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.. La lanterne d'Aristote

Couverture du livre La lanterne d'Aristote

Auteur : Thierry Laget

Date de saisie : 03/05/2012

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Blanche

Prix : 19.00 €

ISBN : 978-2-07-013344-4

GENCOD : 9782070133444

Sorti le : 15/09/2011

Cette rentrée littéraire sera-t-elle enfin celle de Thierry Laget qui, plus que la plupart de ses contemporains, mériterait ce public audacieux qui croit encore que la littérature, parce qu'elle est le plus exigeant des arts, est aussi le plus grand, offrant tous les plaisirs du seul pouvoir de ses mots... On le souhaite ardemment car il ne faut pas renoncer à croire que les écrivains qui ne sacrifient pas aux courants d'air à la mode ont une chance d'être célébrés. La rareté romanesque de Thierry Laget, à l'aise dans des formes moins narratives comme l'a prouvé le splendide Bibliothèques de nuit paru chez L'Un & l'autre l'an dernier, rend encore plus savoureuse la rencontre : La lanterne d'Aristote qui paraît en ce mois de septembre conjugue les bonheurs du roman, inventif et joueur, et les ivresses d'une littérature qu'on veut croire immortelle. Mais que l'on n'aille pas imaginer que Laget encombre de références son livre comme serait tenté de le faire un néophyte enivré par sa culture, lui n'est pas luisant, il est brillant.

Le héros de l'histoire n'a pas de souci d'argent, c'est toujours un ennui de moins : il a acquis une fortune qu'il ne dépensera pas en voitures et sa désillusion sur le monde d'aujourd'hui lui interdit de jouir des plaisirs passagers que sa richesse lui autoriserait. Le monde d'hier est plutôt son territoire, voire le monde d'avant-hier auquel son érudition l'a frotté. Mais point de cynisme, plutôt un détachement et de l'ironie qu'il n'hésite pas à exercer contre lui-même, surtout que le repli stratégique qui le confine dans la fabuleuse bibliothèque d'une belle comtesse énigmatique dont il n'est pas certain de vouloir tomber amoureux ne le coupe pas du monde. De sa tour ivoirée, il voit au loin une lumière du château sans savoir qui elle éclaire. Car s'il parle, s'il écoute volontiers, il ne démêle pas les fils des relations nouées entre les habitants de l'endroit. D'Azélie la comtesse mal mariée à la marchande des quatre saisons qui se rêve écrivain, en passant par le facto ton des lieux, la cuisinière, la marionnettiste, la guide bavarde, les maris répudiés, les amants emprisonnés, c'est toute une scène qui s'anime devant nous en un jeu de miroirs, un carrousel de figures qui se cachent et éprouvent la naïveté d'un homme, à l'aise face aux portraits d'ancêtres qui encombrent les couloirs mais qui en sait peut-être trop pour tout comprendre. La lanterne d'Aristote est le genre de livre qui nous rendrait facilement lyrique ou bavard, et ce serait là aussi le trahir, car sans cesser de jouer avec les codes de la littérature, nous renvoyant dans tous les âges de celle-ci d'un épisode à l'autre, il accepte la principale règle du jeu : raconter. Les fantômes de Proust ou de Stendhal si chers à Laget ont beau nous frôler, ils ne s'imposent pas, ils ne diminuent pas notre plaisir à parcourir avec lui les couloirs de son château rempli de livres et de lettres, fort de cette idée qu'un roman n'a pas de fin, qu'un écrivain en prolonge un autre, qu'un livre est l'enfant de tous les autres, les plus vils comme les plus grands. Cette foi en la littérature, en son perpétuel renouvellement inspire ce roman souvent drôle, d'un style remarquable (vous savez le style, cet aspect de la littérature qui semble déserter nos rentrées...), d'un souffle continuel, entre mélancolie et optimisme. Ce serait un désastre que cette lanterne n'éclaire pas notre automne, les livres intelligents sont trop rares pour laisser croire qu'ils ont tout leur temps.


Invité au château dune comtesse - Azélie, descendante de la princesse de Clèves - afin de recenser les ouvrages de sa bibliothèque, un homme entre ainsi dans le monde fascinant des livres, dont certains sont déplacés ou disparaissent au fil des nuits. Un fantôme ou un locataire soigneusement dissimulé aux yeux de tous ? Que cache cette fenêtre éclairée du château où pourtant nul n'est sensé habiter ? Les relations entre la cuisinière, le factoton - l'homme à tout faire - et Azélie, ne sont-elles scellées par un lourd secret ?

Si le style rappelle immanquablement Marcel Proust - dont Thierry Laget est un fervent admirateur - c'est du côté de Henry James qu'on retrouve cette ambiance singulière, à la fois étrange, un peu irréelle, où s'insinuent les passions les plus meurtrières. Malgré quelques longueurs, ce roman érudit exalte la beauté de la langue française, le pouvoir incandescent des livres, les remous du bonheur et de l'oubli.

«Je vois que tous, tant que nous vivons, nous ne sommes que des simulacres ou une ombre légère...»


