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.. Au lieu-dit Noir-Etang...

Couverture du livre Au lieu-dit Noir-Etang...

Auteur : Thomas H. Cook

Traducteur : Philippe Loubat-Delranc

Date de saisie : 06/07/2012

Genre : Policiers

Editeur : Seuil, Paris, France

Collection : Seuil policiers

Prix : 19.50 €

ISBN : 978-2-02-104786-8

GENCOD : 9782021047868

Sorti le : 12/01/2012

Paru aux États-Unis en 1996 et récompensé par un Edgar Poe Award (équivalent américain de notre Grand prix de littérature policière), Au lieu-dit Noir-Étang est un de ces parfaits romans noirs à côté duquel il eût été dommage qu'un de ses éditeurs français (Gallimard et ici, Le Seuil) ne le traduise pour ses lecteurs de plus en plus nombreux. Pourtant, Thomas H. Cook n'est pas un néophyte dans la vaste sphère du polar en majorité américaine : né en 1947, ses romans sont traduits depuis 1981 dans la Série noire (son troisième, Haute couture et basses besognes est encore disponible dans la mythique collection, courez vite avant épuisement !) puis, après un détour aux éditions L'Archipel (4 romans dont deux disponibles dans la collection Livre de poche), Gallimard et Le Seuil se partagent la notoriété grandissante et méritée de ce grand romancier. Pour le connaître, nulle crainte d'un livre à lire avant l'autre puisque contrairement à la majorité des auteurs policiers ses 17 romans sont parfaitement indépendants, nul personnage récurrent mais une grande maîtrise de l'art de la narration, une écriture d'une rare élégance, des motifs obsédants mais qu'il sait à chaque fois renouveler en profondeur, preuve que la signature d'un écrivain de cette trempe est peut-être de réécrire à chaque fois le même livre sans que jamais le lecteur ne ressente l'impression d'un déjà dit ou vu (à propos de l'histoire) ou d'un déjà lu (à propos du style). Et les auteurs qui lassent leurs lecteurs finalement déçus des mêmes personnages et des mêmes «recettes» trop prévisibles sont légion dans l'univers du polar qui demande à surprendre pour tenir en haleine...

Au contraire, Thomas H. Cook apporte du «sang frais» à chaque publication que nous attendons et dévorons avec le même plaisir. Rappelez-vous les éloges que nous lui avions déjà tressés lors de la sortie de quelques-uns de ses précédents titres comme Les feuilles mortes. Parallèlement à la publication de ce nouvel opus, vous pouvez lire Les leçons du mal qui vient de paraître en format de poche chez Points et que nous avions déjà défendu l'an dernier sur ce blog.

Au lieu-dit Noir-Étang, à l'instar de plusieurs romans de Thomas H. Cook, navigue entre le passé et présent, la narration du drame qui s'y est déroulé étant assurée par Henry, adolescent (voix qu'affectionne particulièrement l'écrivain) et témoin privilégié d'une «folle passion amoureuse» forcément destructrice au moment des faits entre 1926 et 1927. Devenu une cinquantaine d'années après un vieil homme solitaire, il confesse être à jamais marqué par l'horreur et incapable de partir de sa ville natale Chatham en Nouvelle-Angleterre (sud-est de Boston). Tel était pourtant son plus ardent désir lorsqu'il fut un élève de Chatham School, institution dirigée de main de maître par son père si guindé et austère qu'il semble se (con)fondre parfaitement dans le tableau de cette province étriquée et puritaine et en cela méprisé secrètement par ce fils aux aspirations plus hautes. La brèche va s'ouvrir avec l'arrivée de deux nouveaux professeurs lors de cette rentrée scolaire de 1926 : Mlle Elizabeth Channing qui enseigne les arts plastiques capte de suite l'attention de Henry en lui insufflant un vent d'indépendance propice aux rêveries d'un ailleurs incarné par la mémoire de son père, écrivain voyageur qu'elle accompagna et dont elle fera lire à cet élève assidu le passionnant journal de ses pérégrinations dans le monde. Elle ne sera pas la seule à partager Milford Cottage bordé par le fameux étang : Leland Reed, professeur de lettres être lui-même épris de liberté, emménage un peu plus loin avec sa femme et leur petite fille Mary. Dès le début réside la savante maîtrise du romancier qui sait jouer avec les sauts dans le temps, doser notre attente et nos pressentiments, toujours entretenus et savamment dissipés au fur et à mesure de la narration. Le lecteur se trouve dès le départ mis en position de savoir qu'un drame de l'adultère s'est joué un an plus tard, grâce à la position de témoin privilégié de l'adolescent et aux dépositions d'un procès inculpant Mlle Channing, sans pour autant émousser le suspense (de quoi est-elle accusée ? qui sont les morts évoqués ?) qui s'est joué dans les profondeurs des souvenirs qui remontent progressivement à la surface de la mémoire d'un vieil homme qui n'a jamais pu connaître l'amour à cause des retentissements personnels cette «affaire de Chatham School». Happé par une vérité complexe qui gît au fond des eaux verdâtres de cet étang fatal, le lecteur endosse passionnément la peau d'un détective qui rouvrirait avec Henry les archives laissées en héritage par ce père qu'il avait si mal compris à l'époque. Le jugement moral sur les apparences, les préjugés sur les êtres et les évènements, les relations complexes père/fils (déjà présentes dans Les feuilles mortes), les illusions romantiques de l'enfance balayées par l'adulte devenu (on pense là à Seul le silence de R.J Ellory), les ambiguïtés de la vérité sont quelques unes des réussites majeures de ce roman noir et des thèmes chers de l'auteur hanté par la question du soupçon et par la réflexion autour de l'interprétation du mal. Qu'a donc vraiment vu Henry au Noir-Étang ce jour-là ?

