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Auteur : Thierry Dancourt
Date de saisie : 05/10/2012
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : La Table ronde, Paris, France
Prix : 17.00 €
ISBN : 978-2-7103-6957-8
GENCOD : 9782710369578
Sorti le : 22/08/2012
Dès les premières pages, un petit air rétro, un peu désuet mais dans le plus joli sens du terme, s'échappe de ce roman. Dans un style élégant, sans fausse note, Thierry Dancourt nous entraîne à la suite de Pierre, qui par un matin d'hiver, suit l'ombre d'une jeune femme qu'il a profondément aimée 15 ans auparavant. Cette femme, Marge, un peu fantasque, vivait alors dans une grande villa en ruine avec toute une bande d'amis oisifs. Peu à peu Pierre s'était intégré au groupe, participant aux nombreuses fêtes données dans la villa. Un jour pourtant, ce petit groupe se disloqua. Dans le sillage de Pierre, le lecteur complètement (et irrémédiablement !) charmé par cette Marge si merveilleusement atypique, comprend peu à peu ce qui a provoqué la rupture...
1) Qui êtes-vous ? !
Le signe de ponctuation qui ferme cette question donne à lui seul une idée de la réponse...
2) Quel est le thème central de ce livre ?
Je manque de recul, vraiment, pour pouvoir répondre. Les voitures, peut-être.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Partons sur la première du chapitre V.
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Pas une musique, mais une sorte de chanson : «1451», de Jean-Louis Murat.
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Le plus de choses possible.
Un matin d'hiver, à Paris. Le narrateur rencontre par hasard une femme qu'il a autrefois aimée, prénommée Marge. Qu'est-elle devenue ? Et qu'ont bien pu devenir ces jeunes gens qui à l'époque, alors qu'ils avaient vingt ans, se retrouvaient chez elle, dans une propriété des bords de Seine ? Ils y passaient leur temps à rêver leur avenir ; à danser et flirter ; à se promener en voiture, choisissant dans le "parc automobile" la massive Renault Prairie ou la petite Austin gris souris ; ou encore, au bord de la piscine, à fumer des cigarettes Week-end - car la vie avait l'insouciance, la légèreté d'un week-end sans fin.
Dans ce troisième roman, Thierry Dancourt confirme son penchant pour les femmes énigmatiques, les hommes peu enclins à songer à leur avenir, les failles secrètes. Plaçant sur le même plan sensible le décor et les personnages, il crée une partition d'une extrême subtilité, où chaque note compte.
Thierry Dancourt a publié en 2008 à La Table Ronde Hôtel de Lausanne (10/18, 2010), couronné par le Prix du premier roman et le prix Bertrand de Jouvenel de l'Académie française, ainsi que Jardin d'hiver (2010).
Depuis Hôtel de Lausanne (La Table Ronde, 2008, prix du Premier Roman, repris en 10/18), son entrée remarquée en littérature, on connaît tout l'art de Thierry Dancourt pour jouer sur les volutes. Pour mettre en scène, avec une rare élégance, des personnages excentriques qu'on jurerait hors du temps et des modes, pour raconter des histoires d'amour incertaines et intenses à la fois...
Thierry Dancourt promène le lecteur avec doigté dans un Paris oublié, à Nancy ou à Ostende, au treizième étage de la tour Astoria. Il règne dans ces pages ciselées un charme et un mystère qui mettent longtemps à se dissiper. Parions que Marge Finaly risque fort de faire tourner les têtes, de rendre fous amoureux ceux qui auront la chance de faire un bout de chemin avec elle.
Une héroïne mystérieuse, une atmosphère modianesque, et un dénouement de polar : trois raisons d'être séduit par le dernier roman de Thierry Dancourt...
Mine de rien, à force de convoquer ses souvenirs et de chercher à revoir les témoins d'un temps révolu, Pierre Meilhac est sur la piste d'une véritable énigme, une arnaque pour tout dire, dont il a été victime à son insu. C'est tout le sel de cette fiction qui ménage ses effets sans tambours ni trompettes, mais réserve un dénouement digne des meilleurs polars.
Elle sort des Grands Magasins de la Samaritaine, du bâtiment donnant quai du Louvre, exactement, et moi, eh bien je viens de traverser la Seine en empruntant le Pont-Neuf. Il se remet à neiger un peu.
Elle marche vite, comme par le passé, et a toujours cette façon de tenir son sac à main, le bras légèrement levé, replié sur la bandoulière. Dans sa main droite, un paquet-cadeau emballé avec un papier qui, curieusement, est de la même couleur violette que sa cape. Dessous, porte-t-elle l'un de ses sempiternels chandails à cols roulés ? Mais qu'en reste-t-il aujourd'hui, de ces pulls de cachemire usés jusqu'à la trame, immettables, troués, pour certains ?
Elle s'arrête au début de la rue de l'Arbre-Sec, ajuste le ruban fermant son paquet ; ainsi, me dis-je, elle a conservé cette habitude de faire des cadeaux, l'un des moyens qu'elle avait trouvés pour «écouler sa fortune, du moins en partie». Distribution de cadeaux, largesses, dons, «gestes» envers les uns, envers les autres... Cette gentillesse, cette générosité se conjuguaient chez elle avec une certaine raideur de caractère, parfois une vraie agressivité, notamment, j'y reviendrai sans doute, à l'endroit des petits commerçants.
J'ai du mal à réaliser, mais c'est bien elle, ce matin d'hiver, là, devant la façade de la Samaritaine dont les baies en avancée, à pans coupés, évoquent la peau d'un crocodile, carapace qui m'aurait été bien utile à l'époque, d'ailleurs. Je pourrais - devrais, probablement - poursuivre, passer mon chemin, m'engager dans la rue du Pont-Neuf, la laisser filer. A quoi bon, finalement ? Tout cela était à présent recouvert par la poussière du temps, les cendres de toutes ces années, une quinzaine. N'avions-nous pas, les uns et les autres, suivi notre route, «évolué dans la vie», comme disait Wang dont c'était une expression coutumière ?
Je m'approche un peu sur le trottoir, prudemment. Cape à encolure fourrée. Bonnet lui tombant sur les yeux. Escarpins, bas noirs. Gants de cuir, sûrement l'une de ces paires qu'elle trouvait chez Muriel, boutique de la rue des Saussaies qui vendait des gants, des cravates, des foulards, et dans laquelle je l'ai souvent accompagnée pour l'aider à choisir, car devant la dizaine de modèles que la vieille dame - Muriel - avait étalés sur le comptoir de bois, côte à côte, tout se mélangeait dans son esprit, les formes, les couleurs, les finitions, elle «ne savait plus», et moi non plus, au bout d'un moment, si bien que j'allais l'attendre dans le café situé de l'autre côté de la rue, non loin du ministère de l'Intérieur.
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