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.. En mer

Couverture du livre En mer

Auteur : Toine Heijmans

Traducteur : Danielle Losman

Date de saisie : 13/02/2014

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Bourgois, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 15.00 €

ISBN : 9782267025286

GENCOD : 9782267025286

Sorti le : 29/08/2013

Que l'on n'aille pas se tromper : le livre que publient les éditions Christian Bourgois sous le titre En mer et signé Toine Heijmans, un Néerlandais, ne s'adresse pas au public amateur de récits maritimes, aux nostalgiques des aventures au coeur des océans ou aux bourlingueurs en retraite même si on le leur conseil avec ardeur.

Non, En Mer, qui se passe quasi exclusivement sur les flots dangereux de la Mer du Nord, est un roman qui met aux prises un homme, Donald, avec son démon principal : la fuite, et si chaque épisode nous renvoie à l'imagerie du marin solitaire, c'est pour mettre à profit ce paradoxal lieu clos qu'est un voilier, petit élément au milieu de la vastitude qui confronte au pire et au meilleur de soi ceux qui ont choisi d'y trouver refuge. Car les trois mois de congés sabbatiques que s'est octroyé Donald pour échapper à une entreprise dans laquelle on n'a jamais vraiment compté sur lui représentent avant tout une période d'exclusion volontaire, loin de la fébrilité du travail et d'une famille pourtant aimée. L'épouse Hegar, avec un soulagement mal dissimulé, la fille Maria, sans trop comprendre, voient donc s'éloigner un homme dans la force de l'âge qui a besoin de se réinventer une apparence de destin. Pour conclure son périple au long cours il a persuadé sa femme de laisser leur fille passer les deux derniers jours à bord, moments d'intense complicité qui lui permettront, espère-t-il, de renouer le lien distendu avec son enfant de 7 ans, petite fille décidée et questionneuse. Mais il y a loin entre le fantasme et la réalité, et on ne joue pas impunément avec les éléments : transporter un enfant sur un petit voilier rend l'embarcation encore plus précaire. La mer se tait, les nuages ne dévoilent pas toujours leurs intentions, l'activité est intense sur l'eau où des radars vous voient passer sans parfois comprendre ce que vous voulez faire, la solitude est constamment menacée par l'irruption d'un danger car le héros n'est pas dupe et sait se souvenir que les océans se moquent des hommes qui s'y abiment dans son indifférence éternelle. Usant d'une langue simple et entêtante, Toine Heijmans, qui refuse les effets pour mieux nous préparer à l'irruption d'un possible drame, fait de nous les témoins inquiets d'une aventure décisive. Le travail de réflexion que Donald accomplit sur son parcours s'accompagne d'un lent effondrement que seule la petite fille semble pouvoir empêcher.

Autant ne pas en dire plus sur le crescendo narratif qui contraint le lecteur, tendu, à ne plus lâcher ces pages. Homme libre toujours tu chériras la mer ? Si tu en as la force, conclue avec beaucoup de puissance Toine Heijmans, qui signe là un remarquable premier roman.


Donald part naviguer trois mois en solitaire sur son voilier en mer du Nord. Pour sa dernière étape de 48 heures, Maria sa petite fille de 7 ans qu'il adore l'accompagne. Il en est très fier, et soucieux de partager sa passion avec sa fille et de prouver à son épouse qu'il est capable d'un tel voyage, il se consacre intensément et avec coeur à cette courte croisière.
Mais, coup de théâtre brutal et désenchanteur, en pleine nuit, Donald découvre avec effroi que Maria a disparu du bateau !
Voici un roman court et intense, au suspense incroyable savamment entretenu. Au-delà de l'intrigue habilement construite, les thèmes de la paternité et du couple sont abordés avec justesse, avec notamment des passages émouvants sur les relations père/fille.
Roman psychologique et réflexion intéressante sur la pression qui repose sur nos épaules dans nos sociétés occidentales contemporaines, En mer est un roman captivant de bout en bout. La tension est palpable, on est sur le bateau, on en a presque le mal de mer... et on tourne les pages en retenant son souffle... sans respirer jusqu'au dénouement final.


Alors qu'il vient de passer trois mois à naviguer dans la Mer du Nord, un homme s'apprête à rentrer chez lui. Sa fillette de 7 ans l'accompagne sur son bateau pour les deux derniers jours du voyage. Ce moment privilégié, tendre tête-à-tête attendu par le père vire au cauchemar... tout comme le ciel vire à l'orage. Un livre d'ambiance, huis clos maritime, maelstrom dans la tête de Donald, un homme chez qui tout chavire. Ce joli premier roman traite finalement des failles qui nous habitent et de l'impossibilité de fuir.


