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.. Stoner

Couverture du livre Stoner

Auteur : John Williams

Traducteur : Anna Gavalda

Date de saisie : 17/10/2011

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Dilettante, Paris, France

Prix : 25.00 €

ISBN : 9782842636449

GENCOD : 9782842636449

Sorti le : 31/08/2011

Hymne à la Littérature
On attendait Anna Gavalda, on découvre John Williams !
Oublié dans son pays et inconnu en France puisque, depuis sa sortie en 1965, ce roman n'avait jamais été traduit, Stoner n'en reste pas moins une véritable déclaration d'amour à la Littérature. Stoner est l'histoire d'un fils de paysans pauvres qui, au prix de nombreux sacrifices, va intégrer une université pour y étudier l'agronomie en 1891. Mais les cours ne l'intéressant guère, il découvrira, presque à son insu, une nouvelle matière : la Littérature anglaise. Lors, d'un de ces cours, un professeur lui posera la question fatidique qui semble aller de soit : Monsieur Stoner, ces trois vers de Shakespeare ne vous parlent-ils donc pas ? Dés lors, l'ordonnancement de sa vie, sans éclat, et, tracée au cordeau, sera modifiée par cette matière, si énigmatique à priori, et, son existence sera vouée à cette intruse qu'est la Littérature. Anna Gavalda, préférant toujours mettre en avant les rapports humains, privilégiant la psychologie humaine, fait jaillir, sous la figure de cet anti-héros incapable de se battre et de se défendre face aux intrigues professionnelles ou familiales, un autre personnage, fiévreux et brûlant. Elle offre un roman classique dans la forme, patient, voire même contemplatif, mais ne versant jamais dans le pathos. À travers ce qui semble être une vie d'échecs, John Williams, dont on sait peu de choses sinon qu'il fut lui aussi professeur d'université et publia quelques livres, nous parle d'un flux dense et lumineux. Un flux comme seule la Littérature peut transmettre et agit comme une transfusion régénératrice dans un corps qui se croyait exsangue. Un flux qui traverse aussi le lecteur et fait de ce personnage si éloigné un frère : un amoureux de la Littérature !


Stoner est un de mes gros coups de coeur de cette rentrée 2011.
Ce livre fut publié aux États-Unis en 1965 mais il n'a jamais été ni traduit ni publié en France.
Réparation faite grâce à Anna Gavalda, qui s'est empressée de le traduire pour son éditeur, Le Dilettante. Je ne pensais pas un jour dire ça, mais merci à Anna Gavalda.
Je commençais un peu à désespérer car les quelques livres de la rentrée littéraire que j'essayais de lire me tombaient un peu tous des mains... Et là, avec Stoner, ô miracle, je me suis plongée dans un récit que je n'ai pas pu lâcher un instant.
Pourtant, l'histoire n'a rien de très glamour.
Stoner est né en 1891, dans une famille de paysans pauvres, en Amérique.
Son père décide de l'inscrire à l'université, pour qu'il poursuive des études en agronomie, afin de l'aider à améliorer les rendements de la ferme.
En assistant à un cours de littérature anglaise, une phrase, lancée par son professeur, va changer sa vie à jamais :
"- Monsieur Stoner, monsieur Shakespeare s'adresse à vous à travers trois siècles. L'entendez-vous ?"
Et c'est le choc : il va abandonner ses études agricoles pour devenir professeur de lettres.
Voilà, je ne rentrerai pas plus dans les détails.
Stoner est l'histoire d'un homme qui va vouer sa vie aux livres, au savoir.
Son mariage sera un désastre, sa vie plutôt banale, il ne laissera aucune trace flamboyante dans l'histoire de l'université où il officie, mais mon dieu, quel livre magnifique !


William Stoner est né en 1891 dans une ferme du Missouri, dans une famille pauvre où son père «observait sans le moindre espoir l'ingrate parcelle de terre qui permettait à sa famille de survivre jusqu'à l'année suivante.» Le jeune William, dès qu'il fût assez grand pour aller à l'école, le fût aussi pour accomplir une partie des tâches de la ferme, tout comme son père l'a fait avant lui. Une famille résignée à son sort mais qui espère, cependant, pour le fils un avenir différent. C'est pour cela que William sera envoyé à l'université de Columbia, dans une section agricole tout nouvellement créée. Peut-être apprendra-t-il ainsi de nouvelles façons de cultiver la terre et d'améliorer la vie future de sa propre famille.

