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.. A nous deux, Paris !

Couverture du livre A nous deux, Paris !

Auteur : Benoît Duteurtre

Date de saisie : 29/10/2012

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Fayard, Paris, France

Collection : Littérature française

Prix : 19.00 €

ISBN : 978-2-213-62998-8

GENCOD : 9782213629988

Sorti le : 22/08/2012

1980, Paris. Et Jérôme, 20 ans. Cela fera-t-il un bon duo ?
Le jeune homme, après deux ans d'Histoire de l'Art à Rennes, a réussi à convaincre ses parents de poursuivre ses études à Paris. Sa grand-mère lui prête même un appartement pour l'année !
Tout débute bien, en plus il a enfin le téléphone. "Oubliant" peu à peu ses études, il tente de se faire une place dans le monde fascinant des nuits parisiennes. Il travaille son look, multiplie les rencontres dans le milieu, essaie les "choses" à la mode, et travaille avec ardeur sa grande passion : le piano.

Et allez donc voir où il va s'embarquer ! A vingt ans, toutes les décisions seront-elles sans conséquences ?

Des choix donc, d'autres sorties que l'Hippopotamus avec papa, de l'amour aussi, mais de la musique et la fougue de la jeunesse surtout !


  • Les présentations des éditeurs : 17/09/2012

1980. Le clinquant Forum des Halles a remplacé l'ancien «ventre de Paris», les bars des alentours résonnent de new wave et la cocaïne échauffe les noctambules. A peine arrivé de sa Normandie natale, Jérôme est certain de pouvoir épancher ici sa soif de modernité. Mais pour ce musicien de vingt ans pressé de se faire un nom, la «montée à Paris» est aussi un mythe gorgé de littérature. Rastignac vêtu de skaï, il cherche l'Histoire aux portes des boîtes de nuit et plonge dans un tourbillon futile, persuadé d'y retrouver l'esprit bohème.

L'humour se mêle à une dérive plus sombre dans ce tableau nourri de souvenirs. Après ses récits autobiographiques, Les pieds dans l'eau et L'Été 76, Benoît Duteurtre choisit de peindre un double guidé par l'ambition impatiente, la passion de la musique funky, une sexualité indécise, et tout l'amour d'un jeune provincial pour la ville légendaire... dans laquelle se profile un monde nouveau.

Benoît Duteurtre est né à Sainte-Adresse, près du Havre. Il publie en 1982 son premier texte dans la revue Minuit, puis gagne sa vie comme musicien et journaliste. Il est l'auteur de romans (Tout doit disparaître, Gaieté parisienne, Les malentendus, Service clientèle, La cité heureuse, Les pieds dans l'eau, Le retour du Général, L'été 76...), d'un recueil de nouvelles (Drôle de temps), d'un livre sur les vaches et d'essais sur la musique.
Son écriture claire, sans préciosité, son regard sarcastique sur le monde contemporain ont suscité parfois la polémique et le distinguent dans la jeune littérature française. En 2001, son roman Le voyage en France a reçu le Prix Médicis, et La petite fille et la cigarette, paru en 2005, a été traduit dans plus de quinze langues.



  • La revue de presse Alexandre Fillon - Lire, octobre 2012

Etudiant, le narrateur fait ses premiers pas dans la capitale. Un joli roman d'initiation...
L'auteur des Pieds dans l'eau (Gallimard, 2008, repris en Folio) fait preuve d'un bout à l'autre de justesse et d'humour. Dérive juvénile dans le Paname incarné des années "new wave", portrait senti d'une époque et d'une génération, A nous deux, Paris ! est une vraie réussite.


  • La revue de presse Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 13 septembre 2012

Comme son héros, qui lui «ressemble comme un frère», Benoît Duteurtre arrivait à cet âge-là, cette année-là, de sa Haute-Normandie, après avoir promis à ses parents bourgeois qu'il suivrait des études d'histoire de l'art à la Sorbonne et dormirait sagement dans l'appartement de grand-maman...
Après «les Pieds dans d'eau» et «l'Eté 76», le néo-balzacien Duteurtre poursuit son autobiographie romancée et restaure, avec des couleurs plus crues, un trait plus net, son tout premier roman, «Sommeil perdu» (Grasset, 1985), dont la bande rouge portait déjà l'apostrophe de Rastignac : «A nous deux, Paris !» Pari gagné, depuis.


  • La revue de presse Jean-Claude Lebrun - L'Humanité du 6 septembre 2012

Voici le livre peut-être le plus remarquable d'un écrivain qui, derrière une légèreté de façade, s'affirme comme un pénétrant analyste des rêves libertaires des années 1970, du prétendu surgissement d'un monde nouveau à l'entame des années 1980 et de tous les désabusements qui s'ensuivirent. Car il ne faut pas s'y tromper  : ces représentations romanesques portées par une langue d'un rigoureux classicisme, qui semblent osciller entre nostalgie et ironie discrète, composent ensemble un tableau d'une impitoyable précision...
Le portrait est ironique, mais sans acidité excessive  : « Jérôme me ressemble comme un frère. » D'ailleurs celui-ci prend la parole pour s'expliquer. Apportant un surcroît d'épaisseur à ce qui s'affirme comme un remarquable tableau de ce temps.


