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.. Désolations

Couverture du livre Désolations

Auteur : David Vann

Traducteur : Laura Derajinski

Date de saisie : 03/05/2012

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Gallmeister, Paris, France

Prix : 23.00 €

ISBN : 9782351780466

GENCOD : 9782351780466

Sorti le : 01/09/2011

  • Le choix des libraires : Choix de Emma Foucher - 03/05/2012

Le dernier roman de David Vann trouve à nouveau ses racines en Alaska, terre d'exil où vivent Gary et Irène, jeunes retraités, et leurs enfants Rhoda et Mark.

Gary n'a qu'une idée en tête : construire une cabane avec ses propres moyens sur une petite île nommée «Caribou island», où il compte bien vivre les prochaines années. Marié et père de deux enfants, il souhaite redevenir l'homme qu'il était «avant». Sa femme Irène, hantée par le suicide de sa mère lorsqu'elle était plus jeune, se raccroche à son mariage, sentant que celui-ci se ternit au fil des jours. La construction de la cabane devient pour elle une ultime épreuve, il serait le signe que son mariage n'est pas un échec. L'échec, voilà bien un thème omniprésent, la peur d'échouer, ou bien la peur de s'avouer vaincu par le fil inéluctable du temps qui passe.

Rhoda, la fille, est un souffle d'espoir dans cette atmosphère pesante : elle souhaite trouver le bonheur dans son couple et convaincre ses parents d'être plus optimistes, tout en sachant qu'une lourde histoire les unit, susceptible de les mener à la perte.

Une nouvelle fois, un roman superbe et délicat sur les ambigüités de l'Homme. Désolations explore les failles de chacun tout en finesse, avec une plume remarquable. Ceux qui ont aimé Sukkwan island adoreront retrouver les mêmes sensations au regard de personnages plus travaillés, plus attachants encore. David Vann sait nous mener là où nous craignons d'aller, au plus fort des émotions, à la frontière entre fiction et vécu.

Ceux qui ont eu le bonheur de suivre la conférence de David Vann le 6 Septembre ont approché de près un auteur qui émeut le lecteur par une écriture désinhibée et profondément juste. Les autres auront le plaisir d'écouter le podcast de la conférence sur mollat.com.

Un beau moment dans la vie d'un lecteur... et d'un libraire.


Après le glaçant et terrifiant "Sukkwan Island", David Vann continue son exploration des grandes espaces glaciaires et de la noirceur de l'âme humaine. Cette fois, le puzzle est plus dense, le rythme plus lent, les protagonistes plus nombreux et leurs liens aussi variés que leurs caractères. Pourtant la noirceur comme le poids de la famille et du passé demeurent. Irene et Gary forment un vieux couple, leurs enfants sont maintenant adultes. Mark est un marin aguerri, une vie dissolue avec sa femme Karen et a quelque peu rompu avec ses parents. Gravite autour de la famille un couple de touristes, Carl et la troublante Monique. Rhoda leur fille espère enfin se marier et fonder une famille avec Jim, un dentiste plus âgé qu'elle. Proche de ses parents, quand elle apprend le nouveau projet de son père, l'inquiétude la gagne immédiatement : Gary a décidé de construire sur un îlot isolé, loin de tous et sans aucun habitant et moyen de communication, une cabane au confort rudimentaire faite de rondins de bois. Obsédé par son projet, rien ne peut le freiner ou le retenir. Irene malgré la folie de ce projet l'accompagne comme toujours, l'épaule, l'handicape parfois voire souvent, et le couple (et la famille) est mis à l'épreuve. Le passé rode... Encore une vraie réussite ! Page après page, David Vann est vraiment expert dans l'art de déranger et troubler le lecteur !