C'est un garçon gauche, timide et réservé qui intègre l'université. Ne disposant pas d'argent, il loge chez un lointain cousin de sa mère, fermier lui aussi, et devra assumer des tâches quotidiennes en échange du logement et de la nourriture. Les journées de William seront donc rythmées par le travail de plus en plus important qu'il effectue sur la ferme, et par ses études pour lesquelles il n'éprouve pas de réel plaisir : «il s'acquittera de son travail à l'université comme il s'acquittait de celui de la ferme : minutieusement, scrupuleusement, sans y prendre le moindre plaisir, mais sans angoisse non plus.»

Ce n'est que lors de sa deuxième année à l'université que le déclic se produira : apprendre devient essentiel pour lui, mais pas apprendre par coeur comme on le lui demande dans son cours de chimie, mais apprendre à penser, découvrir la philosophie et la littérature. Une nouvelle orientation universitaire s'impose, qu'il cachera à ses parents jusqu'au moment de la remise des diplômes et de son intégration au sein du corps enseignant de l'université. Peu sûr de lui et de sa vocation au début, il deviendra pourtant un enseignant respecté par ses pairs et ses étudiants (ses séminaires seront les plus suivis du département de littérature), traversant deux guerres mondiales (il ne s'engagera pas dans la première contrairement à certains de ses jeunes collègues ou à ses étudiants), des conflits avec certains de ses collègues (comme ce Lomax au caractère ombrageux et cynique). Sans oublier un mariage avec Edith dont il tombe amoureux au premier regard, mais un mariage qui ne sera finalement qu'une série de conflits, de critiques et de reproches, même après la naissance de leur fille.

Gros coup de coeur de cette rentrée littéraire, le livre de John Williams est un plaisir de lecture à côté duquel vous ne devez pas passer. La vie de William Stoner n'a rien de palpitant, elle serait même plutôt terne, sans véritable rebondissement. Mais je n'ai pu m'empêcher de trouver ce personnage à la fois attachant et agaçant par sa naïveté et son fatalisme devant les évènements, les remarques cinglantes et méprisantes de sa femme, et les comportements emprunts de jalousie de certains de ses collègues. Une seule chose restera constante tout au long de sa vie : son amour pour la littérature, ce qui lui permettra de défendre envers et contre tout ses convictions les plus profondes, aussi naïves soient-elles.


Stoner est un roman américain paru en 1965, qui à ce jour n'était jamais sorti en France. C'est Anna Gavalda, qui intriguée par son statut de livre culte en est tombée sous le charme, puis l'a déterré de l'anonymat en le traduisant et en demandant à son éditeur, Le Dilettante, de le publier.
Que dire de plus si ce n'est... Merci !
Car Stoner est un petit miracle. Le portrait d'un homme qui en quittant sa campagne et sa famille pour l'université, ne se doutait pas qu'il y passerait sa vie. Une vie tout ce qu'il y a de plus humble, pathétique, tragique, drôle... Une vie simple et compliquée, intense et monotone. Si Stoner n'échappera pas à un mariage désastreux, il connaîtra toutefois la passion amoureuse. Et si Stoner ne cherche pas particulièrement les ennuis, il aura sa dose de conflits au sein du microcosme universitaire. Mais toujours il trouvera refuge parmi les livres et la poésie, et plus tard dans l'amour pour sa fille.

Stoner est une pépite. On rit, on pleure, on vit et on y meurt.

Stoner c'est notre vie à tous, et c'est déjà beaucoup.

Stoner vient de sortir au Dilettante et c'est formidable.


