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.. La petite communiste qui ne souriait jamais

Couverture du livre La petite communiste qui ne souriait jamais

Auteur : Lola Lafon

Date de saisie : 22/03/2014

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Actes Sud, Arles, France

Collection : Domaine français

Prix : 21.00 €

ISBN : 978-2-330-02728-5

GENCOD : 9782330027285

Sorti le : 08/01/2014

Nadia Comaneci. Petite roumaine de 14 ans, gymnaste céleste, caractère trempé, soldate-enfant d'un régime totalitaire, petite icone de tout un peuple, image de propagande et marionnette de Ceausescu. Tout un programme... Lola Lafon s'empare de cet athlète pour faire naitre un roman fascinant car le personnage, l'époque, et le mode de narration le sont, fascinants. De ses débuts à sa fuite, chronologiquement, la romancière retrace le parcours de Nadia de ses succès à sa disgrâce, petite marionnette d'un pouvoir hallucinant d'inhumanité, icone d'un peuple sous le contrôle permanent de la Securitate et emblème de la lutte Est/Ouest. Ce livre est une fiction historique mais, avec force, établi parfaitement l'ambiance de suspicion, de rationnement, de contraintes, de folie dictatoriale par le biais de décrets ubuesques de la Roumanie de Ceausescu.
Brillant et passionnant


C'est sans doute parce qu'on les considère comme des héros des temps modernes que les plus grands sportifs n'ont cessé d'inspirer les écrivains.

Après Emil Zatopek (1) et Mohamed Ali, c'est aujourd'hui au tour de Nadia Comaneci de rentrer en littérature grâce à Lola Lafon. Son roman intitulé "La Petite communiste qui ne souriait jamais", que les éditions Actes Sud viennent de publier, se lit en effet comme une biographie de la célèbre gymnaste roumaine dont la performance aux J. O. de Montréal de 1976 a marqué les mémoires de tous, sportifs ou non -elle est la première à avoir remporté la note parfaite de 10.

Ici, les fameux Jeux Olympiques sont évidemment évoqués, mais Lola Lafon revient aussi sur les différentes étapes du parcours de la gymnaste : Une formation intensive dès son plus jeune âge, la consécration à quatorze ans, puis les premiers désenchantements liés notamment à la métamorphose du corps pendant la puberté, à la difficulté de progresser aussi.

Lola Lafon s'attaque à une légende de la gymnastique, mais pas seulement, car la carrière de la petite Nadia nous paraît aujourd'hui d'autant plus singulière qu'elle s'est construite en pleine Guerre Froide, dans une Roumanie régentée par Ceausescu. L'auteur rappelle a quel point la sportive est devenue une égérie pour l'Europe de l'Ouest, fascinée par cette petite slave filiforme et imperturbable. Lola Lafon nous immerge dans cette période si particulière et narre avec un certain sens de la reconstitution des anecdotes les plus éloquentes - par exemple, l'évocation de l'école de gymnastique où Nadia s'est entraînée, qui ne doit son existence que grâce aux dessous de tables et aux produits de contrebande dont l'entraîneur s'est servi pour arroser la municipalité. L'auteur ne manque pas non plus de nous décrire la surprise des jeunes gymnastes roumaines arrivées à l'Ouest et découvrant supermarchés, publicités et société de consommation.

Mais si Lola Lafon nous fait le portrait d'une époque, elle réussit aussi à ne jamais verser dans le cliché, la construction même de son roman évitant sans doute cet écueil. L'auteur a en effet pris soin d'entrecouper son récit de parties dialoguées avec une Nadia Comaneci qui relit et passe au crible tous les épisodes racontés, ce qui apporte nuances et profondeur. Que cette correspondance entre l'auteur et la gymnaste ai réellement eu lieu importe peu finalement, le lecteur parcourt le texte avec un plaisir tel qu'il est prêt à jouer tous les jeux que lui impose Lola Lafon. "La petite communiste qui ne souriait jamais" se lit d'une traite et nous donne envie après lecture de découvrir les autres romans d'un auteur jusqu'ici injustement méconnue et dont le talent n'est pas sans rappeler le grand Emmanuel Carrère...