Remarquablement construit comme une tragédie (5 actes d' une tension en crescendo jusqu'à la révélation vraiment finale), ce roman fait notamment penser à La lettre écarlate de Hawthorne («l'écharpe rouge de Mlle Channing flottant derrière elle comme un tissu couvert de sang» - page 347) tant l'atmosphère viciée de cette petite ville qui condamne à cette époque l'adultère jugé comme un crime aussi grave que le meurtre s'acharne contre les amants. Leur désir de fuite à bord d'un voilier que construit M. Reed avec l'aide de Henry rendrait ce roman terriblement et exclusivement romantique puisque l'amour fou se finit dans un «tourbillon de morts» : meurtres, suicides, folie. Le talent de Thomas H. Cook est alors d'insuffler à cette trame ultra classique et littéraire (Elizabeth est comparée à Mme Bovary et, avec Leland, au couple Catherine/Heathcliff des Hauts de Hurlevent de Emily Brontë) une ambiguïté propre au genre noir et qui ne sera levée qu'à condition que le lecteur soit très attentif aux dernières pages du roman. Là affleure très subtilement «une» vérité à peine dicible du «noir secret» qui engloutit tous les personnages, et avec eux le lecteur qui refermera le roman, fasciné.


Dans les années 1920, la vie tranquille d'une petite ville du Cap Cod se trouve bouleversée lorsque arrive la nouvelle professeur d'arts plastiques, que tout oppose à cette vie.
Les liens intimes qu'elle tisse avec un autre collègue marié provoque animosités et rancoeurs chez les habitants. Le narrateur, fils du directeur de l'école, délie petit à petit les fils d'une intrigue savamment orchestrée qui recèle de lourds secrets.
Dans une atmosphère oppressante, à l'image de ce lieu, où tout destin semble tracé, le narrateur réussira-t-il à faire la lumière sur cette histoire et sur son rôle réel dans ces évènements ?


Tout montrer, tout dévoiler en prenant soin de diriger le regard ailleurs. Concentrer l'attention pour mieux la détourner. Le prestidigitateur n'est jamais bien loin de l'habile conteur qui égrène son récit en un chapelet de personnages et de circonstances dont nous pensons tout savoir. Captivés par son histoire, nous en oublions parfois les ficelles du métier.
En cette année 1926, la petite bourgade de Chatham ressemble à tant d'autres villes de Nouvelle-Angleterre corsetées par un puritanisme liberticide et un ordre moral omniprésent. Ces mêmes valeurs que M. Griswald entend bien faire régner au sein de l'école dont il est le directeur et qui vient d'accueillir parmi ses enseignants un nouveau professeur d'arts plastiques en la personne de Mlle Channing. Après avoir parcouru le monde aux côtés d'un père écrivain-voyageur, la jeune femme cultivée, à l'esprit libre et affirmé, va bouleverser le quotidien étriqué de la ville côtière aux paysages martyrisés. Ainsi l'élève Henry Griswald, loin d'être en phase avec les préceptes paternels, va se sentir pousser des ailes au contact de son enseignante, aspirant désormais à vivre une tout autre vie. Celle qui ne vaut que d'être vécue au bord de la folie. Si le fantôme de Lord Byron plane sur ce texte, l'essentialisme d'un Walt Whitman oriente bien davantage la perception du jeune Henry sur l'idylle naissante entre Mlle Channing et son collègue, M. Reed, respectable époux et père de famille.
Délibérément classique dans sa dramaturgie, «Au lieu-dit Noir-Étang...» nous installe dans le confort victorien des amours contrariées - avec des personnages tout droit sortis d'un roman de Virginia Woolf - pour mieux nous surprendre au terme d»un suspense patiemment articulé tout au long des souvenirs d»Henry.
Et tandis que Thomas H. Cook achève de lever le voile sur les dernières zones d»ombre de cette tragédie amoureuse, nous mesurons la force et le talent des grands conteurs. Jamais bien loin du prestidigitateur.


