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.. Léon et Louise

Couverture du livre Léon et Louise

Auteur : Alex Capus

Traducteur : Emanuel Güntzburger

Date de saisie : 12/10/2012

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Actes Sud, Arles, France

Prix : 22.50 €

ISBN : 9782330009465

GENCOD : 9782330009465

Sorti le : 05/09/2012

Le roman s'ouvre dans la cathédrale Notre-Dame de Paris. Une famille attend le prêtre pour célébrer l'enterrement du grand-père pourtant loin d'être un catholique fervent... C'est alors qu'une petite dame s'approche du cercueil et pose un baiser furtif sur le front du défunt, geste inattendu et dérangeant qui déclenche l'intérêt de l'un de ses petits-fils. Alex Capus nous fait alors découvrir la vie de son grand-père et de ce couple à partir de leur première rencontre au moment de la première guerre mondiale et pendant les quarante années qui suivirent. Ils se rencontreront, la guerre les séparera, ils vivront chacun leurs vies sans jamais oublier cette rencontre et se retrouveront plusieurs fois bien plus tard. Un émouvant et vivant roman d'amour d'un couple qui traverse le temps et les péripéties du XXe.


La première guerre mondiale s'achève, Léon et Louise ont 18 ans des poussières et la vie devant eux, ils vont tomber amoureux sur une petite plage de Normandie avant d'être séparés par l'apocalypse du chemin des dames, et puis se retrouver et se perdre sans cesse au fil des années...
Deux destinées toutes simples, discrètes et sans gloire, avec leur lot quotidien de joies, de peines ou de renoncements, mais racontées avec un humour mélancolique et une justesse merveilleuse qui tour à tour nous font sourire ou monter les larmes aux yeux. Alex Capus nous touche au coeur avec l'histoire de cet amour contrarié mais indéfectible, qui traverse tout le XXème siècle, et miraculeusement intact malgré les vicissitudes de la vie, illuminera les vieux jours de Léon et Louise.


Léon et Louise sont tout jeunes lorsqu'ils se rencontrent en Normandie. Léon est un jeune homme droit et sincère, tombé sous le charme de la belle Louise, indépendante et un brin fantaisiste. Les bombardements de 1918 les séparent... et la vie continue pour chacun. Mais le lien qui les unit est si fort qu'ils n'oublient pas les quelques moments passés ensemble...
Voici une très belle histoire d'amour, entre deux personnages au charme attachant à travers une tranche de l'histoire de France. C'est son grand père que l'auteur nous raconte à travers le personnage de Léon, ce qui rend l'histoire d'autant plus touchante...


  • Le courrier des auteurs : 13/09/2012

1) Qui êtes-vous ? !
Le traducteur de Léon et Louise.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Une histoire d'amour au long cours, sur fond de hasards, de petite et de grande histoire.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
"L'air était frais, la lumière était claire, le soleil venait de se lever au-dessus des immeubles du boulevard de la Bastille. On avait beau être un mardi, Louise et Léon s'étaient endimanchés. Âgés tous deux de soixante-deux ans, ils formaient un couple beau, heureux et plein de santé."

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Une chanson de Piaf heureuse...

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Les belles "leçons de vie", à la fois graves et légères, que donne ce roman.


  • Les présentations des éditeurs : 03/09/2012

LE POINT DE VUE DES ÉDITEURS

Le jour des obsèques du grand-père, la famille est en train d'attendre le prêtre dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, lorsqu'une petite dame énergique, portant un foulard rouge, s'approche du cercueil, pose un baiser d'adieu sur le front du défunt et, en souriant malicieusement en direction de l'assistance, actionne une vieille sonnette de vélo. Dans les premières rangées, on chuchote. Est-ce vraiment cette Louise ? Elle a donc osé ?
Léon et Louise n'ont pas vingt ans lorsqu'ils se rencontrent dans un petit village français vers la fin de la Première Guerre mondiale. Connus, reconnus, perdus de vue, séparés par les hasards de l'Histoire, les deux jeunes gens ne s'oublieront jamais.
Avec un sens délicat du détail et un souffle narratif puissant et élégant, Alex Capus explore les ressorts complexes de deux existences. Surgissent alors le décor et l'ambiance des différentes époques durant lesquelles nous suivons les péripéties des deux héros : la Normandie pendant la Première Guerre ; Paris sous l'Occupation ; le Quai des Orfèvres et la Banque de France ; l'action du préfet de police pour cacher les archives relatives à l'immigration ; l'opération de sauvetage de l'or de la République...
En réinventant la vie secrète de son propre grand-père sur plus de quarante ans, Alex Capus signe le roman d'un amour plus fort que le tourbillon de la vie, une irrésistible épopée qui a déjà séduit un grand nombre de lecteurs à travers le monde.