(1) A lire : Courir de Jean Echenoz paru aux éditions de Minuit autour de Zatopek et Alias Ali de Frédéric Roux publié chez Fayard autour de Mohamed Ali


Entre fiction et réel, Lola Lafon dresse un portrait tout en contraste de la trop célèbre Nadia Comaneci. Une fillette qui a révolutionné le monde des gymnastes, une fillette que le sport n'a pas laissé devenir une femme.


De l'histoire de Nadia Comaneci, on retient surtout l'image de cette frêle gamine de 14 ans, qui, aux Jeux Olympiques de Montréal en 1976, fut la première à obtenir le «Perfect Ten».
A partir de la vie de cette gymnaste appartenant aujourd'hui à la mythologie sportive, Lola Lafon modèle un personnage de roman qu'elle suit de sa rencontre avec son entraîneur Béla Karolyi à sa fuite pour les États-Unis en 1989, et avec lequel elle mène un dialogue fictif.
Icône pop, modèle d'une perfection obtenue à force de travail, idole déchue, petit soldat du communisme roumain, opportuniste, fascinante enfant-fée, ou machine à gagner, qui est vraiment Nadia C. ?
Une jolie réflexion en contexte sur la célébrité, la désappropriation du corps, l'instrumentalisation des êtres, le sport, la politique et la liberté.


Montréal, JO de 1976. Une très jeune fille s'élance et fait chavirer le monde. Nadia C. est la première gymnaste à obtenir cette note parfaite : 10. Elle devient alors le symbole d'une enfance parfaite, pure et éternelle... ou presque.
Quel fut le parcours hors du commun de cette toute jeune fille, entre manipulations masculines et politiques et vénération de la planète entière ? Quelle est la part de vérité dans les récits officiels ou privés ?
C'est un roman exceptionnel qui tente de retracer la vie de la grande gymnaste Nadia Comaneci. La narratrice essaie de démêler le vrai du faux. Qui était réellement cette jeune fille manipulée par le pouvoir et si forte pourtant ? C'est aussi le récit d'une Europe de l'Est disparue, intransigeante et pourtant regrettée.
Lola Lafon signe un roman passionnant, entre réalité et non-dits, qui sonne comme un hommage exaltant à celle qui a donné à des milliers de petites filles le rêve «de s'élancer dans le vide, les abdos serrés et la peau nue»


  • Le courrier des auteurs : 21/01/2015

Lola Lafon répond aux questions des lecteurs et lectrices...

Enfant, j'étais une graphomane compulsive... Ça inquiétait mes parents !

J'ai été élevée en plusieurs langues puisque ma famille a vécu par exemple en Bulgarie, en Roumanie.

J'ai commencé à écrire des phrases avec des mots de toutes les langues... Mes parents étaient encore plus inquiets !

En Roumanie, la télé était ennuyeuse, alors j'écrivais.

L'ennui est une nécessité, pour écrire.

Mon père était écrivain et chercheur. Sa vie ne me faisait pas rêver du tout. Je me disais : «Pourvu que je ne devienne pas écrivain !» (Pourtant j'écrivais tout le temps)

Bien plus tard, en 2003, à Paris, j'ai déposé moi-même des manuscrits chez trois éditeurs. Très vite j'ai été publiée.

Ça a changé ma vie, d'être éditée !

Les lecteurs m'ont écrit, en nombre. Le retentissement de l'écriture, le partage furent un bouleversement.

Mais quand j'écris, je m'efforce de ne pas penser aux lecteurs sinon je me limite, même si évidemment, l'écriture est un dialogue avec l'inconnu, les inconnu(e)s...

Mes livres ne sont pas des journaux intimes. Il ne faut pas caresser les gens et les idées dans le sens du poil.

J'écris, je chante, je danse, mais je suis avant tout écrivaine (ça fait deux romans que j'enchaîne...).

Parmi les auteurs, dans le monde littéraire, je suis plutôt atypique (je n'ai pas fait Sciences-Po, j'ai vécu dans plein de pays, je suis danseuse, je parle beaucoup de langues).

Mais l'écriture est ma nécessité.

J'ai zéro confiance.

Après le moment idéal de l'écriture (j'adore écrire) il y a un vide en moi.

Je suis tout le temps en quête d'idées, de formules. Près de mon lit, il y a plein de bouts de papier, pour pouvoir noter à toute heure les idées, comme on note ses rêves.

Pour qu'une idée de roman soit prise en compte, il faut qu'elle devienne en moi une obsession.

Je dois écrire chaque matin.

Chaque matin vers 7h je me lève pour aller écrire. J'y vais directement. Il me faut du thé et une bonne paire de chaussettes !

S'il y a du monde dans la maison, je ne peux pas écrire !

Je ne suis pas un cadeau pour les autres. Je suis sociable à 15h, pas avant...

Pas de musique dans la pièce (car les mots sont déjà une musique). Il me faut le silence absolu.

Ecrire un roman, c'est la liberté absolue, contrairement à la chanson (qui est codée, refrain, couplet, etc.).

Quand on écrit, on se donne à la liberté. Mais il faut en même temps garder les pieds sur terre (comme dans la danse, il faut s'accommoder et se servir de la pesanteur).

Dès 7h du matin j'écris. Mais parfois ça bloque, l'inspiration n'est pas là. Alors je fais le ménage, par exemple, et je reviens écrire (je m'accroche !).

J'ai de l'empathie pour mes personnages. Je rends grâce à la petite communiste.

Ecrire un roman c'est un marathon. La petite communiste était imprégnée de moi, bien sûr.

Quand le livre me semble terminé, je le fais lire à un ami très cher, avant de l'envoyer à l'éditeur. A cet ami je demande de jouer le jeu, de dire ce qu'il y a à dire. Il ne fait pas de cadeau : c'est ce que j'attends de lui.

Je réécris tout le temps. Après avoir écrit le mot FIN ? Je laisse reposer les choses deux ou trois mois. Puis je peux encore réécrire, de longs passages. Parfois il faut savoir oser jeter des versions entières, puis tout réécrire...

Mais aujourd'hui, je suis tellement étonnée du succès de «La petite communiste qui ne souriait jamais»

Merci à Pierre (Roncherolles 76), Francine (Aix en Provence), Camille (Dunkerque), Yvette (Quimper), Léa (Paris 10), Monique (Chamonix), Joachim (Lille), Marie-Hélène (Versailles), Raphaëlle (Montreuil), Hélène (Arcy sur Cure)


  • Les présentations des éditeurs : 21/01/2015

Parce qu'elle est fascinée par le destin de la miraculeuse petite gymnaste roumaine de quatorze ans apparue aux JO de Montréal en 1976 pour mettre à mal guerres froides, ordinateurs et records au point d'accéder au statut de mythe planétaire, la narratrice de ce roman entreprend de raconter ce qu'elle imagine de l'expérience que vécut cette prodigieuse fillette, symbole d'une Europe révolue, venue, par la seule pureté de ses gestes, incarner aux yeux désabusés du monde le rêve d'une enfance éternelle. Mais quelle version retenir du parcours de cette petite communiste qui ne souriait jamais et qui voltigea, d'Est en Ouest, devant ses juges, sportifs, politiques ou médiatiques, entre adoration des foules et manipulations étatiques ?
Mimétique de l'audace féerique des figures jadis tracées au ciel de la compétition par une simple enfant, le roman-acrobate de Lola Lafon, plus proche de la légende d'Icare que de la mythologie des "dieux du stade", rend l'hommage d'une fiction inspirée à celle-là, qui, d'un coup de pied à la lune, a ravagé le chemin rétréci qu'on réserve aux petites filles, ces petites filles de l'été 1976 qui, grâce à elle, ont rêvé de s'élancer dans le vide, les abdos serrés et la peau nue.

Écrivain et musicienne, Lola Lafon est l'auteur de trois romans parus aux éditions Flammarion : Une fièvre impossible à négocier (2003 ; "J'ai Lu", 2006) ; De ça je me console (2007 ; "J'ai Lu", 2009) et Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce (2011).
Elle a également signé deux albums chez Harmonia Mundi : Grandir à l'envers de rien (2006) et Une vie de voleuse (2011).



  • La revue de presse Philibert Humm - Paris-Match, février 2014

Peut-être inconsciemment, Lola Lafon nous fait saisir combien la littérature surclasse parfois l'Histoire. Parce qu'elle délaisse les os, s'affranchit de ­l'essentiel pour s'appesantir sur les débords confus, précisément là où ne s'aventurent plus les manuels, où l'imagination reprend le pas...
Au-delà des blocs, ce livre est le récit d'un exil. Celui d'un corps qui reconduit son ­enfance à la porte. Qui montre au monde des Tartuffe un sein qu'il ne ­saurait voir.


  • La revue de presse Jean-Claude Raspiengeas - La Croix du 5 février 2014

L'auteur se concentre sur les vingt ans de ce basculement, de l'éclosion de la petite villageoise d'Onesti, en Moldavie, à sa chute, après son exil rocambolesque aux États-Unis pour fuir le régime de Ceausescu...
Roman d'initiation, La petite communiste qui ne souriait jamais s'ouvre par des morceaux de bravoure littéraire, éblouissante et fabuleuse évocation de l'exploit de Montréal, sur le fil tendu de ces minutes suspendues...
Admirable travail littéraire, ce roman, en équilibre sur l'invention romanesque et le réel, se révèle follement séduisant par son style, sa construction, son originalité.


  • La revue de presse Baptiste Liger - Lire, janvier 2014

De l'ascension à la chute, le parcours de la gymnaste roumaine Nadia Comaneci vu par Lola Lafon. Le roman d'une vie...
Au-delà de l'histoire, ô combien allégorique, de cette baby star, Lola Lafon compose un roman à vif sur bien des guerres froides - Est contre Ouest, bien sûr, mais aussi hommes contre femmes, spectateurs contre petits soldats du sport-spectacle... Ne donne-t-on pas des médailles aussi bien aux dieux du stade qu'aux soldats tombés au front ?


  • La revue de presse Alain Nicolas - L'Humanité du 23 janvier 2014

Lola Lafon - qui a passé une partie de son enfance dans la Roumanie de Ceaucescu - a relevé le défi de l'écriture d'une biographie de cette inconnue célèbre, et donne un roman qui est le portrait d'une époque et d'un monde, et une réflexion sur la vérité de l'écriture même.


  • La revue de presse Eric Aeschimann - Le Nouvel Observateur du 16 janvier 2014

Lola Lafon signe aussi un exploit. Mêlant avec virtuosité documentation et imagination, elle construit une saisissante reconstitution de la folie Comaneci, cette électricité sexualo-politico-commerciale qui a circulé pendant quelques années entre les deux côtés du rideau de fer...
Entre les rayons vides (à l'Est) et la surabondance de vulgarité (à l'Ouest), faut-il vraiment choisir ? Le sort réservé au corps féminin est un révélateur des régimes politiques. L'auteur, qui a passé une partie de son enfance en Roumanie, montre qu'en la matière les deux blocs étaient complices. Sur le stade de Montréal, ils n'ont fait que se passer le témoin.


  • La revue de presse Françoise Dargent - Le Figaro du 16 janvier 2014

Titre accrocheur pour un texte empli de grâce qui jamais ne s'appesantit façon hagiographie hollywoodienne. Normal, son sujet est «un ange» qui «s'élève au-dessus des lois, des règles et des certitudes, une machine poétique sublime qui détraque tout». L'auteur sait d'ailleurs se faire lyrique, délicate et inspirée, lorsqu'elle décrit les circonvolutions de la jeune fille dans l'air. Elle est tranchante quand il s'agit de décrire l'entraînement harassant, les blessures et la surexposition médiatique infernale qui frappe l'adolescente à laquelle «toutes les petites filles du monde capitaliste» rêvent de ressembler...
Le roman en or de cette rentrée.


  • La revue de presse Claire Devarrieux - Libération du 16 janvier 2014

Il semble en tout cas évident qu'une double expérience la prédisposait à traiter au mieux son sujet : elle a suivi des cours de danse classique, rien de tel pour comprendre le travail, la discipline, la souffrance qu'il faut pour sculpter un corps de championne. Et elle a passé une partie de son enfance en Roumanie. Ses romans précédents, chez Flammarion, De ça je me console (2007) et Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce (2011) étaient des autofictions un peu échevelées. La Petite Communiste qui ne souriait jamais s'accroche au fil de la chronologie, tout en pulvérisant la linéarité...
Curieusement, le lourd procédé qui consiste à imaginer que l'intéressée intervient dans le travail de sa biographe est une habileté supplémentaire. Cela permet d'intégrer des scènes que la romancière n'aurait peut-être pas réussi à caser sans ce subterfuge. Elle traite souvent par ce biais l'étonnante relation que l'«elfe» des JO entretenait avec son entraîneur. Elle laisse aussi l'héroïne endosser un point de vue nuancé sur la société socialiste, qui est peut-être, parfois, le sien.