Son premier livre, Sukkwan Island, avait été très remarqué à sa sortie. Avec ce second roman, David Vann nous entraîne une nouvelle fois en Alaska, sur les rives d'un lac glaciaire.
Après y avoir vécu pendant 30 ans avec sa femme Irène, Gary décide de réaliser un vieux rêve : construire une cabane sur un îlot quasiment coupé du monde. Irène le suit bien malgré elle dans ce projet voué à l'échec, persuadée qu'il va bientôt la quitter. Autour d'eux gravitent des personnages secondaires tourmentés aux vies emmêlées.
C'est un roman choral, dense et profond, où il est question de vies déçues, de rêves brisés.
L'atmosphère y est étouffante, pleine de non-dits, entre Irène qui a peur d'être abandonnée et Gary qui fonce tête baissée dans un projet qui va virer au cauchemar.

«On peut choisir avec qui l'on va passer sa vie, mais on ne peut pas choisir ce qu'ils deviendront».


L'Alaska, les terres sauvages impitoyables où les combats sont à mort, sans issue possible. C'est dans ce décor que Gary et Irène vivent depuis trente ans. Une vie aux rêves gâchés, aux rancoeurs qui deviennent de plus en plus fortes; une vie qui va subir les assauts de l'hiver précoce sous les yeux de Rhoda, leur fille, qui conserve encore quelques projets de famille et de bonheur. Mais pour combien de temps ?
Un deuxième roman pour David Vann qui conserve la force implacable de l'Alaska et la justesse de l'analyse des réflexions et des états d'âme de la race humaine.


Dans son deuxième roman, David Vann nous entraine une fois encore en Alaska à la rencontre de personnages désabusés tentant en vain t un retour à la nature.

Irene et Gary vivent loin de tout au bord d'un lac, lui, éternel insatisfait philologue n'ayant jamais achevé sa thèse et elle enseignante en maternelle. Une fois les enfants élevés et ayant quitté le foyer familial que reste-t-il de leur amour ? Se sont-ils jamais aimés ? Telles sont les questions qui hantent Irène. Pourtant malgré ses hésitations et en dépit de ses migraines lancinantes et inexplicables, celle-ci accepte de suivre Gary dans son exil volontaire sur une petite île que l'on ne peut atteindre qu'en bateau et de le seconder dans son projet obsessionnel de bâtir une cabane de bois pour vivre au plus près de la nature hostile. Malgré son enthousiasme, l'homme s'avère un piètre architecte et le rude hiver arctique qui s'annonce fait planer sur le couple l'ombre d'une tragédie.
Rhoda, la fille ainée du couple toute à la joie de ses fiançailles, inquiète pour ses parents sera bien malgré elle témoin des doutes et hésitations de sa mère concernant son propre mariage.

L'auteur nous conte aussi le naufrage d'un couple de jeunes touristes venu admirer l'Alaska, elle petite fille gâtée en quête de sensations fortes et lui jeune homme naïf totalement manipulé par sa petite amie qui finira par l'abandonner.

Le constat sur les rapports amoureux établi par l'auteur est souvent amer et pessimiste même si la galerie de personnages dont il développe la psychologie est très juste, reste une évocation magnifique comme un chant tiré d'une épopée antique de la nature sauvage et majestueuse.


En lisant le 4ème de couverture, on a un peu l'impression qu'on se dirige vers Sukkwan Island II. Mais s'il y a des similitudes, c'est que le premier livre était un essai. Celui-là... It's a bit strong ! comme dirait la pub. Difficile de ne pas se mettre à la place des personnages, et bien difficile une fois que c'est fait de ne pas se dire du personnage : mais quel salaud ! (vous pouvez accorder ça marche aussi), sans savoir pertinemment que parfois, bah nous aussi on se comporte comme ça. Ca noue la gorge, c'est remarquable.


