Recherche






Recherche multi-critères

Participez à la vie du site

Editeurs, auteurs, valorisez vos livres

Libraires, partagez vos découvertes

Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.

A ne pas manquer

Jennifer Murzeau

raconte la joie d'être en vie

Jordan Harper

est originaire du Missouri

Roger-Pol Droit

élabore son esprit d'enfance

Pramoedya Ananta Toer

est né sur l'île de Java

Emmanuelle Becker-Papin

traverse la rivière des doutes

Joukje Akveld

est une journaliste et écrivaine néerlandaise.

José Luis Zárate

est considéré comme un pionnier des littératures fantastiques au Mexique.

Jean-Pierre Rioux

transmet la connaissance.

Gilles Paris

est un écrivain heureux et lucide

Caroline De Mulder

est professeur de lettres

Olivier Rolin

aime les trains russes

Jean-Noël Fabiani

est Professeur de chirurgie cardiaque

Jason Shiga

Il depuis toujours à Oakland, en Californie.

Bruno Bayen

Bruno Bayen est comédien, metteur en scène, traducteur et écrivain.

Vladimir Sorokine

est vénéré par les uns, détesté par les autres.

Michèle Lesbre

raconte la "Robin des bois bretonne"

Laurence Nobécourt

a rendez-vous avec le Japon

François Hauter

vit à Montreux

Chez Frédéric Dard

Tout fut démesuré

Abdellah Taïa

est né à rabat

Jean Pruvost

enchante les media

Thierry Hesse

signe une confession captivante

Éric Neuhoff

fait entendre la petite musique du coeur

Lee Martin

a su créer un monde d'une douloureuse beauté

Michel Onfray

est philosophe, écrivain

Anne Sinclair

cherche la boussole

Stéphane Pair

est journaliste à France Info (Radio France)

Niiia Weijers

a étudié la littérature à Amsterdam et à Dublin.

Karin Kalisa

a vécu à Hambourg, Tokyo et Vienne avant de s'installer à Berlin

Victor del Árbol

a été séminariste, policier, garde du corps

La famille Standjofski

est un méli-mélo de racines européennes

Nicolas Tackian

Il notamment créé avec Franck Thilliez la série ALEX HUGO pour France 2

Loïc Merle

questionne le sens de la vie

Régine Detambel

prend soin de nous, comme les livres

Christian Oster

Prix Médicis 1999, nous enchante à nouveau

Kamel Daoud

conquiert sa liberté par et dans l'écriture.

Dominique Fabre

est un rêveur mélancolique

Imre Kertész

Imre Kertész vécut l'écriture comme un acte existentiel et personnel,

Simona Sora

est une critique littéraire reconnue en Roumanie

Monique Bacchetta

présente les écrits mandéens

Frédéric Dard

sut marier grâce et grossièreté

Julia Kerninon

a toujours voulu être écrivain

François Busnel

est le journaliste préféré des libraires

Françoise Chandernagor

partage le bonheur de découvrir les poétesses inconnues

Etienne Perrot

a dédié son oeuvre à l'accomplissement intérieur

C.G. Jung

fut médecin de l'âme

Bertrand Dicale

explore les cultures populaires

Delphine de Vigan

aime le concerto pour 4 pianos de Bach

Nelly Kaprièlian

enquête sur le destin d'une actrice

Philippe Claudel

admire «la force qu'ont les hommes de ­durer»

Sempé et Marc Lecarpentier

apprécient l'amitié délicate et patiente

Fra Angelico

initie le courant des peintres dits «de la lumière»

Le Cycle d'Oz

fait partie du patrimoine littéraire américain

Jean-Paul Didierlaurent

est gâteux

Emmanuelle Pirotte

est ovationnée par les libraires et la presse (dont François Busnel)

Michal Ajvaz, figure littéraire tchèque,

est considéré comme un écrivain majeur aux États-Unis

Céline Delavaux

présente une dizaine d'objets qui ont conquis le monde

Véronique Ovaldé

invite les parents et les enfants à ne pas avoir peur

Paul Bocuse

habille les poulets

Christine Van Acker

est drôle sans être méchante, caustique sans être cynique (Jérôme Garcin)

