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Auteur : Connie Willis
Traducteur : Joëlle Wintrebert
Date de saisie : 18/09/2012
Genre : Science-fiction, Fantastique
Editeur : Bragelonne, Paris, France
Collection : Bragelonne SF
Prix : 25.00 €
ISBN : 9782352945949
GENCOD : 9782352945949
Sorti le : 24/08/2012
Pour cette rentrée littéraire, il y a quelques titres que j'attendais (ou attends toujours) mais un en particulier me faisait trépigner d'impatience. Et il y a quelques jours, enfin, je le tenais entre mes mains, le graal ! Black-out de Connie Willis.
Le fait qu'il ait décroché le prix Locus, le prix Nebula mais aussi le prix Hugo n'est pas étranger à cet intérêt, mais surtout, Connie Willis explore de nouveau le thème du voyage dans le temps, comme dans Le grand livre et l'excellent et très drôle Sans parler du chien, aujourd'hui disponibles en poche.
Dans ce nouvel opus (qui peut se lire indépendamment des deux autres), nous retrouvons donc, à Oxford, le professeur Dunworthy avec sa team d'historiens-explorateurs, aux prises avec quelques problèmes d'organisation de planning pour les voyages dans le passé. La Seconde Guerre mondiale semble avoir la préférence des professeurs que ce soit pour étudier les évacuations de soldats à Dunkerque ou les effets du blitz à Londres, etc. Mais voilà, le système qui semblait bien rodé semble avoir quelques ratés et certains pourraient bien rester coincés à une époque où il y a plus de bombes qui tombent du ciel que de pluie ! Et le futur pourrait bien s'en ressentir...
Si l'on peut sourire parfois devant certaines situations et surtout l'humour un peu british de cette auteure pourtant américaine, on s'incline devant la force d'évocation et l'écriture ciselée des parties historiques. Comme une grande fresque, l'auteur dépeint le quotidien sous le règne de l'angoisse et la peur de l'avenir. Et nos pauvres universitaires se débattent entre l'obligation de ne pas changer le futur, le désir de venir en aide aux êtres humains qu'ils vont croiser et l'instinct de conservation dans un monde chaotique.
Une vraie grande réussite ! Il n'y plus qu'à attendre (misère !) le deuxième tome.
«Ce roman étourdissant nous parle à la fois de souffrance et d'espoir... La plus belle réussite à ce jour de l'un de nos meilleurs écrivains de science-fiction.» The DenverPost
«Un tour de force.» The New York Times Book Review
Oxford, futur proche. L'université est définitivement dépoussiérée : historien est devenu un métier à haut risque. Car désormais, pour étudier le passé, il faut le vivre. Littéralement.
Michael Davies se prépare pour Pearl Harbor, Merope Ward est aux prises avec une volée d'enfants évacués en 1940, Polly Churchill sera vendeuse en plein coeur du Blitz, et le jeune Colin Templer irait n'importe où, n'importe quand, pour Polly...
Ils seront aux premières loges pour les épisodes les plus fascinants de la Seconde Guerre mondiale. Une aubaine pour des historiens, sauf que les bombes qui tombent sont bien réelles et une mort soudaine les guette à tout moment. Sans parler de ce sentiment grandissant que l'Histoire elle-même est en train de dérailler. Et si, finalement, il était possible de changer le passé ?
Connie Willis a reçu sept fois le prix Nebula et onze fois le prix Hugo. Admise dans le prestigieux Science Fiction Hall of Famé, elle a été reconnue pour l'excellence de son oeuvre et sa contribution au genre. Elle vit dans le Colorado avec sa famille.
Venez tous ! Attelez-vous à la tâche, partez au combat, oubliez la fatigue - chacun à sa place, chacun à son poste, il n'y a plus une semaine, plus un jour, plus une heure à perdre.