Alex Capus est né en Normandie en 1961, d'un père français et d'une mère suisse. Il vit jusqu'à l'âge de cinq ans à Paris, puis part s'installer en Suisse avec sa mère. A Bâle, il étudie la philosophie, l'histoire et l'ethnologie. Alex Capus est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages dont deux sont disponibles en français : Un avant-goût de printemps (Autrement, 2007) et Le roi d'Olten (Bernard Campiche, Suisse, 2011). Traduite dans de nombreuses langues, son oeuvre a été récompensée par le grand prix de Pro Helvetia.


  • Les courts extraits de livres : 03/09/2012

Assis à l'intérieur de Notre-Dame, nous attendions le prêtre. Par la rosace, la lumière irisée du soleil éclairait le cercueil ouvert. Il était couvert de fleurs et dressé sur un tapis rouge devant le maître-autel. Dans le déambulatoire, un capucin était agenouillé devant une pietà, dans le bas-côté gauche, un maçon debout sur un échafaudage travaillait en produisant, avec sa truelle, des crissements qui résonnaient entre ces murs vieux de huit siècles. En dehors de cela, le silence régnait. Il était neuf heures du matin, les touristes prenaient encore le petit-déjeuner à leur hôtel.
Nous formions une assistance réduite ; le défunt avait eu une longue vie et la plupart de ceux qui l'avaient connu étaient morts avant lui. Sur le premier banc, au milieu, étaient assis ses quatre fils, sa fille, ses brus, et à côté d'eux ses douze petits-enfants, dont six encore célibataires, quatre mariés et deux divorcés ; et tout au bout, les quatre des vingt-trois arrière-petits-enfants qu'il eut en tout, quatre, c'est-à-dire ceux qui étaient déjà de ce monde en ce 16 avril 1986. Derrière nous, dans la pénombre, cinquante-huit bancs vides s'étendaient jusqu'à l'entrée - une mer de rangées vides assez vaste sans doute pour accueillir tous nos ancêtres depuis le XIIe siècle.
L'assemblée que nous formions avait quelque chose de dérisoire, l'église était bien trop grande ; nous en ce lieu, voilà qui était bien une ultime blague de notre grand-père, ancien chimiste pour la PJ au Quai des Orfèvres et grand contempteur des calotins. Quand il mourrait, avait-il maintes fois proclamé dans les dernières années, il souhaitait une messe d'enterrement à Notre-Dame. Et si on lui faisait remarquer que, incroyant comme il l'était, il ne devrait guère attacher d'importance au choix de la maison de Dieu et que l'église de quartier, au coin de la rue, ferait bien mieux l'affaire pour notre petite famille, il rétorquait : "L'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet ? Mais non, les enfants, vous me ferez ça à Notre-Dame. C'est à peine à quelques centaines de mètres de là, ça coûtera un peu d'argent, mais vous y arriverez. Au fait, j'aimerais bien une messe en latin, pas en français. La liturgie à l'ancienne, s'il vous plaît, avec beaucoup d'encens, des psalmodies à n'en plus finir et du chant grégorien." Suivait une moue amusée sous sa moustache à l'idée que ses descendants passeraient deux heures et demie à s'esquinter les genoux sur des bancs bien durs. Il était tellement satisfait de sa plaisanterie qu'elle entra au répertoire de ses expressions favorites. "Si d'ici là je ne fais pas un détour par Notre-Dame", disait-il par exemple quand il prenait rendez-vous chez le coiffeur, ou bien : "Joyeuses Pâques, on se revoit à Notre-Dame !" Au fil des ans, la plaisanterie devint prophétie, et quand l'heure sonna vraiment pour mon grand-père, nous sûmes, tous autant que nous étions, ce qu'il nous restait à faire.


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