Thierry Laget nous offre un roman très littéraire et énigmatique pour cette rentrée littéraire. Un homme est chargé de cataloguer la bibliothèque du château de la comtesse Azélie. Il va faire de nombreuses rencontres : l'ex-mari d'Azélie, la cuisinière, la vendeuse de légumes... Mais la comtesse reste pour lui un personnage mystérieux : quel est son passé ? Pourquoi a-t-elle conservé le château ?
L'ambiance de la Lanterne d'Aristote fait ressurgir les fantômes. Dès les premières pages, Azélie et le narrateur descendent dans les souterrains du château. L'écriture de Thierry Laget nous entraîne dans un monde invisible à l'oeil nu. C'est un roman envoûtant, un hymne à la littérature.


  • Les présentations des éditeurs : 03/10/2011

Une comtesse charge un homme de cataloguer la bibliothèque de son château.
Cet homme traverse les nuits et les jours du domaine, franchit les apparences, lit tous les livres, même ceux qui ne sont pas écrits et dont il invente l'intrigue, à mesure qu'il découvre que les morts ne sont pas morts, ni les fantômes ceux qu'on croyait, ni les vérités celles qu'on admettait.
En fin de compte, c'est de la littérature elle-même qu'il s'agit, et à laquelle il est rendu ici le plus beau des hommages.

Thierry Laget est né en 1959 à Clermont-Ferrand. Il est l'auteur d'une quinzaine de livres, dont Iris et Bibliothèques de nuit.



  • La revue de presse Roger-Pol Droit - Le Monde du 1er septembre 2011

Familier de Stendhal, de Proust et de quelques autres, Thierry Laget se révèle ici en pleine possession d'un style où il serait aisé de montrer qu'il y a plus d'Antiquité vivante que dans quelques rayons de prétendues reconstitutions...
D'où quelques conclusions envisageables, qu'on laissera au lecteur le soin de prolonger. Moralité 1 : l'Antiquité n'est pas nécessairement là où on la cherche. Moralité 2 : elle est toujours à inventer, la fiction prenant appui sur l'histoire, et inversement. Moralité 3 : ce qui nous fascine chez les Anciens, c'est qu'ils sont à la fois nous et non nous, mêmes et autres, proches et lointains. Ils appartiennent à ces histoires que nous devons inventer pour savoir qui nous sommes. Si l'on demandait pourquoi nous n'en aurons jamais fini avec leurs ombres, il faudrait aller voir par là.


  • Les courts extraits de livres : 03/10/2011

Quand elle est sortie, vers neuf heures, Azélie m'a confié la garde du château. Alors j'ai de nouveau entendu en moi la voix qui s'était tue - voix sombre, altière -, mais je n'ai pas compris ce qu'elle disait, car au même instant le démarreur de la 4 L s'étranglait, le moteur vocalisait, les pneus broyaient le gravier, traçant de leur compas un cercle dont je figurais le centre et dont le rayon, englobant la bâtisse, contournant les tilleuls, s'étira jusqu'à la grille au bout de l'allée avant de s'estomper dans le néant.
La nuit est retombée autour de moi avec un grincement de herse. Je n'ai pas voulu allumer les lampes, pour ne pas effaroucher les ombres. Je suis passé de pièce en pièce, tel un fantôme qui secoue ses voiles, mais c'était la lune, à travers les fenêtres, qui déroulait sous mes pas un tapis de soie, de silence et d'argent.
J'ai remonté la galerie des ancêtres, et la voix ronchonnait en moi, comme au vieux temps, aussi maussade que ces personnages - le connétable, la sainte, le philosophe, la bilieuse, le débauché. Les murailles exhalaient un souffle glacial, mais eux, stoïques dans leurs armures, sous leurs perruques et leurs chapeaux à cornes, ils frissonnaient à peine - une rousse aux joues de rose, et dont les tresses étaient enroulées en corbeille sous une chapka d'hermine, désignait de l'index la devise «Le temps viendra» calligraphiée dans un cartouche. C'était la nuit qui, en tremblant, ajustait son masque sur leurs visages, le clair-obscur qui les douait de relief et de vie. Ils me suivirent du coin de l'oeil tandis que j'avançais entre leur double haie. Je crus en voir un qui bronchait; je tournai la tête; la plume de son cimier frémissait encore.
J'ai traversé des salles fermées aux touristes, le bureau de la comtesse, où flottait son parfum, l'antichambre, la cuisine, la chaufferie. A la lingerie stagnait une odeur de savon et de sève : le plancher, les lambris, des monceaux de draps entortillés. La voix, désormais, pouvait bien tenir des discours sensés, je ne l'écoutais plus, captivé par l'exploration d'un nouveau monde - qui allait devenir mon domaine. J'ai refait à mon rythme le parcours de la visite guidée à laquelle je m'étais joint l'après-midi, mais, cette fois, j'ai pu enjamber les cordons de velours, m'asseoir sur les boudeuses, aux tables de jeu, couper les paquets de tarots, tâter les matelas, caresser des chevelures de plâtre, approcher des peintures de l'Âge d'or, poser la joue sur les fesses des bergères, découvrir leurs fossettes, monter des gammes sur un clavecin où, disait-on, Rameau avait interprété ses rondeaux. Pour que le décor s'anime, il aurait fallu la lueur des chandelles ; il recevait pourtant de la pénombre la stricte poésie des choses que n'éclaire pas l'électricité et qui somnolent dans des limbes où j'étais leur contemporain, moi que la solitude, ce soir-là, avait fait châtelain.


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