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Les coups de cœur de ses libraires

  • Pierre : Mister Alabama - Phillip Quinn Morris - Finitude, Le Bouscat, France - 24/11/2016

La vie du génial romancier américain Philip Quinn est «banale» pourrait-on dire. Sa vie est sans relief, mais pas son imagination ! Phillip Quinn Morris est né dans le Comté de Limestone, Alabama, en 1954. Son père possédait une épicerie et une petite ferme aux abords de la ville. Il suit une scolarité sans histoires, et passe son temps libre à aider sa famille au magasin ou aux travaux de la ferme. Après un premier cycle à l'Université d'Athens, il entre dans la vie active sans diplôme particulier et travaille comme boucher, mécanicien, ou peintre en bâtiment tout en écrivant des nouvelles. Mais il comprend vite que s'il veut réellement écrire, il faut qu'il quitte sa petite ville. Il s'installe alors à Miami, en Floride, puis part retrouver un ami en Équateur. Il va y passer quelques mois avant de revenir en Alabama.
C'est à cette époque qu'il commence à plonger pour pêcher des moules. Il entreprend alors un projet plus ambitieux, un roman directement inspiré de sa vie sur les canaux et des gens qu'il y rencontre. Ce sera Mussels (Mister Alabama en français). Il est certain d'avoir enfin trouvé sa véritable voix avec ce roman formidable d'inventivité. Mussels sera publié en 1989 par Random House.
Aujourd'hui, Philip Quinn vit avec son épouse et ses jumelles sur la côte ouest de la Floride, et gagne sa vie comme peintre en bâtiment. Ce voyage entre fiction et réalité prouve une fois de plus que la littérature transforme nos vies. Tout devient espoir et consolation, deux mots sublimes qui nous élèvent.


  • Pierre : L'oubli - Emma Healey - Pocket, Paris, France - 01/11/2016

La romancière Emma Healey a dédié son troublant roman («L'oubli») à ses deux grands-mères. On comprend quel lien puissant relie les trois anglaises. La lecture de ce livre est tout simplement vertigineuse car nous entrons dans le corps et l'âme d'une vieille dame de 85 ans, atteinte de la maladie d'Alzheimer... L'immense talent de l'écrivaine est troublant. Heureusement elle a la générosité de nous offrir des trouvailles d'humour rafraichissant. Par la magie de l'écriture, nous comprenons le trouble d'une personne âgée qui petit à petit perd la mémoire.
Elizabeth a disparu. Maud ne cesse de retrouver des bouts de papier dans ses poches, avec ce simple message. Elizabeth a disparu. Le plus troublant : c'est sa propre écriture. Mais elle ne se souvient pas avoir écrit ces mots. Maud ne se souvient d'ailleurs plus de grand-chose ces derniers temps. Elle ne se souvient plus de l'heure, ni si elle a mangé ni si sa fille est venue la voir. Ce qu'elle sait, en revanche, c'est qu'elle n'a pas vu sa vieille amie Elizabeth depuis longtemps. Trop longtemps. Lorsqu'elle tente d'alerter ses proches, elle a droit à des sourires indulgents, personne ne la prend au sérieux, elle est septuagénaire et on la traite comme une enfant de 4 ans. Malgré tout, Maud est de plus en plus persuadée que quelque chose est arrivé à Elizabeth. De la même façon que quelque chose est arrivé, cinquante ans plus tôt, à sa propre soeur aînée, Sakey, dont la disparition ne fut jamais élucidée. Maud ferait-elle un transfert inconscient ? Confondrait-elle le passé et le présent ? Mais n'y a-t-il pas tout autant de mystères autour d'elle aujourd'hui qu'à l'époque ? Maud va bientôt devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé... et sur son présent.
Avec Emma Healey, nous entrons dans le mystère de la littérature. L'empathie est telle que nous sommes Maud ! Nous sentons le sol se dérober sous nos pas. Nous sommes comme dans un rêve. Nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves (comme disait William Shakespeare, un autre Anglais !).


Parfois, quand les épreuves se présentent, la sagesse nous invite à dépasser nos problèmes. Dépasser les obstacles est une sorte d'acte magique. Les écrivains connaissent bien cette possibilité du dépassement : trouver en nous la force de renaître, s'en remettre à la transformation sont une ode à la vie. Il est question ici de confiance, de confiance dans le sens. La romancière belge Alia Cardyn sait tout cela. Sa profondeur aimante, son goût du fiat salutaire nourrissent merveilleusement son roman baptisé «Une vie à t'attendre» :
Qui devient-on dans une vie où des parents disparaissent mystérieusement ? Rose a six ans quand la tragédie se produit. Dans ce quotidien bouleversé, elle grandit avec sa version de l'histoire, qui l'étouffe.
Qui Rose serait-elle aujourd'hui si elle ne pensait pas qu'ils l'ont abandonnée ? C'est la question que se pose celui qui l'a toujours aimée.
À Bali, seize ans après leur disparition, Rose découvre quelques mots sur un carton. Commence alors un périple haletant. Les indices qu'elle va petit à petit accumuler lui permettront-ils de transcender une enfance brisée ? L'écriture d'Alia Cardyn est un enchantement. Le lecteur veut savoir la vérité. Mais Alya prend son temps (bien sûr) pour nous mettre sur la piste du dénouement. D'où l'immense succès de ce roman fragile, audacieux, émouvant. On pleure en lisant le livre magnifique d'Alia Cardyn. Nos larmes sont reconnaissantes car elles sont une musique : le ciel vient embrasser la terre. L'émotion devient tendre mélodie. Nous sommes comblés. Que deviendrons-nous sans les livres ?


