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.. Les forêts de Ravel

Couverture du livre Les forêts de Ravel

Auteur : Michel Bernard

Date de saisie : 10/04/2015

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : La Table ronde, Paris, France

Collection : Vermillon

Prix : 16.00 €

ISBN : 978-2-7103-7607-1

GENCOD : 9782710376071

Sorti le : 08/01/2015

  • Les présentations des éditeurs : 04/02/2015

«Quand Ravel leva la tête, il aperçut, à distance, debout dans l'entrée et sur les marches de l'escalier, une assistance muette. Elle ne bougeait ni n'applaudissait, dans l'espoir peut-être que le concert impromptu se prolongeât. Ils étaient ainsi quelques médecins, infirmiers et convalescents, que la musique, traversant portes et cloisons, avait un à un silencieusement rassemblés. Le pianiste joua encore la Mazurka en ré majeur, puis une pièce délicate et lente que personne n'identifia. Son doigt pressant la touche de la note ultime la fit longtemps résonner.»
En mars 1916, peu après avoir achevé son Trio en la majeur, Maurice Ravel rejoint Bar-le-Duc, puis Verdun. Il a quarante et un ans. Engagé volontaire, conducteur d'ambulance, il est chargé de transporter jusqu'aux hôpitaux de campagne des hommes broyés par l'offensive allemande. Michel Bernard le saisit à ce tournant de sa vie, l'accompagne dans son difficile retour à la vie civile et montre comment, jusqu'à son dernier soupir, «l'énorme concerto du front» n'a cessé de résonner dans l'âme de Ravel.

Michel Bernard est né à Bar-le-Duc. Depuis La Tranchée de Calonne en 2007, couronné par le prix Erckmann-Chatrian, il a publié à La Table Ronde La Maison du docteur Laheurte (2008, prix Maurice Genevoix), Le Corps de la France (2010, prix Erwan Bergot de l'armée de terre) et Pour Genevoix (2011, prix Grand Témoin de la France mutualiste 2013).



  • La revue de presse Bertrand Dermoncourt - L'Express, avril 2015

Après le succès du livre de Jean Echenoz, voici une autre fiction autour de Maurice Ravel. Encore lui ? Les romanciers n'auraient-ils plus d'imagination pour s'attacher ainsi à des figures historiques ? Qu'importe, car Les Forêts de Ravel sont une réussite.


  • La revue de presse Claire Devarrieux - Libération du 12 mars 2015

Après avoir été un personnage de Jean Echenoz, le compositeur est le héros de ce roman plein d'empathie, où se répondent la rumeur meurtrière des premières lignes et celle, en principe salvatrice, des frondaisons. L'auteur est né à Bar-le-Duc, la première affectation de Ravel en 1916.


  • La revue de presse Fabienne Pascaud - Télérama du 11 février 2015

En 1916, à 41 ans, Maurice Ravel s'enrôle dans l'armée. De son style sensible et musical, Michel Bernard conte ce tournant dans la vie du compositeur...
Il joue des mots comme Ravel joue du piano, pour nous entraîner sur des chemins opaques et mystérieux. Sur les bonheurs et tragédies intimes du musicien, on ne saura rien. Et pourtant, on pénètre peu à peu comme chez soi dans sa demeure solitaire de Montfort-l'Amaury. Pas besoin de psychologie, de dialogues pour se sentir proche. Le style infiniment rare et musical de l'écriture fait ici le lien.


  • La revue de presse Sabine Audrerie - La Croix du 7 janvier 2015

La beauté d'une langue est peut-être le plus fort d'une lecture quand, comme c'est le cas avec le nouveau roman de Michel Bernard, elle saisit puissamment dès les premières lignes. Il y a quelque chose d'éminemment classique et délicat dans l'écriture de cet auteur discret qui, dans son 10e livre, fait revivre magnifiquement le solitaire Maurice Ravel, dans le quotidien des années du début de la Grande Guerre, et dans l'épaisseur de sa trajectoire, dont tous les secrets n'ont pas été livrés.