En mer.
Un horizon tantôt plat, mer d'huile, calme, trop, parfois. Le vent se lève, les nuages roulent, noirs, épais, les vagues les imitent. Tout est chaos, la mer semble vouloir rejoindre le ciel. Voilà le quotidien de Donald depuis trois mois. Sur son voilier rouge «Ismaël», il navigue sur la mer du Nord, du Danemark au Pays-Bas. Quel est le but de ce voyage ? Simples vacances ou quête de sens ?
Lassé de voir de jeunes employés obtenir les postes importants dans son entreprise, malgré sa ponctualité, sa persévérance, ce temps et cette énergie dépensés, en vain, au bureau chaque jour, il profite d'un congé sabbatique pour s'éloigner et faire le point sur ce qui est désormais essentiel dans sa vie. Son couple ? Il se demande ce qu'il partage encore avec sa femme Hagar après ces quelques années de vie commune hormis cet amour commun pour leur fillette de sept ans : Maria. Cette dernière le rejoint pour les deux derniers jours de traversée. Un moyen de partager un moment de complicité et d'échange. Le père transmettant à sa fille, tel un passeur, son savoir, son amour de la mer, ses observations et ses envolées poétiques sur ce paysage changeant, à la fois si prévisible et incertain.
La dernière nuit avant l'arrivée au port, un orage menace. Donald décide de mouiller au large en attendant que le temps se calme et encourage sa fille à aller se coucher. En pleine nuit, poussé à se retrancher dans la cale par une averse de grêle il en profite pour aller voir si le bruit n'a pas réveillé la fillette. Mais celle-ci ne se trouve plus sur sa couchette. Elle a disparu.
Le premier roman de Toine Heijmans est construit comme un véritable thriller. Un huis-clos oppressant dans cette immensité angoissante où l'homme reste seul face à lui-même, où la raison est mise à mal, où le voyage peut aussi bien vous faire ou vous défaire.

Si l'auteur évoque volontiers à plusieurs reprise Moby Dick d'Herman Melville comme source d'inspiration principale du roman, celui-ci n'est pas non plus sans rappeler un autre roman où la raison du navigateur est malmenée face à des éléments de plus en plus incompréhensibles : Les Aventures d'Arthur Gordon Pym d'Edgar Alan Poe.


Donald, lassé et insatisfait de son quotidien, a décidé de prendre le large. Trois mois de congés à bord de son voilier, loin de tout, pour se recentrer et trouver un apaisement dans ce combat contre la mer et contre lui-même. Pourtant, lors de la dernière étape, sa fille, Maria, âgée de sept ans, doit le rejoindre. Trois jours tous les deux, sur la mer, dans ce petit espace, à partager tous les instants. Enfin. Un père, une fille, complices. Se prouver qu'il pourra le faire. Puis l'arrivée prévue, triomphante, fiers, devant sa femme rayonnante qui les attendra sur le port, pour repartir, tous les trois, unis. Les premiers instants avec Maria sont heureux, paisibles. Mais rapidement, le lecteur ressent le trouble de Donald, sa fragilité, ses doutes et ses peurs, une anxiété de tous les instants, la peur de l'échec permanente, l'atmosphère se tend, comme le bateau, l'homme tangue, hésite. L'orage gronde, et lorsqu'il découvre que Maria n'est plus dans son lit, Donald et le lecteur paniquent, tremblent. La tension est extrême jusqu'à l'arrivée au port qui ne prendra donc pas la forme escomptée ? Un grand bonheur que ce premier roman, un style riche, un univers maritime parfaitement décrit, attirant et dangereux, omniprésent et obsessionnel, un suspense sans faiblesse, et le portrait émouvant d'un père en plein doute et parfaitement angoissé.


  • Le courrier des auteurs : 10/12/2013

1) Qui êtes-vous ? !
Je suis docteur en sciences, physicienne de formation; dans ma famille, nous sommes tous grands lecteurs et presque tous bilingues français-néerlandais.
J'ai traduit de nombreux livres du néerlandais vers le français (théâtre, poésie, romans), notamment ceux de Stefan Hertmans, Dimitri Verhulst, Margriet de Moor, Hugo Claus, Nescio, Tom Lanoy, Frank Westerman et Leonard Nolens, pour ne citer qu'eux.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Le dérapage tragique d'un homme solitaire, en plein désarroi, mal ajusté à notre société, qui veut toujours bien faire et toujours se fourvoie ; son voilier devient petit à petit le centre de son univers, sa manière à lui de fuir la réalité.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
En voici deux :
- Les mères ont une longueur d'avance que les pères ne rattraperons jamais, en tous cas pas un père tel que moi. Dès qu'il s'agit d'enfants, elles semblent ne jamais douter. Elles ne doutent jamais. Elles ont le même sang que leur enfant, leurs coeurs battent au même rythme. La première fois que j'ai entendu le battement de coeur de Marie, Hagar se trouvait chez le gynécologue sur la table d'examen. Le gynéco a posé un appareil d'échographie sur son ventre et j'ai entendu le battement de coeur de Marie : un froufrou extraterrestre, survolté. J'entendais en bruit de fond le battement calme, expérimenté de Hagar. Comme si elle s'adressait déjà à son enfant pas encore né : allons, calme-toi. Tout ira bien.
Marie a pu écouter pendant neuf mois le battement de coeur de sa mère. Le battement de coeur de son père viendra toujours en deuxième position.

