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.. Jean-Jacques Rousseau à 20 ans : un impétueux désir de liberté

Couverture du livre Jean-Jacques Rousseau à 20 ans : un impétueux désir de liberté

Auteur : Claude Mazauric

Date de saisie : 17/07/2012

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Au diable Vauvert, Vauvert, France

Collection : A 20 ans

Prix : 12.00 €

ISBN : 9782846262989

GENCOD : 9782846262989

Sorti le : 25/04/2011

"Avant d'être des classiques, ils furent des originaux". Ainsi se résume la série dans laquelle s'inscrit Jean-Jacques Rousseau à 20 ans. Le principe est simple et plaisant : prendre un auteur devenu sérieux, le replacer dans la décennie de ses 20-30 ans qui en général le fut moins, et initier par ce biais le lecteur à son oeuvre.

Or cette année est celle du tricentenaire de la naissance de Rousseau, et la petite biographie de Claude MAZAURIC arrive à point pour que jeunes et moins jeunes (re)découvrent l'un des philosophes les plus marquants des Lumières et fameux renégat du protestantisme.

Comme le dit l'auteur, "nous avons tous en nous quelque chose de Rousseau", tant sa pensée a imprégné les siècles qui ont suivi : une revendication de la liberté individuelle, une pensée égalitariste, et un humanisme très optimiste qui culmineront dans la Révolution française, participant à forger notre mentalité d'aujourd'hui.

Au travers de son adolescence et de sa vie de jeune adulte, le lecteur suit les pérégrinations d'un autodidacte instable, aventureux, orgueilleux, curieux de tout, doué, contradictoire. Le ton est enjoué - trop - mais on suit la formation de Jean-Jacques, ses aventures sentimentales avec Mme de Warrens (qui le recueille lors de sa première fugue), religieuses (il abjure le protestantisme de sa Genève natale, théorise la "religion naturelle"), mondaines, musicales, et l'on se prend à la lecture à de ce bouquin agréable, un peu rock'n'roll.

En bref, une première approche qui remplit bien son rôle (le principe et le format fonctionnent bien), mais aurait gagné à davantage de distance. Les ombres du personnage, la profonde dissociation qu'il opère entre la théorie et la pratique, méritaient un traitement plus iconoclaste.


  • Les présentations des éditeurs : 15/05/2011

Une aventure affective et intellectuelle au siècle des Lumières

À 16 ans, pour échapper à une punition, Jean-Jacques fuit son patron, sa famille et la République de Genève où il est né. Le voici en 1728 sans argent, sans amis, sans appui, à pied sur les routes de la Savoie voisine. Pour obtenir aide et protection, il abjure la religion réformée et se convertit à la religion catholique, rencontre Mme de Warrens, de quinze ans son aînée, qu'il appellera «Maman» et qui sera son amante. Deviendra-t-il prêtre, maître de musique, précepteur, diplomate au service du roi de France ? Il ne poursuit qu'un but : s'instruire de tout, apprendre, toujours davantage, pour mieux connaître les autres, pour mieux se connaître lui-même. Il sera, 300 ans après sa naissance, ce penseur universel de la destinée humaine.

Né en 1932 à Thonon-les-Bains, Claude Mazauric est historien, spécialiste du XVIIIe siècle.

«L'oeuvre de Rousseau est de celles qui ont contribué à modifier le cours de l'Histoire. «Nous avons tous en nous quelque chose de Jean-Jacques Rousseau» : l'amour de la liberté qui est le choix de notre indépendance personnelle dans la vie sociale, la passion de l'égalité et de l'équité, la volonté de comprendre ce qui nous meut. Mon livre est un récit coloré, curieux de tout, délibérément enjoué. Il raconte comment Jean-Jacques est devenu Rousseau, le philosophe et l'écrivain le plus célèbre et le plus influent du Siècle des Lumières. J'y accompagne le jeune homme tout au long d'un parcours à la fois sentimental, musical, philosophique et scientifique, de Genève à Lyon et Paris, en passant par Annecy, Turin, Chambéry, la Suisse et la France de l'est. C'est à travers ces errances, que le «Citoyen de Genève», comme il s'auto désignait, est devenu le penseur universel et critique de la démocratie. J'ai mis à profit ma longue fréquentation de l'oeuvre de Rousseau et ma connaissance du XVIIIe siècle et de la Révolution française, pour suivre de près un itinéraire initiatique de trente années, plein de rebondissements, de sensations vives, de découvertes. En l'écrivant, j'ai pensé à tous les jeunes qui auront à lire du Rousseau mais aussi à tous ceux qui veulent simplement découvrir comment, dans l'ancienne Europe, on pouvait sortir d'un milieu d'horlogers protestants dans une ville moyenne des bords d'un lac subalpin, pour en arriver à subjuguer une grande partie de l'opinion dans le principal État de l'époque, le Royaume de France, et de ce fait, orienter par ses idées le destin de nombreuses nations. Mon ouvrage n'a pas d'autre fin que de plaire en instruisant.» C. Mazauric



  • La revue de presse Marine de Tilly - Le Point du 26 mai 2011

Lui, l'illustre philosophe, fut, jeune homme, un voyageur de grand chemin. Pendant quatre années, autour de ses 20 ans, il erra sur les routes, sans études et sans maître, guidé par sa passion de la nature et des lacs, du Léman à Annecy en passant par le Bourget, Neufchâtel et bien sûr Genève :..
Les échecs se multiplient, malgré "une culture encyclopédique et une solide connaissance de l'art d'interpréter et de composer de la musique", écrit Claude Mazauric, qui défend ici beau et fort les couleurs des éditions Au diable vauvert, la jeune maison de sa fille, qui monte, qui monte.


