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.. La Capitana

Couverture du livre La Capitana

Auteur : Elsa Osorio

Date de saisie : 31/08/2012

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Métailié, Paris, France

Collection : Bibliothèque hispano-américaine

Prix : 20.00 €

ISBN : 9782864248767

GENCOD : 9782864248767

Sorti le : 23/08/2012

«La Capitana» narre la vie exceptionnelle et romanesque de Micaela Feldman de Etchebéhère, de la Patagonie à Paris et Berlin, en passant par la guerre d'Espagne, remarquable destin, vie aventureuse et amoureuse hors du commun. Mais également vie engagée, avec son compagnon, cette femme a toujours été aux côtés de ceux qui souffraient et luttaient, il y a chez elle une dimension humaine singulière, tous les hommes, ici et ailleurs, doivent être libres et elle ne cessera avec son mari de se battre physiquement et intellectuellement pour. A Paris dans les mouvements intellectuels des années 30, à Berlin auprès des ouvriers allemands, puis enfin, chassés par le nazisme, ils rejoindront la lutte contre Franco et les milices du Poum. Sans expérience militaire, elle prendra pourtant la tête d'une milice, les hommes aguerris l'admirent, la respectent et lui accordent leur confiance sans aucune retenue. Mais ce récit est aussi celui d'un couple, qui se construit au gré des luttes, des idées et convictions partagées et défendues, des rencontres fortuites. Roman historique, roman d'aventures, portrait d'une femme exceptionnelle libre, amoureuse et engagée qui a constamment cru en un monde meilleur et juste et d'une vie militante désintéressée, ce texte émouvant vous plonge au coeur de l'histoire tumultueuse du XXème.


  • Les présentations des éditeurs : 26/10/2012

Il y a des vies qui sont des romans qu'aucun romancier n'ose-I rait écrire par crainte d'être taxé d'invraisemblance.
Mika, Micaela Feldman de Etchebéhère, a réellement vécu en Patagonie, à Paris, à Berlin, en Espagne, elle a tenu toute sa vie des carnets. À partir de ces notes, des rencontres avec ceux qui l'ont connue, des recoupements de l'Histoire, Elsa Osorio transforme ce qui pourrait n'être qu'une biographie en littérature.
Mika a lutté pour l'égalité, la justice et la liberté. À Paris, elle a participé, avec son mari, au mouvement intellectuel dans les années 30. Puis ils sont allés vivre à Berlin dont les ont chassés le nazisme et les manipulations du mouvement ouvrier par le stalinisme. Enfin ils ont rejoint les milices du POUM dans la guerre civile en Espagne.
Dans des circonstances dramatiques, elle, qui ne sait rien des armes et des stratégies militaires, se retrouve à la tête d'une milice. Son charisme, son intelligence des autres, sa capacité à prendre les décisions la rendent indispensable et ce sont les miliciens eux-mêmes qui la nomment capitaine. Poursuivie par les fascistes, persécutée par les staliniens, emprisonnée, elle sera sauvée par les hommes qu'elle a commandés. Elle a fini sa vie d'inlassable militante à Paris en 1992. Elsa Osorio, portée par ce personnage hors du commun, écrit un roman d'amour passionné et une quête intellectuelle exigeante en mettant en oeuvre tout son savoir-faire et son talent littéraire pour combler les trous de l'Histoire.

Elsa Osorio est née à Buenos Aires en 1952 où elle vit actuellement. Elle est l'auteur de Luz ou le temps sauvage, Tango et Sept nuits d'insomnie, tous publiés aux Éditions Métailié. Ses romans sont traduits en 18 langues.


  • Les courts extraits de livres : 26/10/2012

Siguenza, septembre 1936

Personne ne le lui a demandé, personne n'y aurait songé ; pourtant Mika est là, dans la nuit noire, elle monte la garde sur la colline, comme d'autres dans la campagne et aux abords de la ville de Siguenza.
Elle frémit en distinguant les positions de l'ennemi, de plus en plus proches. Les fascistes eux aussi entassent des pierres, mais derrière ils alignent de puissantes mitrailleuses. Et eux, de quoi disposent-ils ? Une poignée de fusils, quelques canons, de la poudre et de la dynamite.
Le haut commandement a ordonné de résister le plus longtemps possible pour bloquer les troupes rebelles et les empêcher d'entrer dans Madrid. Mika doute qu'on leur dépêche des renforts, comme cela a été promis. On les a envoyés dans ce trou maudit, le pire endroit du front. Elle pense que c'est un combat perdu d'avance, pourtant, cet après-midi, quand elle a senti que le découragement gagnait les miliciens, elle leur a lancé :
- Si nous quittons Siguenza maintenant, on dira que nous avons eu peur. Les miliciens du POUM ne sont pas des lâches !
Un mot efficace. Lâches, eux ? Non, ils ont des couilles, ils résisteront. Mais comment ? Que pourront-ils faire armés de leur seule volonté et de leur passion révolutionnaire, si forte soit-elle, contre les avions des fascistes, contre des soldats mieux équipés et entraînés pour la guerre ?
Il faut qu'elle parle au commandant, exiger de lui qu'il ordonne l'évacuation de la ville, ou qu'il trouve de toute urgence des renforts pour la défendre. Mika, exigeant quelque chose d'un commandant de l'armée, d'un soldat de métier, elle qui ignore tout de la chose militaire ?
Oui, parce que ce n'est plus seulement un problème d'abri ou de nourriture, comme avant ; elle se sent aussi responsable du sort de ses miliciens.
Mes miliciens ? se surprend-elle à penser. Combien de temps a passé depuis son malaise des premiers jours devant ces combattants qui ressemblaient si peu aux militants internationalistes auxquels Mika était habituée ? Deux, trois mois ? Trois siècles. En période de guerre, le temps se compte autrement.
Ce fut cette nuit-là sur la colline ? Quel jour, quelle action, quelle bataille t'a promue capitaine, Mika ?
Quand tu as exigé de l'émissaire fasciste un texte signé avec les conditions de la reddition ? Tu as appris par lui qu'ils te considéraient comme une femme dangereuse, une commandante des rouges.
Quand ta colonne a été honorée par l'Internationale pour son comportement dans la bataille de Moncloa ? Quand la bombe t'a enterrée et que tu as quand même réussi à survivre ? Quand tu as trouvé, à Pineda de Humera, la force de résister quatorze heures durant aux attaques ? Tu avais déjà les galons sur ta capote quand tu donnais aux hommes le sirop pour la toux dans les tranchées, au milieu du sifflement des balles.
Et même avant, qu'est-ce qui t'a poussée à te battre en Espagne, si loin de là où tu es née, à te donner si entièrement à cette guerre, à tellement embrasser sa cause que les miliciens eux-mêmes t'ont nommée capitaine ?


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