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.. La nuit a dévoré le monde

Couverture du livre La nuit a dévoré le monde

Auteur : Pit Agarmen

Date de saisie : 01/11/2012

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Robert Laffont, Paris, France

Prix : 18.00 €

ISBN : 9782221132869

GENCOD : 9782221132869

Sorti le : 23/08/2012

  • Le choix des libraires : 29/12/2012

Une soirée monotone entre connaissances pour notre héros et un réveil horrifiant : durant la nuit, les hommes se sont transformés en zombies et menacent les rares survivants. Cloitré dans un appartement, cet homme désabusé, va se redécouvrir et devenir un survivant déterminé. Une réflexion sur notre humanité et son devenir.


  • Les présentations des éditeurs : 29/12/2012

Depuis longtemps i nomme a atteint le stade ultime de la décadence et de la cruauté. Il n'y avait sans doute qu'un pas pour qu'il se transforme en monstre...

Une épidémie a changé la plupart des êtres humains en créatures démoniaques, avides de chair et de sang. On a vite compris leur nature : ce sont des zombies. Rien n'a pu les arrêter, ni la police, ni l'armée. Ils ont tout ravagé. Antoine Verney est un survivant par hasard. Il n'a rien d'un héros. Il se retrouve à la fois prisonnier et protégé dans un immeuble parisien, alors que dans les rues les morts-vivants pourchassent les derniers humains.
Du haut de sa tour, tel Robinson sur son île, Antoine apprend à survivre et se confronte à la terreur. Armé d'un fusil, il découvre avec surprise qu'il peut tuer et qu'il a même un certain talent pour ça.
C'est un double combat qu'il va devoir mener, pour s'inventer une nouvelle vie et ne pas sombrer dans la folie.

Pit Agarmen est le pseudonyme d'un écrivain français qui a publié de nombreux romans et essais. Il reprend ici les codes du roman d'horreur pour mieux les subvertir.



  • La revue de presse Macha Séry - Le Monde du 1er novembre 2012

" Un nouveau monde commence. Une nouvelle Amérique est née, et nous en sommes les Indiens ", enchérit le héros de La nuit a dévoré le monde, de Pit Agarmen. Et qu'importe si, cette fois, l'Amérique se nomme Montmartre, que la réserve d'Indiens ne compte qu'un individu. L'appartement où celui-ci s'est réfugié est l'île déserte de ce Robinson postmoderne. Après le naufrage sous ses yeux de la civilisation, il lui incombe d'aménager son territoire. Le défi réside moins dans l'autarcie alimentaire assurée par les provisions collectées dans l'immeuble de sept étages que dans l'apprivoisement de la solitude. Prostration, dépression, cauchemars... " Je vis comme un animal, mangeant à même les boîtes de conserve, ne me lavant pas, ne changeant pas de vêtements. J'ai régressé. "


  • Les courts extraits de livres : 29/12/2012

8 mars

Tout a commencé le 1er mars dernier. Je me trouvais à une soirée à Pigalle où, excepté Stella, la maîtresse des lieux, je ne connaissais personne. Je traînais entre les invités et les petites tables pleines de boissons et d'amuse-gueules. L'endroit était idéal pour une crise d'agoraphobie. L'appartement aurait pu remplir les pages d'un magazine de décoration : radiateurs en fonte, parquet en chêne, tableaux contemporains et affiches originales de groupes de rock des années soixante-dix, collection de vinyles de Bach, bibliothèques sur la plupart des murs, petites statues en verre coloré aux formes phalliques. Des stickers d'associations humanitaires et de sodas couvraient les murs des toilettes. Tout y était de bon goût et équilibré, entre classicisme et pop culture.
Stella était pianiste. Je l'avais rencontrée à l'époque où j'écrivais des scénarios pour le soap-opéra télévisuel (je publierais mon premier roman des années plus tard) qui m'avait permis de surnager un moment, L'Amour à répétition. Elle était mariée au producteur de la série. Depuis que Noémie m'avait quitté, je m'étais laissé aller à imaginer que quelque chose pourrait se passer entre nous. Nous avions sympathisé lors d'un cocktail. C'était une jeune femme typique de la bourgeoisie parisienne, fascinée par les décadents et les fascistes, mais de gauche, de toutes les manifestations, de tous les combats. Elle avait la capacité d'aller vers les autres sans trébucher, et de s'entendre avec n'importe qui. Nous allions voir des expos et de vieux films, nous furetions chez les libraires en quête de livres de poésie (que je lisais les larmes aux yeux dans mon lit en buvant du bourbon). Cela avait tout d'une relation amoureuse, sauf que nous ne couchions pas ensemble. Sa compagnie me permettait de me réhabituer à une présence féminine. Stella ne me jugeait pas parce que j'étais pauvre, simplement la question d'une relation avec moi ne lui avait jamais effleuré l'esprit. Je ne lui en voulais pas. Après tout, je n'étais pas encore guéri de ma dernière histoire d'amour avec une fille qui m'avait quitté pour un homme auprès duquel elle n'avait trouvé qu'ennui et matchs de foot télévisés.
Le nouveau disque de Stella sortait (une interprétation des Variations Goldberg en duo avec un joueur de thérémine), et elle avait voulu fêter ça avec ses soixante-douze meilleurs amis.
C'était un autre monde que le mien. Des quintaux de types et de filles élégants, capables de rire un verre de vin à la main en se faisant croire qu'ils sont du côté du peuple. Ils avaient l'air de bonne compagnie, mais je savais ce qu'il en était : c'étaient des tueurs, des arrivistes socio-démocrates, des bulldozers sentimentaux tout en haut de la chaîne alimentaire. En comparaison, j'étais un doux naïf. Mais je m'en moquais. Mon énergie passait dans l'écriture, dans ces vingt-quatre livres qui ont pris la poussière sur les rayonnages des arrière-boutiques des librairies d'occasion - mais qui sont chéris par des femmes de tous âges, inquiètes et perdues, qui croient encore que le vrai amour existe.


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