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Auteur : Chad Harbach
Traducteur : Dominique Defert
Date de saisie : 04/09/2012
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Lattès, Paris, France
Prix : 22.50 €
ISBN : 978-2-7096-3668-1
GENCOD : 9782709636681
Sorti le : 30/05/2012
Plantons le décor : Westish College, Wisconsin ; son équipe de baseball, les Harponneurs. Henry, Mike, Owen, joueurs de cette même équipe ; Guert et Pella Affenlight, respectivement président du collège et sa fille, liés de diverses façons à ces joueurs.
Henry est un jeune prodige. Au fur et à mesure des matches, un avenir brillant semble lui être destiné.
Et puis un jour... ça dérape.
Et vous voilà pris dans une sorte de jeu de domino, ou une spirale infernale, au choix ? On hésitera tout au long de la lecture de ce roman à le définir comme une série de portraits, un roman sportif, «de campus» ou simplement un roman typiquement américain.
Au final, peu importe car ce roman est les trois à la fois. Le lecteur fait connaissance avec des personnages forts, ambigus, imparfaits, obstinés, déprimés, délicats, mais tous attachants... Au point que l'on se sent impuissant à assister à la chute de Henry, à l'onde de choc qui touchera ses proches puis les proches des proches. On aimerait pouvoir leur épargner tout cela et puis quel soulagement quand, enfin, l'air redevient (un peu) respirable.
Dans le même temps, le lecteur vit dans ce collège, se retrouve plongé dans son rythme, ses tensions, ses petites histoires, sa routine et certainement dans cette période étrange de la vie où tout bouge très vite. Il y a cette atmosphère particulière que l'on a pu voir dans certains films ou lire dans certains romans (on pensera inévitablement aux Revenants de Laura Kasischke : http ://librairiedutheatre.blogspot.fr/2011/09/les-revenants-laura-kasischke-christian.html).
Enfin ce roman est parsemé de références littéraires, philosophiques et culturelles. Guert, Owen, Pella vivent pour et par cette culture, celle de Thoreau, Whitman, Melville... Le campus, le baseball, l'importance du sport pour les étudiants américains, la «Nature» du Wisconsin... Ce roman est aussi, même s'il ne s'agit certainement pas de son but premier, une fenêtre sur une parcelle de ce qui fait les États-Unis, ce qui en fait (aussi) sa richesse.
Voilà. A la fin, on ne comprend pas forcément mieux le baseball ou le système éducatif américain, mais on a vécu les matches avec une réelle passion, on a envie de relire Moby Dick ou Henry Thoreau, on ressent encore de la tendresse pour ces personnages finalement si proches de nous...
Henry est un jeune prodige du base-ball. Malgré son physique frêle, il n'a jamais raté une balle. Il est repéré par Schwartz, capitaine de l'équipe de Westich College. Il va lui faire intégrer cet établissement et devenir son mentor. Vient alors l'ascension fulgurante d'Henry qui devient une légende jusqu'au jour où il rate une balle et où son destin, celui de Schwartz et de trois autres personnages vont basculer... Owen, son compagnon de chambrée, éphèbe homosexuel surdoué, Guert le président du «College» et homme à femmes, et sa fille Pella qui fuit un mariage précoce sont autant de personnages qui nous font découvrir le milieu américain du sport universitaire.
On suit leur amitié, leurs doutes, leurs réussites et leurs échecs. Le Base-ball, personnage à part entière du livre devient une métaphore de leur vie. Ce premier roman est très abouti (Chad Harbach a mis dix ans pour l'écrire), et les personnages très complexes et attachants.
Une grande réussite ! !
La jeunesse étudiante ? Sous des dehors classiques et très américains, qui sont Henry, Mike, Pella ou Owen ? Que cachent-ils ? Un vrai roman fleuve où l'on suit avec beaucoup de plaisir, un brin de nostalgie et une touche d'émotion ces personnages taillées pour nous emmener loin loin loin ! Dans la veine des bon John Irving.
«Des premiers romans aussi aboutis et envoûtants sont des perles rares.»
Jonathan Franzen
«Ce livre a tout de suite trouvé sa place au panthéon des classiques.»
The New York Times
Au Westish College, petite université sur les rives du lac Michigan, Henry Skrimshander est devenu une véritable star du baseball : il conclut tous ses matches par un sans-faute. Jusqu'au jour où il rate un lancer facile. Son destin ainsi que celui de quatre personnes vont alors prendre un tour décisif.