  • Les présentations des éditeurs : 01/09/2011

C'est en lisant une interview de Colum McCann parue dans le quotidien anglais The Guardian il y a quelques années que j'ai découvert Stoner de John Williams. McCann affirmait que ce roman, publié en 1965, était un grand oublié de la littérature américaine, ajoutait qu'il en avait déjà acheté plus d'une cinquantaine d'exemplaires pour l'offrir à ses amis et que c'était un texte qui touchait autant les écrivains que les simples lecteurs. Cette précision m'avait mis la puce à l'oreille et je m'étais empressée de le lire. De le lire, de l'aimer et d'avoir envie de le partager à mon tour. Hélas, il n'avait jamais été édité en français. La suite est simple : j'ai demandé à mon éditeur d'en acquérir les droits, ai vaguement cherché un traducteur patenté et ai fini par m'avouer ce que je savais déjà, à savoir que William Stoner, c'était moi, et que c'était à moi de m'y coller. Pour le meilleur, pour ce «vertige de l'orpailleur» évoqué dans le chapitre IX - expression qui n'est pas dans le texte original et que je me sais gré d'avoir inventée - ceux qui liront jugeront, et pour le pire : des heures et des heures passées arc-boutée sur un bout de phrase que je comprenais, que je «voyais» mentalement, mais qu'il m'était impossible de traduire... Pourquoi tant d'enthousiasme et tant de peines ? Je ne sais pas. Voilà un roman qui n'a rien de spectaculaire. Le récit d'une vie âpre, austère, une vie de prof, une vie passée sous silence et tout entière consacrée à la littérature, bref pas très sexy, j'en conviens et n'en espère aucun miracle, mais je suis bien heureuse d'avoir été au bout de ce projet. D'une part parce qu'il m'a beaucoup appris sur «le métier», toutes ces histoires de légitimité, de liberté, de respect dû à une voix plutôt qu'à une langue m'ont passionnée, d'autre part parce c'est un roman qui ne s'adresse pas aux gens qui aiment lire, mais aux êtres humains qui ont besoin de lire. Or, avoir besoin de lire n'est pas forcément un atout, ce peut être, même, souvent, un handicap. Se dire que la vie, bah... tout compte fait, n'est pas si importante que ça et que les livres pareront à ses manquements, c'est prendre le risque, souvent, de passer à côté. William Stoner donne cette impression de gâchis. D'ailleurs c'est une question qui le hante au moment de sa mort : parce que j'ai aimé lire plus que tout, j'ai déçu mes parents, perdu des amis, abîmé ma famille, renoncé à ma carrière et eu peur du bonheur, ai-je raté ma vie ?
Quelques battements de cils plus tard, il y répond et, en essayant de le servir le mieux possible, j'y ai répondu aussi. Car en vérité, et nous pouvons l'avouer, que nos vies soient ratées ou pas nous importe moins que cette question posée par un professeur à ce jeune homme gauche, fruste et solitaire qui n'a encore jamais mis les pieds dans une bibliothèque et qui deviendra mon héros :
«M.Stoner, M.Shakespeare s'adresse à vous à travers trois siècles. L'entendez-vous ?»
Anna Gavalda

Né pauvre dans une ferme du Missouri en 1891, le jeune William Stoner est envoyé à l'université par son père - et au prix de quels sacrifices -, pour y étudier l'agronomie. Délaissant peu à peu ses cours de traitement des sols, ce garçon solitaire découvre les auteurs, la poésie et le monde de l'esprit. Il déçoit les siens, devient professeur, se voue corps et âme à la littérature, sert ses étudiants, assiste impuissant aux ravages causés par une terrible crise économique et deux guerres mondiales, se trompe d'histoire d'amour et finit par renoncer au bonheur. Tout cela l'entame, mais rien ne le diminue : il lit.

Célébration d'une âme droite enchâssée dans un corps que la vie a très tôt voûté, voilà le récit d'une vie austère en apparence, ardente en secret.



  • La revue de presse André Clavel - Lire, octobre 2011

Connaissez-vous John Williams ? Sans doute pas, car cet écrivain, mort en 1994, à 72 ans, n'a pas la place qu'il mérite en France. Longtemps professeur à Denver, il a signé quatre romans et celui que vient de traduire Anna Gavalda est une magnifique plongée dans l'intimité d'un être...
Sa confession est une musique de nuit pianotée sur le clavier de la mélancolie.