  • Sophie : Une nuit, Markovitch - Ayelet Gundar-Goshen - Presses de la Cité, Paris, France - 12/10/2016

Il y a l'idée que nous nous faisons de la vie. Mais surtout il y a le chemin que la vie imagine à notre place. La jeune et formidable romancière israélienne a bien compris cette réalité : nous ne sommes pas maîtres à bord ! Pas étonnant que l'écrivaine soit diplômée de psychologie, et aujourd'hui scénariste. Son imaginaire délicieux nous fait rêver, nous enchante tour à tour par la drôlerie, l'émotion, l'intensité. Nous les amoureux des livres attendons cette magie, la magie de l'inattendu et du souffle onirique. Quand nous rencontrons ainsi la finesse, l'humour, le discernement, le swing des mots, alors nous savons pourquoi la littérature nous comble. Nous les libraires avons de la chance, une chance immense !
1939. Zeev Feinberg et Yaacov Markovitch quittent leur petit village de Palestine, direction l'Allemagne, où ils ont pour mission d'épouser de jeunes Juives afin de les sauver des griffes des nazis. De retour chez eux, ils leur redonneront leur liberté en divorçant. Mais si Zeev a bien l'intention de retrouver la femme qu'il aime et son enivrant parfum d'orange, Yaacov, lui, ne tient pas à laisser partir Bella, " la plus belle femme qu'il ait vue de sa vie ". Cette dernière est pourtant déterminée à se séparer de lui...
À travers le destin de personnages épatants de singularité, Ayelet Gundar-Goshen signe une fresque tour à tour drôle, tendre et déchirante, avec pour toile de fond la création de l'État d'Israël.
Ayelet Gundar-Goshen est née en Israël en 1982. Diplômée en psychologie clinique à l'Université de Tel-Aviv, elle est donc aujourd'hui scénariste. Nous avons hâte qu'«Une nuit Markovitch» devienne un film dont Ayelet Gundar-Goshen signera le scénario de rêve.


  • Sophie : La succession - Jean-Paul Dubois - Ed. de l'Olivier, Paris, France - 29/09/2016

Il y a ce que l'on voit : c'est le monde visible, et objectif. A côté, se blottit une autre réalité. Les écrivains, comme les psychanalystes, comprennent le langage de cette vie souterraine appelée couramment l'inconscient. Jean-Paul Dubois, immense écrivain (Prix Femina en 2004 avec «Une vie française») a tout de suite compris l'importance de ce que nous tentons de nous cacher. Pour ses milliers de lecteurs, il est une sorte d'éclaireur. Jean-Paul Dubois nous est indispensable, d'où le succès de ses romans.
Paul Katrakilis vit à Miami depuis quelques années. Il a beau y avoir connu le bonheur, rien n'y fait : il est complètement inadapté au monde. Même le jaï-alaï, cette variante de la pelote basque dont la beauté le transporte et qu'il pratique en professionnel, ne parvient plus à chasser le poids qui pèse sur ses épaules. L'appel du consulat de France lui annonçant la mort de son père le pousse à affronter le souvenir d'une famille qu'il a tenté en vain de laisser derrière lui. Car les Katrakilis n'ont rien d'une famille banale : le grand-père, Spyridon, médecin de Staline, a fui autrefois l'URSS avec dans ses bagages une lamelle du cerveau du dictateur; le père, Adrian, médecin lui aussi, était un homme insensible, sans vocation ; l'oncle Jules et la mère, Anna, ont vécu comme mari et femme dans la grande maison commune. En outre, cette famille semble, d'une manière ou d'une autre, vouée passionnément à sa propre extinction. Paul doit maintenant se confronter à l'histoire tragique de son ascendance, se résoudre à vider la demeure. Jusqu'au moment où il tombe sur deux carnets noirs tenus par son père. Ils lui apprendront quel sens donner à son héritage.
Dubois a raison : donner du sens à ce que nous vivons est notre Graal. Si notre vie a du sens, en effet, elle devient une quête sacrée. Alors que les media rivalisent de noirceur pour éloigner nos vies du tao, les romanciers eux comprennent nos désarrois et tentent de nous secourir. Les livres sont le cadeau préféré des Français. En secret ils nous apportent une paix, une certitude : la vie est une aventure bénie, mise au service de nos âmes. Le mariage de l'ombre et de la lumière nous réconcilie avec nous-mêmes, mystérieusement. Nous sommes invités à la transformation, le trésor des amoureux des livres.


