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Une famille parisienne, (enfin... les parents et surtout la maman) décide de partir s'installer à la campagne, dans un village isolé de l'Ardèche. De quoi affoler la jeune Margotte, intello solitaire et sa petite soeur Clairette...
Avec beaucoup d'humour un brin taquin, Gaïa Guasti nous conte cette installation, les rêves en pâte de coing, les ratés du jardinage, le quotidien de néo-ruraux pas toujours intégrés et cette belle solidarité entre villageois d'ici et d'ailleurs en cas de besoin.
Drôle et touchant, un délicieux roman pour les jeunes dès 11-12 ans !
Tony a soixante ans, la nouvelle quarantaine comme le voudrait l'adage. Une vie somme toute sans relief et un mariage échoué. Il se souvient de ses années lycée entouré d'amis dont un particulièrement brillant qui lui ravira son premier amour et se suicidera quelques temps après. Un tragique événement qu'il a enfoui dans les méandres de sa mémoire. Le temps coule et le passé revient dans la violence des mots, la lettre boomerang de cet adolescent blessé qu'il fut...
Un beau roman subtil et troublant sur les petits arrangements avec le temps, les zones d'ombre, les défaillances oubliées et l'irréversibilité de ces actes qui nous rattrapent.
«L'Etoile et la vieille» ou la rencontre improbable entre un metteur en scène avant-gardiste intello et une star populaire, reine du piano à bretelles. Rien ne les rapproche et pourtant, l'alchimie va se faire.
L'auteur, en chapitre musicaux, nous parle de cette mise en scène d'un spectacle inattendu dans lequel l'Etoile très vieillissante racontant sa vie, va peu à peu s'éteindre sous les feux de la rampe. Il y a beaucoup de tendresse dans ce roman, de l'empathie et de la casse aussi. L'un et l'autre y croient puis n'y croient plus. La star refusant de capituler «nul ne pense que les étoiles meurent», le rideau se déchire et sous nos yeux, se joue avec virtuosité la chronique d'une mort annoncée. Un roman sensible, souvent drôle et plein d'humanité sur la vieillesse.
André est un homme âgé d'une belle et solide résistance mais frappé soudain par un accident vasculaire cérébral. Tout va s'écrouler. Hospitalisation d'urgence, corps malade, diminué, souillé. Puis cette supplique vertigineuse qu'il adresse à sa fille de «l'aider à en finir».
Dans ce récit au jour le jour, Emmanuelle Bernheim, confrontée à l'impensable, nous dit. Le désarroi, l'hôpital, l'espoir et puis non. Les larmes, les démarches douloureuses, les souvenirs d'enfance, sa soeur, la vie qui continue dans la tempête.
«Tout s'est bien passé» seront les derniers mots de ce livre qui nous relate sans pathos mais d'infinies émotions, le cheminement vers une fin lumineuse, dignement choisie lorsqu'il n'y a plus aucun futur possible.
Bouleversant.
«Le petit Guili» est le dernier album de Mario Ramos hélas décédé en décembre dernier. Le roi Léon petit devenant grand, s'enveloppa de méchanceté et de lois iniques comme celle de briser les ailes des bébés oiseaux à la naissance pour leur interdire de voler... Le petit Guili échappant à cette terrible sanction grâce à sa maman désobéissante, va prendre son envol, découronner malicieusement ce roi des animaux si féroce et pour finir, jeter la couronne à la mer.
Un album sensible, intelligent et drôle sur le pouvoir, s'inscrivant dans toute l'oeuvre de l'Auteur. Une fable pour «donner aux enfants les moyens de se défendre face aux plus forts, pour se construire.»
Un premier roman truculent dans lequel l'auteur nous présente les rouages du système bureaucratique totalitaire roumain de Ceausescu. Le pouvoir d'Ilie Cazane Père de faire pousser des tomates géantes le conduit en prison sous la poigne de son tortionnaire le Colonel Chirita qui essaiera en vain de lui soutirer les secrets de cette réussite. Un tourbillon dans un monde absurde d'interrogatoires, supplices et de réflexions métaphysiques «Mmoui, je vois, l'âme est matérielle, elle pèse 0,24 g» face à la quotidienneté joyeuse d'un village de province. Une réussite !
Partir avec Isée en compagnie de Tadoramour pour un voyage extra-ordinaire où chaque chemin est la route d'une venture possible. Rencontrer des gueurnouillons jaune et noir, un roua-rouenne improbables, un Tipouinze blessé par la rose d'amour qui pique...
Un bonheur de lecture signé, bien sûr, Claude PONTI.
A ne surtout pas manquer !
Par chapitres courts et toniques, Yasmina Reza nous parle de l'amour et de ses impostures. Ses personnages sont liés entre eux par le fil invisible du quotidien. Des joies, des peines, des fêlures qui nous éclatent au visage comme des petites bulles de savon. Souvent drôles, pétillantes ou franchement tristes, leurs histoires nous renvoient à nous-mêmes, à nos solitudes ou nos désillusions.
«Le couple, c'est la chose la plus impénétrable... même quand on en fait partie».
Heureux les Heureux, une autre façon de dire, tout en finesse et subtilité, il n'y a pas d'amour heureux !
Avec ce nouveau roman Tahar Ben Jelloun, nous entraîne dans les recoins les plus intimes d'un couple en désamour. Lui, peintre de renom, issu de l'élite marocaine, grand séducteur «un homme aimant trop les femmes», cloué soudainement dans son existence par un accident cérébral. Elle, très belle, jeune et de racine paysanne. Deux mondes, deux classes sociales et deux voix pour dire. Celle de l'homme d'abord puis celle de sa femme, chacun se renvoyant avec violence l'échec au bonheur conjugal. Une analyse toute en finesse de la déliquescence du sentiment amoureux jusqu'à la haine portée par une écriture poétique aux subtiles arabesques d'un conte des 1001 nuits.
Ce roman, comme le précise lui-même Lionel Duroy, a pour point de départ le suicide d'Ana Mladic, fille bien aimée du dictateur serbe, boucher de Bosnie comme il fut justement nommé. La question que se pose le narrateur, Marc, porte sur le devenir de ces enfants, fils ou filles de criminels de guerre. De retour dans ce minuscule territoire serbe de Bosnie, il va croiser des hommes et des femmes, enclavés dans leurs certitudes ethniques et qui racontent les atrocités d'une guerre. Le journaliste ne juge pas, il écoute avec empathie les témoignages d'êtres reclus, prisonniers de leur propre histoire, sans avenir autre que celui de la haine de l'autre. Au delà de ce reportage romancé plein d'humanité à l'écriture fluide, l'auteur, face à son propre désarroi s'interroge sur la construction individuelle de chacun au sein de familles délétères et comment se défaire de cet héritage personnel. «L'Hiver des hommes, comme l'hiver de la vie».
Viviane Elisabeth Fauville, la belle quarantaine confortable, un bébé tout neuf et qui vient d'être plaquée par son mari. Dans la foulée, perdant tous ses repères, cette bourgeoise tue son psy qui n'a pas su l'aider, avec un couteau de cuisine, cadeau d'un mariage délétère. Un roman intrigant où le lecteur convoqué par le vous et passant du elle au nous, accompagne dans le détail la folie sous-jacente d'une jeune femme en pleine dérive, errant dans la ville entre ombre et lumière, en quête d'elle même à l'identité toute fissurée.
Un excellent premier roman, à l'écriture dense et troublante, un auteur à découvrir et à suivre.
Le Livre noir des couleurs est une superbe invitation a regarder les couleurs, autrement, lorsque justement, "dans l'obscurité des yeux" on ne peut pas les voir. A découvrir ces pages noires écrites en braille avec beaucoup de poésie et de délicatesse. Merci aux Editions Rue du Monde pour ce petit bijou !
Pascal Garnier c'est un style, jubilatoire, de l'humour noir entre les mots, des métaphores qui sonnent juste"...Sa main dans celle de Gabriel pèse un bifteck de trois cent grammes...". Après son très bon roman "Comment va la douleur" paru en 2006, nous retrouvons dans la Théorie du panda, une même trame ; un personnage secret (Gabriel) échoué dans une hasardeuse ville de Bretagne qui, très vite, va devenir comme son prénom le laisse supposer, l'ange gardien réconfortant souvent nourricier d'habitants ignorant tout de son passé dramatique et que nous découvrirons en "voix off" dans le roman.
Noir, comme un conte moderne, la dernière phrase reprenant la première, "c'est un quai de gare désert..." concentrique, sur une parenthèse de la vie adoucie par la rassurante présence d'une grosse peluche en forme de panda.
«Sur ma mère» est un récit intimiste et unique. Tahar Ben Jelloun nous offre dans ce livre des moments denses et puissants sur les dernières années de sa mère atteinte, pour dire par euphémisme, de la «maladie de l'oubli». «Sur ma mère» rimant avec Alzheimer, la mémoire se délite, mélangeant passé, présent, futur, vivants et morts, peines et leurs contraires. Le corps aussi, recroquevillé dans la douleur, la décrépitude, la perte de soi. Le fils aimant découvre à travers les mots souvent délirants et les gestes ultimes, une autre mère, une autre histoire familiale non-dites par pudeur, un autre Maroc, des rires et confidences des femmes s'échappant des hammams qui le renvoient à sa propre enfance. Une autre approche de la mort aussi, nécessairement entourée, comme pour nous dire «tenir la main d'un parent, des gens qui agonisent, les aider à traverser ce ruisseau sombre, c'est la moindre des choses et ça nous prépare à notre propre mort».
Margherita Dolcevita, adolescente rêveuse, poète, passionnée de lecture et d'écriture, nous raconte son histoire et celle de sa famille un peu farfelue subissant l'arrivée de nouveaux voisins qui vont bouleverser leurs vies. Sur un ton faussement naif, onirique et plein d'humour, l'auteur nous invite à la découverte d'un pays d'adultes sous l'emprise d'un modernisme exacerbé, du jeunisme et de l'intolérance dénonçant par là même une société contemporaine aseptisée, artificielle, autant dans ses relations que dans les fleurs de jardin. Chacun à leur façon, le chien Roupillon dit Roupi, Margherita et son champ de mots-fleurs, son petit surdoué de frère féru de logique mathématique et leur grand père aux expériences culinaires pour le moins curieuses, tenteront de marquer leur résistance à cet avenir peu réjouissant. Un très bon moment de lecture qui devrait ravir aussi les adolescents.
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