  • Les courts extraits de livres : 15/05/2011

Prologue

Juin ou juillet 1730, à Lausanne ou à Vevey. Sur les bords du lac Léman, qu'on appelle quelquefois à l'est de l'étendue d'eau le lac de Genève, un jeune homme rêveur, entrant dans sa dix-neuvième année d'existence, emprunte le chemin qui serpente le long de la rive et s'assoit sur une «grosse pierre» ; il médite, s'interroge sur son sort présent, peu enviable à ses yeux, imagine ce que pourrait être son destin à venir qu'il voudrait composé de «mille félicités innocentes». La brume lacustre, la douceur lémanique, se prête à la mélancolie : «L'aspect du lac de Genève et de ses admirables côtes eut toujours à mes yeux un attrait particulier que je ne saurais expliquer», écrira-t-il trente ans plus tard, en 1765, dans ses Confessions, «...qui ne tient pas seulement à la beauté du spectacle, mais à je ne sais quoi de plus intéressant qui m'affecte et m'attendrit.» Le jeune homme s'attendrit donc sur lui-même ; il lui arrive de soupirer ou de pleurer «comme un enfant». «Quand l'ardent désir de cette vie heureuse et douce qui me fuit et pour laquelle j'étais né vient enflammer mon imagination, c'est toujours au pays de Vaud, près du lac, dans des campagnes charmantes qu'elle se fixe. Il me faut absolument un verger au bord de ce lac et non pas d'un autre ; il me faut un ami sûr, une femme aimable, une vache et un petit bateau. Je ne jouirai d'un bonheur parfait sur la terre que quand j'aurai tout cela.» Son rêve de vie simple deviendra-t-il réalité ?
Ce jeune homme, c'est Jean-Jacques Rousseau, ou plutôt la préfiguration potentielle, incertaine, obscure, improbable, contradictoire, du Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), homme public, romancier, pédagogue et philosophe universellement salué (ou détesté), qui n'a pas commencé à écrire de grands textes avant l'âge de 37 ans mais qu'entoura, au soir de sa vie puis au lendemain de sa mort, à côté des médisants, un choeur enthousiaste de disciples admiratifs et fervents. Admiratifs, comme ce jeune pasteur de la religion réformée qui lui écrivait pour le soutenir dans son combat contre la neurasthénie qui le frappait alors : «Non, grand Rousseau, vous n'êtes point inutile à la terre; il est encore des mortels dont les yeux vous suivent dans votre désert et dont le courage s'anime en voyant la manière dont vous soutenez le combat.» Fervents, comme cet avocat d'Arras de 30 ans, Maximilien Robespierre, élu par les citoyens de l'Artois en avril 1789 pour siéger aux états généraux convoqués par le roi de France, et qui rédigera pour lui-même, quelques mois plus tard et sans souci de la rendre publique, cette Dédicace aux mânes de Jean-Jacques Rousseau : «Homme divin, tu m'as appris à me connaître : bien jeune, tu m'as fait apprécier la dignité de ma nature et réfléchir aux grands principes de l'ordre social. [...] Je veux suivre ta trace vénérée, dussé-je ne laisser qu'un nom dont les siècles à venir ne s'informeront pas : heureux si dans la périlleuse carrière qu'une révolution inouïe vient d'ouvrir devant nous, je reste constamment fidèle aux inspirations que j'ai puisées dans tes écrits.»
Sauf à s'abandonner à la rêverie qui entraîne hors du monde réel, quand on ne se presse pas comme Rousseau lui-même, avoir 20 ans, ou même 30, n'est pas le meilleur temps de la vie : pour le jeune Jean-Jacques, né le 28 juin 1712 à Genève, le moment de ses 20 et 30 ans fut celui d'une errance, un temps de tristesse, d'incertitude et de confusion, mais aussi d'expériences, de découvertes, d'assimilation de savoirs immenses, de grandes joies. A 20 ou 30 ans, de quelle manière s'est-il alors posé la question : «Comment deviendrais-je ce que je suis ?»
Infinies questions sur soi que le cahoteux parcours antérieur de Jean-Jacques n'éclaire qu'en partie mais qu'il faut bien ne pas ignorer. Si l'on veut comprendre comment Jean-Jacques est devenu la matrice de Rousseau.


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