Après Sukkwan Island, David Vann signe une fois de plus un roman magistral.
De deux personnages dans Sukkwan Island, nous passons à quatre personnages principaux, une famille en Alaska. Gary, le père, rêve d'une vie entre pionnier et viking. Pour accomplir ceci, il entreprend la construction d'une cabane sur un îlot désolé. Irene, sa femme, comprend peu à peu qu'elle raté sa vie et développe des migraines psychosomatiques. Puis, il y a les enfants, déjà adultes, Mark et Rhodda. Le fils est pêcheur et fumeur d'herbes. Rhodda souhaite autre chose même si elle doit épouser son ami Jim, un dentiste inintéressant. Avec ces personnages, on sent qu'un drame n'est pas loin.
Comme dans Sukkwan Island, l'Alaska donne un ton dur et beau à ce roman. David Vann nous entraîne vers la fin de cette famille. La montée en puissance de son écriture nous fauche comme le vent froid et l'hiver qui arrivent sur l'îlot.
Une fois de plus, on n'en sort pas indemne. Superbe !


  • Les présentations des éditeurs : 20/09/2011

David Vann est né en 1966 sur l'île Adak, en Alaska. Il a travaillé à l'écriture de son premier roman, Sukkwan Island, pendant plus de dix ans. Publié en France en 2010, ce livre a obtenu le prix Médicis étranger et est aujourd'hui traduit en quinze langues dans plus de cinquante pays.

Sur les rives d'un lac glaciaire au coeur de la péninsule de Kenai, en Alaska, Irène et Gary ont construit leur vie, élevé deux enfants aujourd'hui adultes. Mais après trente années d'une vie sans éclat, Gary est déterminé à bâtir sur un îlot désolé la cabane dont il a toujours rêvé. Irène se résout à l'accompagner en dépit des inexplicables maux de tête qui l'assaillent et ne lui laissent aucun répit. Entraînée malgré elle dans l'obsession de son mari, elle le voit peu à peu s'enliser dans ce projet démesuré. Leur fille Rhoda, toute à ses propres rêves de vie de famille, devient le témoin du face-à-face de ses parents, tandis que s'annonce un hiver précoce et violent qui rendra l'îlot encore plus inaccessible.

Après Sukkwan Island, couronné par le Prix Médicis 2010, le second roman de David Vann est une oeuvre magistrale sur l'amour et la solitude. Désolations confirme le talent infini de son auteur à explorer les faiblesses et les vérités de l'âme humaine.

Bouleversant, puissant... Poser ce livre pourrait vous épargner, mais il vous sera impossible d'en arrêter la lecture, tout comme il vous sera impossible d'en refuser la vérité.
LOS ANGELES TIMES

Tout ce qui a fait de Sukkwan Island un ouvrage si puissant et si justement encensé se trouve ici plus dense et profond... Portraits de vies déçues et de rêves brisés, Désolations est plus intense encore que le dernier ouvrage de Jonathan Franzen qui, en comparaison, ressemble à un soap opéra.
THE TIMES (LONDRES)

Désolations explore des territoires qu'aucun autre roman ne parvient à effleurer. Avec l'exactitude magnifique de sa prose, son regard infaillible pour le détail, David Vann nous transporte en un endroit plus profond, plus originel, bien plus éblouissant de vérité que le monde éclairé par le soleil.
THE NEW YORK TIMES BOOK REVIEW



  • La revue de presse Baptiste Liger - Lire, octobre 2011

En superposant toutes ces intrigues, David Vann se détourne du minimalisme de Sukkwan island, mais instaure le même climat d'angoisse et continue d'exploiter ses obsessions (la famille, l'homme face à la nature et à la mort). Les fils du récit se resserrent aussi sûrement que les maux de tête d'Irène s'amplifient et que les impasses se referment sur les personnages. Jusqu'à un final, d'une force impitoyable, rappelant la célèbre formule de Hemingway : "Toute vie, bien sûr, est un processus de démolition." Ou de désolation(s).


