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Auteur : Delphine de Malherbe
Date de saisie : 23/08/2012
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Plon, Paris, France
Collection : Littérature française
Prix : 18.00 €
ISBN : 9782259218696
GENCOD : 9782259218696
Sorti le : 16/08/2012
À priori, Alice a tout pour être heureuse, jeune, séduisante, enseignante de lettres attachée à la réussite de ses élèves, la vie parisienne semble lui réussir. Pourtant les traumatismes d'une enfance trop tôt achevée la hantent et la poussent à chercher refuge dans la boisson. C'est pourquoi elle prend la décision de partir s'installer à Avignon auprès de ses grands-parents libraires pour se débarrasser de ses addictions. Dans la cité des Papes elle rencontre Patrice, qu'elle séduit en mangeant une rose sur un cheval de bois, mais lui aussi est en proie à démons. Le lecteur, qui se fait voyeur car Alice s'adresse directement à Patrice assiste à la création d'un étrange triangle amoureux entre la jeune, son amant et la vodka, constatant que la frontière entre euphorie alcoolisée et ivresse des sentiments est souvent bien mince. Malgré leurs blessures, ces deux êtres parviendront-ils à vivre leur histoire d'amour ?
Alice est belle. A Paris, le monde lui sourit. Mais soudain, pour une raison mystérieuse, elle abandonne sa vie et part s'installer à Avignon. Dans la capitale du théâtre, elle tombe le masque devant un homme étrange qui l'attire. Face à lui, elle défaille et se révèle victime d'un mal tabou chez un nombre croissant de jeunes femmes : l'alcool. La passion amoureuse va-t-elle la guérir de la dépendance à la vodka ? Pas à pas, telle une équilibriste fragile sur un fil tendu, elle avance avec hésitation entre la sagesse et le gouffre, entre l'ivresse de vivre et le vertige de l'amour.
La force de Delphine de Malherbe est de transformer le tabou de l'alcoolisme féminin en un roman fort et beau, dédié à Romy Schneider et Amy Winehouse en particulier... et aux femmes en général.
Après un premier roman remarqué, La Femme interdite, Delphine de Malherbe signe avec La Fille à la vodka sa seconde autofiction, s'attaquant une nouvelle fois à un phénomène social inédit. Entre-temps, elle a été l'auteure d'Une passion, jouée au théâtre Marigny avec succès, d'un récit brûlant sur Colette, d'un essai sur la foi... et d'une esquisse sur l'érotisme. Forte de la cohérence de ses textes, Delphine de Malherbe creuse son sillon.
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J'ai mangé une rose.
J'ai souhaité que tu me regardes dès que je t'ai vu apparaître. Dévorer une fleur m'a semblé être un bon moyen de me faire remarquer. J'avais pourtant autre chose à penser. Débarquée en Avignon depuis une semaine à peine, je n'avais pas l'intention de prendre la température de la ville en touriste. Je laissais traîner les secondes sous la chaleur comme une fille désoeuvrée. Poreuse, je risquais ma dissolution. Je dégustais ma rose à califourchon sur le cheval du manège. Et j'attendais négligemment que ton attention se pose sur moi.
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Le soleil m'aveuglait. Mais quand je fermais mes paupières, ma vie agitée de jeune Parisienne revenait m'envahir par flashes décousus. J'ouvrais mon Droguer Store, un dictionnaire des addictions qui venait de paraître. Il vantait les mérites hallucinogènes de la noix de muscade. Mon voisin, en simultané, découvrait dans Le Nouvel Observateur que des gosses de pharmaciens s'explosaient avec de la cocaïne les nuits de pleine lune.
Je maintenais mes yeux entrouverts pour te voir de trois quarts. Tu te tenais assis sur un banc face au café de l'Horloge où je prenais chaque jour mon petit déjeuner depuis mon arrivée. Tu serrais ton journal dans tes mains épaisses sur le bois parsemé de crottes de pigeon. Tu avais une tête de baroudeur paumé mais tu semblais ne pas t'être éloigné de ton chemin depuis une éternité. Une vieille élégance te tenait la colonne vertébrale. Et j'ai pensé : J'aime bien les gens qui s'égarent à un moment donné de leur existence comme on lâche le volant de son véhicule pour en perdre le contrôle.
Puis j'ai enfin senti tes yeux d'homme sur mon corps de femme. J'ai rougi. J'ai écarté mes genoux et entrouvert mes cuisses comme une petite fille modèle obligée de provoquer pour se protéger. Tremblante de peur, je me suis raccrochée à la scène de l'interrogatoire dans Basic Instinct où Sharon Stone décroise les jambes devant un Michael Douglas sidéré de la découvrir nue sous sa robe crème. J'ai espéré en secret que tu me prennes pour une folle afin que tu me fuies. Je voulais que tu partes le plus loin possible. C'était l'été.
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