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Auteur : Aurélien Bellanger
Date de saisie : 11/09/2012
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Gallimard, Paris, France
Collection : Blanche
Prix : 22.50 €
ISBN : 978-2-07-013809-8
GENCOD : 9782070138098
Sorti le : 22/08/2012
Un des romans les plus ambitieux de cette rentrée et dont on n'a pas fini de parler.
Rien moins qu'une tentative, pour un premier essai (l'auteur a 32 ans et a été libraire), de raconter quarante ans de la révolution numérique à travers la figure semi-imaginaire d'un homme qui innove et anticipe, du minitel à l'internet en s'enrichissant grâce à la pornographie florissante des 80's. Certains y ont reconnu Xavier Niel, patron de Free, on pourra découvrir ce roman sans ce décodage qui ne justifie pas à lui seul l'intérêt de cet épais livre, bouillonnant de théories et d'informations, d'analyses et d'historiques, d'anecdotes et de jugements, passant au crible notre ère de virtualisation et de dématérialisation sans cesser d'être réaliste. On décolle sur la fin dans les territoires de l'anticipation et il faut sérieusement s'accrocher aux références mais avouons que malgré des passages pour le moins ardus on est emporté par le torrent de cette ambition qui aura de quoi rassurer les allergiques à l'autofiction. Et, entre nous, on ne le lâche pas, agité par un étrange mouvement brownien...
Un premier roman résolument contemporain, très documenté et très culotté. A travers la vie de Pascal Ertanger, fils d'un ingénieur et petit génie solitaire
de l'informatique naissante, nous suivons les progrès de l'informatisation de la société française, des années 1980 à nos jours, depuis l'invention du Minitel jusqu'aux derniers avatars du Web et des réseaux sociaux - et même au-delà, puisque le roman évoque un futur proche dans lequel l'informatique, devenue autonome, aura relégué l'homme à un fait préhistorique. De son adolescence à Vélizy à sa fortune planétaire, nous suivons les étapes de la saga aventureuse, plus ou moins avouée, ou reconnaissable, de Pascal Ertanger et de ses amis/rivaux, yuppies du Minitel rose reconvertis dans la téléphonie mobile et dans les médias. Le roman montre avec une grande précision comment une poignée d'hommes audacieux et spéculateurs, pas toujours estimables mais souvent passionnants, ont fait évoluer le navire France à l'heure de la mondialisation et, au-delà, l'humanité. Pour tracer l'histoire des trente dernières années, vertigineuses d'accélération technologique, Aurélien Bellanger fait preuve d'une érudition minutieuse, abondante, et d'un réel talent pédagogique, décrivant en détail le développement inouï de chaque découverte et ses retombées non seulement techniques mais aussi économiques, psychologiques, esthétiques... La force du roman vient du style froid, sans effet rhétorique, d'Aurélien Bellanger, de l'impressionnante connaissance qu'a l'auteur de ces milieux, et de sa vision d'une humanité renonçant de plus en plus à elle-même pour se consacrer au veau d'or technologique, sous la férule de quelques milliardaires qui n'ont plus rien d'humain.
Aurélien Bellanger est né en 1980. Philosophe de formation, ses recherches portent sur la métaphysique des mondes possibles. Il est l'auteur d'un essai, Houellebecq écrivain romantique (Leo Scheer). La théorie de l'information est son premier roman.
Des premiers terminaux à l'après 2.0., la passionnante odyssée sur près de quarante ans d'un génie des réseaux télématiques. Avec La Théorie de l'information, Aurélien Bellanger s'impose haut la main comme la révélation de la rentrée littéraire...
L'une des réussites de La Théorie de l'information tient justement à la réunion d'une reconstitution, incroyablement documentée et utilisant de vrais noms, et d'une pure fiction. Ou les péripéties romanesques et la réalité pragmatique des faits sont mises au même niveau, aplanies, dans une écriture clinique. Sans jamais céder à la tentation de l'approximation, Bellanger réussit à passionner le lecteur sur près de cinq cents pages, autour d'un sujet a priori rébarbatif. Question de construction, de rythme, d'équilibre, de progression narrative - un peu comme dans les feuilletons du XIXe siècle (il avoue d'ailleurs sa passion pour Balzac) ou les meilleures séries TV d'aujourd'hui...
Mais ce premier roman, dense et époustouflant, vaut aussi pour ses exergues géniaux et tous ces interludes où se fait jour une nouvelle donnée scientifique.
L'auteur de 32 ans retrace une histoire de l'économie française, dans un premier roman construit autour d'un personnage inspiré de Xavier Niel, le patron de Free...
Le style draine obscurités, poésie, drôleries, beautés. La Théorie de l'information est un roman fascinant par sa part humaine et par sa part inhumaine. Il possède en son coeur un puissant paradoxe. Pascal Ertanger demeure, jusqu'au bout, un homme introverti, immature, réservé. On a peine à discerner, derrière ce garçon aux cheveux mi-longs et aux vêtements mal coupés, le champion de la Web économie française. Pascal Ertanger est entré au panthéon comme le premier milliardaire de l'histoire de l'informatique française. Une simple boîte l'a propulsé au firmament. Il a rendu l'Internet accessible et moins cher. On ne sait si son génie est la cause ou l'effet de sa solitude. Mais, enfin, voilà. Pascal Ertanger semble ne jamais avoir vraiment quitté sa chambre de la banlieue pavillonnaire avec son inhalateur à Ventoline à portée de main. Il a révolutionné le monde mais le monde ne l'a pas révolutionné.