Le romancier Luc Lang écrit «à l'oreille».
Chaque phrase de ses romans est lue à voix haute avant qu'elle ne soit envoyée à l'éditeur.
Cette exigence explique l'extraordinaire musicalité des livres de l'auteur montreuillois.
Son imaginaire est également accueilli comme un joyau. Chez Lang, la psychologie des personnages est profonde, travaillée, respectée. Son talent est somptueux. Bien sûr, cette ampleur artistique explique le formidable succès des livres du «fils d'ouvrier».
4 h du matin, dans une belle maison à l'orée du bois de Vincennes, le téléphone sonne. Thomas, 37 ans, informaticien, père de deux jeunes enfants, apprend par un appel de la gendarmerie que sa femme vient d'avoir un très grave accident, sur une route où elle n'aurait pas dû se trouver.
Commence une enquête sans répit alors que Camille lutte entre la vie et la mort. Puis une quête durant laquelle chacun des rôles qu'il incarne : époux, père, fils et frère devient un combat. Jour après jour, il découvre des secrets de famille qui sont autant d'abîmes sous ses pas.
De Paris au Havre, des Pyrénées à l'Afrique noire, Thomas se trouve emporté par une course dans les tempêtes, une traversée des territoires intimes et des géographies lointaines.
Oui l'ambition de Luc Lang nous chavire. La vie dans sa magnifique ampleur est sublimée dans les romans du génial auteur. Nous les amoureux des livres sommes comblés. Notre vocation de libraires donne du sens à l'existence, comme jamais.


Quand nous avons froid dans le dos, il reste la littérature. Une force est donnée aux romanciers pour oser explorer le mal par (exemple). Nous les lecteurs avons besoin de comprendre les ressorts les plus sombres de nos psychés. Heureusement les auteurs acceptent de plonger dans le noir plus noir que le noir. Alors une sorte de compréhension «aimante» s'empare de nous. C'est le mystère des livres (et des librairies) : nous y rencontrons parfois la noirceur effrayante de l'âme. Pourtant le souffle du récit nous tient en haleine et nous donne la force d'accepter des ombres affolantes.

Ce que nous raconte l'écrivain Harold Cobert ne s'invente pas :

22 juin 2004. Après un an d'interrogatoires, Monique Fourniret révèle une partie du parcours criminel de son mari, " l'Ogre des Ardennes ". Il sera condamné à la perpétuité. Celle que Michel Fourniret surnomme sa " mésange " reste un mystère : victime ou complice ? Instrument ou inspiratrice ? Mésange ou ogresse ?
Quoi de plus incompréhensible que le Mal quand il revêt des apparences humaines ?
En sondant les abysses psychiques de Monique Fourniret, en faisant résonner sa voix, jusqu'au tréfonds de la folie, dans un face à face tendu avec les enquêteurs qui la traquent, ce roman plonge au coeur du mal pour arriver, par la fiction et la littérature, au plus près de la glaçante vérité.


  • Sophie : La suture - Sophie Daull - Philippe Rey, Paris, France - 22/08/2016

Sophie Daull a bouleversé les lecteurs en racontant comment elle a perdu Camille sa fille de 16 ans. Un écrivain est né. Aujourd'hui la romancière se penche sur le passé de sa mère. Au regard de l'inspiration, le temps perd ses repères. Les écrivains nous sont indispensables car ils font de la vie un souffle rédempteur. Quelle joie de guetter la sortie d'un roman signé par une auteure qui nous est chère. Ce sont des rendez-vous magnifiques et irremplaçables. Sophie Daull se penche sur le passé de sa mère, Nicole, une femme mystérieuse, disparue elle aussi, il y a trente ans. Munie de maigres indices - quelques lettres et photos tenant dans une boîte à chaussures -, elle entreprend de déchiffrer les lieux et paysages où Nicole a vécu, les visages qu'elle a connus, et tente de reconstituer ainsi une existence troublante. A larges aiguillées joyeuses, poétiques ou bancales, l'auteure va coudre passé et présent, fiction et réalité, grand-mère et petite-fille, dans ce roman en forme d'enquête généalogique, qui vagabonde dans la France de l'après-guerre jusqu'aux années 80. Se dessine ainsi la figure de Nicole, dont la frêle beauté et la timidité intriguent, porteuse d'une énigme qu'elle semble elle-même ignorer, chahutée depuis l'enfance par les rudesses d'une vie sans ménagement. Nicole, que le lecteur débusquera avec émotion derrière ses larges lunettes et la fumée de ses Gitanes... "Plus j'avance dans la recomposition de son existence, plus je me figure ma mère comme la Petite Sirène, qui a troqué sa voix contre des jambes. Quel en fut le salaire ? Quel est le prix du reniement ? Passer sous silence toute une enfance, toute une jeunesse, c'est s'acheter des habits neufs, les voler peut-être, et s'en vêtir comme d'un déguisement. Je crois que mon père a rencontré une femme déguisée.» Nous les lecteurs de Sophie Daull n'avons point besoin de nous déguiser pour nous reconnaître parmi la foule. Un simple signe de ralliement suffira : tenir dans la main «Suture», roman qui rappelle que nos vies de libraire sont belles et intenses.


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