Déstabilisé, Henry remet en cause la brillante carrière à laquelle il est promis. Guert Affinlight, le président de l'université, tombe malgré lui éperdument amoureux. Owen Dunne, coéquipier et meilleur ami d Henry, se lance dans une liaison dangereuse, tandis que Mike Schwartz, capitaine de l'équipe de baseball, se met à douter de son propre avenir et de son rôle auprès d'Henry. Enfin, Pella, la fille de Guert revient à Westish pour échapper à un mariage malheureux et commencer une nouvelle vie.
Alors que les derniers matches de la saison approchent, ces cinq personnages vont être confrontés a leurs espoirs les plus profonds ainsi qu'à leurs angoisses et secrets les plus intimes.
Chad Harbach a grandi dans le Wisconsin. Après des études à Harvard, il a cofondé n+1, une revue littéraire dont il est actuellement le rédacteur en chef. L'Art du jeu, son premier roman, est devenu immédiatement un best-seller, traduit dans dix-huit pays et en cours d'adaptation par HBO.
Après le dollar et la famille, le base-ball est le troisième emblème de l'Amérique, une véritable religion qui engendre des histoires et des légendes, une culture et une morale. De quoi titiller les romanciers qui, de Robert Coover à Bernard Malamud, de Stephen King à Don DeLillo, ont fourbi leurs battes pour dévoiler les mystères de ce sport qui incarne l'âme de leur patrie. Natif du Wisconsin -le berceau du base-ball-, Chad Harbach, 36 ans, leur a emboîté le pas en signant cet Art du jeu, un premier roman qui fut l'une des révélations de l'année 2011 aux Etats-Unis.
Cet Américain a bâti autour du base-ball un premier roman d'un classicisme roué sur l'identité virile. Captivant...
L'allusion au base-ball vous inquiète ? La maîtrise des règles de ce sport n'est pas plus nécessaire pour être emporté par L'Art du jeu que ne l'est la connaissance des cétacés et des moyens de les pêcher pour être harponné par Moby Dick, d'Herman Melville, l'une de ses références - Guert est un spécialiste de cette oeuvre et son université fait de l'écrivain sa " mascotte " officielle... Dans L'Art du jeu, le Westich College remplace le bateau le Pequod ; Henry n'est pas sans évoquer le marin Ismaël ; Mike, avec son objectif fou de faire triompher son équipe, le capitaine Achab et sa traque de la baleine blanche. Et puis les joueurs se désignent eux-mêmes comme " les Harponneurs "...
Ajoutons à cela qu'il rappelle sans doute aux écrivains leur propre art. Chad Harbach écrit ainsi, à propos du base-ball : " Les moments d'inspiration n'étaient rien, comparés à l'éradication des erreurs. " Lui-même a passé dix années à reprendre sans relâche ce premier roman - parallèlement à son travail bénévole pour la revue littéraire n + 1 - avant qu'il ne soit acheté 650 000 dollars par un éditeur et ne devienne l'événement littéraire de 2011 aux Etats-Unis. Cette masse de travail, perceptible si l'on décortique les subtilités, effets de construction et strates du livre, est tout au service de la grâce remarquable de L'Art du jeu, comme né d'un seul geste romanesque parfait. C'est, paraît-il, le propre des grands lanceurs.
Rassurons d'emblée le lecteur français pour qui les règles du base-ball paraissent aussi indéchiffrables qu'un hiéroglyphe : on peut se passionner pour L'art du jeu sans avoir jamais posé les pieds sur une troisième base, comme on peut apprécier Moby Dick sans maîtriser les subtilités de la pêche à la baleine...
L'art du jeu est une fiction nostalgique ancrée dans la tradition américaine, un beau roman métaphorique qui démontre que le sport comme la littérature ont toujours le pouvoir de "révéler quelque chose d'authentique et d'essentiel sur la condition humaine". Un de ces livres précieux qui transportent dans un monde plus innocent, généreux, drôle et intelligent. On le referme avec une mission urgente : y amener ses amis.
Tout palpite et file à la vitesse de l'éclair sous la plume de Harbach. Les vies sont résumées en toute célérité, avec quelques fenêtres ouvertes sur des séances de rattrapage offertes aux héros pour embellir leurs existences ratées : retour aux sources d'une donzelle écrasée par un homme plus âgé qu'elle, tentation homosexuelle d'un père de famille. Trépidant, survolté, ce premier roman tremble pourtant en sourdine. Plus que ses effets de manche, c'est sa fragilité cachée qui en fait le prix.
