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.. Toi

Couverture du livre Toi

Auteur : Zoran Drvenkar

Date de saisie : 22/10/2012

Genre : Policiers

Editeur : Sonatine éditions, Paris, France

Prix : 21.00 €

ISBN : 9782355841668

GENCOD : 9782355841668

Sorti le : 08/11/2012

Roman polyphonique d'un gang de cinq filles comparables aux doigts d'une main, d'un mafieux sans coeur, de son fils sur le mauvais chemin, d'un amoureux martyr, et d'un fils à papa au coeur d'artichaut qui croiseront de l'Allemagne à la Norvège un tueur de masse des plus étonnants. Drvenkar y brouille les pistes avec son brio désormais habituel : qui est qui, qui fait quoi et donc : qui dit la vérité ?


  • Les présentations des éditeurs : 21/09/2012

Un tueur en série.
Cinq adolescentes.
Un thriller magistral.

Imagine une tempête de neige sur l'autoroute, un bouchon de plusieurs kilomètres, aucune visibilité. Un homme sort de sa voiture et en silence assassine méticuleusement, à mains nues, vingt-six personnes dans les véhicules alentour. C'est le début d'une série de meurtres sans mobile apparent commis par celui que la presse surnomme «le Voyageur».
Imagine maintenant cinq adolescentes. Cinq amies avec leurs espoirs et leurs peurs, leurs envies et leurs problèmes. Cinq jeunes filles que rien ne peut séparer, et qui vont bientôt devoir affronter le pire. Prises en chasse par un homme à qui tu ne voudrais pas avoir affaire, elles vont se jeter dans une fuite en avant sauvage et désespérée.
Imagine enfin un voyage jusqu'à un hôtel isolé en Norvège où tous ces protagonistes vont se retrouver pour une confrontation à la tension extrême et un dénouement qui te laissera sans voix.

Zoran Drvenkar n'est pas un auteur comme les autres. Après Sorry, il subvertit une nouvelle fois tous les codes du genre et revient avec un thriller remarquable, à la construction vertigineuse. C'est dans un véritable piège qu'il entraîne un lecteur impliqué comme jamais, vibrant pour des personnages aussi complexes que fascinants.

Zoran Drvenkar est né en Croatie en 1967 puis a grandi à Berlin dès l'âge de 3 ans. Il commence à écrire en 1989, romans, jeunesse, scénarios, poèmes. Plusieurs de ses ouvrages ont été récompensés en Allemagne.

À propos de Sorry

«Vous n'avez jamais lu une histoire comme celle-là (...). On ressent des trésors d'imagination tordue qui rappellent le Fight Club de Chuck Palahniuk.»
Héléna Villovitch, ELLE

«Thriller incroyable, Sorry est un ovni par sa construction et sa thématique.»
LIRE

«Une descente aux enfers dont on ressort groggy, épatée par tant de maîtrise.»
AVANTAGES


  • Les courts extraits de livres : 21/09/2012

Le Voyageur

Nous avons beau aspirer à la lumière, nous avons besoin de l'ombre. Le désir qui nous fait rechercher l'harmonie nous pousse aussi, dans un obscur recoin de notre coeur, vers le chaos. Un chaos tout relatif, nous ne sommes pas des barbares. Pourtant, c'est bien ce que nous devenons dès que notre monde déraille. Le chaos est toujours à l'affût.
Jamais les pensées n'ont eu un impact aussi rapide. Les histoires ne se transmettent plus oralement, elles nous arrivent en kilo-octets à une vitesse vertigineuse, impossible désormais de détourner les yeux. Et quand l'excès se fait sentir, nous réagissons comme les barbares : nous transformons le chaos en mythe.
Un de ces mythes est né il y a quatorze ans, en hiver, sur l'autoroute A4 entre Bad Hersfeld et Eisenach. Nous ne donnerons pas la date exacte, chacun peut se documenter s'il le souhaite. D'ailleurs, les mythes ne se soucient guère des dates, ils sont intemporels, ils sont l'ici et maintenant. Retournons donc dans le passé pour le transformer en présent.

Nous sommes en novembre.
Nous sommes en 1995.
Nous sommes en pleine nuit.

Depuis une heure déjà, le bouchon s'étire sur plusieurs kilomètres, d'abord sur trois voies, puis sur deux, enfin sur une avant l'arrêt complet. L'autoroute est balayée par la neige. La visibilité est réduite à quelques mètres. Les engins de déblaiement se fraient péniblement un chemin sur les départementales en direction de l'embouteillage et restent eux-mêmes bloqués. Le ciel se déchaîne. Les phares des voitures ressemblent à des lumières sous-marines. Ce n'est pas une nuit à rester dehors. Personne ne s'attendait à ce brusque changement de temps.

Les gens sont coincés dans leurs voitures. Au début, ils laissent tourner le moteur, cherchent avec espoir une fréquence radio qui leur annonce la reprise prochaine de la circulation. Sans succès. Il est une heure du matin, il n'y a aucune sortie d'autoroute dans les environs et, s'il y en avait, elle serait impraticable. Paralysie. Les phares s'éteignent les uns après les autres, les moteurs se taisent, on n'entend plus que la tempête de neige. On enfile des manteaux, on recule les sièges. À intervalles irréguliers, les moteurs reprennent, le chauffage fonctionne pendant quelques minutes avant que le contact ne soit de nouveau coupé.
Tu es là, dans cette multitude. Tu es seul et tu attends. Ton GPS t'indique que tu es à une heure et cinquante-sept minutes de chez toi. Tu es abasourdi par ce qui t'arrive. Par ce qui arrive ici, dans ce pays, à tous ces gens. Un banal embouteillage en rentrant du travail.
Tu es l'un des rares à laisser tourner le moteur sans interruption. Pas parce que tu as froid. Tu le sais : dès que le silence tombera alentour, la résignation s'installera, or, tu n'es pas du genre à te résigner de ton plein gré. Même le GPS, tu le gardes allumé. Tu contemples l'écran, peut-être espères-tu que la distance qui te sépare de ta destination se réduira comme par miracle. Et plus tu regardes l'écran, plus tu te demandes comment tout cela a pu se produire.


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