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Auteur : Robert Goolrick
Traducteur : Marie de Prémonville
Date de saisie : 29/11/2012
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Anne Carrière, Paris, France
Prix : 21.50 €
ISBN : 9782843376818
GENCOD : 9782843376818
Sorti le : 23/08/2012
Fin des années 50, États-Unis, une petite bourgade perdue dans la campagne. Arrive Charlie Beale, jeune homme dont on ne sait rien, excepté qu'il a pour tout bagage : ses outils de boucher, sa camionnette, et une valise pleine d'argent.
Il semble enfin avoir trouvé l'endroit qu'il cherche, une place pour lui dans ce monde, et il s'y sent bien. Il s'installe alors dans cette bourgade, dans la vie de ses habitants, dans leur coeur aussi... jusqu'à ce qu'il rentre l'Amour avec un grand A, une passion dévorante pour la plus belle femme qu'il ait jamais rencontrée...
Tout en finesse, en tendresse, Goolrick nous offre ces personnages comme autant de cadeaux, avec leurs faiblesses et leurs forces, leurs qualités et leurs petits défauts... avec précision, il nous conte la fin inévitable de la passion qui consume ses héros, et l'impact que cela peut avoir sur le reste du monde... Avec poésie, délicatesse et amour, il nous livre cette histoire comme un présent.
Browsburg, 1948.
Un homme arrive en ville, fait le tour et achète un bout de terrain qu'il paye cash, en billets. S'y installe. Quelques jours passent puis il va proposer son aide au boucher de la ville. Le boucher Will l'invite chez lui afin qu'il rencontre sa femme Alma. Dès le départ Charlie Beal va s'attacher à leur enfant Sam, 6 ans. Une complicité va naître entre eux, une amitié à toute épreuve.
C'est en travaillant à la boucherie qu'il va rencontrer l'amour de sa vie. Sylvan Glass est belle et parle comme une actrice de cinéma.
Elle fait faire ses robes chez la couturière du coin, Claudie, une noire qui vit retranchée et cache sa fille mais qui est de plus en plus demandée par les femmes de la ville, blanches ou noires.
L'attirance entre Sylvan et Charlie est immédiate, passionnelle. Mais elle est mariée, et pas à n'importe qui, à Boaty Glass, le propriétaire le plus riche de la ville, qui l'a achetée à ses parents.
Arrive un vagabond est un livre sur une petite ville de province, avec ses secrets, ses aléas, ses villageois, ses rires et ses drames. Des moments amusants, des moments tragiques, un miracle et une histoire d'amour impossible. Tous les ingrédients y sont pour faire un bon livre.
C'est au cours de l'été 1948 que Charlie Beale arriva à Brownsburg. Il était chargé de deux valises - l'une contenait quelques affaires et des couteaux de boucher, l'autre une importante somme d'argent.
Charlie y tomba deux fois amoureux. D'abord, il s'éprit de cette ville paisible de Virginie dont les habitants semblaient vivre dignement, dans la crainte supportable d'un Dieu qu'ils avaient toutes les raisons de trouver plutôt bienveillant à leur égard. Une preuve parmi d'autres : il n'y avait encore jamais eu de crime à Brownsburg.
La deuxième fois que Charlie tomba amoureux fut le jour où il rencontra Sylvan Glass.
Après Féroces et Une femme simple et honnête, Robert Goolrick nous offre, avec Arrive un vagabond, une plongée sensuelle et enivrante au coeur de la passion. Il y dépeint les membres d'une communauté face à une tragédie en marche. Des hommes et des femmes simples, qui se retrouvent partagés entre la terreur de ce qu'il va advenir de leur fils préféré et la fascination devant les événements qui écriront le souvenir de leur passage sur terre dans la poussière des siècles.
La situation est classique, et irrésistible : Arrive un vagabond. Le vagabond, chez Robert Goolrick (ancien publicitaire venu tard à l'écriture), est sans passé, mais pas sans ressources. Il arrive au volant de son pick-up, il s'appelle Charlie et possède deux valises. Dans l'une, il y a de l'argent. Dans l'autre, des couteaux de boucher. Il taillera les meilleurs steaks du bourg quand il trouvera à s'employer. Ces dames, blanches et noires, seront ravies, désormais on mangera de la viande plus souvent à Brownsburg...
