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Auteur : Marie-Noëlle Himbert
Date de saisie : 21/09/2012
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Ed. du Moment, Paris, France
Prix : 18.50 €
ISBN : 978-2-35417-098-1
GENCOD : 9782354170981
Sorti le : 05/07/2012
Surprise du moment, avec quel plaisir et quel abandon de toute autre préoccupation allez-vous faire la lecture de ce «robot pensant» !
Nous qui, parfois, aimons que la science vienne à nous plutôt que d'avoir à aller la chercher dans ses termes ardus ; nous qui, quelquefois las des théorèmes, ou fatigués simplement, avons juste le souhait d'un livre qui nous parle à l'oreille, mais captive et informe même dans sa sobriété ; nous, dis-je, en avons avec Marie-Noëlle Himbert et son ouvrage la possibilité. Journaliste, réalisatrice de documentaires et scénariste résolument tournée vers l'étude de l'humain, l'auteur s'offre ici de livrer son enquête sur la science des robots. Génial enchevêtrement d'histoires où se mêlent les débuts vacillants, l'imaginaire social, l'état actuel et l'à venir de ce domaine, qui paraît bien certain, c'est à travers les traits de l'homme que s'organise l'ouvrage. Deux jambes, deux bras, une tête, et un chapitre pour chacun de ces membres qui tendent (Dans quel but ? Et comment ?) à devenir aussi caractéristiques du robot que de son créateur... Au moyen de ce découpage astucieux, l'auteur sait faire des parallèles fascinants entre les deux sujets et, laissant de côté l'aspect technique de cette science, nous livre une réflexion profonde mais imagée et drôle, vivante, agréable en tous points. Le curieux sera conquis, le passionné aussi !
Mais qu'en pensera le robot ?
1) Qui êtes-vous ? !
Une curieuse, désireuse d'explorer des univers et de les raconter comme on conte une histoire.
Plus prosaïquement, une journaliste, réalisatrice de documentaire et scénariste de docu-fiction, auteur de quelques livres, pour l'euphorie de l'écriture et de la transmission.
2) Quel est le thème central de ce livre ?
En quoi les robots humanoïdes peuvent-ils nous aider à comprendre l'homme.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Être "intelligent", ce n'est pas, comme le croyait le génial Kasparov, être le meilleur, le plus fort, le plus... intelligent. C'est être le plus humain.
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Le Printemps de Vivaldi. Parce qu'il vous emporte là où le soleil pointe son nez.
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Ma fascination pour la recherche et pour ces hommes d'exception que sont les chercheurs, avec leur idéal, leur poésie, leurs rêves, leur goût d'enfance.
Après des mois d'enquête dans la jungle robotique, d'improbables rencontres dans des laboratoires encombrés de ressorts et de fils emmêlés, après des centaines d'heures de surf sur le Net entre le p'tit Nao qui épluche une banane et de vilains soldats bardés d'exosquelettes, Marie-Noëlle Himbert peut vous l'assurer : les robots humanoïdes ont plein d'histoires à nous raconter. Et tant de choses à dire sur nous-mêmes, les hommes.
Car, pour créer un être à son image, encore faut-il connaître le modèle. Partir de ce que l'on sait de l'homme pour tenter de comprendre par quels étonnants stratagèmes les ingénieurs s'échinent à le copier pour construire leurs machines. Avec leur regard décalé, les roboticiens vivent dans un autre monde, un monde où tout est possible.
Cet essai passionnant ouvre au grand public un univers tout à la fois ludique et vertigineux.
Marie-Noëlle Himbert est journaliste, réalisatrice de documentaires et scénariste de docu-fictions. Ses thèmes de prédilection : l'homme et la science. Coauteur de Pasteur (France 2) et du Mystère des jumeaux (France 3, Editions Perrin).
New York, fin du XIXe siècle
Cheveux courts, raie sage sur le côté, la moustache bien taillée et un noeud de cravate encadrant son col blanc, un jeune homme se noie dans un tombereau de papiers. Herman Hollerith a vingt ans ; son diplôme d'ingénieur en poche, il vient de se faire embaucher par le Bureau du recensement des États-Unis. Devant lui s'entassent des centaines, des milliers de fiches, qu'il faut trier, copier, classer, en fonction des réponses à plus de vingt questions posées par les enquêteurs de l'État fédéral à chacun de ses ressortissants. Sexe, langue, pays d'origine, métier, état de santé, niveau d'éducation... depuis 1790, l'Amérique compte et classe ses habitants tous les dix ans, afin de fixer équitablement le nombre de représentants de chaque État au Congrès. Et ce travail de Titan ne s'arrête jamais, car les immigrants débarquent par centaines de milliers chaque année sur cette terre de liberté.
Ce soir-là, Herman s'est attardé. Il a salué ses collègues de bureau, attendu que le silence occupe tout l'espace entre le mobilier, puis il a cherché. Les deux papiers qu'il tient entre ses mains sont, en apparence, semblables à tous les autres. Pourtant, ses doigts tremblent.
«George Hollerith» et «Franciska, née Brunn» ont fui leur Allemagne déchirée par la révolution et traversé l'Atlantique. Leurs noms sont là, parmi les vingt-trois millions de fiches du recensement de 1850. Il leur a fallu quelques années pour se construire une nouvelle vie. Et un jour, Hermann est né. Il allait devenir l'une des incarnations du rêve américain.
L'afflux d'immigrants pose un problème comptable aux États-Unis. Cinq ans après son démarrage, le recensement de 1880 n'est toujours pas achevé. La population a plus que doublé en trente ans. À ce rythme-là, celui de 1890 ne sera pas finalisé lorsque débutera celui de 1900. Cinquante mille personnes y travaillent à plein temps. L'administration est submergée.
Elle lance alors un concours : celui qui trouvera une méthode pour accélérer le traitement statistique des informations se verra accorder le marché du prochain recensement. Herman Hollerith vient de mettre au point une machine étonnante : le tabulateur. Après un test en conditions réelles, il l'emporte haut la main sur ses deux concurrents. Grâce à son invention, le comptage de 1890 est bouclé en six semaines et son traitement en deux ans (il en a fallu sept pour le précédent). Il fait économiser cinq millions de dollars à l'État. Un État fort de 62 979 766 de ressortissants. Très exactement.
Le principe de sa machine ? De simples cartes perforées. Sur ces cartes, des cases (autant que de réponses possibles à toutes les questions posées), et dans certaines cases, des trous (correspondant aux réponses données par la personne recensée). Au passage des cartes dans le tabulateur, chaque trou déclenche une impulsion électrique qui fait avancer d'un cran un compteur. Plusieurs critères peuvent être traités simultanément et enregistrés sur différents compteurs. Il est même possible de croiser des critères pour affiner les statistiques.
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