Il faut avoir un certain courage, quand on est un jeune auteur inconnu, pour vouloir écrire un livre sur le base-ball aux Etats-Unis. Depuis Bernard Malamud et son classique The Natural, qui montrait à quel point ce sport ne serait rien sans l'Amérique et vice versa, beaucoup ont essayé sans qu'on ait même envie de retenir leur nom. Mais celui de Chad Harbach risque de s'inscrire pour quelque temps dans le cercle très fermé de ces nouveaux auteurs américains qui comptent. En un coup d'essai, un premier roman baptisé l'Art du jeu (The Art of Fielding en anglais), Harbach s'est attiré les louanges des plus grands, de Jonathan Franzen à John Irving...
Car le secret de Chad Harbach, c'est bien celui-là. Faire du base-ball une toile de fond idéale pour narrer les petites et les grandes choses de la vie. Pas besoin de jouer de la batte ou même de comprendre les règles subtiles d'un sport immensément cérébral - contrairement à ce que l'amateur non avisé pourrait penser - pour se plonger à corps perdu dans l'Art du jeu...
Aujourd'hui, Chad Harbach se trouve donc à essayer de gérer un succès qui n'en finit plus. Mais il le fait de manière paisible et tranquille, s'imposant comme le dernier en date d'une longue lignée de chroniqueurs de l'Amérique. Ceux-là même qui puisent leur inspiration dans les détails les plus intimes qui façonnent l'existence.
Schwartz ne fît pas attention au gamin pendant le match. Comme tout le monde, il nota simplement quelques évidences : un joueur de petite taille - le plus petit sur le terrain -, un nouvel arrêt-court sous-vitaminé, rapide mais manquant cruellement de puissance à la batte. Ce n'est qu'après la partie, lorsque le gosse revint sur le terrain écrasé de soleil pour s'entraîner à capter des balles roulantes, que Schwartz allait remarquer la grâce avec laquelle Henry accomplissait tous ses gestes.
C'était le deuxième dimanche d'août ; Schwartz allait bientôt rentrer en deuxième année au Westish College, une petite université au coeur du Wisconsin, berceau du baseball. Il avait passé l'été à Chicago, sa ville natale, et son équipe de l'American Légion, la ligue amateur, venait de battre une bande de fermiers du Dakota du Sud en demi-finale d'un obscur tournoi. Les quelques dizaines de spectateurs perdus sur les gradins applaudirent mollement lors du dernier retrait. Schwartz, qui avait souffert de la chaleur toute la journée, jeta son casque de receveur et avança d'un pas titubant vers l'abri. Étourdi, il se laissa tomber au sol, soulageant ses reins endoloris sur les mailles de la clôture. C'était la fin de l'après-midi, mais le soleil demeurait ardent. Il avait fait cinq matches depuis le vendredi soir, cuisant comme un rôti en papillote dans son plastron noir.
Ses coéquipiers lancèrent leurs gants dans l'abri et se dirigèrent vers la buvette. La finale commençait dans une demi-heure. Schwartz détestait se voir aussi faible, au bord de l'évanouissement. Mais qu'y pouvait-il ? Tout l'été, il s'était entraîné - haltères le matin, dix heures de travail à la fonderie, et baseball le soir. Et il y avait cette canicule infernale. Il aurait dû déclarer forfait pour ce tournoi - demain, dès l'aube, il y avait entraînement de football à Westish, une épreuve autrement plus douloureuse... Combien de sprints, avec tout l'attirail au complet, le coach allait-il leur imposer ? Il devrait être en train de dormir à l'heure qu'il était, à ménager ses genoux, mais ses coéquipiers l'avaient supplié de ne pas les lâcher. Et maintenant il était coincé sur ce terrain miteux, entre une décharge et un sex-shop, en bordure de la nationale à la sortie de Peoria. S'il avait eu deux sous de jugeote, il aurait fait l'impasse sur la finale et serait rentré au campus qui se trouvait à cinq heures de route. Un saut à l'infirmerie pour se requinquer, et il aurait dormi. Penser à Westish lui fit du bien. Il ferma les yeux et tenta de rassembler ses forces.
Lorsqu'il ouvrit les paupières, l'arrêt-court du Dakota du Sud revenait au petit trot sur le terrain. Au moment où le gamin passait devant le monticule du lanceur, il retira sa veste et la jeta au sol. Il portait un maillot de corps blanc, avait un torse tout creusé et la peau cramoisie d'un cul-terreux. Ses bras étaient aussi épais que les pouces de Schwartz ! Le gosse avait troqué sa casquette verte de l'American Légion pour un couvre-chef des Cardinals de Saint Louis, d'un rouge délavé devenu rose. Ses mèches blondes saillaient sous la casquette. Il semblait avoir quatorze ans, quinze tout au plus, bien que le tournoi fut réservé aux plus de dix-sept ans.
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