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.. Le Sixième Crime

Couverture du livre Le Sixième Crime

Auteur : Sébastien Fritsch

Date de saisie : 30/08/2012

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Fin mars début avril, Oullins

Prix : 5.00 €

ISBN : 9782953767728

GENCOD : 9782953767728

Sorti le : 05/07/2012

Publié maintenant aux éditions fin mars début avril en format poche, un très court et très joli roman à suspens, roman noir éclaboussé non pas de sang, comme on pourrait le penser, mais de la lumière de la Drôme Provençale et du talent de l'écrivain.
Comment vous mettre sur la piste sans vous en dévoiler le mystère ?
Un polar ? Un roman à tiroirs ? Un petit livre, en tout cas, très joliment tourné, une petite perfection d'écriture.
D'écriture, justement, il est beaucoup question dans cette histoire aux rebondissements inattendus...
La lecture des vingt dernières pages est un régal, tant la sensation d'étrangeté se mêle à la poésie, l'inquiétude diffuse faisant place peu à peu à une surprenante impression de bien-être, d'aboutissement...


  • Le courrier des auteurs : 25/08/2012

1) Qui êtes-vous ? !
Un peu chacun de mes personnages sans être réellement aucun d'entre eux.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
La littérature et l'influence qu'elle peut avoir sur les lecteurs.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Il ne faut pas donner aux auteurs de fiction plus de poids qu'ils n'en ont.»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Clair de Lune de Debussy.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
La musique. Tous mes romans sont habités par la musique. Même dans le tout premier, un roman médiéval, on peut assister à des scènes de festin pendant lesquelles on écoute des joueurs de rebec et de chalémie...

Dans "Le Sixième Crime", c'est Debussy qui réveille le narrateur en pleine nuit.

Dans "Derrière toute chose exquise", c'est encore le piano, mais le piano jazz qui sert de fil conducteur : Oscar Peterson, Bill Evans, Keith Jarret... et surtout rien de plus récent.

"Invitation pour la petite fille qui parle au vent" délaisse le piano pour la guitare (j'ai eu un peu peur de passer pour un écrivain obsessionnel) et visite deux styles, correspondant à deux générations : les parents écoute Rickie Lee Jones ou Simon and Garfunkel (mais quel est donc l'instrument que l'on entend dans Bridge Over Troubled Water ?) et les enfants grandissent avec The Cure et Sisters of Mercy.

Enfin, dans le roman que j'ai achevé au cours de l'été 2012, c'est le rock des années 90 qui sert de trame sonore au retour vers le passé de ma narratrice, bercée par Marillion, Radiohead ou Pearl Jam.

Qui composera la bande originale de ma sixième histoire ?


  • Les présentations des éditeurs : 30/08/2012

Lex, le plus talentueux des écrivains francophones contemporains, vit depuis plus de quarante ans dans un hameau isolé de la Drôme provençale. Coupé du monde, sans autre compagnie que celle d'un piano de concert, il reçoit journalistes et curieux avec cette même phrase : «Quand je souhaite m'exprimer, j'écris.»
Mais le Maître restera-t-il aussi impénétrable face à un commandant de la police judiciaire ? Car il n'est plus question de littérature à présent : il est question de meurtres. Des meurtres inspirés par une série de polars aussi sinistres que mal écrits. Leur auteur est tout l'opposé du grand écrivain. Pourtant, le commandant Jérôme Babalnic, piétinant depuis des mois dans son enquête, ne voit plus d'autre solution que de solliciter l'expertise de Lex pour résoudre cette "énigme littéraire". Car cinq romans noirs ont déjà été mis en scène par l'assassin.
Qui sera la victime du sixième crime ?


  • Les courts extraits de livres : 30/08/2012

Sur la route qui serpente entre les rochers et les arbres bas, il faut peu de temps pour oublier ce que l'on laisse derrière soi. La nationale, l'autoroute que l'on parcourait quelques instants plus tôt, la ville quittée le matin même s'effacent un peu plus à chaque virage.
Restent le souple mouvement des oliviers, l'ondulation des collines, le respectueux enlacement de la ligne grise de bitume qui se faufile sur leurs flancs. Plus on la suit et plus on se demande où elle conduit - même en le sachant pertinemment. Et la surprise est bien réelle lorsqu'un dernier tournant révèle Pensegarde.
Je me suis arrêté face au versant sur lequel s'agrippent les quelques maisons que désigne ce nom. Bien sûr, c'est une carte postale : la pierre claire, les volets pastel, les bouquets d'arbres, le ciel parfait, le fond de vallée serein qui leur sert de cadre. C'est pourtant beau. Il n'y a rien d'autre à en dire. Et ce sont bien ces mots qui me vinrent à l'esprit. Je n'ai même pas pensé : «Alors, c'est ici que vit le célèbre Lex !»
Je suis remonté dans ma voiture pour parcourir les derniers lacets qui montaient au hameau. Je me suis garé sur la placette ménagée en son centre. Un tilleul à l'ample ramure en assurait la garde. Plus loin, dans l'ombre, une fontaine dévidait sa romance, image de fraîcheur capable aussi de figurer la chaleur de l'accueil. Vues de près, les bâtisses qui m'entouraient m'apparurent encore plus pimpantes que ce qu'elles m'avaient semblé d'en bas.
Dans laquelle vivait-il ? Tous les volets étaient ouverts, toutes les fenêtres étaient agrémentées de rideaux, tous les perrons étaient fleuris. Peut-être les habitait-il toutes tour à tour, écrivant dans l'une, mangeant dans l'autre, dormant dans la suivante, se distrayant dans la quatrième et méditant dans la dernière. C'est seulement au moment où je pensai cela que je pris conscience du nombre de maisons : cinq. Autant que les crimes sur lesquels j'enquêtais.
«Bonjour. Vous vous êtes égaré ?»
Je me tournai vers la deuxième maison - du moins celle que j'avais considérée comme telle dans mon coup d'oeil circulaire. La voix qui m'avait interpellé était celle d'un homme grand et large d'épaules. Vêtu de façon simple, pour ne pas dire neutre, il donnait néanmoins une impression d'élégance, de par la prestance de sa silhouette athlétique. Si je n'avais pas su qu'il avait soixante-quatorze ans, je lui en aurais aisément donné vingt de moins.
«Non, je venais vous voir», répondis-je.


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