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Auteur : Maryse Dumas | Robert Guediguian
Date de saisie : 05/05/2012
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Arcane 17, Tarbes
Prix : 9.50 €
ISBN : 9782918721130
GENCOD : 9782918721130
Sorti le : 08/09/2011
Robert Guédiguian au micro de Jean Morzadec
Maryse Dumas est une syndicaliste connue du grand public depuis qu'elle a été l'une des figures de la loi sur les 35 heures. Robert Guédiguian est le cinéaste d'À l'attaque !, Marius et Jeannette et L'armée du crime. On sait l'un et l'autre volontaires et engagés.
Avec Parlons politique, ils décident de franchir le pas et d'évoquer le débat sur la transformation sociale, le PCF, la gauche et l'espoir de vrais changements... sans concession.
Stéphane Sahuc est rédacteur en chef adjoint de L'Humanité Dimanche.
Il est fréquent que l'on demande à des syndicalistes, intellectuels ou artistes de soutenir un candidat à la Présidentielle ; il est aussi commun d'interpeller tel ou telle organisation, acteur du mouvement social sur un programme politique. Il est rare que l'on considère que ce qui se passe du côté de la rue, des amphis ou d'un café philosophique, fait partie intégrante du paysage et de la perspective politique.
Mais pourtant que serait la gauche sans le mouvement contre la réforme des retraites, sans les luttes incessantes des «sans» et sans ces indignés qui d'Athènes à Madrid viennent réveiller ce que Zola appelait la conscience humaine ? Et je ne parle pas seulement d'un point de vue éthique et moral autrement dit, dans le but d'habiller proprement un projet dépourvu d'ambition transformatrice : non je fais sciemment référence à cet horizon qui a nourri des générations et reste cependant d'une brulante actualité à savoir, changer la vie, vraiment !
Arcane 17, maison d'Edition et d'Initiatives, a fait s'exprimer deux de ces personnes qui agissent et s'interrogent autant qu'elles manifestent : Maryse Dumas, la syndicaliste qui est l'une des figures emblématiques de la CGT depuis le débat sur les 35 heures et Robert Guédiguian, le cinéaste ayant à son actif Marius et Jeannette, Le promeneur du Champ-de-Mars, intellectuel et militant des sans-papiers.
Parlons politique, réalisé avec le concours de Stéphane Sahuc, journaliste à l'Humanité Dimanche, est le fruit de cette rencontre. C'est un dialogue, une réflexion croisée et fertile sans compromission envers les appareils politiques et les antichambres du pouvoir, dont il serait bien à propos que certains s'inspirent. Ce sont également des instantanés de cheminements personnels, d'anecdotes et de tranches de vie qui sonnent comme un vibrant hommage à l'engagement, souvent galvaudé au nom de je ne sais quel réalisme, alors qu'il est tout simplement l'un des plus beaux attributs de la gauche.
Nous sommes très heureux d'éditer ce livre et espérons que vous aurez autant de plaisir à le découvrir que nous avons eu à le réaliser.
Marie-Pierre Vieu Éditrice
1. Histoires d'engagements
C'est la première fois que vous participez tous les deux à un livre dont le sujet est la politique, la gauche et l'engagement. Qu'est-ce qui vous a décidé à accepter cette proposition ?
Maryse : écrire un livre m'a déjà été proposé à plusieurs reprises. J'ai accumulé pas mal d'expériences c'est vrai, mais pas au point d'écrire des mémoires, qui n'auraient pas grand intérêt. Quant à écrire sur des sujets sur lesquels j'ai beaucoup travaillé dans le militantisme, je peux le faire dans le cadre de la CGT. Je pense être plus lue au travers d'articles, de tracts, d'interventions, que si j'écrivais un livre. Voilà donc pourquoi je n'ai pas accepté les propositions précédentes.
Alors pourquoi j'accepte celle-là ? Parce qu'elle me sort de mon cadre. En dehors du mouvement syndical, on me présente comme «syndicaliste». Je reconnais que la formule est facile et qu'elle parle à tout le monde, mais elle me déplaît. Pour moi, le syndicalisme, ce n'est pas un métier, c'est un engagement. Je suis postière et militante syndicale. J'ai toujours le sentiment qu'en me présentant comme syndicaliste, on m'enferme dans une case. C'est donc là l'occasion de sortir de cette case.
J'apprécie aussi la forme «entretiens». Et ce qui m'a absolument séduite, c'est de le faire avec quelqu'un du monde de la culture, parce que là on sort complètement du cadre auquel je suis habituée. Ce qui me frappe dans le monde de la culture, c'est la capacité à dire très vite l'essentiel et la capacité à anticiper. Les cinéastes, les écrivains ou les artistes mettent souvent le doigt sur quelque chose qui va devenir décisif dans la société.
J'ajoute qu'avoir, au travers de ces entretiens, l'occasion de rencontrer et d'échanger avec Robert Guédiguian, c'était comme une cerise sur le gâteau.
Robert : il me semble qu'il y a tellement de choses à reconstruire et à repenser, j'allais dire «d'un point de vue révolutionnaire», qu'il faut aller chercher toutes les idées où elles sont. Et ces idées ne peuvent naître que des différentes confrontations. On est dans une période où je vois mal quelqu'un rester chez lui et à écrire Le Capital du XXIe siècle. Mais je crois qu'il faut quand même refabriquer quelque chose. Il faut fabriquer un intellectuel collectif. Cet intellectuel collectif, il faut aller le chercher chez tous les gens qui le souhaitent bien sûr, mais il faut aller le chercher dans tous les secteurs aussi, donc dans les syndicats. C'est vrai que quand on dit syndicats, je pense CGT. Parce que je suis né sur les quais, parce que mon père y travaillait et que dans mon quartier tout le monde était à la CGT. C'est donc quelque chose pour moi d'absolument évident, naturel. La CGT pour moi, c'est le syndicalisme révolutionnaire, de classes, etc. Et j'avoue que quand j'ai appris que c'était Maryse, j'ai été enchanté. J'ai toujours aimé son acharnement. Je me souviens l'avoir vu à la télé face à Gautier-Sauvagnac, l'ancien patron de l'Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM). Il y avait effectivement là une espèce de vision d'une classe contre une autre classe, du pot de terre contre le pot de fer, la mèche de ce monsieur et toute son allure, et Maryse face à ça, entraînait forcément pour moi comme une adhésion évidente à ce qu'elle disait.
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