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Auteur : Keith Haring
Préface : Shepard F Fairey | Robert Farris Thompson
Traducteur : Stéphanie Alkofer
Date de saisie : 18/06/2012
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Flammarion, Paris, France
Collection : Histoire et théorie de l'art
Prix : 26.00 €
ISBN : 9782081279421
GENCOD : 9782081279421
Sorti le : 05/05/2012
«Ce journal sera vraiment utile pour moi s'il peut donner un compte rendu relativement précis du travail que je fais et des raisons pour lesquelles je pense le faire.»
Keith Haring - 21 janvier 1979
Keith Haring est né le 4 mai 1958 à Reading, en Pennsylvanie. Enfant, il s'intéresse à l'art, aux illustrations et dessins animés de Docteur Seuss ou de Walt Disney. En 1978, il part pour New York et s'inscrit à la School of Visual Arts (SVA). Il s'essaie à l'art de la performance, à la vidéo, à l'installation et au collage, mais demeure fidèle à sa passion pour le dessin. Désireux d'atteindre un public plus large, il réalise des dessins à la craie blanche sur les panneaux publicitaires non utilisés du métro new-yorkais. Enthousiasmé par ce nouveau médium, Haring produit des centaines de dessins de ce type entre 1980 et 1985, parfois jusqu'à quarante en une seule journée. Reconnu internationalement, il expose aussi ses oeuvres dans des galeries et ouvre, en avril 1986, le Pop Shop de SoHo, qui vend T-shirts, affiches et accessoires, tous ornés de ses célèbres dessins. Entre 1982 et 1989, il réalise plus de cinquante oeuvres d'art public dans le monde entier, souvent au profit d'associations caritatives, d'hôpitaux, de crèches et d'orphelinats. Keith Haring meurt de complications dues au SIDA le 16 février 1990. Il avait trente et un ans.
De l'âge de 19 ans jusqu'à sa mort, Keith Haring a consigné dans ses carnets ses réflexions sur son travail, son succès commercial, ses rencontres, sa sexualité, ses lectures, et sur ses contemporains. Un document unique et inédit sur cette icône du Pop Art.
Une autobiographie sans détour, sans fard, où l'artiste militant aux binocles ronds - qui dessinait de drôles de bonhommes colorés facilement identifiables - consignait ses réflexions sur l'art, son travail, son succès commercial, ses amours, son homosexualité, son quotidien, puis sur la maladie qui va l'emporter comme beaucoup de ses proches. Au fil des pages, agrémentées de dessins et de photos, il évoque ses influences : Alechinsky, Pollock, Dubuffet. Et son maître, son mentor, Andy Warhol «qui a permis l'existence de [son] art».
Extrait de l'introduction
Même si Keith Haring est mort deux ans seulement après mes débuts dans le Street Art, son art et sa pratique avaient déjà eu un profond impact sur moi. Haring a prouvé que l'on pouvait créer un art urbain bien différent des graffitis fondés sur l'écriture que l'on voyait le plus souvent dans la rue. Il m'a aussi montré que les mêmes artistes pouvaient non seulement étonner les passants dans la rue, mais aussi placer leur art sur des T-shirts et des couvertures de disque, tout en parvenant à gagner le respect en tant qu'artistes et à faire exposer et vendre leurs oeuvres. C'est inspiré par son exemple que j'ai mené ma carrière d'artiste, en demeurant confiant en la réalisation de mes objectifs.
Tous ceux qui connaissent la carrière de Keith Haring savent que c'était un artiste prolifique, au style distinctif, à la fois raffiné et primitif, réfléchi et pourtant lyrique et énergique. De toute évidence, il aspirait à créer un art pur et intègre, tout en cherchant à le rendre accessible au plus grand nombre. Il était aussi connu pour les engagements très personnels, dont il chargeait son art, en défenseur convaincu de la justice sociale et avocat des liens unissant tout le genre humain. Les différents mondes que Keith Haring est parvenu à rapprocher et les barrières qu'il a tenté de détruire ont été décrits en détail par les critiques d'art.
Mais c'est une chose de voir l'oeuvre d'un artiste et de lire des analyses critiques à son sujet ; c'en est une autre d'entendre les propres pensées de l'artiste, ses idées, ses espoirs, ses peurs, ses interrogations et sa philosophie la plus profonde exprimés en ses propres termes. Le Haring que l'on perçoit à travers le prisme de la renommée n'a rien à voir avec celui qui révèle ses pensées dans son journal, celui dont on suit l'évolution en tant qu'artiste et être humain, l'ascension vers le succès et la découverte de son infection par le VIH.
L'une des nombreuses leçons que Haring nous fait partager dans son journal concerne la manière dont la renommée transforme la perception des gens. En 1986, il écrit : «On me demande toujours en quoi le "succès" m'a changé. Je réponds toujours que le succès a changé les réactions des gens et leur comportement vis-à-vis de moi, et que ce changement m'a affecté, mais qu'il ne m'a pas réellement changé. Je suis le même à l'intérieur qu'il y a dix ans.» La lecture du journal de Keith Haring permet d'aller au-delà des évaluations détachées des spécialistes d'histoire de l'art et de suivre le processus d'auto-description et de catharsis de l'artiste, engagé dans la construction de son identité et de sa philosophie.
Il faut souligner l'étonnante maturité et sophistication de la vision du monde élaborée par Keith Haring à un très jeune âge. En arrivant à la School of Visual Arts de New York, en 1978, à seulement vingt ans, Haring commence à consigner ses conceptions de l'art et de la vie. La volonté de créer un art ouvert au plus grand nombre se manifeste très tôt, pour prendre ensuite de multiples formes. Des idées comme «Le public a droit à l'art» et «L'art est pour tout le monde» s'expriment dès cette époque dans son journal et demeurent inchangées tout au long de sa carrière.
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