  • La revue de presse Marc Fumaroli, de l'Académie française - Le Figaro du 30 août 2012

Grandes espérances et illusions perdues d'un Rastignac des années 1980. Le dernier roman de Benoît Duteurtre, À nous deux, Paris ! est sans doute le plus virtuose qu'il ait écrit. À un essai personnel sur le sort réservé au Paris de la légende, détourné de plus en plus vite par le prêt-à-porter postmoderne, il entrecroise la fiction d'une éducation et d'une vocation hésitantes (débouchant sur deux issues possibles), celles de Jérôme, un antihéros tout jeune...
Le charme doux-amer de ce roman essai fort intelligent tient sans doute à l'élégante drôlerie de la prose du narrateur, à son art à la fois cruel et poignant du portrait, du tableau, du dialogue, de l'aperçu, du petit fait vrai. Il tient aussi, autre piquant paradoxe, à la saveur attendrie que le temps (et le talent du romancier) sait donner même à ces éphémères nocturnes parisiens d'importation, musique d'ambiance certes, mais véhicule, pour une jeunesse, pour ses grandes espérances, pour ses illusions perdues, chaque fois nouvelles, et chaque fois semblables.


  • La revue de presse Jérôme Béglé - Le Point du 20 juillet 2012

Le roman d'apprentissage est une spécialité française...
Dans les années 1990 et 2000, l'autofiction avait fait pousser une branche basse à cet arbre multicentenaire. Aujourd'hui, on reprend de la hauteur... À nous deux, Paris ! est le récit de l'acclimatation d'un jeune Normand qui débarque à Paris dans les années 1980...
L'auteur (à qui l'on doit Le voyage en France, prix Médicis 2001, ou Les pieds dans l'eau) adore se moquer de son époque et de la bourgeoisie.


  • Les courts extraits de livres : 17/09/2012

Dès que l'ancienne locataire disparut dans l'escalier, Jérôme, fou de joie, referma la porte et fit demi-tour pour contempler l'appartement. Son appartement, au coeur de Paris : deux belles pièces fraîchement repeintes, séparées par un double battant vitré à croisillons de bois. Et surtout, par terre, ce combiné gris en matière plastique : le téléphone ! Son premier téléphone, accessoire qui résumait l'étape franchie en montant de la province à la capitale.
À Rouen où il venait de passer deux ans, les étudiants n'en disposaient quasiment jamais. On se débrouillait, on se déplaçait, on utilisait les cabines publiques. Ici, le téléphone faisait partie des accessoires indispensables et vous transformait soudain en Parisien, avec son numéro à sept chiffres. Jérôme considérait avec gourmandise chacun de ces détails. Pour lui, la population française se divisait en deux catégories : les utilisateurs de numéros à six chiffres (quarante millions de provinciaux sans importance) ; et les détenteurs d'un numéro à sept chiffres : dix millions de privilégiés habitant cette métropole et ses banlieues, qui représentaient la France centrale, la France historique, la France moderne dans laquelle il venait enfin d'accomplir son entrée.
Il observa encore un instant l'appareil, son cadran circulaire, et le fil qui s'enfonçait au pied du mur dans la prise. Ce combiné posé sur le parquet, dans une pièce presque vide, avait quelque chose de bohème qui lui plaisait. S'accroupissant par terre, il décrocha pour s'assurer que la sonnerie fonctionnait bien. Son oreille absolue reconnut les 440 hertz de la tonalité : un la. Un instant, Jérôme hésita en se demandant : «Qui pourrais-je bien appeler, maintenant ?» Il feuilleta le carnet où figuraient les numéros des rares relations qu'il possédait dans la capitale : quelques cousins, quelques rencontres de vacances ou de hasard, quelques personnages qu'il admirait et dont il avait recopié l'adresse dans le Who's who comme pour se persuader de pouvoir les rencontrer : Samuel Beckett, éditions de Minuit, 7, rue Bernard Palissy, Paris 6e ; Serge Gainsbourg, 5 bis, rue de Verneuil, Paris 7e... Puis, songeant qu'il avait tout son temps, il se redressa et se dirigea vers la fenêtre ouverte.
L'appartement, au premier étage, surplombait un petit square planté de marronniers. A cette distance, Jérôme pouvait lire le nom du jardin public gravé sur un panneau près de la grille d'entrée : «Square Gaston-Baty». Trois chiffres romains précisaient qu'on se situait dans le XIVe arrondissement, et le panneau était entouré d'un liseré vert - encore un détail spécifiquement parisien qui enchantait le nouveau venu. Dès qu'il avait connu sa nouvelle adresse, Jérôme s'était renseigné sur ce Gaston Baty, illustre metteur en scène entre les deux guerres. L'Histoire n'était jamais très loin, ici, à Montparnasse, en plein quartier des peintres et des poètes. Quelques pas suffisaient pour rejoindre les théâtres et music-halls, auxquels un clinquant alignement de sex-shops faisait de la concurrence dans la rue de la Gaîté.


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