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Auteur : Niccolò Ammaniti
Traducteur : Myriem Bouzaher
Date de saisie : 20/12/2012
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Robert Laffont, Paris, France
Prix : 15.00 €
ISBN : 9782221125830
GENCOD : 9782221125830
Sorti le : 23/08/2012
Souvent, les événements les plus fondateurs d'une vie sont aussi les plus inattendus. Pour Lorenzo, 14 ans, c'est un mensonge gigantesque qui l'entraîne dans une aventure cruciale...
À la grande inquiétude de sa mère, ce garçon solitaire ne parvient pas à se faire d'amis. Pour la rassurer, il lui fait croire qu'une fille de sa classe l'a invité à aller faire du ski pendant une semaine. Englué dans son mensonge, il est forcé de mettre en place une stratégie pour survivre une semaine en dehors du cocon familial. Il élit donc domicile dans la cave de l'immeuble, et se prépare à passer une semaine peinard, entre jeux vidéo, lecture et plaisirs culinaires... Mais c'est sans compter sur l'irruption fracassante d'une demi-soeur quasi inconnue, complètement paumée, droguée en état de manque, qui est aussi capable d'une grande tendresse et qui lui fera ouvrir les yeux sur ses mensonges et ses problèmes.
D'une rare intensité, ce récit pose des questions cruciales sur l'identité, la famille, la vie en société, ainsi que sur notre part de responsabilités dans la vie d'autrui. Un livre bouleversant à lire absolument...
Lorenzo n'a jamais su établir le contact avec les enfants de son âge et pour cause, un psychanalyste diagnostique un sentiment hypertrophique de soi, un ego surdimensionné...
Pour ne plus que sa mère s'inquiète - et surtout pour qu'on ne l'embête plus avec ça - il raconte des parties de football avec des amis de sa classe et surtout une invitation à partir une semaine à la montagne. Pourquoi avoir inventé un tel mensonge ? Lui même ne saurait y répondre si ce n'est en faisant appel à la stupidité. En revanche, il n'est pas capable d'avouer la vérité car cela ferait trop de peine à ses parents. La solution ? Préparer assez de vivre et de quoi s'occuper pour rester sept jours dans la cave qui deviendra son havre de paix jusqu'à ce que sa demi-soeur le surprenne et lui demande l'hospitalité. C'est le visage émacié et complètement en manque qu'elle se présente au jeune garçon qui peine à comprendre son état. Ensemble, ils affronteront leurs maux dans le but de sortir de la cave différents de ce qu'ils étaient.
Un livre chargé d'émotions, juste, qui montre la vie comme elle est réellement.
Dans une société où il est bon d'être sociable, Lorenzo est un garçon solitaire incompris et les affres de l'adolescence complétées par les angoisses de sa mère le font légèrement craquer. Il s'invente donc une invitation à la montagne et s'organise pour une retraite à la cave. Enfin tranquille ? Pas sûr, sa lointaine demi-soeur fait son apparition et s'incruste. Voici un roman surprenant mettant en scène deux personnages que tout semble opposer à part leur filiation et leur difficulté à être heureux.
Une cave.
Un garçon pas comme les autres.
Le projet de se cacher aux yeux du monde plutôt que d'avouer une pesante solitude.
Et l'arrivée impromptue d'une étrangère.
Avec ces quelques ingrédients, Ammaniti construit une histoire à couper le souffle sur le plus simple et le plus impénétrable des mystères : comment devenir adulte.
«Un livre magnifique, un conte parfait, une sorte d'île sans archipel dans le paysage littéraire de l'Italie.»
Francesco Piccolo, L'Unità
Enfant prodige des lettres italiennes, Niccolò Ammaniti connaît un immense succès international avec Je n'ai pas peur (prix Viareggio 2001) et Comme Dieu le veut (prix Strega 2007). Son dernier roman, La Fête du siècle, est paru en 2011 aux Éditions Robert Laffont. Porté à l'écran par Bernardo Bertolucci, Moi et toi a été présenté hors compétition lors du Festival de Cannes 2012.
