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.. Le meilleur des jours

Couverture du livre Le meilleur des jours

Auteur : Yassaman Montazami

Date de saisie : 11/09/2012

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Sabine Wespieser éditeur, Paris, France

Prix : 16.00 €

ISBN : 9782848051161

GENCOD : 9782848051161

Sorti le : 23/08/2012

Il n'est pas donné à tout le monde de se voir attribuer un aussi beau prénom à la naissance. Behrouz signifie «le meilleur des jours en persan».

Avec un tel prénom, on ne pouvait s'attendre à rien de moins qu'une destinée hors du commun. Et c'est précisément pour rendre hommage à cet homme d'exception, à ce héros de père, que Yassaman Montazami a pris sa plus belle plume, égrenant les souvenirs de cette histoire foisonnante et pleine de contradictions qui fût celle de l'Iran.

Plongés dans une atmosphère souvent étourdissante, les lecteurs se laisseront volontiers embarquer sur les traces de cet homme à la fois brillant et fantasque, ainsi que sur celles d'une poignée de personnages hauts en couleur.

Un premier roman subtil et une voix à découvrir.


Nous devons à la générosité de l'éditeur SABINE WESPIESER cette quatrième de couverture très très complète :

Après la mort de son père, Yassaman Montazami se réfugie dans l'écriture pour tenter de garder vive la mémoire de ce personnage hors norme. La drôlerie et la cocasserie des souvenirs atténuent peu à peu l'immense chagrin causé par sa perte.
Né avant terme, condamné puis miraculé, l'enfant adulé par sa mère, qui jamais ne lui refusa rien, fut nommé Behrouz - en persan : «le meilleur des jours» -, un prénom prédestiné pour un futur idéaliste épris de justice et un pitre incapable de prendre la vie au sérieux.
Envoyé en France pour y poursuivre des études qu'il n'achèvera jamais, il participe à sa manière aux événements révolutionnaires de 1979, au cours desquels l'Iran bascule de la monarchie à la République islamique, en faisant de son appartement parisien un refuge pour les Iraniens en exil. Leurs chassés-croisés entre Paris et Téhéran donnent à l'auteur l'occasion de brosser une multitude de personnages improbables et issus des milieux les plus divers : une épouse de colonel en fuite, fanatique d'Autant en emporte le vent, un poète libertin, mystique et interdit de publication, un révolutionnaire maoïste enfermé à la prison d'Evin, et même un ancien chef d'entreprise devenu opiomane.

... et à celle de l'auteur, née à Téhéran, vivant à Paris, ce portrait tendre et pourtant réaliste d'un père et d'une famille au beau milieu de la tempête qui a secoué leur pays, portrait brossé avec le même délicieux humour que le Persépolis de Marjane Satrapi, la violence en moins...


«Le meilleur des jours» est l'hommage d'une fille à son père, un père exceptionnel. Dès sa naissance, il se fit remarquer. Prématuré, tout le monde le donnait pour mort. Miraculé, il fut nommé Behrouz, ou le meilleur des jours en persan. A sa mort, sa fille entreprend de retracer son parcours : personnage hors du commun, plein d'esprit, cultivé, épris de justice et de liberté, idéaliste, toujours le rire aux lèvres. Combattant le salariat, il ne travaillera jamais. Arrivé en France il poursuit des études (thèse sur l'oeuvre de Karl Marx) qui resteront inachevées, il est vrai que l'ambition était grande, il pensait y trouver «la cause originaire de l'inégalité entre les hommes» et qu'alors «le monde deviendrait meilleur». En 1979, il vit donc en exilé les évènements d'Iran qui installent la République islamique et accueillent les Iraniens qui fuient leur pays. Le récit élargit alors ses portraits à une série de personnages, souvent exilés, qui font des allers-retours en Paris et Téhéran. Un saisissant portrait plein d'esprit, de lucidité, d'amour d'une fille envers son père vénéré, personnage atypique et attachant.


  • Les présentations des éditeurs : 15/06/2012

Le meilleur des jours. Karl Marx et mon père avaient un point commun : ils ne travaillèrent jamais pour gagner leur vie. «Les vrais révolutionnaires ne travaillent pas», affirmait mon père. Cet état de fait lui paraissait logique : on ne pouvait oeuvrer à l'abolition du salariat et être salarié - c'était incompatible. Y. M.