  • La revue de presse Marie-Laure Delorme - Le Journal du Dimanche du 5 janvier 2014

La romancière et musicienne retrace le parcours de la gymnaste roumaine, Nadia Comaneci, dans un livre de haut vol...
Le regard de l'écrivain se pose sur chaque fait et geste du parcours de Nadia Comaneci. On a adoré l'enfant et on a détesté la femme. Nadia Comaneci sera aussi mal traitée par le régime communiste que par le régime capitaliste. Son arrivée aux États-Unis se passe mal. Elle brille trop, elle ne brille pas assez. On l'aime grâce à ce qu'elle est : la perfection technique. On ne l'aime pas à cause de ce qu'elle est : la glaciation de l'émotion. Frêle soldat courageux et concentré. La petite communiste qui ne souriait jamais est un portrait de la Roumanie de Ceausescu où la réécriture est la norme, une exploration de la littérature du clair-obscur dans un bras de fer sujet-auteur, une méditation sur la transformation du corps des femmes à travers la plus grande athlète du XXe siècle. Lola Lafon se bat contre les stéréotypes entourant les pays du bloc de l'Est et dénonce la chosification du corps de la femme. Son allure d'écrivain : un éclair zébrant la nuit...
Qu'est-ce que la norme ? Qu'est-ce que la liberté ? Les deux interrogations sont au coeur du travail fictionnel de Lola Lafon. La romancière française ne pouvait donc que croiser le destin de la gymnaste roumaine. Le choc a lieu. On lit et on se dit : écrit-on toujours contre l'oubli ?


  • La revue de presse Raphaëlle Leyris - Le Monde du 9 janvier 2014

La Petite Communiste qui ne souriait jamais dit tout à la fois la violence du regard posé sur le corps des femmes, et comment celui de Nadia Comaneci, maltraité par les heures d'entraînement, a " ravagé le joli chemin rétréci qu'on réserve aux petites filles ", et les a, en un sens, libérées - il a " décrassé le futur ". Le roman montre la propagande communiste à l'oeuvre, la vie dans un régime délirant, mais il refuse d'en faire " un mauvais film simpliste " (née en 1975, l'auteure, française, a grandi entre la Roumanie et la Bulgarie). En miroir, il souligne le rôle que le monde capitaliste assigne à ses sportifs et la tristesse des aspirations qu'il autorise. Ce texte en constant équilibre, on jurerait que Lola Lafon l'a écrit les mains enduites de magnésie. Pour ne pas tomber, tout en s'autorisant des figures périlleuses - ainsi des échanges entre la narratrice et Nadia, qui lui permettent de s'interroger sur le droit de parler à la place de son héroïne, et sur les versions de l'histoire. Sans jamais donner l'impression de l'effort ni trébucher, Lola Lafon sait tout à la fois quel élan prendre pour écrire chaque scène, et à quel moment arrêter son geste. Verdict ? La Petite Communiste... est un texte sur la grâce qui en est tout empli.


  • La revue de presse Marine Landrot - Télérama du 1er janvier 2014

Lola Lafon a trouvé son sujet, son double, son miroir, et du choc de cette rencontre jaillit un texte impressionnant de maîtrise et de poésie, comme les numéros de voltige de Comaneci. Cette adéquation de forme est le secret de la réussite du livre. Loin du biopic à l'américaine, le récit prend des risques, ose des apartés imaginaires entre la romancière et l'athlète, s'élève dans les airs avec des descriptions hallucinées des prouesses sportives, enchaîne les figures littéraires les plus personnelles et les plus justes, embrasse la totalité d'une personne hors du commun, avec une économie de moyens et un sens de l'équilibre saisissants...
Lola Lafon interroge le silence, donne à entendre les cris étouffés de ceux qui ont troqué un bâillon contre un autre. Sa parole est d'or, et prouve que les langues déliées triompheront toujours, qu'elles tracent leurs lettres dans les airs, du bout des doigts de pieds, ou sur le papier, éprises de liberté.


