On retrouve ici avec plaisir le style de Michel Chaillou, dont la vie, tumultueuse pour lui aussi, nourrit l'oeuvre.
L'auteur du «Sentiment géographique», grand lecteur des «Essais», a sans doute en tête une citation connue de Montaigne : «Il faut voyager pour frotter et limer sa cervelle contre celle d'autrui».


Stéphanie Hochet l'écrit en préambule, elle n'est spécialiste ni des lieux (le sud «profond» et puritain des Etats-Unis) ni de l'époque (début du XXème siècle). Et pourtant, elle nous offre avec «Combat de l'amour et de la faim» un magnifique roman, à dévorer sans modération.

Le jeune Marie (sa mère Lula aimait La Fayette, d'où son prénom) doit suivre sa mère de meublé pourri en hôtels infects, à travers le sud des Etats-Unis, au gré des rencontres masculines qu'elle fait, en quête d'un mari, d'une «situation» acquise par les «liens sacrés du mariage», «LLSM» comme il dit. Cette recherche de la respectabilité cesse lorsque Lula épouse un révérend, veuf et entouré de ses enfants. Marie va se retrouver avec un «demi-frère» qu'il déteste et qui le lui rend bien, et une «demi-soeur» Heather dont il va tomber amoureux. Accusé à tort d'avoir mis Heather enceinte, lâché par sa mère il va se retrouver seul, errant et surtout affamé. Commence alors un combat entre l'amour et la faim : «L'amour qui hurle, la faim qui harcèle : deux forces égales et contraires poussées l'une contre l'autre.»

Il trahira sa femme, May, dévorera April, volera June. Tiraillé entre combler sa faim et son désir d'aimer et d'être aimé Marie Shortfellow ne trouveras pas le repos, ni du corps ni de l'âme.

Dans ce texte aux accents oedipiens, Marie n'est ni pire ni meilleur que celles qu'il va dépouiller. Il lutte pour sa survie, sur fond de crise économique et de haine ségrégationniste. Il devient un homme révolté, emplit de violence, à cause des injustices qu'il a subies.

Stéphanie Hochet nous livre les désirs et les pulsions d'un homme qui n'a plus rien à perdre. Avec une plume parfaite, elle nous plonge dans ce récit dont on ne peut sortir complètement indemne.

Extrait : «Le quartier de la Nouvelle-Orléans où j'ai grandi avec ma mère est le sanctuaire de mes plus belles années. C'était il y a longtemps, mais, si je ferme les yeux, les détails de notre existence m'apparaissent avec netteté. Les rais de lumières prennent la forme de gigantesques élytres, apparitions phosphènes, souvenirs des insectes partageant les lieux avec nous.»


  • Olivier Schittenhelm : Charly 9 - Jean Teulé - Julliard, Paris, France - 07/05/2011

La sortie d'un nouveau livre de Jean Teulé est en soi un événement dans le petit monde des livres. Quand cet excellent conteur s'empare d'un personnage ou de faits historiques, c'est toujours drôle ! Drôle, mais pas bête. Vous connaissez les faits de la Saint Barthélémy ? Vous connaissez un peu (beaucoup peut être) le personnage de Charles IX et celui de sa célébrissime mère, Catherine de Médicis, réputée pour sa cruauté légendaire ?

Avec Jean Teulé, on revisite ces personnages de l'Histoire de France. L'écriture au vitriol de ce surdoué est toujours adaptée à l'époque étudiée. On se souvient avec bonheur de son "Montespan", largement imprégné du vocabulaire et des formules des précieux du XVIIème ou de "Je, François Villon". Ici, c'est bien sûr la Renaissance qui inspire Jean Teulé. On se régale des frasques de Charles IX (1550-1574 seulement !), qui ne se remettra jamais du massacre de la Saint Barthélémy qu'il a laissé se produire, fortement influencé par sa mère et ses "conseillers"...

C'est drôle mais il s'agit tout de même d'une véritable descente aux enfers pour l'avant-dernier Valois, qui ne maîtrise pas grand chose, à part peut être l'art de la chasse et les parties fines avec sa maîtresse...

Lorsqu'il se rend compte de l'importance du massacre du 24 août, ("Une seule nuit a détruit ma vie. Qu'à tous les diables soient données les religions") le jeune roi perd vraiment les pédales : Il chasse le lapin et le cerf dans les salles du Louvre, a une très vive propension à la violence, s'habille en peau de chien, "joue" à pleins poumons du cor de chasse dans les oreilles de tous... Délaissé par sa mère, raillé en permanence par son jeune frère, Charly 9 va finir par se détester lui-même. Peu avant sa mort, il ira jusqu'à dire "Je sens bon. Le cadavre de son ennemi sent toujours bon."

