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.. Chapardeuse

Couverture du livre Chapardeuse

Auteur : Rebecca Makkai

Traducteur : Samuel Todd

Date de saisie : 17/10/2012

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Du monde entier

Prix : 21.00 €

ISBN : 978-2-07-013220-1

GENCOD : 9782070132201

Sorti le : 22/08/2012

Lucy est bibliothécaire dans le Middle West. Trentenaire d'origine russe et célibataire, elle apprécie son métier et principalement les livres. Pourtant on ressent un manque, un trouble. Parmi les visiteurs, seul le petit Ian attire son attention et l'intrigue. Il passe beaucoup de temps dans la bibliothèque, adore lire et choisit souvent des livres atypiques pour son âge. Elle le guide, l'épaule dans ses découvertes. Ian est le fils unique d'un couple de chrétiens fondamentalistes à l'éducation "rigoureuse". Or, un matin, elle le découvre reclus dans la bibliothèque. Il ne veut pas rentrer chez lui, et contre toute attente, elle accepte et ils partent immédiatement en voiture à la découverte de l'Amérique. Tout au long du voyage, alors que Ian laisse filer ses rêves, Lucy s'interroge sur les raisons de ce voyage, sur ses motivations profondes mais aussi sur son histoire familiale. Avec un humour désespéré, Rebecca Makkai nous offre un road-book plaisant et contrasté.


Aux États-Unis, apparemment, on détecte dès l'âge de 8 ou 10 ans qu'un petit garçon est "gay" et on n'hésite pas à le mettre entre les mains d'un pasteur évangélique tordu (probablement pédophile...) pour le faire rentrer dans le droit chemin !
Une bibliothécaire au grand coeur et aux idées plus modernes essaie de le tirer d'affaire quand il lui demande du secours, tout en prenant des risques pour elle-même.
Fuite, road-movie, c'est ahurissant et peu vraisemblable mais on s'y laisse prendre et on fait des voeux pour qu'elle réussisse !


Quand la lecture peut changer votre vie ou du moins l'orienter positivement. Une jeune bibliothécaire qui s'occupe du secteur jeunesse, se lie d'amitié avec un garçon dont la mère castratrice et faisant partie d'une congrégation religieuse rigide, brime ses lectures. Cet enfant étouffé par son éducation demande de l'aide à sa bibliothécaire qui connaît ses préférences livresques, donc son âme et l'oblige à le kidnapper. Cet enlèvement par inadvertance va les conduire tous deux à un voyage initiatique bouleversant, drôle et toujours accompagné de livres. Un vrai bonheur de lecture et oui, les livres peuvent sauver des vies !


  • Les présentations des éditeurs : 09/02/2013

Lucy, célibataire pas encore trentenaire, est bibliothécaire dans une petite ville perdue du Middle West, lan, dix ans, fils unique de chrétiens fondamentalistes homophobes, est son plus fidèle lecteur. Un beau matin, elle le découvre sur son lieu de travail réfugié parmi les livres. Contre toute attente, elle ne va pas le ramener tout de suite à ses parents. Ensemble, ils vont parcourir plusieurs États de cette Amérique post-11-Septembre. Pour ce gamin rêveur, c'est la découverte du vaste monde ; pour elle, l'occasion de s'interroger sur ses origines russes, le déracinement de ses ancêtres et leurs aspirations à plus de liberté.
Rebecca Makkai signe ici un premier roman humaniste et original en forme de road-book. Une balade épique et onirique qui décortique les traumatismes d'une nation faite d'immigrants, de fugueurs et de chapardeurs... d'identités.

Rebecca Makkai vit avec son mari et ses deux filles au nord de Chicago. Chapardeuse est son premier roman.



  • La revue de presse André Clavel - Lire, octobre 2012

Rebecca Makkai raconte la fuite d'une bibliothécaire et d'un enfant, tentant d'échapper à l'intolérance, et de préserver l'innocence. Une fugue, à la fois géographique et musicale. Une belle histoire d'amitié entre un gamin et une jeune femme. Un éloge brûlant de la lecture. Un procès de l'Amérique puritaine. Voilà ce que l'on découvre au détour de Chapardeuse, le premier roman de Rebecca Makkai....
Lucy, dont les aventures pourraient réconcilier Mark Twain et Salinger dans l'Amérique post-11 Septembre. Avec cette petite phrase, qui est la clé de ce road movie délicat : "Je continue à penser que les livres peuvent nous sauver."


  • Les courts extraits de livres : 09/02/2013

L'heure de l'histoire

Tous les vendredis, à seize heures trente, ils s'asseyaient en tailleur sur le tapis marron à poils longs, grattaient les croûtes de boue et de colle Elmer, et ils s'adossaient contre les étagères de livres illustrés.
J'avais cinq fidèles et, parmi eux, certains, s'ils l'avaient pu, seraient venus sept jours sur sept. Ian Drake se pointait avec la varicelle, une jambe cassée et pire encore. Il débarquait même quand il savait que la séance avait été annulée, s'asseyait, et lisait à haute voix. Et toutes les semaines, deux ou trois nouveaux rappliquaient - parents en panne de baby-sitter. Ils se démenaient entre les chapitres huit et neuf d'un livre qu'ils ne pouvaient suivre, tirant les fils de leurs chaussettes avant de s'en servir comme fil dentaire.
Cet automne-là, il y a cinq ans, nous en étions à la moitié de Matilda, livre entamé un mois plus tôt Ian vint me voir ventre à terre avant la séance.
«J'ai dit à ma mère que nous relisions La petite maison dans le grand bois. Je ne suis pas sûr qu'elle serait très fan de Matilda. Elle n'a déjà pas beaucoup apprécié Fantastique Maître Renard.» Il se passa les doigts dans les cheveux. «On est d'accord ?»
J'acquiesçai : «On veut tout sauf inquiéter ta mère.» Nous n'avions pas encore atteint la partie fantasmagorique, mais Ian l'avait déjà lue, en cachette, accroupi par terre à côté des Roald Dahl. Il connaissait donc la suite.
Il flâna du côté des biographies, puis vers les sciences, la tête inclinée pour lire les dos.
Loraine surgit à mes côtés - Loraine Best, la bibliothécaire en chef, qui Dieu merci n'avait rien entendu de notre conciliabule - et regarda les premiers enfants se rassembler sur le tapis. Certains vendredis, elle descendait juste pour hocher la tête et sourire aux mères qui déposaient leur bambin. Comme si l'atelier la concernait. Comme pour s'assurer que trois minutes de lecture des Œufs verts au jambon n'allaient pas déclencher des crises de larmes chez la moitié des enfants, tandis que les autres lèveraient le doigt pour savoir si la sorcière était gentille ou malfaisante.
Ian disparut de nouveau, faisant un détour vers l'histoire américaine, et caressa chaque livre en haut à droite. «Il vit pratiquement ici, pas vrai ? chuchota Loraine. Ce petit garçon homosexuel...
- Il a dix ans ! dis-je. Je doute qu'il soit quoi que ce soit de sexuel.
- Eh bien, je suis désolée, Lucy, je n'ai rien contre lui, mais cet enfant est gay», dit-elle avec le même ton enjoué teinté d'une magnanimité des plus imaginaires, le ton que mon père utilisait chaque fois qu'il évoquait «Ophelia, ma secrétaire noire».


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