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Auteur : Philippe Delerm
Date de saisie : 23/10/2012
Genre : Littérature, essais
Editeur : Seuil, Paris, France
Prix : 14.50 €
ISBN : 9782021056495
GENCOD : 9782021056495
Sorti le : 13/09/2012
Au-delà de toute logique, ils affirment rechercher ce qu'ils fuient.
L'image des zébulons woodyalléniens hypocondriaques n'est pas si agréable à supporter.
Ne vous y trompez pas. Il est très infamant d'être dépendant du sinon.
Mais....
Tout d'abord, bonjour !
«Philippe Delerm» dédicacera son livre les 24 ou 25 novembre à la Fête du Livre de Radio France (partenaire de Lechoixdeslibraires.com)
http ://www.radiofrance.fr/espace-pro/evenements/fete-du-livre/les-auteurs/
1) Qui êtes-vous ? !
Je suis Philippe Delerm, écrivain français.
2) Quel est le thème central de ce livre ?
JE VAIS PASSER POUR UN VIEUX CON est un recueil de textes courts analysant les petites phrases prononcées par tous.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Ma phrase analysée préférée est "Attention, l'assiette est très chaude !"
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Une musique d'Erik Satie.
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Ce que je préfère partager avec mes lecteurs - pour ce livre - c'est la mauvaise foi !
6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
J'aime écrire partout, mais toujours dans un cahier, avec une pointe feutre.
7) Comment vous vient l'inspiration ?
Je n'attends pas l'inspiration. Je me mets au travail, j'écris sinon j'éprouve le remords de ne pas écrire !
8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?
Enfant, j'aimais beaucoup lire mais je rêvais seulement de devenir coureur à pied.
9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?
CRIN BLANC à sept ans, DU CÔTÉ DE CHEZ SWANN à dix-sept.
10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
A consoler de la vie.
11) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?
Nécessairement capitale !
«Le choix des mots» par Jean Pruvost, grand amoureux des mots...
Un endroit désert, sans eau ? Impossible avec Philippe Delerm, «buveur de petits instants», «découpés dans le présent», confesse-t-il. Pourtant, l'erm, c'est ainsi que dans le midi on qualifiait un désert. Les spécialistes l'affirment : s'appeler Delerm, c'est bénéficier d'un ancêtre s'extirpant d'un endroit désert, de l'erm, pour rencontrer les autres. Ici dans le midi, celui de sa famille, précisément du Lot et Garonne. Surtout pas d'h dans Delerm, ce serait alors le nord, mais un h dans Philippe, du grec philein, aimer, et hippos, cheval. Des chevaux sans doute très présents dans sa Normandie d'adoption.
Avec La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, c'est cependant la bicyclette qu'il enfourche, celle du flâneur, du «piéton en puissance», une bicyclette, issue en 1880 du bicycle, né en 1829, à soigneusement distinguer du vélo, chevauché par les coureurs en costume néospatial, dixit Philippe Delerm... Le vélo va trop vite, pour celui qui rêvait enfant d'être «coureur à pied», vélo c'est d'ailleurs un raccourci - toujours pressé, le vélo - du vélocipède, du latin velocis, rapide, grâce au pied (-pède) frénétiquement appuyé sur la pédale.
«Dans la liste des précautions oratoires, celle-ci occupe une place à part. Elle souhaite jouer la surprise par sa forme, une vulgarité appuyée qui aurait pour mission de gommer à l'avance le pire des soupçons : une pensée réactionnaire. L'interlocuteur ne doit pas se récrier avant la remarque promise. Mais une petite réticence aux commissures des lèvres signifiant "Toi, passer pour un vieux con ! ?" semble bienvenue. Elle était espérée.»
Traquant les apparentes banalités de nos discours, nos petites phrases toutes faites, Philippe Delerm révèle pour chacune un monde de nuances, de petits travers, de rires en coin. La vérité de nos vies, en somme. Tour à tour attendri, moqueur ou mélancolique, il s'attache aux détails qui nous dévoilent un monde. Des mots qui nous échappent, des instants vécus par tous.
Philippe Delerm est notamment l'auteur de La Première Gorgée de bière, La Sieste assassinée et Ma grand-mère avait les mêmes.
Philippe Delerm, un vieux con ? Ne vous fiez pas à la précaution oratoire qui ouvre son nouveau recueil de textes courts. Loin de passer pour le réac' de service, il y croque avec justesse, malice, souvent avec ironie, les travers de notre quotidien : ce que révèlent des rapports humains les petites phrases banales et les situations anodines.
Je vais passer pour un vieux con
Dans la liste des précautions oratoires, celle-ci occupe une place à part. Elle n'a pas l'aspect cauteleux, gourmé, en demi-teinte de ses congénères. Elle souhaite jouer la surprise par sa forme, une vulgarité appuyée qui aurait pour mission de gommer à l'avance le pire des soupçons : une pensée réactionnaire. L'interlocuteur ne doit pas se récrier avant la remarque promise. Mais une petite réticence aux commissures des lèvres signifiant «Toi, passer pour un vieux con ! ?» semble bienvenue. Elle était espérée.
Le propos qui suit peut toucher à l'éducation des enfants, la manière de faire des cadeaux, les principes de politesse, le comportement à table, la montée et la descente dans le wagon des usagers du métro. Mais il y aura de toute manière référence à un passé jugé préférable. Dans le non-dit passe pourtant une référence sous-entendue à une expérience quasi libertaire - oui, c'est moi qui dis ça, et pourtant tu connais mes opinions, je n'étais pas le dernier à vouloir du nouveau en mai 68. C'est peut-être alors qu'il eût été opportun de jeter dans la foulée une réflexion passéiste presque séduisante, qui serait venue délicieusement à contre-courant, en parenthèse juste vouée à cautionner une intégrité intellectuelle supérieure.
Car oui, à vingt-cinq ou trente ans, avec la séduction physique, l'écharpe au vent, la chevelure folle, on peut tenter de donner un petit coup de canif dans le politiquement correct, et même envisager de provoquer la concession, voire l'assentiment. Après, cela devient plus périlleux, et bientôt suicidaire. La seule habitude de faire précéder ses réflexions d'une précaution oratoire a déjà quelque chose de rédhibitoire. Inutile de révéler soi-même en sus le prix sur l'étiquette. On passera pour un vieux con.
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