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Auteur : Patrick Graham
Date de saisie : 15/11/2012
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Anne Carrière, Paris, France
Collection : Roman
Prix : 23.00 €
ISBN : 978-2-84337-664-1
GENCOD : 9782843376641
Sorti le : 27/09/2012
Un homme noir, Sydney et Carson, une adolescente, fuient sur des routes peu sûres, poursuivis par une mafia qui a peur des preuves détenues par Sydney.
Une vue de l'Alabama en 1931, comme on le connait peu. A travers ces deux forts caractères, nous découvrons la ténacité, la peur, l'amitié, et même la tendresse bourrue.
Ce roman de Patrick Graham est magnifique, digne des plus grands auteurs américains, et nous offre une tranche de l'histoire de l'Amérique au début de la carrière d'Edgar Hoover.
Passionnant, vous serez emportés !
Alabama, 1931. La Grande Dépression et les tempêtes de poussière se sont abattues sur le sud des États-Unis, poussant les investisseurs à la ruine et jetant des milliers de familles sur les routes. Tandis que l'économie s'effondre et que des campements de réfugiés fleurissent au bord des routes, un directeur de banque est abattu par Sidney Clifford, un métayer noir. Celui-ci a tout perdu et il emporte avec lui les documents compromettants que sa victime devait remettre à la mafia.
Embarqués malgré eux dans un road-movie sanglant à travers les États-Unis ravagés par la crise, Carson, adolescente rescapée du massacre de sa famille, et Sidney Clifford vont lutter pour leur vie et livrer sans le savoir une lutte sans merci contre les banques et les hommes corrompus de Washington. A mesure que la rumeur de leurs exploits se répand et que leur légende grandit dans les journaux, ils vont croiser des destins merveilleux et misérables, des vies qui se font et se défont, des fauves et des hommes.
Après les succès de L'Évangile selon Satan, de L'Apocalypse selon Marie et de Retour à Rédemption, Patrick Graham s'est imposé comme l'un des plus importants écrivains de thrillers en Europe. Traduits en neuf langues, ses livres sont entrés dans les listes de best-sellers en France, en Allemagne, en Italie et en Espagne. Il vit dans les Yvelines (78).
Dans un sud des États-Unis dévasté par la crise des années trente, deux fugitifs tentent de rejoindre le Mexique. Un thriller brillant de Patrick Graham...
Graham donne l'impression de maîtriser une mécanique narrative de précision. Une mécanique mise au service de personnages fascinants. Parmi eux : Sidney Clifford. Pris dans le tourbillon de la crise, cet ancien marine noir est devenu un vagabond. Alors qu'il retourne chez lui, dans l'Alabama, après plusieurs mois d'absence, il découvre que sa femme, Rhoda, et sa fille, Abigaïl, ont été expulsées de leur maison, saisie par la banque de Birmingham...
Graham nous captive jusqu'au bout. L'action, l'aventure sont omniprésentes. Les scènes de fusillade, très nombreuses, sont décrites avec brio. À tel point qu'une esthétique de la violence, presque dérangeante, se dégage. Mais l'auteur trouve le bon angle d'observation pour ne pas tomber dans la complaisance.
Patrick Graham signe un nouveau thriller réaliste dont l'intrigue se corse véritablement avec l'enquête d'Anna Sullivan. En se replongeant dans la période de la Grande Dépression, l'auteur des best-sellers L'Évangile selon Satan et L'Apocalypse selon Marie a été frappé de retrouver les maux (saisie de maisons, chômage, misère...) qui frappent la société américaine depuis la crise des subprimes. Sans être "un plaidoyer", comme il l'explique dans l'avant-propos, ce livre est surtout un "hommage à tous les survivants d'une crise qui, depuis près d'un siècle, ne fait que commencer".
Alabama, 1931.
De part et d'autre de la route reliant Montgomery à Mobile, des tronçons de canne à sucre roussis par le soleil émergent de la masse molle et poussiéreuse qui recouvre les champs. Chaussé de brodequins militaires, l'homme marche sous la chaleur écrasante de midi, le front baissé et la nuque ruisselante. Sa peau est noire et il porte en bandoulière, d'un côté une épaisse musette de toile, de l'autre une couverture roulée et retenue par des sangles.
Il progresse ainsi depuis les environs de Montgomery où il a sauté d'un hotshot, ces gigantesques trains de marchandises qui traversent le pays avec la lenteur majestueuse des convois. Il n'a pas croisé un seul véhicule depuis le matin, hormis un bus rouillé et un camion à plateau chargé de cages pleines de poules à moitié mortes.
Son ombre a presque disparu sous lui lorsqu'il s'engage sur le parking d'un restaurant routier. L'épaisse couche de poussière étouffe le claquement de ses brodequins. Sur le côté, au milieu des broussailles qui lentement la dévorent, il distingue la carcasse d'une Chevrolet Impérial. Un camion aux chromes scintillants et à la carrosserie d'un beau rouge grenat est rangé au centre du parking. C'est ce point rutilant au loin qui a attiré l'oeil de l'homme.
La cabine est vide. Il s'assied sur le marchepied et passe sa manche sur son front trempé de sueur. La chaleur fait vibrer l'air autour de lui et le mélange de sable et de poussière est brûlant sous ses semelles.
Assis au bar, le routier parle à une serveuse entre deux âges. De temps en temps, elle se tourne vers le miroir qui surplombe les alignements de bouteilles. Un sourire triste flotte sur ses lèvres. Examinant son visage à la dérobée, elle écoute distraitement le chauffeur qui se renverse en arrière et porte ses mains à son ventre quand il rit. Elle finit par lever les yeux vers l'inconnu assis sur le marchepied et lui fait signe de les rejoindre.
Le voyageur entre en triturant son chapeau. La serveuse pousse vers lui une assiette remplie d'oeufs brouillés et de lamelles de bacon dures comme du cuir. Il s'assied à côté du routier qui sent fort la sueur et le cambouis. Il avale le contenu de son assiette sans prendre le temps de respirer. Quand celle-ci est vide, le chauffeur écarte la sienne de telle sorte qu'elle pousse celle de l'homme. Celui-ci considère le reste de gruau et les morceaux de steak filandreux dont la chair déjà froide sent bougrement bon. Au début, il s'était dit que son horrible faim serait suffisamment rassasiée par les oeufs pour qu'il parvienne à déguster la suite, mais, à mesure que le jus du steak se répand dans sa bouche, il se met à avaler des morceaux si gros que son voisin est obligé de lui administrer de grandes claques dans le dos pour éviter qu'il ne s'étrangle. Le routier allume une Camel avec un briquet à couvercle. Tendant sa bouteille de bière entamée à l'homme dont les yeux larmoient, il annonce :
- Je vais jusqu'à Albany et Scotton.
- Albany, c'est bon pour moi.
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