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.. Les hamacs de carton : une enquête du capitaine Anato en Amazonie française

Couverture du livre Les hamacs de carton : une enquête du capitaine Anato en Amazonie française

Auteur : Colin Niel

Date de saisie : 18/04/2012

Genre : Policiers

Editeur : Rouergue, Arles, France

Collection : Rouergue noir

Prix : 19.50 €

ISBN : 978-2-8126-0353-2

GENCOD : 9782812603532

Sorti le : 07/03/2012

En Guyane, sur la rive du Maroni, une femme et ses deux enfants sont retrouvés assassinés dans leurs hamacs.
Le capitaine Anato, guyanais de naissance, mais éduqué en métropole, s'enlise peu à peu dans une enquête qui touche aux souffrances et aux rites des tribus locales.
Une plongée dans les abysses amazoniens et un premier roman qui sonne comme une très bonne surprise.


  • Le courrier des auteurs : 26/04/2012

1) Qui êtes-vous ? !
Quelqu'un qui cherche justement à savoir qui il est.
À la réflexion, je pense que tous les personnages masculins des Hamacs de Carton portent une petite partie de ce que je suis. Un peu du capitaine Anato, du lieutenant Vacaresse, du lieutenant Girbal, mes trois gendarmes, et aussi un peu d'Olivier Degricourt. Quatre hommes qui ont un point commun : celui de rechercher sans cesse leur place dans le monde qui les entoure.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Au-delà des traditions noires-marrons qui sont omniprésentes, le véritable thème des Hamacs de Carton est pour moi l'incompréhension, la difficulté qu'ont les humains à se comprendre lorsque leur culture ou leur passé les éloignent. On retrouve cette idée chez le capitaine Anato qui peine à se mêler à sa propre famille, chez le lieutenant Vacaresse, condamné à mener son enquête dans un village noir-marron dont il ne maitrise aucun des codes, malgré l'opposition d'un chef coutumier, chez Thélia Apanga aussi. Et, plus généralement, domine dans le livre l'incapacité de l'État français à intégrer dans ses lois les spécificités et traditions des habitants du Maroni. C'est cette incompréhension permanente qui conduit à la tragédie, à la mort de la famille Apanga.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Je choisirais le passage où le capitaine Anato découvre les hamacs de carton, ces centaines dossiers qui peuplent les placards de l'administration : «Il imaginait tous ces étrangers, Surinamiens, Haïtiens, Brésiliens, Dominicains, suspendus dans leurs hamacs de carton, hibernant patiemment dans l'attente des papiers qui leur donneraient enfin une existence officielle sur le territoire français. Chacune de ces couchettes compressées contenait une vie, une histoire. Et l'espoir d'une régularisation.»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Sans hésitation une des musiques qui accompagnent les fêtes sur le fleuve Maroni, et notamment les cérémonies funéraires noires-marrons. Des musiques de l'ouest de la Guyane ou du Suriname : awassa, aléké, biggi pokoe. Ce sont des rythmes dansants, avec beaucoup de percussions et des danses très spécifiques.

Pour vous en faire une idée, allez jeter un oeil sur YouTube où on en trouve des beaux échantillons :
http ://www.youtube.com/watch ?v=cOmB6tT9bLo&feature=relmfu
http ://www.youtube.com/watch ?v=kcTiYEk854k
http ://www.youtube.com/watch ?v=PdBkumUWI1Q

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Mon amour pour la Guyane, un «pays» extraordinaire dont on parle trop peu, et souvent en mal. Tout particulièrement l'ambiance unique du fleuve Maroni, au petit matin, avec cette brume qui colle à la surface de l'eau et aux cimes des arbres, les bruits des moteurs des pirogues, et parfois le chant rauque des singes hurleurs. Si certains lecteurs ont une envie soudaine de découvrir cette Amazonie française par eux-mêmes, alors j'aurais gagné une partie du pari.


  • Les présentations des éditeurs : 26/04/2012

Sur la rive française du Maroni, en Guyane, une femme et ses deux enfants sont retrouvés sans vie. Comme endormis dans leurs hamacs. Inexplicablement. En charge de l'affaire, le capitaine Anato débarque dans un village où les coutumes des Noirs-Marrons comptent autant que les lois de la République. Et bien qu'il soit un «originaire», un Guyanais de naissance, le prisme de la métropole où il a grandi retient les secrets du fleuve et ses traditions. Tandis que l'on ordonne les rites funéraires et que le chef coutumier s'apprête à faire parler les défunts, l'enquête officielle entraîne le capitaine à la confluence des communautés guyanaises, loin, très loin du fleuve, là où les parias rêvent d'un meilleur destin. De Cayenne aux rives du Suriname, elle le conduira à un orpailleur en deuil, un repris de justice amoureux, une fonctionnaire intransigeante. Mais le ramènera aussi, dans un troublant ressac, aux questions lancinantes qui le hantent depuis le décès accidentel de ses parents et à la compréhension de ses propres frontières.

