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Auteur : Hélène Pilichowski
Date de saisie : 26/07/2012
Genre : Politique
Editeur : Lattès, Paris, France
Prix : 15.00 €
ISBN : 978-2-7096-3945-3
GENCOD : 9782709639453
Sorti le : 25/01/2012
C'était l'homme providentiel, celui qui allait changer la République. En cinq ans, le chef de l'État est devenu la cible privilégiée des médias. Jamais la presse n'avait connu pareil revirement à l'égard d'une personnalité politique. Avant d'accéder à l'Élysée, Nicolas Sarkozy avait su séduire les journalistes par des liens de proximité inédits. Aujourd'hui, il est le président le plus malmené par le quatrième pouvoir.
Répertoriant et analysant attentivement les publications du quinquennat, dialoguant avec certains de leurs auteurs, Hélène Pilichowski porte un regard ironique plein d'acuité sur l'image désastreuse d'un président étrillé par les commentateurs : l'usurpateur, le bling-bling, le raciste, le flic, le voyou, l'inconstant... Avec brio, elle décrit les effets dévastateurs d'un dénigrement quasi général par l'élite bien-pensante.
Si Nicolas Sarkozy l'emporte de nouveau e 2012, ce sera malgré ce combat contre ceux qu croyait tenir.
Après avoir enseigné la philosophie, Hélène Pilichowsk est devenue journaliste. Longtemps grand reporter en charge de l'économie puis de la politique au Dauphiné libéré, elle intervient aujourd'hui sur la Chaîne parlementaire, LCI et France Info.
Nous nous sommes tant aimés... Mais était-ce vraiment de l'amour ? La journaliste Hélène Pilichowski qui couvre le monde politique depuis longtemps - correspondante à Paris pour le Dauphiné libéré, puis aujourd'hui sur LCI, France Info, et la chaîne parlementaire - explique qu'au début, entre la presse et Nicolas Sarkozy, c'était de l'amour. C'est-à-dire quand le futur président n'était encore que ministre, candidat iconoclaste, jeune espoir d'un vieux RPR...
La journaliste date la déception aux premiers jours de son élection : le Fouquet's des ultrariches, la balade sur le yacht de Bolloré. Comme dans tous les divorces, la responsabilité est partagée, il fait des erreurs, du Kärcher aux Roms en passant par «casse-toi, pauvre con !». Mais on sent que Pilichowski trouve exagérée, la «diabolisation» du personnage, pensant même qu'il pourrait séduire à nouveau cette presse volatile.
Les relations n'auront pas été simples. Entre Nicolas Sarkozy et la presse, l'histoire aura toujours balancé entre la fascination et la franche hostilité. Entre la volonté d'affronter le pouvoir et le désir de plier devant lui. Entre la nécessité de vendre des journaux et celle de respecter les nuances... Ce n'était donc pas une mince affaire que de recenser et d'analyser les flatteries et les avanies qui n'ont cessé de nourrir les relations entre le président et les médias, ces dix dernières années...
"Après l'adulation quasi collective, écrit-elle, ce fut la diabolisation générale." Mais elle fait aussi le constat qu'au fond jamais celui qui se targuait d'être le meilleur des communicants, celui que l'on soupçonnait d'un storytelling continuel, n'est parvenu à "tenir la presse". Et c'est, d'une certaine façon, la plus réconfortante des conclusions.
UNE FAUSSE CONNIVENCE
«Philippe, Bruno, Patrick...» et les autres. C'est la règle d'or de Nicolas. Depuis toujours il tutoie les journalistes auxquels il «parle» et les interpelle par leur prénom. Le «vous» trahirait de la distance. Ou de l'indifférence entre les interlocuteurs. Pire, il prorogerait l'usage de cette langue de bois dont l'étoile montante de la droite voulait se garder. Sa marque de fabrique, c'est le parler franc, premier signe de la rupture avec une tradition politique trop compassée. Ce qui impose à ses yeux le tutoiement. Que l'échange ait lieu dans une conférence de presse très convenue ou dans une rencontre plus informelle, Nicolas Sarkozy affiche sans complexe cette marque de proximité. Sans se soucier de savoir si elle est partagée. Flatté parfois, embarrassé souvent, par ce tu à toi proclamé en public, l'intéressé attend avec impatience que vienne le tour du suivant. Au moins il ne sera pas le seul à s'être ainsi laissé phagocyter, surtout par un leader estampillé à droite. Quand on est un journaliste politique de terrain, autrement dit de la base, on doit préserver son indépendance. Ne jamais laisser transparaître ses inclinations comme le font les éditorialistes accusés d'être commis avec les propriétaires, ou les dirigeants de journaux... On le doit a fortiori si vos idées ne sont pas du bon côté de l'échiquier, c'est-à-dire à gauche, autoproclamée depuis de longues années seule gardienne des valeurs intellectuelles et morales de notre société, et donc seule prometteuse de «papiers» honnêtes et de qualité... «Si les rédactions sont souvent séduites par la gauche, leurs patrons sont traditionnellement plus libéraux que socialistes», relève Raphaëlle Bacqué (Le Monde du 20 février 2007), fine exégète des moeurs du microcosme. Mais nonobstant leur appartenance, bien peu de chroniqueurs ont résisté au talent de communicant du jeune espoir du RPR assoiffé de reconnaissance. En dépit de son ancrage franchement à droite, Nicolas Sarkozy aura trouvé des «amis» de toutes tendances parmi le monde journalistique à la vitesse de Facebook, et bien avant internet ! Voir les yeux de Gilles Bresson, notre regretté et subtil confrère de Libération, pétiller quand il conversait avec lui et griffonnait aussitôt dans son carnet, en dit long sur cette relation très particulière nouée avec la presse. Une proximité, et une amitié, de près de trente ans qui remonte à sa première «prise» de taille, la mairie de Neuilly en 1983, et surtout à sa nomination comme porte-parole du gouvernement Balladur dix ans plus tard. Pas un journaliste de la presse écrite qui ne le courtise et qu'il ne courtise. Le ministre parle. Toujours attentif à la bonne compréhension de son message. Et rappelle sans tarder tous ceux - il possède une bonne soixantaine de numéros dans ses «favoris» - qui demandent un supplément d'«infos». Une exclusivité qui saura les valoriser. «Même les stars lui font la cour. Il n'en néglige aucune et cisèle un mot particulier pour chacun... Nicolas ne se révèle pas un simple ministre de la communication. Il est la communication», observe Nicolas Domenach dans une biographie avantageuse qui ne pouvait laisser présager - elle est publiée en 2004 - le combat futur que mènerait le directeur de la rédaction de Marianne contre le nouveau chef de l'État.
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