Nul doute que l'étranger soit celui par qui le mal arrive. Mais pas comme on croit...
Le paradis et l'enfer coexistent ici bas ? «L'enjeu principal, précise l'auteur, c'est l'enfance, l'innocence perdue, brisée par quelqu'un que vous aimez profondément et qui vous aime.»
Dans une petite ville du sud des Etats-Unis, un adultère tourne au drame absolu...
Peu à peu, le drame sourd, monte en puissance, et Robert Goolrick l'orchestre avec une maestria digne des meilleures tragédies grecques...
On retrouve dans ce troisième roman éblouissant de l'écrivain américain l'emphase et la sensualité d'Une femme simple et honnête, mais aussi l'implacable description de ce sud des Etats-Unis dans les années 1950 au coeur de Féroces. On y retrouve surtout le thème de l'enfance comme "l'endroit le plus dangereux qui soit", dont personne ne sort indemne.
Beau roman autour d'une passion et de la manière dont elle peut pousser des êtres bons à tout saccager autour d'eux, Arrive un vagabond a moins à voir avec le " conte " annoncé qu'avec une tragédie classique. Son exécution limpide rappelle les chansons de country qui racontent des histoires déchirantes.
Tout souvenir est une fiction, gardez bien ça à l'esprit. Bien sûr, il y a des événements dont on est certain qu'ils ont eu lieu, sur lesquels on peut sans hésiter mettre une date et une heure, à la minute près, mais si on y réfléchit, cela concerne surtout ce qui arrive aux autres.
Ce que je m'apprête à vous raconter s'est bel et bien produit - et, à peu de chose près, de la manière dont je vais le décrire. C'est une histoire vraie, du moins a-t-elle la vérité que lui ont laissée soixante années passées à se la remémorer et à la répéter. Le temps modifie nos perceptions, et parfois la confusion s'en mêle. On pourra se rappeler un détail avec une précision implacable - le temps qu'il faisait, ou bien le reflet que le soleil glissant entre les pins noirs faisait miroiter à la surface ondoyante de la rivière, des broutilles même pas reliés à un événement en particulier - alors que d'autres faits, parfois majeurs, nous reviendront de manière complètement décousue, sans forme visuelle ou sonore. Les détails ont finalement plus de réalité que certains événements importants.
Aujourd'hui encore, les gens me posent des questions sur ces événements et sur leurs causes. Comme si je le savais, après tout ce temps. Car toute cette affaire date de plusieurs décennies, et il n'en reste que les on-dit, et le mythe - je ne sais pas comment l'appeler autrement. Je ne suis plus jeune, et je ne peux pas toujours faire la différence entre ce qui appartient réellement à mes souvenirs et ce que d'autres m'ont raconté. On me parle de choses que j'ai faites, que pour la plupart je ne me rappelle pas, et pourtant il n'y a pas que des menteurs par ici. Alors je persiste à les croire, jusqu'à finir par me rappeler vraiment les choses telles qu'ils me les décrivent.
Mais, tard le soir, il m'arrive encore de m'interroger sur tout ça, sur le cours qu'ont suivi des choses et la vie que j'ai menée. Je tourne et retourne inlassablement ces mêmes questions que les gens m'ont posées, ceux qui n'en ont entendu parler que par ouï-dire, qui n'étaient pas sur les lieux quand c'est arrivé. Que s'est-il passé, et pourquoi ?
Est-ce que tout ça m'a atteint ? Voilà ce qu'ils veulent savoir. Est-ce que j'ai été meurtri d'une manière ou d'une autre ? Je réponds non, systématiquement. Je ne crois pas avoir été abîmé. Mais changé, oui, profondément et à tout jamais, et j'en vois un peu plus chaque jour les retombées. De toute manière, il est trop tard pour faire machine arrière, pour ôter de l'eau le rocher qui a modifié le cours de la rivière.
Voici comment a commencé toute cette histoire. C'était ici même, il y a plus de soixante ans.
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