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.. Ciseaux

Couverture du livre Ciseaux

Auteur : Stéphane Michaka

Date de saisie : 09/01/2013

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Fayard, Paris, France

Collection : Littérature française

Prix : 19.00 €

ISBN : 978-2-213-66879-6

GENCOD : 9782213668796

Sorti le : 22/08/2012

Lorsque Carver publia son premier recueil de nouvelles, il devint en quelques années une «star» des lettres américaines ? On loua notamment son «minimalisme». Un succès presque usurpé, puisque son premier éditeur, Gordon Lish, avait complètement retravaillé son manuscrit en le diminuant de moitié ? Même si Stéphane Michaka n'utilise que des prénoms, c'est bien cette histoire, celle de Raymond Carver et de sa première femme Maryann qui se trouve au centre de ce roman avec en toile de fond l'alcoolisme de l'écrivain, leur amour immense mais malsain, et surtout le douloureux et long apprentissage du «métier d'écrire». Au final, reste un dilemme insoluble : ne pas être publié et rester inconnu ou accepter qu'un éditeur dénature son travail et réussir enfin.


  • Les présentations des éditeurs : 17/09/2012

«Jour après jour, j'entends dire qu'on ne vit pas dans un monde de certitudes. Qu'il n'y a de certain que l'amour, tant qu'il dure, la famille, tant qu'elle se maintient, les amis quand ils sont de passage. Autant dire, tout cela n'est pas plus sûr que le reste. Alors quoi ? Est-ce qu'on doit se passer de certitudes ? Est-ce qu'on peut tenir longtemps, sans un ou deux cailloux dans le creux de la main ?
Je crois que dans mes nouvelles je n'ai jamais parlé d'autre chose.
Je m'appelle Raymond. Je suis écrivain.
Enfin, j'espère le devenir.»

Ravmond Carver, Maryann Burk-Carver, Gordon Lish et la poétesse Tess Gallagher qui attend son heure en coulisses... Ciseaux est leur roman. Stéphane Michaka, l'auteur de La Fille de Carnegie (Rivages Noir n° 700), s'empare du mythe et fait revivre, au-delà de la rivalité entre un écrivain et son éditeur, la passion amoureuse qui lie un homme et une femme déterminés à s'inventer un destin.

Stéphane Michaka est né en 1974 à Paris. Lauréat du Prix Nouveau Talent Radio 2012 de la SACD, il est l'auteur d'une adaptation remarquée du Château de Franz Kafka pour France Culture. Son premier roman, La Fille de Carnegie, est paru en 2008 chez Rivages Noir sous le nº700. Ciseaux est son troisième roman.



  • La revue de presse Christine Ferniot - Lire, janvier 2013

Stéphane Michaka a eu l'aplomb de mettre en scène la figure mythique du nouvelliste américain Raymond Carver, celles de son mentor, Gordon Lish (devenu Douglas), et des deux femmes de sa vie, Maryann et Tess. Les quatre voix alternent dans cette excellente fiction qui part de la réalité en conservant les ressorts et les libertés du roman...
Après un roman noir inspiré par le théâtre, La Fille de Carnegie (Rivages), Stéphane Michaka réussit un roman choral sans jamais tomber dans l'hagiographie ou la pesanteur historique. Il parle des sacrifices liés à la création, de la solitude de l'écrivain, fait aussi l'éloge de l'ombre et du doute qui peut devenir un moteur, un piège ou une humiliation.


  • La revue de presse Macha Séry - Le Monde du 30 août 2012

Avec " Ciseaux ", Stéphane Michaka éclaire les rapports de Raymond Carver avec son éditeur-castrateur. Et s'accomplit ainsi lui-même en tant qu'écrivain...
Au coeur du récit polyphonique de Stéphane Michaka, les relations ambivalentes entretenues par Raymond Carver et son éditeur Gordon Lish, qui dirigeait à l'époque le prestigieux département " fiction " du magazine américain Esquire. Certes, celui-ci a ouvert les portes de la gloire à celui-là. Mais à quel prix ? Des textes réduits de moitié ou plus. Une mutilation dévoilée en France dès 2003 par Philippe Romon, auteur de Parlez-moi de Carver (Ed. Agnès Viénot)...
La liberté d'imagination et la justesse de ton de Ciseaux feront-elles à leur tour des émules, ou des followers, comme on dit en anglais (une éditrice britannique vient d'en acquérir les droits) ? To be continued...


  • La revue de presse Xavier Thomann - Le Nouvel Observateur du 23 août 2012

Avec «Ciseaux», son troisième roman, Stéphane Michaka a choisi un sujet de taille en s'attaquant à la vie d'un des auteurs américains les plus célébrés de la fin du XXe siècle. Mais loin de signer une énième biographie de Raymond Carver, Michaka met en scène le nouvelliste dans un roman à plusieurs voix fort bien mené.


  • Les courts extraits de livres : 17/09/2012

RAYMOND

C'est un peu effrayant, cette chose qui nous arrive. Elle s'empare de nous sans crier gare. Même quand rien ne se passe, elle est là. Elle attend. Une attaque, c'est précisément cela : une bombe à retardement.
L'horloge interne des alcooliques, on est tous ici pour s'en débarrasser.
Paula et Cathy dirigent ce centre, elles ont une patience à toute épreuve. Il en faut avec des gars comme nous. Elles ont de l'humour aussi, qui pourrait s'en passer dans leur branche ? Quand quelqu'un se met à trembler, signe d'une attaque imminente, Paula ou Cathy s'approche en répétant : «On rentre la langue, on ne la laisse pas pendre dehors.» Et vous vous retrouvez avec le pouce de l'une ou de l'autre, ou du grand type obèse qui est de service, entre les dents. Certains se mordent jusqu'au sang.
Je suis arrivé hier. Ce n'est pas la première fois que je viens ici, mais je voudrais que ce soit la bonne. La dernière.
Il y a deux jours, j'ai cassé une bouteille sur la tête de Marianne.

On est mariés depuis quinze ans, ça ne s'était jamais produit. Marianne m'a provoqué, bien sûr. Je vous passe les détails. J'aime Marianne et, elle me le répète assez, elle ne peut pas vivre sans moi. Peut-être que la bouteille, c'était à cause de ça.
Je vais quand même vous dire les détails. On vient de s'installer en ville, on pendait la crémaillère. L'alcool coulait à flots et Marianne s'est mise à flirter avec un collègue. Un prof d'histoire, je crois. «Eh ! je dis à ma femme, tu le laisses pas mater tes seins !» J'aurais dû cogner ce type, mais c'est elle qui a tout pris. La bouteille s'est brisée sur son crâne. Marianne s'est levée et elle est sortie de la maison. On l'a retrouvée dans la rue en train de tituber. Les médecins lui ont dit qu'une artère était atteinte et qu'elle avait perdu la moitié de son sang.
La moitié de son sang et elle marchait encore : c'est Marianne.


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