Ingénieur en environnement, spécialisé dans la préservation de la biodiversité, Colin Niel a travaillé en Guyane durant plusieurs années, au contact des populations du fleuve Maroni. Les Hamacs de carton, son premier roman, ouvre une série d'enquêtes menées par le capitaine Anato dans ce territoire français de l'Amazonie.


  • Les courts extraits de livres : 26/04/2012

Réveillé par l'averse qui malmenait le toit de la baraque, le petit Barnabé se retourna dans la toile humide de son hamac. Fichue saison des pluies ! À sa droite, ses soeurs dormaient encore profondément sous les moustiquaires. Le grand frère ronflait, ses pieds crevassés dépassant du tissu. Dans un coin de la pièce sombre, un pot en plastique récoltait les gouttes qui s'immisçaient par un trou dans la tôle. L'enfant attendait l'accalmie avec impatience. Comme chaque matin, un grain violent inondait le fleuve Maroni et le village, couvrant le cri lointain des signes hurleurs, retardant le départ des pirogues.
Puis, d'un coup, le bruit sourd cessa. Dehors, une poule tenta un gloussement timide. Un fragment de ciel bleu apparut entre les planches. Dans la chambre voisine, la mère soupira. Barnabé se redressa aussitôt, les cinq sens en éveil. Il bondit du hamac, enfila son slip et se jeta hors de la maison sur l'allée creusée de flaques.
- U Weki oo ! Debout tout le monde !
Il courut entre les constructions, bras écartés, imitant un moteur d'avion. Il dépassa le carbet des anciens, la prise d'eau, le manguier géant, le monument aux ancêtres, le plant de piments qui lui laissait un souvenir brûlant dans la bouche, passa devant la demeure bariolée de son oncle, fit fuir un coq d'un coup de pied.
- Tobie ! C'est moi le premier ! cria-t-il devant la baraque de son ami.
Et il s'élança à nouveau sur une centaine de mètres pour atteindre la berge du fleuve qu'il balaya du regard, un sourire triomphant aux lèvres. Personne ! Il était arrivé le premier, remportait encore une fois l'épreuve haut la main. Il sauta à pieds joints dans l'eau, les poings fermés en signe de victoire.
Barnabé gagnait chaque matin la course à la toilette. Il finissait toujours dans l'eau du fleuve avant sa mère qui suivait derrière, linge dans les bras. Avant ses deux soeurs, bassines de vaisselle calées sur la tête. Et, bien sûr, avant son frère qui rechignait à se plier au rituel matinal.
Il ne se priva pas de clamer sa prouesse, le doigt pointé vers les premières pirogues qui descendaient le Maroni.
- Champion du monde ! Champion du monde !
- Kaba ! Arrête ça ! lui ordonna sa mère à son arrivée. Champion des fous, oui ! Viens te laver.
Coupé net, Barnabé obtempéra. Il saisit le savon qu'elle lui tendait et s'enduisit le corps de mousse pendant qu'elle entamait la lessive familiale. Elle tordit le linge, le frappa d'une masse pour en évacuer la crasse. Ces enfants arrêteront-ils un jour de se rouler dans la boue ? pensa-t-elle en regardant s'écouler le liquide marron.
Ils furent rejoints par le reste du foyer, puis par les autres familles du village. Une brume fine stagnait à la surface du fleuve. Une fille ajusta son pagne pour ne pas le salir en se penchant pour frotter la vaisselle.
Barnabé, blanc de savon, grimpa sur une pirogue, la longea jusqu'au moteur et se jeta à l'eau dans un cri. Il nagea sur quelques mètres. Pas trop loin : le courant pouvait l'emporter, il connaissait la leçon par coeur. Sans compter les sirènes qui rôdaient dans le fond, prêtes à lui agripper la cheville pour l'attirer à elles et l'emmener dans leur monde. Une de ces légendes du fleuve auxquelles il croyait dur comme fer. Justin, le grand frère de Tobie, jurait en avoir aperçu une, un jour qu'il remontait le Maroni en pirogue avec son père. Assise sur un rocher, elle coiffait ses longs cheveux avec un peigne en or. Elle lui avait même fait un signe de la main. Il en savait des choses, Justin. Ils avaient de la chance lui et Tobie d'avoir un père orpailleur pour leur faire voir du pays. Barnabé, lui, ne quittait le village que pour se rendre à l'école à Apatou.


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