  • La revue de presse Laurent Rigoulet - Télérama du 26 septembre 2011

Stoner ne deviendra pas écrivain, pas plus qu'il ne sera un héros en s'engageant dans la Grande Guerre de son temps, celle de 14-18. Rien ne le distingue ni ne le grandit, si ce n'est l'ardeur qu'il met à suivre jusqu'au bout le cours d'une vie ordinaire. Du mariage raté à la retraite forcée, le récit de son existence est une poignante chronique de la déception, un drame en mode mineur, illuminé par le passage de joies fugaces - une liaison amoureuse, la proximité d'un enfant -, peintes avec tant de délicatesse et de sobriété qu'elles en deviennent inoubliables.


  • La revue de presse Jean-Claude Raspiengeas - La Croix du 7 septembre 2011

Le lecteur se trouve plongé, absorbé, envahi, submergé par un immense roman de formation, un récit somptueux sur le sens de l'existence, ses impasses, ses rêves enfouis, ses élans, ses parts d'ombre et de secrets. Écrit dans une langue magnifique et profonde, classique et modeste, il résonne comme le chant des origines, merveilleusement restitué, avec délicatesse, par Anna Gavalda. Nous traversons deux guerres mondiales, loin des combats, suivons plusieurs générations du Middle West, goûtons la griserie de voyager dans les livres, d'accéder à la connaissance, sans jamais quitter le personnage principal, de son enfance à son dernier souffle.


  • Les courts extraits de livres : 09/06/2011

William Stoner est entré à l'université du Missouri en 1910. Il avait dix-neuf ans. Huit ans plus tard, alors que la Première Guerre mondiale faisait rage, il obtient son doctorat et accepte un poste d'assistant dans cette même université où il continuera d'enseigner jusqu'à sa mort en 1956. Il ne s'est jamais hissé plus haut que le rang de maître de conférences et parmi ses élèves, rares sont ceux qui auront gardé un souvenir précis de lui après la fin de leurs études.
A sa mort, ses collègues firent don d'un manuscrit du Moyen Âge à la bibliothèque. On peut encore le trouver dans la réserve de livres rares précédé de ces mots : Offert par ses collègues à la bibliothèque de l'université du Missouri en mémoire de William Stoner, département de littérature anglaise.
Un étudiant qui tomberait par hasard sur son nom aujourd'hui pourrait, à la rigueur, se demander qui était cet homme, mais il n'est guère probable que sa curiosité le mène beaucoup plus loin. Ses collègues ne lui portaient aucune estime particulière de son vivant et le citent rarement à présent. Aux oreilles des plus âgés son nom sonne comme un mémento - Souviens-toi que tu mourras - et pour les plus jeunes, ce n'est rien. Rien d'autre qu'un son, n'évoquant ni figure du passé, ni exemple, ni modèle auquel ils auraient pu se référer.

Il était né en 1891 dans une petite ferme au coeur du Missouri près de Booneville, village situé à une soixantaine de kilomètres de Columbia où siégeait justement ladite université. Bien que ses parents fussent encore jeunes au moment de sa naissance - son père avait vingt-cinq ans, sa mère à peine vingt - Stoner, même quand il était enfant, les trouvait vieux. Il est vrai qu'à trente ans son père en paraissait vingt de plus. Brisé par le travail, il observait sans le moindre espoir l'ingrate parcelle de terre qui permettait à sa famille de survivre jusqu'à l'année suivante ; quant à sa mère, elle acceptait son existence avec résignation. Tout cela n'était, et ne serait jamais rien d'autre, qu'un long moment à endurer... Ses yeux étaient pâles, voilés et les minuscules rides qui les enchâssaient semblaient d'autant plus profondes qu'elle plaquait toujours ses cheveux en arrière et les épinglait sur sa nuque en un petit chignon gris bien sévère.
D'aussi loin qu'il se souvienne, William Stoner avait des besognes à accomplir. A six ans, il trayait des vaches décharnées, portait leur pâtée aux cochons dans une cabane plantée au diable et ramassait les petits oeufs d'une couvée misérable. Même quand il se mit à fréquenter la petite école de campagne qui se trouvait à une bonne douzaine de kilomètres de la ferme, sa journée débutait bien avant l'aube et s'achevait après la nuit tombée, remplie qu'elle était en travaux et obligations de toutes sortes. À dix-sept ans déjà, il se tenait voûté.


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