Christophe Quillien

est un aviateur sans boussole (et sans avion)

Muriel Barbery

raconte son chat

Annie Degroote

est native des Flandres françaises

Cassandra O'Donnell

passe des heures à discuter avec les libraires

Raymond Carver

fut élevé au rang des plus grands écrivains du siècle dernier

Jean-Paul Didierlaurent

est un faiseur d'histoires atteint de gâtisme

Hubert Haddad

pousse la fiction-vérité dans ses ultimes retranchements

Odile Verschoot

Rédige en nageant, écrit en séchant

Yann Queffélec

porte ce livre, comme un chagrin secret

Pablo Iglesias

observe les leçons politiques de Game of thrones

Claude Lorius

a quatre-vingt-trois ans. Il est glaciologue

Thierry Cazals

aime les promenades non balisées, les sentiers secrets, les chemins de traverse

Delphine de Vigan

et la force mystérieuse (prix Renaudot 2015)

Mathias Enard

explore l'orientalisme

Daniel Lacotte

est écriveur

William Giraldi

est traduit par Mathilde Bach

Jérémie et Stéphanie Gicquel

ont une passion pour le froid polaire

Yann Queffélec

remue le couteau dans la plaie

Le Paris de Nicolas d' Estienne d'Orves

est un rêve intime, un monde secret, une parenthèse enchantée.

Arnaldur Indridason

est né à Reykjavik en 1961

Peter Heller

épouse l'action, la fureur, la poésie

Didier Daeninckx

raconte un beau souvenir de librairie (voir ses réponses au questionnaire décalé)

Jérôme Garcin

reçoit le prix du Parisien magazine, avec Le voyant

Pierre Raufast

a toujours un carnet sur lui, pour noter les nouvelles idées

Toni Morrison

est entourée d'artistes contemporains - musiciens, plasticiens, metteurs en scène

Diane Meur

réinvente brillamment le genre de la saga...

Olivier Houdé

se passionne pour l'intelligence en construction chez les enfants...

Arnaud Le Guern

offre un petit manuel attachant, à destination des juilletisto-aoûtiens en errance...

Michal Ajvaz

écrit à Prague des ouvrages de fiction, de philosophie et des essais.

Denis Lachaud

explore les nouvelles formes de contestation...

Pascale Gautier

partage l'émotion...

Anne Poiré et Patrick Guallino

aiment les chats et la bonne humeur...

Frédéric Couderc

salue la force et la bienveillance de Nelson Mandela

Patrick Weil

prend à contre-pied bien des croyances...

Sonja (prononcer Sonia) Delzongle

est auteur de thrillers et va chercher son pain presque tous les jours...

Pour Tristan Savin

le pays de la littérature est aussi celui de la géographie...

l'Australienne Cate Kennedy

compose une partition émouvante sur le choc des générations...

António Lobo Antunes

est l'une des grandes figures de la littérature contemporaine...

Didier Cornaille

est paisible retraité atteint d'une addiction grave à l'écriture...

Kinga Wyrzykowska, née à Varsovie,

a appris à lire, conter, rêver en français...

Naïri Nahapétian

née à Téhéran, parle, écrit et rêve en français...

Aki Shimazaki

née au Japon, vit à Montréal...

Adrian McKinty

dans la rue entend des sirènes...

Vincent Lodewick «Dugomier»

est un scénariste de bande dessinée heureux...

Pierre Grillet

lui aussi écrit des chansons de rêve...

A. M. Homes

a reçu pour ce livre le Women's Prize for Fiction 2013...

Valérie Zenatti

reçoit le 41ème Prix du Livre Inter...

Sandrine Collette

partage sa fascination pour la puissance incontrôlable de la nature...

Fanny Chiarello

est lauréate du Prix Orange du Livre 2015...