1926, Nouvelle-Angleterre, l'école de garçons accueille un nouveau professeur : Melle Channing. Cette arrivée va bouleverser la vie paisible de cette petite bourgade. Passions, jalousies et coups-bas vont alors se déchainer jusqu'au paroxysme final. Thomas H. Cook multiplie avec talent les non-dits, nous dévoile l'intrigue par petites touches et fait de notre lecture une lecture compulsive.


  • Les présentations des éditeurs : 31/01/2012

Août 1926. Chatham, Nouvelle-Angleterre, à quelques encablures du cap Cod : son église, son port de pêche et son école de garçons, fondée par Arthur Griswald, qui la dirige avec droiture et vertu. L'arrivée de la belle Mlle Channing, venue d'Afrique pour enseigner les arts plastiques à Chatham School, paraît anodine en soi, mais un an plus tard, dans cette petite ville paisible, il y aura eu plusieurs morts. Henry, le fils adolescent de M Griswald, est vite fasciné par celle qui va lui enseigner le dessin et lui faire découvrir qu'il faut " vivre ses passions jusqu'au bout ".
Du coup, l'idéal de vie digne et conventionnelle que prône son père lui semble être un carcan. Henry assiste, complice muet et narrateur peu fiable, à la naissance d'un amour tragique entre Mlle Channing et M Reed, le professeur de lettres qui vit au bord du Noir-Etang avec sa femme et sa fille. Il voit en eux " deux figures romantiques, des versions modernes de Catherine et de Heathcliff ". Mais l'adultère est mal vu à l'époque, et après le drame qui entraine la chute de Chatham School, le lecteur ne peut que se demander, tout comme le procureur : " Que s'est-il réellement passé au Noir-Etang ce jour-là ? "

Né en 1947, Thomas Cook a été professeur d'histoire et secrétaire de rédaction au magazine Atlanta. Il vit à New York et au cap Cod. Avant d'être publié au Seuil, il a été traduit d'abord chez L'Archipel (2 titres) et Gallimard (8 titres en Série Noire). Un prestigieux Edgar Award a récompensé Au lieu-dit Noir-Etang en 1996 aux Etats-Unis, et Les Feuilles mortes (Folio policier) a reçu le Barry Award en 2006.



  • La revue de presse Alexandre Fillon - Lire, juin 2012

Que s'est-il ensuite vraiment passé au lieu-dit Noir-Etang où la mort est venue s'inviter ? Thomas H. Cook épate en jouant sur le mystère, un décor envoûtant et en inventant une héroïne inoubliable. Plus qu'un grand polar, Au lieu-dit Noir-Etang... est un grand roman tout court. De ceux que l'on garde dans sa bibliothèque et que l'on recommande chaudement


  • La revue de presse Bastien Bonnefous - Le Monde du 12 janvier 2012

Publié aux Etats-Unis en 1997 et couronné par un Edgar Award, ce roman gris est un hommage américain aux classiques anglais du XIXe siècle...
Grand nom de la littérature noire outre-Atlantique, cet ancien professeur d'histoire s'impose par son talent à dépeindre par touches subtiles les destins simples et forcément tragiques, comme les paysages changeants et tourmentés. De ces paysages où le ciel trop bleu ne peut qu'annoncer l'orage.


  • Les courts extraits de livres : 31/01/2012

Mon père avait une phrase préférée. Il l'avait empruntée à Milton, et aimait la citer aux garçons de Chatham School. Planté devant eux le jour de la rentrée des classes, les mains bien enfoncées dans les poches de son pantalon, il ménageait un silence, leur faisant face, l'air grave. «Prenez garde à vos actes, déclamait-il alors, car le mal contre lui-même se retourne.» Il ne pouvait imaginer à quel point la suite des événements le contredirait, ni à quel point j'en aurais éminemment conscience.
Parfois, en ces tristes journées d'hiver si fréquentes en Nouvelle-Angleterre où le vent malmène autant les arbres que les arbustes, où la pluie tambourine contre les toits et les vitres, je me sens de nouveau happé par l'univers de mon père, par ma jeunesse, par la petite ville qu'il aimait tant et où je vis toujours. Je regarde par la fenêtre de mon bureau et revois la grand-rue de Chatham telle qu'elle était alors : une poignée de petits commerces, un cortège fantomatique d'automobiles aux phares montés sur des pare-chocs inclinés. Dans mon esprit, les morts retrouvent la vie, reprennent leur enveloppe charnelle. Je vois Mme Albertson livrer son panier de palourdes au marché Kessler, M. Lawrence faire des embardées avec le scooter des neiges qu'il a construit de ses propres mains, des skis à l'avant, deux parties des chenilles d'un tank de la Première Guerre mondiale à l'arrière, le tout accroché au châssis cabossé d'un vieux roadster. En passant, il me fait signe, agitant sa main gantée dans l'air intemporel.
Me présentant une nouvelle fois sur le seuil de mon passé, je retrouve mes quinze ans, tous mes cheveux et une peau dépourvue de taches de vieillesse, le ciel loin de moi et l'enfer de mes préoccupations. Je pressens même que, par essence, la vie a du bon.


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