  • La revue de presse Michel Abescat - Télérama du 21 septembre 2011

Après la relation père-fils, c'est ainsi le couple qu'interroge David Vann. Et plus précisément le mariage, cette «autre forme de solitude». Le livre est sombre et coupant et juste, in­finiment. Observateur aigu, d'une précision cruelle, Vann traque le moindre détail, passant avec la même aisance de l'intime à l'immensité éblouissante du paysage dans lequel évoluent les personnages. Car c'est aussi de cela qu'il s'agit. Du mythe de la nature primitive et salvatrice cher à ses compatriotes, qu'il s'emploie une fois encore à dynamiter.


  • La revue de presse Bruno Corty - Le Figaro du 15 septembre 2011

Passant d'un couple à l'autre, David Vann, met à nu des comportements minables, des blessures anciennes, des frustrations. Il montre la solitude des uns et des autres, leur immense besoin d'amour. Prisonniers de lieux inhospitaliers, ces êtres se referment sur eux-mêmes, grattent leurs plaies ou se ruent toutes griffes dehors. On devine que tout cela ne peut que mal finir. Désolations est un roman maîtrisé de bout en bout. Mécanique parfaitement huilée, rythme soutenu, dialogues qui font mouche : David Vann explore les âmes avec une rare cruauté et un talent qui nous laisse sans voix.


  • La revue de presse Marine de Tilly - Le Point du 25 août 2011

Après le sprint spectaculaire de Sukkwan Island (inoubliable page 113...), Désolations apparaît comme une course de fond plus cadencée, plus ténue, sur le fil. Même décor ou presque, même travail magnifique d'exploration des opacités de l'âme, même nocivité des rapports humains en huis clos, même malaise à la lecture ; mais moins de rapidité d'exécution, plus d'épaisseur. Le résultat n'en est que plus impressionnant. Ses îles sont aussi mornes qu'un hiver en Alaska. Ses histoires aussi féroces qu'un père qui se suicide, qu'un couple qui s'entre-tue. Et, au lieu d'être affectée, infectée par toute cette crasse, son écriture est d'une clarté et d'une grâce à couper le souffle.


  • La revue de presse Marie de Cazanove - La Croix du 7 septembre 2011

Est-ce parce qu'il se déroulent dans des contrées encore très préservées que les romans de David Vann, aussi sombres soient-ils, ne plongent pas celui qui les ouvre dans un état d'enfermement trop angoissant ? Sans doute pas, car la nature, qu'il décrit à merveille, menace toujours. Le lac glaciaire qui entoure l'île revêt des allures préhistoriques ; et les ours rôdent, jamais très loin. Quant à la neige, elle ne tombe jamais assez fort pour feutrer un peu les disputes amères du couple. Pour autant, ces terres à l'état encore sauvage, presque inhabitées, fascinent et attirent toujours des hommes et des femmes en quête de sensations. Et qui, confrontés à cette immensité, prennent parfois peur et rebroussent chemin, comme ce jeune couple de touristes qui va croiser la route des enfants de Gary et d'Irene. Jusqu'à la fin, forcément terrible, ce sont les rêves qui s'envolent sous la plume de David Vann.


  • La revue de presse Hubert Artus - le Magazine Littéraire, septembre 2011

C'est amplement réussi. Toutes ces scènes, étranges et absconses, sont d'une inquiétante étrangeté, qui va de pair avec la façon dont les personnages vivent leur environnement. Tous de manière différente. Il y a ceux - Gary - pour qui la nature développe «un sens aigu du monde, qui se dissip[e] avec le temps». Et d'autres pour qui elle est davantage une idée menaçante, comme Irène, pour qui «les arbres tout autour ressemblaient à un public, debout à l'attendre, à l'observer. Des sentinelles de l'ombre cachées dans la nuit sans lune». C'est dire si le livre gagne en poésie au fur et à mesure que les tourments des couples et leur folie entrent en résonance avec la grandeur des décors, la folie des éléments (le vent, surtout, incessant) et la perdition d'être venu vivre là...
Ainsi Vann a-t-il le talent de ramener tous ses personnages au coeur même de la vie dans ces contrées : un duel entre hommes et éléments.


