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Auteur : Anne Percin
Date de saisie : 19/09/2012
Genre : Jeunesse à partir de 9 ans
Editeur : Rouergue, Arles, France
Collection : DoAdo
Prix : 15.70 €
ISBN : 9782812603921
GENCOD : 9782812603921
Sorti le : 12/09/2012
C'est chose faite : Maxime Mainard a fait sa rentrée ! Nous parlions déjà de lui au coeur de l'été et pour ceux qui, au fin fond de quelque retraite estivale n'aurait pas eu de connexion internet à ce moment là, vous trouverez ici matière à rattrapage.
Comment devenir une rock star (ou pas) s'annonce comme le remède idéal à une petite dépression saisonnière (que nous ne souhaitons à personne). Max est de ces personnages qui vont marquer une génération, il est le héros (ou le anti-héros) que l'on voudrait avoir pour ami, le gaffeur qui fait que nous nous sentons moins seul, le coeur tendre qui nous comprend, le chanteur que l'on voudrait être (attention, pensez toujours que pour chanter, il faut s'hydrater...vous comprendrez en lisant le roman).
Si ce roman se place sous le signe d'un humour pêchu qui vous regonfle bien mieux qu'une boîte de vitamine C, il ne faudrait pas négliger de parler de cette petite musique douce qui vient en contrepoint du rock pratiqué par le groupe de Max. Anne Percin est aussi à l'aise dans le registre un peu potache que dans celui de l'émotion plus subtile et rend à merveille le trouble, le doute, la fragilité de ses personnages. Et puis soyons clair : il y a Max, la star (du rock on ne sait pas mais du roman, forcément) mais il y a aussi ces seconds rôles qui ne sont pas là que pour le mettre en lumière. De mamie Lisette à Alex en passant par l'incontournable Kevin et le mystérieux Stéphane, il y a là une palette de caractères bien trempés et terriblement attachants que l'on est pas prêts d'oublier. A lire, relire, rererelire, sans modération !
Et pour les curieux qui voudrait voir à quoi pourrait ressembler le casting idéal de Comment devenir une rock star (ou pas) par Anne Percin, vous pouvez toujours faire une petite visite sur son Blog.
Bon, alors, comme ça, vous voulez que Maxime Mainard vous déballe sa life, une fois de plus ?
Vous voulez qu'il vous raconte avec quelle bande de dingues il va fonder son (fameux) groupe de rock ?
Tout découvrir sur les secrets (brésiliens) de sa mamie Lisette ?
Ouvrir (enfin) les yeux sur la vie privée d'Alex, sa meilleure pote ?
Découvrir (avec stupeur) qui a osé rouler une pelle à Natacha, sa petite copine ?
Et vous demander comment, avec tout ça, il va réussir à avoir son bac ?
Entre Noël et les vacances d'été, il va lui en arriver, des aventures inoubliables...
Musique (à donf) et affaires (émouvantes) de famille :
Anne Percin poursuit et signe une saison 3 toujours aussi délirante !
1. Meet the monster
C'est ainsi que je suis arrivé à Creil.
Dans L'Éducation sentimentale, Flaubert décrit Creil en une demi-page. Une demi-page sur cinq cents, c'est vous dire s'il n'en a rien à battre ! Et encore, à son époque, il y avait au moins des faïenceries. Et une jolie église. Au XXIe siècle, il ne reste plus grand-chose du «joli village ouvrier» qu'il décrit. La guerre est passée par là, qu'il paraît. Après elle, la crise du pétrole et le libéralisme massif, entraînant leur lot de licenciements et la paupérisation des populations immigrées embauchées sur les sites industriels dans les années soixante. Bref : le destin ordinaire d'une ville ouvrière française au XXe siècle (à ceux qui s'ébahissent, je rappelle que je prépare un bac ES et que je veux intégrer Sciences Po : permettez que je révise un peu).
Pour moi, qui y venais pour la première fois, Creil, déjà, c'était une gare. Terminus absolu du RER D. Devant la gare, quelques bistrots, une rue commerçante avec trois pauvres boutiques arborant des décos de Noël qui semblaient confectionnées par Jack Skellington, le héros de L'Étrange Noël de monsieur Jack. Un peu plus loin, un pont, enjambant un fleuve bourbeux : c'est l'Oise.
Bon, me direz-vous, la banlieue sud, c'est pas plus joli. Oui, d'accord, c'est même juste moche. Mais c'est un style de laideur auquel je suis habitué. En gros, par chez moi, ça fait : des barres HLM, des barres HLM, un cimetière. Des barres HLM, des barres HLM, un hôpital. Re-des barres HLM, des barres, et paf '. des rails de train. Ha, ha ! A nouveau des barres, des barres, et pouf ! la Seine ! Classe, non ? A peine parti depuis quelques heures, j'en étais déjà nostalgique.
Peu après la gare, j'ai débouché sur un grand carrefour bordé d'immeubles au crépi rose bonbon. C'est là que vit la Bête, alias tonton Déprimos. On était au début de l'après-midi et il me guettait depuis le balcon minuscule où il fumait clope sur clope en m'attendant. (Encore un gène dominant dans la famille Mainard, le tabagisme, mais j'ai passé mon tour sur ce coup-là.) Quand il m'a vu arriver, il m'a balancé un trousseau de clés, en criant un truc au sujet de l'interphone qui ne marchait pas. J'ai pas vraiment eu le temps de comprendre : le trousseau venait de m'atterrir sur la gueule...
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