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.. La convergence des alizés

Couverture du livre La convergence des alizés

Auteur : Sébastien Lapaque

Date de saisie : 26/11/2012

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Actes Sud, Arles, France

Prix : 21.80 €

ISBN : 978-2-330-01261-8

GENCOD : 9782330012618

Sorti le : 22/08/2012

Roman ambitieux, riche et coloré, rythmé comme une samba brésilienne ! Zé, un des nombreux personnages de cette histoire, arrive à Rio dans l'espoir de retrouver Helena, une femme qu'il a rencontrée à Belem, dans le Nord du Brésil, qu'il a passionnément aimée, et qui un beau jour a disparu. Tout en sillonnant cette ville aux mille visages, il multiplie les rencontres et tombe amoureux (tout comme le lecteur d'ailleurs !) du Rio populaire où malgré les clichés, tout n'est pas que violence, pauvreté et misère. Cet excellent roman n'est pas sans rappeler le fameux «Là où les tigres sont chez eux» de Blas de Roblès. Souhaitons donc à l'auteur, qui le mérite vraiment, un aussi joli succès...


  • Les présentations des éditeurs : 27/08/2012

Le point de vue des éditeurs

À l'équateur, où se rencontrent les vents des deux hémisphères, la convergence des alizés provoque des turbulences atmosphériques variées en poussant l'air à s'élever. Étudiante en géographie à l'université de Belém, Helena Bohlmann est fascinée par ce phénomène auquel elle a consacré des pages et des pages. Mais c'est par quelques mots seulement,^ t'aime, je t'aime, je t'aime, qu'elle a signé sa disparition soudaine, laissant Zé, son amant, dans l'attente, l'anxiété, puis l'impérieux besoin de la revoir. Forçant son naturel mélancolique, Zé quitte alors l'Amazonie pour Rio de Janeiro, l'ancienne capitale brésilienne, qu'il ne connaît pas. Guidé par son intuition et par des signes mystérieux, il est persuadé de retrouver Helena.
La convergence des alizés est un jeu de pistes trompeur dans lequel une quarantaine de personnages incarnent tous les visages du Brésil sur un enivrant manège romanesque. Histoire, musique, politique, football, paysages : le pays entier se livre au lecteur comme un nouvel amour. Et la jeunesse du Sud prend le pouvoir pour désigner les possibles de notre temps. Les surprises de l'amour, les bonheurs de l'amitié, l'érudition et la fougue animent l'écriture de Sébastien Lapaque, illuminant cette fusion ardente du romanesque et de la subversion.

Chez Actes Sud, Sébastien Lapaque a notamment publié Mythologie française (2002), Les identités remarquables (2009) et Au hasard et souvent (2010).



  • La revue de presse Xavier Thomann - Le Nouvel Observateur du 8 novembre 2012

Son livre, où se mêlent les destins de personnages de toutes les strates de la société, rappelle les grandes fresques américaines. La construction est méticuleuse, la narration alterne savamment entre les vies de chacun, du présentateur télé vedette au gamin des favelas. Le fil rouge est tenu par Zé, venu de Belém pour retrouver la femme qu'il aime. Les liens entre les Cariocas se font jour petit à petit, et l'intime se fait universel...
Il offre un condensé du Brésil, ce pays de métissage, plein d'inégalités mais aussi d'une extraordinaire richesse...
Cette allégorie brésilienne est une indéniable réussite.


  • La revue de presse Yves Simon - Paris-Match, octobre 2012

En écrivain et journaliste, l'auteur aime son sujet  : les Brésiliens, les Cariocas, leur histoire, leur géographie, leur nourriture, leurs boissons...
Dans ce roman fervent sur un Brésil de lumière, Sébastien Lapaque donne le meilleur de sa mémoire et de son savoir pour nous faire partager ses passions afin que l'on s'émeuve d'elles.


  • Les courts extraits de livres : 27/08/2012

ELLE AIMAIT L'ARGENT,
MAIS PAS SEULEMENT

La porte de la chambre s'ouvrit, ils sortirent tous les deux dans le couloir. Il était embarrassé de la voir s'accrocher à la manche de sa veste. Au moment où il glissa la carte magnétique de l'hôtel dans sa poche, Octavio voulut se rassurer.
- N'en parlons plus. Je sais ce que je fais.
Il lui avait parlé en portugais, elle répondit en anglais.
- Fais attention à toi.
La scène se déroulait à Rio de Janeiro, dans un vieux quartier de la ville. Au sixième étage de l'hôtel Gloria, Octavio Cardero louait une chambre à l'année. Dans le placard, il laissait un ordinateur portable, un cellulaire, divers papiers et du linge propre. La moquette était épaisse. La peinture avait un ton doux. La climatisation était réglée avec soin. Ici, on était bien. Pas un trouble, aucun bruit. Uniquement le signal de l'ascenseur. Cling ! Les garçons d'étage glissaient doucement. Tout à l'heure, l'un d'eux avait monté une bouteille de vin et du saumon fumé.
Elle était nue en travers du grand lit défait, rayonnante et provocatrice. C'était ainsi lorsqu'elle était dans l'embarras. Elle jouait les heureuses, s'improvisait une contenance. Quand le garçon à la veste blanche avait posé le plateau sur la table basse, il lui avait souri discrètement. L'espoir d'une prochaine fois, sans doute.
Elle avait oublié cet instant volé, comme elle oubliait tout. Cette jeune femme n'était occupée que d'elle-même. À ses yeux rouges, on savait qu'elle avait pleuré. Des larmes de rage avaient mouillé son joli visage. Octavio l'observait, ravi de cet effet. Ils s'étaient rencontrés au mois de juin, cela faisait sept mois qu'il la connaissait. Bon Dieu, ce qu'elle était adorable. La souplesse de son corps, la sauvagerie de son regard et l'audace de ses gestes avaient quelque chose de lumineux, partant d'irrésistible. Cette femme rendait les hommes orgueilleux. Belle et longue, elle avait la peau claire, les cheveux noirs, les yeux verts, de jolies mains fines. Quel âge avait-elle ? Elle n'avait jamais voulu lui dire. L'autre jour, il avait dû chercher son passeport dans ses affaires pour le savoir enfin : vingt-deux ans.
Elle avait encore une question à lui poser.
- Luiz est au courant de ce que tu m'as dit ? Il baissa les yeux.
- Il ne comprendrait pas. Il a trop de problèmes. Et des créanciers à ses trousses. Ce matin, ils rôdaient autour de chez lui. Je le laisse à ses affaires.
- Quels créanciers ?
- Des gens de São Paulo.
- Il ne te pardonnera jamais de lui dissimuler certaines choses.
- Tu ne peux pas comprendre.
- Si. Et je te dis de faire attention à Luiz.
- Attention à Luiz ?
- Ton frère est plus mauvais que tu ne le crois.
Cette jeune femme était redoutable. De quoi se mêlait-elle ? Octavio ne se posait même pas la question. Il lui passait tout. Pendant qu'elle lui parlait, il observait la gravure accrochée au mur en face de lui. Une aquarelle représentant une mangue, avec un commentaire en français. Il ne comprenait pas cette langue.
Elle vit qu'il était ailleurs, le tira contre elle.
- Je ne te mens pas lorsque je dis que j'ai peur pour toi. Il répondit.
- Je vois Luiz demain. Tout va bien se passer. Ensuite, ils parlèrent tous les deux en anglais. Elle :
- Il saura tôt ou tard ce que tu lui caches. Lui :
- Mon frère n'attend qu'une chose. Que je lui ramène de l'argent.


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