A la fin de La Théorie de l'information, on trouve cette définition fort peu lyrique du roman et de la poésie : " Des tentatives savantes pour parvenir à encoder le maximum d'informations dans le minimum de mots. " Cette description aux accents informatiques a évidemment valeur d'" art poétique ", tant le premier livre d'Aurélien Bellanger semble s'y conformer, malgré son épaisseur. 500 pages serrées, c'est finalement peu, quand on ambitionne d'embrasser l'histoire des trente dernières années et les bouleversements qui s'y sont opérés - au point de nous faire entrer dans une nouvelle ère non seulement technologique mais aussi, selon l'auteur, religieuse...
Plus que le portrait d'un homme, plus qu'une mise en garde contre l'hubris humaine version Web 3.0, La Théorie de l'information est une épopée à l'ambition totalisante. Le propos de Bellanger se veut à la fois technologique, économique, philosophique, métaphysique, sociologique...
Aurélien Bellanger sera-t-il le nouveau Houellebecq ? «La Théorie de l'information», son très maîtrisé premier roman, fait entendre une voix et des obsessions nouvelles dans le paysage littéraire français...
Entouré d'ordinateurs, Pascal va peu à peu s'isoler du monde. Pour lui, la vraie vie est ailleurs, la vérité aussi : dans le langage codé des logiciels. Ancré dans le réalisme, le livre va alors basculer dans une autre dimension, à mi-chemin entre science-fiction et métaphysique. A travers le parcours de son héros, Aurélien Bellanger brosse le portrait de la France contemporaine, celle des classes moyennes et des résidences pavillonnaires, cette France si souvent peinte par Michel Houellebecq...
Le livre est davantage qu'une chronique, aussi ambitieuse soit-elle, du progrès à l'heure de la révolution numérique. L'histoire des sciences y est définie comme un «métarécit», un «grand mythe postmoderne dénué de fondement». C'est ce mythe qu'écrit Bellanger, ce récit des origines d'une nouvelle civilisation. Les allusions à l'Odyssée et à la Bible tout au long du texte étayent la dimension mythologique, voire eschatologique du roman.
A travers la figure d'un personnage dérivé de l'entrepreneur en communication Xavier Niel, l'auteur, qui signe à 32 ans son premier roman, saisit l'évolution singulière de la France dans la révolution numérique, du Minitel au Web 2.0. Il est considéré par certains comme le premier roman de l'époque Wikipédia.»...
La Théorie de l'information se lit comme la mise en histoire d'un temps encore présent, un récit si puissant qu'il se montre à même d'aimanter l'ensemble des événements majeurs, et parfois mineurs, qui scandent l'époque. Bellanger y démontre avec intelligence, et force théorie, qu'on peut faire l'impasse sur le style et produire ce qui s'avère sans doute le roman le plus innovant, diraient les entrepreneurs, d'une très riche rentrée littéraire.
Belle surprise de la rentrée littéraire, le premier roman d'Aurélien Bellanger met en scène le destin d'un adolescent féru d'informatique, qui se confond avec l'épopée des nouvelles technologies...
Le lecteur le comprendra au fil des pages : c'est bien un roman que déploie l'auteur avec grande maîtrise, ne s'appuyant que sur quelques jalons biographiques, et peut-être sa propre histoire, pour réinventer en un subtil entrelacement une aventure singulière, et surtout collective. Anecdotes, souvenirs des tâtonnements technologiques aux allures de madeleine (de l'ordinateur ZX81 aux smartphones) viennent illustrer quarante années de progrès, comme voués à atterrir dans le musée mégalomaniaque qu'inventera Aurélien Bellanger pour son personnage, en ironique lieu et place de l'ancienne Bourse de Paris...
Loin de trancher les riches questions métaphysiques qui sous-tendent son propos, le romancier ouvre sa réflexion sur des champs à la fois scientifiques, sociétaux, moraux voire théologiques, soulevant la notion cruciale de libre-arbitre et suggérant en près de 500 pages de nombreux mondes possibles.
Premier roman, gros buzz : s'inspirant du patron de Free, Aurélien Bellanger raconte l'épopée d'un geek du Minitel rose devenu un tycoon de l'internet. Impressionnant..
Plus qu'un énième docu-roman, genre à la mode, Bellanger signe une fresque épique sur la transformation technique du monde, à cheval sur l'histoire, le temps contemporain et la science-fiction. Ertanger, son ADSL low cost et son 3615 CHAUDE sont nés d'une révolution : en 1948, Claude Shannon, fantasque ingénieur américain, comprend que, comme la masse, la force et l'énergie, l'information est une grandeur observable et mesurable selon des lois mathématiques...
Après une description très houellebecquienne des années Minitel, il se projette dans l'ère internet, porté par un second souffle asphyxiant. Le roman s'élance dans l'abstrait, dans le constant balayage du savoir mondial, façon Google. Et se termine sur une note mélancolique : les prêtres de l'informatique auront beau traduire le monde, ils ne s'émanciperont jamais de sa triste matière première. Ertanger le cybermilliardaire se fait pincer par la justice pour quelques dizaines de milliers d'euros dans une enveloppe graisseuse. Sa femme le quitte, son beau-père l'escroque. Aucun algorithme ne pourra reproduire l'humanité. Elle est trop imparfaite
Ici, plus de différence entre la subjectivité et les objets de la vie quotidienne, de sorte que ce roman va transformer la banale réalité matérielle et technique dans laquelle nous vivons en véritable épopée. Aurélien Bellanger a 32 ans, l'histoire qu'il nous raconte est celle de ces trois décennies, telles que nous les avons vécues, sans nous en rendre compte, passant de la préhistoire du Minitel rose à l'avènement de l'Internet et au triomphe de notre civilisation 2.0.
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