«L'auteur italien le plus brillant de sa génération.»
Emily Barnett, Les Inrockuptibles
Niccolò Ammaniti est l'un des meilleurs écrivains italiens de sa génération. Très populaire dans son pays, il n'est malheureusement pas encore reconnu à sa juste valeur en France. Son nouveau roman, Moi et toi - dont Bernardo Bertolucci a présenté cette année à Cannes une belle adaptation cinématographique -, permet de rappeler encore une fois son grand talent de conteur capable d'aborder avec ironie et tendresse les drames de la vie...
Dans ce huis clos, qui peut être lu également comme une réflexion sur les pièges de l'imagination, Niccolò Ammaniti met en scène un corps-à-corps entre deux solitudes différentes, où le jeune protagoniste peu à peu découvre que dans la vie on ne peut pas toujours fuir et faire semblant. Pour grandir, il faut essayer de se mettre en jeu, en acceptant les autres avec leurs défauts, même s'ils nous font peur. Grâce à Olivia, il apprend enfin à vivre, mais en découvrant en même temps que la vie ne tient pas toujours ses promesses.
Le soir du dix-huit février deux mille, je suis allé me coucher de bonne heure et je me suis endormi tout de suite, mais pendant la nuit je me suis réveillé et je n'ai pas réussi à retrouver le sommeil.
A six heures et demie, la couette remontée jusqu'au menton, je respirais, bouche ouverte.
La maison était silencieuse. Les seuls bruits qu'on entendait étaient la pluie qui frappait sur les carreaux, ma mère qui marchait à l'étage au-dessus entre la chambre et la salle de bains et l'air qui entrait et sortait de ma trachée.
Bientôt elle viendrait me réveiller pour m'emmener au rendez-vous avec les autres.
J'ai allumé la lampe en forme de grillon posée sur ma table de chevet. La lumière verte a délimité un angle de la pièce où étaient rangés le sac à dos bourré de vêtements, la doudoune, la housse avec les chaussures de ski et les skis.
Entre treize et quatorze ans, j'avais poussé d'un coup, comme si on m'avait nourri à l'engrais, et j'étais devenu plus grand que les camarades de mon âge. Ma mère disait que deux chevaux de trait m'avaient étiré. Je passais beaucoup de temps devant le miroir à observer ma peau blanche couverte de taches de rousseur, les poils sur mes jambes, les cheveux châtains en broussaille d'où pointaient mes oreilles. Les traits de mon visage avaient été remodelés par la puberté et un nez imposant séparait mes yeux verts.
Je me suis levé et j'ai glissé ma main dans la poche du sac à dos placé à côté de la porte.
- Le couteau est là. La lampe aussi. Il y a tout, ai-je dit à voix basse.
Les pas de ma mère dans le couloir. Elle devait avoir ses escarpins bleus à talons hauts.
J'ai plongé dans le lit, éteint la lumière et fait semblant de dormir.
- Lorenzo, réveille-toi. Il est tard.
J'ai levé la tête de mon oreiller et me suis frotté les yeux.
Ma mère a remonté le volet roulant. - Quel sale temps... Espérons qu'à Cortina il fasse meilleur.
La lumière sombre de l'aube dessinait sa silhouette élancée. Elle avait mis le tailleur gris qu'elle portait quand elle faisait des choses importantes. Un cardigan ras du cou. Son collier de perles. Et ses escarpins bleus à talons hauts.
- Bonjour. J'ai bâillé comme si je venais de me réveiller.
Elle s'est assise sur le bord de mon lit. - Mon trésor, tu as bien dormi ?
- Oui.
- Je vais préparer ton petit déjeuner... Pendant ce temps, fais ta toilette.
- Nihal ?
Elle m'a peigné les cheveux avec ses doigts. - Il dort, à cette heure. Il t'a donné tes T-shirts repassés ? J'ai fait oui de la tête.
- Allez, lève-toi.
J'aurais voulu le faire, mais un poids sur la poitrine m'étouffait.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
Je lui ai pris la main. - Tu m'aimes ?
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