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.. Ecarlate

Couverture du livre Ecarlate

Auteur : Hillary Jordan

Traducteur : Michèle Albaret-Maatsch

Date de saisie : 08/12/2012

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Belfond, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 22.00 €

ISBN : 9782714451811

GENCOD : 9782714451811

Sorti le : 18/10/2012

Hannah Paine est une jeune couturière irréprochable. Mais lorsqu'elle tombe amoureuse d'Aidan, ministre de la foi, homme marié, qu'elle tombe enceinte et qu'elle avorte, tout bascule. Non seulement parce qu'elle découvre la force des sentiments, les injustices de la vie, les meurtrissures de l'amour ou la nécessité de grandir, mais parce qu'elle apprend ce que sont les persécutions, la peur, la violence, la haine et le désespoir...
Dans le monde dystopique imaginé par Hillary Jordan, les criminels ne sont pas emprisonnés, non, leur peine serait trop douce ; on leur insuffle un virus mélachromatique. Colorés en jaune, orange, rouge, violet, selon la gravité de leurs crimes, ils sont relégués en marge de la société, sujets désignés de tous les maux et de toutes les violences. Et les criminels, dans ce monde, sont nombreux... Il faut dire que l'adultère est un crime, que l'avortement est un crime, que l'homosexualité est un crime ! Les femmes n'ont leur place qu'en cuisine ou derrière une machine à coudre, la religion s'insinue dans tous les rouages de la société et les libertés, quant à elles, n'existent pas. La jeune Hannah, devenue rouge écarlate à la suite de son avortement, se trouve soudainement confrontée aux paradoxes de son éducation, elle prend conscience de sa naïveté et des injustices, des normes que les puissants tentent d'imposer et de l'exclusion dont sont victimes tous ceux qui s'y plient pas.
Ce roman, savamment orchestré entre le conte initiatique, la science fiction et l'essai sociologique, nous plonge au coeur d'une société profondément dictatoriale, dans la vie de cette jeune femme qui doit se battre pour avoir le droit de vivre. Hillary Jordan a construit son récit avec brio, amenant subtilement le lecteur à réfléchir sur cette fiction effrayante et à ouvrir les yeux.
Mais le plus inquiétant survient après la lecture, quand on repose Écarlate et qu'on se demande si, finalement, ce monde est vraiment si différent du nôtre... Et quand l'estomac se noue, que des frissons parcourent la nuque et le dos, on comprend que le danger n'est jamais totalement écarté !


Le Texas dans un futur proche. Dans un monde où les fondamentalistes religieux ont pris le pouvoir et où les libertés fondamentales sont bafouées, les condamnés ne vont plus en prison mais ont la peau teinte selon la gravité de leur crime : ils deviennent des Chromes.
Parce qu'elle a avorté et qu'elle refusé de donner le nom du père et celui de l'avorteur, Hannah, une jeune fille qui avait jusque là eu une existence très pieuse, est condamnée à rester Rouge pendant 15 ans. Rejetée par sa famille et lâchée dans un monde où elle est devenue une cible, Hannah va devoir se battre pour essayer de survivre.

"Écarlate" dénonce les dérives sectaires d'une société, qui sous couvert de religion, bafoue les droits des femmes et des minorités. On suit Hannah qui cherche à concilier ses principes avec sa nouvelle vie face à une bien-pensance hypocrite et cruelle. Un gros coup de coeur.


  • Les présentations des éditeurs : 20/10/2012

Après le succès de Mississippi, Hillary Jordan revient avec un roman au suspense haletant, situé dans un futur proche effrayant de réalisme, un pamphlet virulent contre les dérives totalitaristes d'une société américaine puritaine et intolérante.

Une Chrome. Une Rouge. Pour Hannah Payne, la sentence est tombée. Pendant seize ans, la jeune femme devra porter sur sa peau la couleur de son crime, celui d'avoir aimé un homme marié, un pasteur, et d'avoir supprimé le fruit de cette passion illégitime pour protéger son amant.
Mais dans une Amérique où les droits des femmes sont niés, l'avortement est sévèrement puni. Ici, l'Église a pris le pas sur l'État et dicte sa loi implacable.
Aucun pardon, aucune réinsertion possibles : stigmatisée aux yeux de tous, rejetée par les siens, Hannah doit affronter la haine et la violence des hommes. Seule.

Centres de redressement, groupuscules extrémistes, pour les Chromes le danger est partout. Une solution : fuir. Mais où ? Et comment ? Car dans un monde paranoïaque, à qui peut-on encore se fier ?