Winston Churchill, 1940
Oxford, avril 2060
Colin essaya la porte, mais elle était fermée. A l'évidence, le concierge, M. Purdy, avait parlé sans savoir quand il avait affirmé que M. Dunworthy était allé à Recherche. Zut ! j'aurais dû deviner qu'il ne serait pas là, se dit Colin. Seuls les historiens qui se préparaient pour des missions venaient à Recherche. Peut-être M. Dunworthy avait-il informé M. Purdy qu'il allait faire de la recherche, et dans ce cas il serait à la bibliothèque Bodléienne.
Colin s'y rendit, mais M. Dunworthy resta introuvable. Je vais devoir interroger son secrétaire, pensa Colin. Il revint à Balliol. Il aurait bien aimé que Finch soit toujours le secrétaire de M. Dunworthy, plutôt que ce nouveau type, Eddritch, qui ne manquerait pas de lui poser un tas de questions. Finch n'en aurait posé aucune, et ne lui aurait pas seulement dit où trouver le professeur, mais aussi quelle était son humeur.
Colin courut d'abord à l'appartement de M. Dunworthy, dans l'espoir que M. Purdy ne l'aurait pas vu revenir, mais il n'était pas là non plus. Puis il traversa la cour et entra dans Beard, gravissant les marches jusqu'au secrétariat.
- Je cherche M. Dunworthy, annonça-t-il. C'est important. Pouvez-vous me dire où...
Eddritch le regardait froidement.
- Avez-vous un rendez-vous, monsieur... ?
- Templer, se résigna Colin. Non, je...
- Êtes-vous étudiant de premier cycle ici, à Balliol ?
Colin fut tenté de répondre oui, mais Eddritch était du genre à vérifier s'il était bien inscrit.
- Non. Je le serai l'année prochaine.
- Si vous postulez pour devenir étudiant à Oxford, vous dépendez du bureau du principal, dans Longwall Street.
- Je ne suis pas candidat. Je suis un ami de M. Dunworthy...
- Oh ! M. Dunworthy m'a parlé de vous. (Il fronça les sourcils.) Je croyais que vous étiez à Eton.
- Nous sommes en vacances, mentit Colin. Il est essentiel que je voie M. Dunworthy. Si vous pouviez me dire où le...
- A quel sujet voulez-vous le voir ?
Mon avenir, pensa Colin. Et ça ne te regarde pas, mais une telle réponse, évidemment, ne lui serait d'aucun secours.
- C'est au sujet d'une mission historique. C'est urgent. Si vous pouviez juste me dire où il se trouve..., commença-t-il, mais Eddritch avait déjà ouvert le carnet de rendez-vous.
- M. Dunworthy ne peut pas vous recevoir avant la fin de la semaine prochaine.
Ce sera trop tard. Zut ! il faut que ce soit maintenant, avant que Polly revienne.
- Je peux vous donner un rendez-vous à 13 heures le 19, continuait Eddritch. Ou à 9 h 30 le 28.
Quelle est la partie du mot «urgent» qui échappe à ta compréhension ? se demandait Colin.
- Tant pis, prétendit-il.
Et, descendant l'escalier, il rejoignit l'accueil dans l'espoir d'obtenir davantage d'informations de M. Purdy.
- Êtes-vous certain qu'il a bien dit qu'il se rendait à Recherche ?
Quand le concierge eut répondu par l'affirmative, il insista :
- A-t-il déclaré où il se rendrait ensuite ?
- Non. Vous devriez essayer le labo. Il y est resté sacrement longtemps ces derniers jours. S'il n'y est pas, M. Chaudhuri saura peut-être vous indiquer où il se trouve.
Et s'il n'est pas là, je pourrai questionner Badri sur la date du retour de Polly.
- J'essaie le labo, l'informa Colin.
Allait-il lui demander de prévenir M. Dunworthy de son arrivée s'il le voyait ? Non, autant s'abstenir. Un homme averti en vaut deux. Ses chances seraient meilleures s'il lui sautait dessus à l'improviste.
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