Pendant que Charly délire, le peuple meurt de faim et les caisses de la France n'ont jamais été aussi vides. Charly 9 est un roi détesté, sauf par sa jeune et gentille femme, Elisabeth d'Autriche et sa gironde maîtresse, Marie Touchet.

Vous découvrirez autour de ces personnages toute une galerie de portraits extrêmement amusants, comme celui de Ronsard, coureur de jupons incorrigible, répétant à toute jeune et jolie femme à sa portée "Mignonne, allons voir si la rose..." !

Révisez vite vos connaissances en Histoire avec Jean Teulé, c'est un grand moment de détente !


  • Olivier Schittenhelm : Le cercle intérieur - Mari Jungstedt - Serpent à Plumes, Monaco, France - 28/04/2011

Île de Gotland, Suède. Une vingtaine d'étudiants s'affairent sur un site archéologique. Lorsque l'une d'entre eux, Martina Flochten, est retrouvée morte. Un meurtre rituel ? L'inspecteur Anders Knutas enquête. Mais il est vite confronté à des questions insolubles. Pourquoi ces marques sur le corps de Martina ? Pourquoi l'a-t-on pendue à un arbre ? D'autant que d'autres actes monstrueux viennent s'ajouter au meurtre : poneys et chevaux sont découverts décapités. Rien ne semble logique dans cette affaire. Knutas doit jongler entre les fausses pistes tandis que d'autres cadavres sont mis au jour.
Si vous aimez les polars (suédois ou pas), ne passez pas à côté de ce nouveau roman de Mari Jungstedt. Classique dans sa façon de construire une énigme, elle sait parfaitement ménager le suspens et nous tenir en haleine, même si l'enquête ne s'avère pas, au final, si compliquée. Pour une fois, les événements se déroulent en été. Nous sommes loin des ambiances hivernales et glacées souvent de mise dans les romans policiers nordiques.
La première partie du livre pose les personnages et l'intrigue, qui va agréablement crescendo.
En effet, toutes les pièces du puzzle sur lequel Knutas et son équipe travaillent d'arrache-pied vont s'assembler, les unes après les autres, à un rythme effréné dans la seconde partie du livre.
Dans «Le cercle intérieur», Mari Jungstedt utilise tous les ingrédients qui font un bon roman policier et elle y ajoute en plus une touche de mythologie scandinave, ce qui rend son récit d'autant plus intéressant.
Noir «comme il faut», avec des crimes savamment orchestrés, «Le cercle intérieur» plaira sans conteste aux amateurs du genre.


Entre récit initiatique et enquête policière, Christian Garcin réussit un vrai coup de maître.
Dès les premières lignes, le lecteur trouve en Zhu Wenguang, détective privé, dit «Zuo Luo» ou encore «Zorro» un compère puis un complice. En effet, «Zuo Luo» est un justicier, redresseur de torts, qui, sans peur du danger, tel un roc, ira libérer chez leurs bourreaux, de nombreuses jeunes filles chinoises issues de familles appauvries, vendues à de sales types et maltraitées.

A travers la philosophie de vie de «Zuo Luo» interceptée d'emblée par le lecteur, l'intrigue de ce roman va se dévoiler, à Guangzhou, un soir où un élément imprévu va réactualiser le passé de ce détective privé chinois, un passé qui apparaît en filigrane du temps présent en l'absence de réponses pour qu'il puisse s'équilibrer dans l'ordre du temps. A ce moment du récit, le lecteur entre dans l'intimité de Zhu Wenguang, il devient son confident, plonge au plus profond de son âme, décèle avec pudeur la fragilité de «Zuo Luo»qui gardera le contrôle de ses émotions et va se substituer à «Bec-de-canard», un indic ami de longue date de «Zuo Luo» et confident. De Chine, Zhu Wenguang nous entraîne ensuite à Hokkaîdo puis à New-York à travers l'évocation de trois histoires d'amour qui l'ont façonné et pour lesquelles il devra établir une jonction en jouant pleinement son rôle de justicier et s'apaiser.

Dans la continuité de son précédent roman «La piste mongole» publié chez Verdier, Christian Garcin, s'accommode à la perfection des différents espaces temps où les personnages se font écho et invite le lecteur à prendre place dans la danse. De plus, la juxtaposition des éléments du temps présent et passé permet d'effacer les frontières géographiques de ce merveilleux périple, l'écriture fluide invite l'âme du lecteur à vagabonder et les différentes épreuves qu'aura à affronter Zhu Wenguang sont ponctuées d'enseignements philosophiques bouddhistes et chinois ne nous permettant plus de distinguer le roman du conte. Ce texte reste une très belle découverte de L'Escale littéraire.


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