«Hillary Jordan nous entraîne à la découverte d'un monde qui, bien que futuriste et inventé de toutes pièces, n'en est pas moins effroyablement crédible [...]. L'histoire, elle, se nourrit d'un constat dramatique, d'une rage sincère à l'égard de l'amenuisement des libertés sociales dans l'Amérique du XXIe siècle.»
The New York Times

Hillary Jordan a passé sa jeunesse entre le Texas et l'Oklahoma, et vit aujourd'hui à Tivoli, dans l'État de New York. Acclamé par la critique américaine, nommé dans la liste des dix meilleurs premiers romans de la décennie par le magazine Paste, Mississippi (Belfond, 2010; 10/18, 2011), son premier roman, en partie inspiré par ses souvenirs d'enfance, a connu un succès international et s'est vu attribuer le prestigieux Bellwether Prize. Son deuxième roman, Écarlate, connaît également un formidable succès critique outre-Atlantique.


  • Les courts extraits de livres : 20/10/2012

LORSQU'ELLE SE RÉVEILLA, ELLE ÉTAIT ROUGE. Ce n'était ni la honte ni un coup de soleil, c'était le rouge franc et parlant d'un panneau de stop.
C'est ses mains qu'elle vit en premier. Elle les leva et les examina en plissant les yeux. Dans l'ombre de ses cils et à la lumière blanche et crue du plafond, elles lui apparurent noires durant quelques secondes. Puis elle accommoda et l'illusion se dissipa. Elle les étudia de dos, de face. Vues par en dessous, elles lui semblèrent avoir à peu près autant de points communs avec elle que des étoiles de mer. Ce n'était pas une surprise - des Rouges, elle en avait déjà vu plusieurs fois, bien sûr, dans la rue et sur les vids -, pourtant, elle n'avait pas imaginé devoir affronter pareille métamorphose dans sa chair. Depuis vingt-six ans qu'elle était en vie, ses mains avaient été d'un rose aux nuances de miel qui virait au brun doré pendant l'été. Aujourd'hui, elles avaient la couleur du sang frais.
Elle sentit la panique monter, sa gorge se nouer et des tremblements la saisirent. Elle ferma les paupières et s'obligea à rester calme et à contrôler sa respiration afin que son ventre se soulève et s'abaisse à un rythme régulier. Elle ne portait qu'une tunique courte et sans manches, mais elle n'avait pas froid. La température de la pièce était réglée pour qu'elle soit à l'aise. La peine s'appliquait par d'autres biais : solitude, monotonie et, pire, confrontation avec l'image de soi, au plan littéral comme au plan figuré, le tout distillé par petites touches. Elle n'avait pas encore vu les miroirs mais les devinait qui chatoyaient à la lisière de sa conscience, avant de lui dévoiler sa nouvelle image ; et, cachées dernière eux, les caméras filmant le moindre battement de ses cils, le moindre tressaillement de ses muscles, puis les curieux derrière les caméras, gardes, médecins et techniciens au service de l'État, et les millions de spectateurs, les pieds sur une table basse, une bière ou un soda à la main, les yeux rivés sur l'écran vid. Elle se promit de ne rien leur donner : ni preuves ni exceptions pour étoffer leurs études de cas, ni réactions susceptibles de susciter leur mépris ou leur pitié. Elle allait s'asseoir, ouvrir les yeux regarder ce qu'il y avait à regarder, puis elle attendrait calmement qu'on la relâche. Trente jours, ce n'était pas si long.
Elle inspira profondément et s'assit. Des miroirs tapissaient les quatre murs et lui renvoyaient l'image d'un sol et d'un plafond blancs, d'une plate-forme de couchage blanche, d'une unité de douche transparente, d'un lavabo et d'un cabinet blancs. Et, au beau milieu de tout ce blanc immaculé, une tache d'un rouge criard qui n'était autre qu'elle-même, Hannah Payne. Elle vit un visage rouge - le sien. Des bras et des jambes rouges - les siens. Même sa tunique était écarlate, encore que d'une nuance moins vive que sa peau.
Elle eut envie de se rouler en boule, de se cacher, de hurler, de marteler la vitre à coups de poing jusqu'à la faire voler en éclats. Mais elle n'eut pas le temps de céder à ces impulsions, un spasme lui noua le ventre, une nausée la secoua. Elle se précipita vers le cabinet et vomit jusqu'à ce qu'il ne lui reste plus que de la bile. (...)


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