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.. Puissions-nous être pardonnés

Couverture du livre Puissions-nous être pardonnés

Auteur : Amy M. Homes

Traducteur : Yoann Gentric

Date de saisie : 14/07/2015

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Actes Sud, Arles, France

Prix : 24.00 €

ISBN : 9782330050900

GENCOD : 9782330050900

Sorti le : 06/05/2015

  • Les présentations des éditeurs : 15/05/2015

Historien spécialiste de Nixon, Harold Silver a passé sa vie à observer son arrogant et belliqueux cadet George, magnat de l'industrie TV, se bâtir une vie cossue dans la banlieue de New York et n'est que trop au fait du tempérament explosif de son frère. Le jour où George perd totalement le contrôle, la sauvagerie de son geste est telle que tous deux se voient projetés dans des vies radicalement nouvelles.
Du jour au lendemain, Harry se retrouve en charge d'une nièce et d'un neveu, auxquels viendront bientôt se greffer un orphelin pour le moins excentrique et un couple de retraités farfelus. Tandis qu'il s'emploie à fonder cette famille d'un genre nouveau, Harry, héros malgré lui, navigue dans la tempête avec une intelligence des autres salutaire et, ce faisant, trouve le chemin de lui-même.
C'est avec un humour décapant capable d'électriser les moments les plus sombres d'une tragédie familiale qu'A. M. Homes, storyteller et dialoguiste d'exception, confronte ici des personnages profondément meurtris à l'impérieuse nécessité de survivre aux épreuves que leur réserve l'existence pour se reconstruire durablement.

Auteur de plusieurs romans, lauréate de nombreuses distinctions et, notamment, d'une bourse de la Fondation Guggenheim, A. M. Homes a reçu pour ce livre le Women's Prize for Fiction 2013.
Actes Sud a déjà publié Ce livre va vous sauver la vie (2008), Le Sens de la famille (2009), La Fin d'Alice (2013), ainsi qu'un roman pour les adolescents, Jack (Actes Sud Junior, 2011).



  • La revue de presse Natalie Levisalles - Libération du 9 juillet 2015

La romancière américaine malmène ses personnages avec optimisme. C'est un livre où il y a un meurtre, un père qui devient fou, un accident d'auto, des orphelins dans tous les coins, une tante raciste, quelques vieux qui perdent la boule et un homme qui n'a jamais su quoi faire de sa vie. Et c'est pourtant un livre incroyablement optimiste...
Il n'est pas glauque non plus, mais plutôt émouvant, captivant aussi, comme un livre d'aventures, drôle et finalement plein de sagesse. Comme si, dans tout événement, même le plus atroce, on pouvait trouver de quoi rire et de quoi s'émerveiller, quelque chose à construire et quelque chose à apprendre. Ce n'est évidemment pas le cas dans la vraie vie (ou bien si ?)


  • La revue de presse Nathalie Crom - Télérama du 8 juillet 2015

Péripéties en cascade pour une famille américaine pas si ordinaire. Une fiction réaliste qui tient aussi de la farce, menée à un rythme haletant...
La famille est le grand sujet de A.M. Homes (née en 1961) ; Puissions-nous être pardonnés est une nouvelle variation, inattendue, rocambolesque, fourmillant de détails, sur ce thème infini. A la fois caustique et tendre, Amy Homes y confirme qu'elle est bien l'un des grands talents de sa génération.


  • La revue de presse Didier Jacob - L'Obs du 30 avril 2015

Construit comme une série, le nouveau roman de A. M. Homes, influencée par John Cheever et Don DeLillo, est né d'une nouvelle qu'elle avait écrite en 2007 et que Salman Rushdie avait sélectionnée dans un recueil des meilleures nouvelles de l'année. En l'étoffant de plus de 500 pages, la romancière new-yorkaise a fait le pari de raconter comment un homme, dont l'existence a pris en quelques semaines le pire des tournants, retrouve goût à la vie familiale et se reconstruit progressivement. Même si, côté amour, ça tangue un peu...
Le roman comme partie de billard ? «Puissions-nous être pardonnés» fourmille de rebondissements aussi savoureux qu'inattendus, comme si A. M. Homes prenait plaisir à dégommer les situations établies pour forcer les personnages à révéler leur vraie nature.


  • La revue de presse Alexandre Fillon - Le Journal du Dimanche du 10 mai 2015

A.M. Homes avait déjà fait preuve d'une belle fantaisie dans Ce livre va vous sauver la vie. Il n'est rien de dire que Puissions-nous être pardonnés est plus exubérant encore. Le lecteur doit attacher sa ceinture avant de suivre Harry dans des péripéties sans cesse plus farfelues. L'Américaine mène son affaire à cent à l'heure, pied au plancher, distillant page après page une ironie et un mordant qui emportent l'adhésion.


