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.. Comme au cinéma : petite fable judiciaire

Couverture du livre Comme au cinéma : petite fable judiciaire

Auteur : Hannelore Cayre

Date de saisie : 17/10/2012

Genre : Policiers

Editeur : Métailié, Paris, France

Prix : 17.00 €

ISBN : 9782864248804

GENCOD : 9782864248804

Sorti le : 04/10/2012

A Chaumont, un braqueur de banque attend son procès. C'est Jean Bloyé, grand avocat las et déprimé, qui assure sa défense assisté par sa femme avocate aussi. Dans une ville voisine se tient un festival de cinéma auquel est invité Marsant, ancienne star du cinéma adoré en son époque (une sorte de Belmondelon qui a fait fantasmé toutes les femmes) aujourd'hui vieilli et souffrant... Les deux histoires n'ont au départ rien en commun, et pourtant.... La justice c'est un peu comme le cinéma, chacun y joue un rôle, et le cynisme y est roi... Hannelore connaît bien le décor puisqu'elle est avocate pénaliste. C'est aussi une romancière inventive et elle nous dépeint l'univers judiciaire avec réalisme et beaucoup d'humour. On adore !


  • Les présentations des éditeurs : 26/10/2012

Parfois dans une société organisée il arrive que des mondes se télescopent. Le flamboyant Etienne Marsant a été une immense star avant son infarctus. Aujourd'hui il ne boit plus, ne fume plus, ne tourne plus, il s'ennuie et accepte de présider un festival de cinéma de seconde zone à Colombey-les-Deux-Églises.
Tout près, à Chaumont, s'ouvre le procès d'Abdelkader Fournier, un petit voyou qui a cambriolé une douzaine de succursales bancaires armé d'un faux revolver et de beaucoup de fair-play. Le terrible président de la cour d'assises surnommé le boucher de la Haute-Marne est bien décidé à le faire enfermer à perpétuité. Son avocat, ténor du barreau dépressif, rêve de raccrocher la robe. Devant l'injustice manifeste du président et son habileté à manipuler témoins et jurés, il décide de se retirer. Tous les projecteurs sont allumés, le spectacle peut commencer.

Fidèle à son style percutant et caustique, Hannelore Cayre a, dans cette fable judiciaire, tiré un trait d'union entre deux mondes qu'on n'imaginait pas si proches-Avocate pénaliste à Paris, Hannelore Cayre est née en 1963, elle vit à Paris. Elle est l'auteur de Commis d'office (Prix polar derrière les murs 2005), Toiles de maître et Ground XO.
Elle a adapté au cinéma Commis d'office en 2009.


  • Les courts extraits de livres : 26/10/2012

ETIENNE MARSANT

De la fenêtre de sa villa, Etienne Marsant observait son épouse Mireille, le portable vissé à l'oreille, faisant et refaisant des comptes qui n'avaient pas l'air de tomber juste. La bouche soucieuse, le front obstiné, elle donnait des ordres de sa voix brève et coupante à un de leurs innombrables fondés de pouvoir. D'immenses lunettes de mouche et un chapeau de paille à bord large lui mangeaient son petit visage pâle qu'elle protégeait jalousement du soleil.
L'acteur tenta un instant de démêler l'écheveau de raisons qui le maintenaient aux côtés de cette femme austère mais la lassitude le gagna et il perdit le fil.
"Mais comment font les autres pour se traîner de semaine en semaine jusqu'à la fin de l'année ?" songea-t-il en soufflant.
Tout à coup, l'épisode de la nuit passée lui revint à l'esprit.
Il avait fait un rêve curieux. Une grosse femme nue aux odeurs fortes tenant son sexe ouvert de manière à en laisser apparaître la chair rose, s'asseyait sur son visage. Bien sûr, il étouffait, mais ça n'avait pas été comme quand il faisait de l'apnée du sommeil. Il s'était réveillé en sursaut, cherchant son air avec la même panique primale qu'à l'accoutumée... et Mireille l'avait réconforté comme elle le faisait toujours, en lui collant un masque à oxygène sur le visage avec cette ponctualité administrative qui la caractérisait... mais cette fois il n'avait pas eu peur de mourir et ça, c'était nouveau !
Cette révélation serait son secret. Une aventure intime qu'il cacherait à sa femme comme un mauvais élève. Cette idée le fit sourire. De toute façon qu'est-ce qu'elle pourrait bien y comprendre, elle, son infirmière, sa secrétaire, celle dont toute la presse disait qu'elle lui avait sauvé la vie.
Mireille à qui il avait remis, après son cataclysmique accident cardiaque, les clefs de toute son existence.
Mireille, qui s'occupait de tout, qui pensait pour deux et qui l'aimait comme on aime un meuble coûteux, avec une vigilance soigneuse de propriétaire.

La bonne vint poser son plateau sur la table près du lac.
Mireille raccrocha son téléphone et se remit à sa comptabilité. Comme Marsant ne venait pas, elle se tourna vers la fenêtre et lui fit un petit signe de sa main impeccablement manucurée pour lui signifier que le déjeuner était servi.

Il descendit en traînant les pieds et s'installa.
- Tu as besoin de quelque chose ? finit-elle par lui demander tandis qu'il restait figé sur sa chaise, les yeux fixés sur son assiette : des asperges sans sauce... avec du persil.
- J'ai besoin de parler.
- De parler ? De parler de quoi ? Là, je dois terminer mes comptes. Le comptable est un incapable. D'ailleurs je l'attends.
- Tu m'énerves. Range ces papiers.
Elle referma son livre-journal et resta silencieuse, le buste raide, les bras croisés, appliquée dans son écoute comme elle s'appliquait dans tout.
- Eh bien ? fit la petite bouche rouge et pointue que surmontaient les grandes lunettes noires.
Brrr... Brrr... fit le BlackBerry posé sur la table de jardin.
Mireille s'inclina légèrement vers son portable pour prendre connaissance du message puis reprit sa position initiale.


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