Les lecteurs du Monde

découvrent le portrait de Denis Soula...

Gaëlle Nohant

reçoit le Prix du Livre France Bleu - Page des Libraires...

Rosine Crémieux

résistante dans le Vercors à 16 ans, est rééditée par Anne-Laure Brisac...

Joëlle Miquel

aimerait partager la générosité des coeurs ouverts...

Sébastien Raizer

est Cofondateur des éditions du Camion Blanc, traducteur et auteur à la Série Noire...

Jean-Marc Héran

raconte Brel...

Michel Serres

invite ­à inventer, à prendre des risques...

Jérôme Ferrari

livre son plus beau texte depuis Où j'ai laissé mon âme...

A.M. Homes

fait preuve d'une belle fantaisie...

Elmore Léonard

a résumé son art en «Dix règles d'écriture»...

DOA

est romancier à la Série Noire, Gallimard...

Russell Banks

affectionne la nouvelle...

Marido Viale

Dort beaucoup, et rêve...

Arnaldur Indridason

dépasse le thriller...

Raphaëlle Riol

écrit nécessairement en compagnie de mon chat...

Océane MADELAINE

est céramiste et écrivain

Cécile Huguenin

est une nomade...

Maurice Ravel

rejoint Bar-le-Duc, puis Verdun, en mars 1916...

Valérie PARENT

est amoureuse des chats...

Arrigo Lessana

a été chirurgien du coeur pendant plus de trente ans...

Riad Sattouf

est né d'un père syrien et d'une mère bretonne...

Annie Ernaux

a l'impression d'écrire même quand elle n'écrit pas...

Russell Banks

revient avec douze nouvelles qui sont autant de pépites...

Jean Rolin

est du côté des rêveurs...

Mathieu Burniat

raconte la passion de la cuisine...

Patrick Modiano,

Prix Nobel de littérature, raconte le mystère de l'inspiration et son amour infini des librairies...

ZEP :

Le trait du dessinateur est comme sa voix...

Francine Perrot

invite à découvrir les trésors qui sont en nous...

Application pour smartphones,
avec Orange et Big5media

Découvrez sur votre mobile (iPhone, Android ou Windows Phone), en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, les paroles d'internautes, et des milliers d'extraits de livres.

Le Choix des Libraires sur iDevice

Les choix des libraires sur Android

Les choix des libraires sur Windows Phone

.. Délivrances

Couverture du livre Délivrances

Auteur : Toni Morrison

Traducteur : Christine Laferrière

Date de saisie : 01/10/2015

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Bourgois, Paris, France

Prix : 18.00 €

ISBN : 978-2-267-02878-2

GENCOD : 9782267028782

Sorti le : 20/08/2015

Bride est une jeune femme noire à la beauté éclatante, elle fait une brillante carrière dans l'univers des cosmétiques. Sa vie n'a pourtant pas été toujours été si lisse. Derrière sa fierté, son argent et son bonheur apparent sommeille une jeune femme fragile. Élevée sans amour et rejetée par sa mère, elle a souffert de la couleur de sa peau et cache un terrible secret qui s'avérera explosif. Pour se reconstruire et entrer avec maturité dans l'âge adulte, elle devra se délivrer du poids du passé et de la culpabilité. Une délivrance pour une quête d'identité comme une renaissance. Avec une économie de mots qui rend son texte percutant, Toni Morrison dresse un beau portrait de femme, sans concession, dans la société américaine contemporaine.


Le teint profondément noir, presque bleuté, de Lula-Ann à sa naissance, a effrayé sa mère. Elle qui a le teint clair, comme sa propre mère et sa grand-mère, et dont le mari pourrait presque passer pour blanc, rejette immédiatement ce bébé qui met fin à son couple et perturbe sa vie...
Devenue adulte, Lula-Ann s'est transformée : elle a changé de nom, «Bride» lui fait désormais office de nom et de prénom, et elle a appris à mettre en valeur sa couleur de peau si particulière. