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.. Le camp des saints ; Précédé de Big other

Couverture du livre Le camp des saints ; Précédé de Big other

Auteur : Jean Raspail

Date de saisie : 09/03/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Robert Laffont, Paris, France

Prix : 22.00 €

ISBN : 9782221123966

GENCOD : 9782221123966

Sorti le : 03/02/2011

"La chute de Constantinople est un malheur personnel qui nous est arrivé la semaine dernière"

Un petit village tranquille du Midi voit subitement débarquer sur son rivage une incroyable armada de navires rouillés, venue de l'autre face de la terre. Elle en libère une masse innombrable d'exilés volontaires guidés par un prophète biblique. La mondialisation semble avoir rétréci la planète. C'est comme si le Gange se déversait désormais dans le Golfe du Lion. Dans ce paysage de carte postale vient de se jouer le premier acte d'une tragédie aboutissant à l'effacement pacifique de vingt siècles de civilisation gréco-latine.

Une communauté découvre donc brutalement qu'elle va disparaitre en tant que peuple et malgré la menace ne tente rien pour inverser le cours de l'histoire. Quelle étrange maladie a donc frappé ces hommes et ces femmes au point de perdre tout envie de vivre ? Pourquoi choisissent-ils l'exode vers le Nord ? La peur, la culpabilité ? Où est passé cet esprit gaulois de résistance ? A-t-il été vraiment annihilé par ces sermons inculquant la haine de soi et le rituel de la repentance ?

Le docteur Raspail passe au scanner cette société française des années 70 à la croisée des chemins, et qui se vautre alors dans la consommation. Le diagnostique est sans appel, d'où cette charge à la hussarde contre les grandes autorités morales de son temps (politiciens, médias, Église), complices de la catastrophe annoncée. Le rire homérique de l'écrivain achève de les décrédibiliser.

Malgré les obstacles et presque contre la volonté de leur peuple, une poignée d'idéalistes d'horizons divers se regroupe pour résister par principe et pour la beauté du geste. Le combat semble perdu d'avance, mais comme le disait si bien Cyrano, n'est-ce pas plus beau lorsque c'est inutile ?

Avocat des causes perdues et des peuples en voie d'extinction, Jean Raspail est loin d'être un Cassandre, il sait de quoi il parle... Ancien explorateur, il fut l'un des derniers européens à avoir rencontré les indiens de la Terre de feu avant leur disparition. Qui sera le prochain sur la liste des peuples menacés... Le Camp des Saints est le dernier chant d'olifant d'un authentique écologiste de l'espèce humaine. Comme Roland à Roncevaux, Raspail y souffle de toutes ses forces et parvient enfin à se faire entendre.

Cette tragédie allégorique multiplie les références à l'Apocalypse de Saint Jean, tout en osant des incursions dans le domaine de la farce grotesque. La force esthétique de l'ensemble tient dans ce savant mélange d'absurde et d'humour, de mélancolie et de rage d'un écrivain qui cherche à réveiller ses contemporains.

Certains livres connaissent parfois une seconde vie. Il est vrai que les rééditions relèvent souvent de l'acharnement thérapeutique, mais avec le Camp des Saints, nous assistons actuellement à un véritable succès de librairie. Il est assurément devenu un roman emblématique.


Des milliers de Tunisiens... demain des dizaines de milliers de Libyens... - débarquent à Lampedusa, poste avancé de l'Europe en Méditerranée... et ensuite à Menton, à Nice, où Douane, Police et Ministre fraîchement nommé se font un plaisir filmé et télévisé de marquer leur ferme mais impotente détermination à les renvoyer... en Italie.

Piteux marquage de la communauté Européenne, de l'Espace Schengen, de l'Union pour la Méditerranée et de «France, patrie des droits de l'Homme». Mais, évidemment, cruel rappel à la réalité : naïvement politiquement corrects ou patriotiquement nationalistes (et donc racistes «eugénistes»), nous sommes tous confrontés à cette réalité que tout le tintamarre sur la mondialisation ne peut faire oublier : qu'allons-nous devenir, terrés dans notre vieille, belle et riche Europe, dans un monde où les inégalités n'ont jamais été plus criantes, et où les Pauvres du Sud ont maintenant les moyens, non seulement d'arraisonner nos tankers au large de le Somalie (vous savez ? l'endroit où Kouchner allait distribuer des sacs de riz) mais carrément de venir en grande masse débarquer sur nos côtes...

Tout cela se passe aujourd'hui et tout cela avait été imaginé, prédit, raconté, - en 1973, par Jean Raspail. A l'époque, son roman n'avait pas soulevé de vagues particulières. Je me rappelle pourtant l'avoir lu, glacé d'effroi, tellement son récit science-fictionnesque sonnait vrai et probable. Teinté de raillerie sarcastique, bien sûr, mais de nature à faire réfléchir sérieusement. 1973, rappelez-vous, c'était l'époque du Club de Rome, l'époque où quand on s'inquiétait de l'épuisement des ressources de la Terre et du besoin d'adopter des politiques écologiques, on était classé parmi les hippies infantiles.

Le roman, littérairement, en vaut bien d'autres, mais la vision, qui prend forme aujourd'hui dans la réalité du journal télévisé, est maintenant plus que hier acerbe, interpellante, acide.
Raspail se défend d'un classement à l'extrême droite et on doit lui donner raison : littérairement il a donné moult preuves de son humanité, de son humanisme, et depuis quand met-on à l'extrême droite les surréalistes pataphysiciens et consuls de Patagonie ?

Ces classements un peu rapides tiennent de la bêtise pure, de l'aveuglement aussi, quand on pense, avec de bons sentiments et des principes résoudre les questions les plus graves qui se posent à notre monde - dont la survie même de l'Humanité en sa forme actuelle est sans doute la plus générique. La maturité ne elle, pas, justement, que nous acceptions que certaines, nombreuses questions existentielles le sont, précisément, parce qu'elles ne trouvent aucune réponse à la portée de l'esprit humain individuel...

En 1973 Jean Raspail traitait ce sujet presque à la galéjade. On peut imaginer qu'aujourd'hui, son propos serait plus grave et donc carrément banal et politique. Rééditer aujourd'hui «le camp des saints» est donc une initiative précieuse. Loin de (re)lire une vieillerie dépassée par l'époque, on est au contraire confronté à une précieuse insouciance qui aujourd'hui n'a plus cure. Que le problème, qui à l'époque tenait de l'hypothèse loufoque, soit aujourd'hui devenu la principale menace pesant sur la société humaine : voilà qui fait de ce livre un document clé sur la volatilité du politique, sur l'inanité de la gouvernance mondiale.

On attend le film, d'urgence !


  • Les présentations des éditeurs : 16/03/2011

«Dans la nuit, au midi de notre pays, cent navires se sont échoués, chargés d'un million d'immigrants. Ils viennent chercher l'espérance. Ils inspirent la pitié. Ils sont faibles... Ils ont la puissance du nombre. Ils sont l'Autre, c'est à dire multitude, l'avant garde de la multitude. A tous les niveaux de la conscience universelle, on se pose alors la question : que faire ? Il est trop tard.

Paru pour la première fois en 1973, Le Camp des Saints, qui est un roman, relève en 2011 de la réalité. Nous sommes, tous, les acteurs du Camp des Saints. C'est notre destin que ce livre raconte, notre inconscience et notre acquiescement à ce qui va nous dissoudre.

C'est pourquoi, en guise de préface à cette nouvelle édition, dans un texte intitulé Big Other, j'ai voulu, une dernière fois, mettre un certain nombre de points sur les i.»

J.R.

Écrivain, grand voyageur et journaliste, Jean Raspail a effectué de nombreuses expéditions ethnographiques dans le monde. Il a reçu le Grand Prix Jean Giono pour l'ensemble de son oeuvre.


  • Les courts extraits de livres : 08/03/2011

Le vieux professeur eut une pensée ordinaire. Il avait trop lu, trop réfléchi, trop écrit aussi, pour oser proférer, même seul avec lui-même, en des circonstances aussi parfaitement anormales, autre chose qu'une banalité digne d'une copie d'élève de troisième. Il faisait beau. Il faisait chaud, mais pas trop, car un vent frais de printemps courait doucement et sans bruit à travers la terrasse couverte de la maison, l'une des dernières vers le haut de la colline, accrochée à flanc de rocher comme la sentinelle avancée du vieux village brun qui dominait toute la région jusqu'à la ville des touristes, en bas, jusqu'à la luxueuse avenue, au bord de l'eau, dont on devinait le faîte des palmiers verts et des résidences blanches, jusqu'à la mer elle-même, calme et bleue, mer de riches soudainement épluchée en surface de tout le vernis d'opulence qui la recouvrait habituellement - yachts chromés, skieurs musclés, filles dorées, ventres lourds étalés sur le pont de grands voiliers prudents - et sur cette mer vide, enfin, l'incroyable flotte rouillée venue de l'autre face de la terre, échouée à cinquante mètres du rivage et que le vieux professeur observait depuis le matin. L'épouvantable odeur de latrines, qui avait précédé l'apparition de cette flotte comme le tonnerre précède l'orage, s'était maintenant complètement dissipée.
Éloignant l'oeil d'une longue-vue à trépied où l'incroyable invasion grouillait de façon si proche qu'elle semblait avoir franchi, déjà, les pentes de la colline et envahi la maison, le vieil homme frotta sa paupière fatiguée puis dirigea tout naturellement son regard vers la porte de sa maison. C'était une porte de chêne massif, une sorte de masse immortelle articulée sur des gonds de forteresse, où apparaissaient, gravés dans le bois sombre, le nom patronymique du vieux monsieur et l'année qui vit l'achèvement de la maison par un aïeul en ligne directe : 1673. Elle faisait communiquer, de plain-pied, la terrasse et la pièce principale, à la fois salon, bibliothèque et bureau. Elle était la seule porte de la maison, car la terrasse donnait directement sur la ruelle par un petit escalier à cinq marches, libre de toute clôture et que chaque passant pouvait escalader à sa guise, à la mode du village, s'il lui prenait envie d'aller saluer le propriétaire. Chaque jour, de l'aube à la nuit, cette porte restait ouverte et ce soir-là, elle l'était également. C'est justement ce que remarqua le vieil homme pour la première fois. Il eut alors ces quelques mots dont l'énorme banalité fit naître sur ses lèvres une sorte de sourire ravi : «Je me demande, se dit-il, si, en cette occurrence, il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée ?...»


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