  • La revue de presse Nils C. Ahl - Le Monde du 25 août 2011

Après l'autopsie des relations difficiles d'un père et de son fils, dans Sukkwan Island (Gallmeister, 2010, prix Médicis), le nouveau roman de David Vann s'intéresse au couple. Celui d'Irene et Gary au premier plan. En écho, celui de leur fille Rhoda, sur le point d'épouser Jim, un dentiste. Tout autour d'eux, la sauvagerie monumentale de l'Alaska et de la péninsule de Kenai, au sud d'Anchorage. Un paysage écrasant, dont rêvait Gary quand il était un jeune étudiant à Berkeley en -littérature médiévale...
Dans ce second roman traduit en français, très maîtrisé, l'écrivain renouvelle la démonstration de son immense talent. Sans acrobatie, continuant la mélodie de Sukkwan Island, sa musique sobre. Sa pulsation lente et primitive. La beauté éclatante de l'Alaska, le bain de son soleil froid, est comme une drogue. De celles qui soulagent d'abord et qui tuent ensuite. De celles qui susurrent, qui murmurent - et qui torturent. Une réussite.


  • Les courts extraits de livres : 20/09/2011

Ma mère n'était pas réelle. Elle était un rêve ancien, un espoir. Elle était un lieu. Neigeux, comme ici, et froid. Une maison en bois sur une colline au-dessus d'une rivière. Une journée couverte, la vieille peinture blanche des bâtiments rendue étrangement brillante par la lumière emprisonnée, et je rentrais de l'école. J'avais dix ans, j'avançais seule, j'avançais à travers les amas de neige sale dans le jardin, j'avançais jusqu'à notre porche étroit. Je ne me souviens pas du cours exact de mes pensées en cet instant, je ne me rappelle pas qui j'étais ni ce que je ressentais. Tout cela a disparu, effacé. J'ai ouvert notre porte d'entrée et j'ai trouvé ma mère pendue aux chevrons. Je suis désolée, ai-je dit, puis j'ai reculé avant de refermer la porte. Jetais à nouveau dehors, sous le porche.
Tu as vraiment dit ça ? demanda Rhoda. Tu as dit que tu étais désolée ?
Oui.
Oh, Maman.
C'était il y a longtemps, dit Irène. Et c'était quelque chose que je n'arrivais pas à voir à l'époque, alors je peux encore moins le voir aujourd'hui. Je ne sais pas à quoi elle ressemblait, pendue là-haut. Je ne me souviens de rien, seulement que c'était là.
Rhoda se rapprocha de sa mère sur le canapé et lui passa le bras autour des épaules pour l'attirer à elle. Elles observèrent le feu. Un pare-feu en métal était installé devant, de petits hexagones, et plus Rhoda les regardait, plus ces hexagones semblaient composer la paroi arrière de l'âtre, dorée par les flammes. Comme si le mur de soutien, noir de suie, pouvait être révélé ou métamorphosé par le feu. Puis son regard se déplaçait et elle ne voyait à nouveau plus qu'un simple pare-feu.
J'aurais aimé la connaître, dit Rhoda.
Moi aussi, dit Irène. Elle tapota le genou de Rhoda. Il faut que j'aille dormir. J'ai une journée chargée, demain.
Elle va me manquer, cette maison.
C'était une bonne maison. Mais ton père veut me quitter, et le premier pas, c'est de nous faire emménager sur cette île. Pour donner l'impression qu'il a tout essayé.
C'est faux, Maman.
Nous nous fixons tous des règles, Rhoda. Et la première règle de ton père, c'est qu'il ne doit jamais passer pour un salaud.
Il t'aime, Maman.
Irène se leva et étreignit sa fille.
Bonne nuit, Rhoda.


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