Après la mort de son père, Yassaman Montazami se réfugie dans l'écriture pour tenter de garder vive la mémoire de ce personnage hors norme. La drôlerie et la cocasserie des souvenirs atténuent peu à peu l'immense chagrin causé par sa perte.
Né avant terme, condamné puis miraculé, l'enfant adulé par sa mère, qui jamais ne lui refusa rien, fut nommé Behrouz - en persan : «le meilleur des jours» -, un prénom prédestiné pour un futur idéaliste épris de justice et un pitre incapable de prendre la vie au sérieux.
Envoyé en France pour y poursuivre des études qu'il n'achèvera jamais, il participe à sa manière aux événements révolutionnaires de 1979, au cours desquels l'Iran bascule de la monarchie à la République islamique, en faisant de son appartement parisien un refuge pour les Iraniens en exil. Leurs chasses-croisés entre Paris et Téhéran donnent à l'auteur l'occasion de brosser une multitude de personnages improbables et issus des milieux les plus divers : une épouse de colonel en fuite, fanatique d'Autant en emporte le vent, un poète libertin, mystique et interdit de publication, un révolutionnaire maoïste enfermé à la prison d'Evin, et même un ancien chef d'entreprise devenu opiomane.
Évocation d'un monde aujourd'hui disparu, ce premier roman frappe par sa maîtrise et par l'acuité de son trait.

YASSAMAN MONTAZAMI, qui vit en France depuis 1974, est née à Téhéran en 1971. Docteur en psychologie, elle a travaillé de nombreuses années auprès de réfugiés politiques et a enseigné à l'université Paris VII. Elle exerce actuellement en milieu hospitalier.



  • La revue de presse Catherine Simon - Le Monde du 23 août 2012

La plume de Yassaman Montazami est à la fois acérée et légère. On n'oublie pas le visage d'Ali, le domestique de Téhéran, et le " bonheur énigmatique " qui en émane ; ni les retrouvailles de Behrouz avec ses copains de jeunesse : Bijan, " brisé " par la prison, et Ghaffar, poète " pilonné ", n'ont pas eu la chance, eux, de pouvoir " croire sans risque, confortablement, presque bourgeoisement " aux idéaux de leur jeunesse. Un premier roman percutant, délicat.


  • Les courts extraits de livres : 15/06/2012

Mon père naquit à Téhéran plusieurs semaines avant terme. En ces années 1940, les chances de survie d'un prématuré étaient infimes. Aussi, après lui avoir jeté un bref regard, la sage-femme qui l'avait mis au monde dit à sa jeune mère : «Madame, je vous conseille de ne pas vous attacher. Cet enfant n'est pas viable. D'ailleurs, il n'a même pas crié.» Puis, avant de prendre congé, elle ajouta : «Mais Dieu est grand, Il vous en donnera d'autres.» Et, sur ces paroles, elle quitta la chambre.
Rosa n'avait jusque-là jamais désiré d'enfant. Elle était jeune, elle voulait être libre et ne pas s'encombrer d'une autre vie que la sienne. Elle n'avait du reste pas hésité à avorter plusieurs fois. Par quel miracle ce foetus-là avait-il échappé aux mains expertes et funestes de la faiseuse d'anges ? Dans quel lointain repli de son ventre s'était-il caché ? Elle l'observa longuement : il semblait incroyablement frêle, et d'horribles et muettes grimaces le défiguraient, comme s'il souffrait. C'est alors qu'un revirement se fit en elle. Le fait que cet enfant ait survécu l'obligeait. Elle se sentit le devoir de relayer la formidable volonté de voir le jour dont il avait fait preuve.
Le nouveau-né paraissant s'épuiser, comme s'il avait jeté jusqu'à ses dernières forces pour venir au monde, Rosa appela en criant la petite paysanne d'une dizaine d'années qui lui tenait lieu de bonne à tout faire et lui ordonna aussitôt de disposer un poêle dans la plus petite pièce du rez-de-chaussée, puis d'en isoler la porte et les fenêtres avec les chutes de tissu dont on faisait de la charpie : quoique nous étions en août, la pièce lui semblait encore trop froide - sa température devait être le plus élevée possible. N'ayant pas eu de montée de lait, elle envoya ensuite la petite en acheter chez la voisine, dont elle savait par les commérages du quartier que la lingère venait d'accoucher. Et elle s'installa avec son fils dans la pièce caniculaire.
Sur les instances d'Abi, convaincu que, victime d'un choc nerveux dû à l'accouchement, son épouse était devenue folle, toutes les femmes de la famille accoururent pour supplier Rosa de laisser s'accomplir les desseins d'Allah. Elle devait accepter de Lui remettre ce nourrisson qu'elles considéraient toutes comme condamné. À la vérité, c'était une chance, même, qu'il le rappelle si tôt à Lui : les enfants mort-nés n'intercédaient-ils pas auprès des anges pour que Dieu ouvre à leurs parents les portes du paradis ? Mais Rosa demeurait sourde à tous ces arguments ; elle refusait même de laisser entrer quiconque dans sa couveuse de fortune, au motif que les visiteurs étaient porteurs de microbes et vecteurs de maladies. Le médecin lui-même, qu'Abi avait fait venir en désespoir de cause, resta derrière la porte.


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