  • Les courts extraits de livres : 21/01/2015

Quel âge a-t-elle, demande la juge principale, incrédule, à l'entraîneur. Ce chiffre, quatorze, lui donne un frisson. Ce que la petite a effectué à l'instant dézingue le déroulement des chiffres, des mots et des images. Il ne s'agit plus de ce que l'on comprend. On ne saurait noter ce qui vient d'advenir. Elle jette la pesanteur par-dessus son épaule, son corps frêle se fait de la place dans l'atmosphère pour s'y lover.
Mais pourquoi personne ne les a prévenus qu'il fallait regarder par là, ragent ceux qui ratent le moment où, sur les dix centimètres de largeur de la poutre, Nadia C. se lance en arrière et, les bras en croix, donne un coup de pied à la lune, saut à l'aveugle, et ils se tournent les uns vers les autres, est-ce que quelqu'un a compris, est-ce que vous avez compris ?
Le panneau électronique affiche comaneci Nadia, romania suivi de 73, son dossard, et là où il devrait y avoir sa note : rien.
On attend. Blêmes, les gymnastes soviétiques vont et viennent dans les travées réservées aux entraîneurs et aux compétitrices qui ont terminé. Elles savent. Les coéquipières de la Roumaine, elles, semblent au désespoir, Dorina tient ses mains jointes, Mariana murmure une phrase en boucle, une autre est affalée, les yeux fermés; Nadia, elle, un peu à l'écart, sa queue de cheval de travers, ne jette pas un regard au tableau d'affichage. Et c'est lui qu'elle voit en premier, Béla, son entraîneur, debout, les bras au ciel, la tête renversée en arrière; elle se tourne enfin et découvre sa sanction, ce terrible 1 sur 10 qui s'inscrit en nombres lumineux face aux caméras du monde entier. Un virgule zéro zéro. Elle repasse de possibles fautes dans sa tête, l'arrivée du périlleux arrière éventuellement, pas assez stable, qu'est-ce qu'elle a pu faire pour mériter ça ? Béla la serre dans ses bras, t'en fais pas chérie, on va déposer une réclamation. Mais un des juges attire son attention. Parce que le Suédois se lève. Parce qu'il a les larmes aux yeux et la fixe. Et tous raconteront cet instant tant et tant de fois qu'elle n'est plus sûre aujourd'hui de l'avoir vécu, peut-être l'a-t-elle vu à la télé, peut-être cet épisode a-t-il été écrit pour un film.
Le public s'est levé et de leurs dix-huit mille corps provient l'orage, leurs pieds grondent rythmiquement au sol et le Suédois dans le vacarme ouvre et ferme la bouche, il prononce des mots inaudibles, des milliers de flashs forment une pluie d'éclats inégaux, elle entrevoit le Suédois, que fait-il, il ouvre ses deux mains et le monde entier filme les mains du juge vers elle. Alors, la petite tend ses deux mains vers lui, elle demande confirmation, c'est un... dix ? Et lui, doucement, hoche la tête en gardant ses doigts ouverts devant son visage, des centaines de caméras lui cachent l'enfant, les gamines de l'équipe roumaine dansent autour d'elle, oui, amour, oui, ce un virgule zéro zéro est un dix.
Le panneau tourne lentement de gauche à droite, du jury vers le public en passant par les gymnastes, affichant ce un qu'il faut comprendre : dix. Une virgule déplacée. Ou plutôt une virgule qui refuse obstinément de se déplacer. Un homme va et vient entre la presse et les juges, son tee-shirt officiel jeux de Montréal 1976 assombri aux aisselles, il s'éponge le front. La chef des juges lui fait signe d'approcher, trop de bruit, quelque chose a détraqué la machine, je vous dis, les sifflets les forcent à se pencher l'un vers l'autre, vous plaisantez ou quoi ? La terre entière filme, c'est le premier jour de la compétition ! Il est où, le type de Longines ? L'ingénieur concepteur des tableaux de notation tente d'enjamber les journalistes agenouillés autour de la petite pour parvenir à la table des juges qui gesticulent : ça ne marche pas votre système ! Et lui, au représentant du CIO qui se bouche une oreille pour l'entendre, ça marche dans les autres compétitions, ça marche, l'ordinateur est infaillible, vous l'avez détraqué, il pointe du doigt les juges mais tout a changé, ils ne lui prêtent plus aucune attention, les juges sont devenus spectateurs, pleurent et ovationnent la gamine qui s'est assise près de son entraîneur, son dos étroit tourné à la machine sénile qui bougonne : un virgule zéro zéro.


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