  • Les courts extraits de livres : 04/02/2015

Extrait du prologue

Le dimanche en fin d'après-midi, dans les années soixante, l'ORTF diffusait une émission au titre tendre et gai. Bons Baisers du temps jadis était un avatar culturel de la télévision du temps qu'elle prétendait montrer au peuple les gloires du génie français. Le réalisateur allait recueillir dans leurs demeures, vieux appartements parisiens du septième, du seizième ou du dix-septième arrondissement de Paris, manoir du Perche ou gentilhommière de l'ancien département de Seine-et-Oise, les témoignages de personnes d'un certain âge qui, autrefois, avaient bien connu tel écrivain, peintre ou musicien célèbres d'avant la guerre. Là avait vécu le grand homme ; il avait écrit sur ce bureau, peint ou sculpté dans cet atelier, pris ses repas sur cette table, dormi dans ce lit. On finissait par aller dans le parc ou le jardin aperçu derrière la fenêtre pendant l'entretien. On en faisait le tour sur les pas du témoin et du journaliste. Le grand homme aimait les roses, il les coupait lui-même, tout comme son bois, certains matins d'hiver, par hygiène. Il aimait ce cèdre au milieu de la pelouse et ce banc où il lisait le journal, adossé au mur chaud de soleil, la tête dans l'ombre de la glycine. Nos regards, suivant le mouvement de la caméra, remontaient l'allée entre les tilleuls, les rangées de buis et les colonnettes des balustrades, jusqu'aux nuages lents et légers sur l'horizon. C'était énigmatique et merveilleux, et ne servait à rien, sauf à refermer le coeur d'un enfant sur l'album de famille que ma mémoire feuillette maintenant.
C'est dans une des émissions de Bons Baisers du temps jadis que j'ai dû voir Céleste Albaret évoquer Marcel Proust. La fidèle servante, pauvre et sans famille, dévouée à la mémoire de l'écrivain, avait passé ses dernières années, de 1954à 1970, dans une maison mise à sa disposition par Édouard Ravel. Il avait ainsi trouvé un usage à la villa de Maurice, son illustre frère, inoccupée depuis la mort du musicien, avant que les Musées nationaux, légataires du bien, n'en confient l'entretien à la ville de Montfort-L'amaury. L'émission avait été tournée dans un des petits salons de Maurice Ravel, près d'une de ces fenêtres d'où l'on apercevait les pâtures de la côte d'en face et le sombre ourlet de la forêt de Rambouillet. Là avait été recueilli le témoignage de la vieille dame, et c'est là que je l'ai entendue causer, avec l'accent de sa campagne, de l'écriture d'A la recherche du temps perdu et des tourments et manies de son auteur.
Ces vieux logis parcimonieusement éclairés par les écartements des rideaux, ces parcs avec leurs buis pointus et carrés, leurs grands arbres aux ramures imprimées sur le ciel, et, sous les pas des promeneurs invisibles, le bruit des graviers, me parlaient de mes grands-parents et de leur maison, la villa Marguerite, villégiature décatie à flanc de colline au-dessus de Bar-le-Duc. Enfant, j'y passais les vacances, entre les bois et les champs, et la lucarne du grenier. Dans la salle à manger, suave et précis, le carillon saluait chaque heure de quelques notes de l'Ave Maria de Gounod. Il était beaucoup moins fort que le coq. Par intermittence, son chant traversait la maison comme gicle dans l'ombre de l'atelier un trait de cuivre en fusion. A tous, au voisin là-bas qui taillait ses groseilliers, à la grand-mère qui montait le sentier, le cabas à la main, au facteur qui poussait son vélo, et à la côte entière, il donnait la force et le courage du jour. L'égosillement du petit animal rendait heureux jusqu'aux os. En juillet, le Te Deum de Charpentier nous ralliait devant le poste de télévision pour la retransmission de l'étape du Tour de France. J'entendais, depuis le jardin, selon les mouvements de l'air, les vastes et fusants lambeaux du son des trompettes, pareils à des linges (...)


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