- La mer portait délicatement le voilier. La mer est une boîte de Petri remplie de plomb liquide. Quelqu'un tient la boîte de Petri et la fait osciller, avec régularité et attention, de façon à créer une onde longue et houleuse. La proue glissait dessus sans problème. Les vagues étaient suffisamment grandes pour soulever haut le voilier. Et après avoir soulevé le voilier, elles le laissaient redescendre avec mille précautions. Comme si elles remettaient un bébé dans son berceau.
Nous avons fait voile jusqu'à ne plus voir aucune terre. Jusqu'à ce que la mer soit devenue un grand cercle et nous son centre.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Un quatuor de Schubert

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
C'est un livre qu'on ne peut lâcher, un véritable thriller psychologique, une percée pleine de surprise dans les profondeurs d'une personnalité perturbée et tragique ; l'écriture est magistrale dans sa sobriété.


  • Les présentations des éditeurs : 10/12/2013

Las du quotidien de sa vie de bureau, Donald décide de partir naviguer seul pendant trois mois en mer du Nord. Maria, sa fille de sept ans, le rejoint pour la dernière étape qui doit les ramener du Danemark aux Pays-Bas, où ils retrouveront sa femme. Mer étale, complicité entre le père et la fille : la traversée s'annonce idyllique. Mais rapidement, les nuages noirs se profilent à l'horizon, et Donald semble de plus en plus tourmenté. Jusqu'à cette nuit cauchemardesque où Maria disparaît du bateau alors que la tempête éclate...



  • La revue de presse - Le Nouvel Observateur du 14 novembre 2013

Ne se fier ni au titre ni à la couverture, d'une platitude tout océanique : le premier roman du Néerlandais Toine Heijmans joue merveilleusement avec nos nerfs. Donald a emmené Maria, sa fille de 7 ans, faire une petite traversée en mer du Nord. Une nuit, il descend la voir dans la cale où elle dort. Il tâte les draps : Maria a disparu. Où est-elle ? C'est le début d'un cauchemar pour ce papa un peu bancal, atteint non du mal de mer, mais du mal de père. Sous l'apparente simplicité de l'écriture, beaucoup de finesse.


  • Les courts extraits de livres : 10/12/2013

Je n'avais pas vu les nuages. Ils ont dû se rassembler dans mon dos. Ils ont dû s'avancer sur ordre de Dieu sait quoi. Les voilà qui voguent en rangs serrés devant l'étrave. Des galets plats, gris ardoise dans le ciel. Un gigantesque mobile fait de nuages, comme il y en avait un autrefois, suspendu au-dessus de son berceau
Les nuages assombrissent le matin. Ils privent la mer de lumière. Pendant des heures la lune a éclairé les vagues et veillé sur le voilier comme une lampe de chevet. Mais maintenant la lumière est éteinte et je me retrouve seul.
Il faudrait que le matin se lève. Il faudrait plus de lumière.
Mais il fait de plus en plus sombre, comme si le bateau retournait s'enfoncer dans la nuit. Comme si j avais le choix : reculer ou avancer. Retourner au début du voyage, ou continuer jusqu'à la fin. Mais je n'ai pas le choix. Je ne suis plus maître à bord.
Il faut que je regarde la carte. Il faut aussi que je boive quelque chose, mais je ne retrouve plus le thermos de thé. Et pourquoi la boussole ne répond-elle plus ? Pourquoi dois-je me concentrer sur des choses que je fais d'habitude sans réfléchir ?
On dirait que les nuages sont accrochés à du fil de pêche : des ovales flottants, énormes. Il va pleuvoir. C'est ce qu'ils disent. Et avec la pluie vient le vent, en violentes bourrasques. Tout ça est à la fois prévisible et imprévisible.
Il faut d'abord que j'amène les voiles, question de sécurité. Le vent va les déchirer. Ensuite, il faut que je me préoccupe de l'orage tapi dans les nuages. Je l'entends gronder, au loin. Bientôt les éclairs vont tomber, en longues torsades, à la recherche d'un endroit où frapper.
Dans les ports où j'ai mouillé, j'en ai entendu, des histoires de voiliers frappés par la foudre. Ils se fendent par le milieu. Prennent feu. La foudre touche le sommet du mât et une milliseconde plus tard la coque et tout, absolument tout à bord est détruit.
Toujours les mêmes histoires, répétées par d'autres marins. Je ne connais personne qui ait vraiment été frappé par la foudre. Pourquoi mon bateau intéresserait-il les éclairs ? Il est trop petit ; le mât ne fait pas quinze mètres au-dessus de l'eau. Une goutte dans la mer. Ça n'a aucun sens de frapper mon bateau. Mon bateau n'a aucune importance.
Je descends dans la cabine, à la recherche de mon téléphone portable. Il faut que je le planque dans le four, dont la cabine du voilier est équipée. Dans le port de Thyboron, j'ai rencontré un pêcheur qui faisait pareil. La foudre n'a pas besoin de frapper pour tout détruire, disait ce pêcheur. La charge électrique d'une pluie d'orage suffit à abîmer les choses : Everything breaks down, you know. Seul le four est sûr. Le four est une cage de Faraday. Le seul endroit où rien qui vienne de l'extérieur ne pénètre.


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