  • Les courts extraits de livres : 13/05/2015

"Puissions-nous être pardonnes", une incantation, une prière, l'espoir de parvenir à me tirer vivant de cette affaire. Vous est-il déjà arrivé de vous dire - je le fais exprès, je déconne et je ne sais pas pourquoi.

Vous voulez la recette du désastre ?
Le signe annonciateur : Thanksgiving chez eux l'an dernier. Deux ou trois dizaines de personnes installées à des tables allant de la salle à manger jusque dans le salon pour s'arrêter brusquement devant le banc de piano. Il trônait au bout de la grande table, occupé à déloger de la dinde coincée entre ses dents, à parler de lui-même. Je l'observais tout en faisant des allées et venues entre la salle à manger et la cuisine pour débarrasser les assiettes - le bout des doigts trempant dans une glu innommable - confiture de canneberges, patates douces, un oignon blanc froid, déchets de viande. A chaque trajet, je le haïssais un peu plus. Tous les péchés de notre enfance, à commencer par sa naissance, sont remontés à la surface. Il est venu au monde quand j'avais onze mois, d'abord mal en point, pas assez d'oxygène en chemin, et on lui a accordé bien trop d'attention. Après ça, j'avais beau m'efforcer de lui expliquer régulièrement à quel point il était affreux, il se comportait comme s'il se prenait pour un don des dieux. Ils l'ont baptisé George. Géo, il aimait qu'on l'appelle, comme si c'était cool, scientifique, mathématique, analytique. Moi, je l'appelais Géode - comme de la roche sédimentaire. Son assurance surnaturelle, la divine arrogance de sa tête tachetée de toupets blonds attiraient l'attention des autres, leur donnaient l'impression qu'il savait quelque chose. Les gens sollicitaient son opinion, sa participation, sensibles à un charme qui m'a toujours échappé. Lorsque nous avons atteint respectivement dix et onze ans, il était plus grand que moi, mieux bâti, plus fort. "T'es sûre que c'est pas le fils du boucher ?" plaisantait mon père. Et personne ne riait.
Je rapportais des assiettes et des plats lourds, des cocottes encroûtées des vestiges du dîner, et personne ne remarquait qu'il y avait besoin d'aide - ni George, ni ses deux enfants, ni ses amis grotesques, ses employés, en fait, notamment une miss météo et une brochette de présentateurs et présentatrices longilignes au maintien raide et aux cheveux laqués façon Ken et Barbie, ni mon épouse sino-américaine, Claire, qui détestait la dinde et ne manquait jamais une occasion de nous rappeler que, dans sa famille, les repas de fête se composaient de canard laqué et de riz gluant. La femme de George, Jane, avait passé la journée sur le pont, à faire la cuisine et le ménage, à servir, et la voilà qui raclait maintenant des assiettes pleines de jus et d'os au-dessus d'une poubelle gigantesque.
Jane décapait la vaisselle, empilant les plats sales les uns sur les autres et plongeant l'argenterie visqueuse dans un évier rempli d'eau savonneuse, fumante. Jetant un oeil vers moi, elle a passé le dos de sa main sur son front pour dégager ses cheveux et m'a souri. Je suis reparti pour un tour.
J'ai regardé leurs enfants et les ai imaginés habillés en Pères pèlerins, des chaussures noires à boucle aux pieds, accomplissant des corvées d'enfants dé Pères pèlerins, transportant des seaux de lait comme des boeufs humains. Nathaniel, douze ans, et Ashley, onze, étaient assis comme deux gros tas, voûtés, ou plutôt recroquevillés, comme si on les avait versés dans leur chaise, vraiment amorphes, les yeux rivés à leurs petits écrans, leurs seuls pouces en mouvement - l'une occupée à envoyer des SMS à des amis que personne n'avait jamais vus, l'autre à éliminer des terroristes numériques. Ce qui caractérisait ces enfants était leur absence, leur absence de personnalité, leur absence de présence, et, sauf pendant les vacances, leur absence de la maison. Ils avaient été envoyés en pension à un âge que d'autres auraient peut-être jugé trop précoce, mais dont Jane avait un jour confessé qu'il était dicté par une forme de nécessité - elle avait fait allusion à des problèmes d'apprentissage non précisés, à des difficultés d'épanouissement, et avait subtilement insinué que les sautes d'humeur de George, imprévisibles, rendaient la vie à la maison tout sauf idéale.


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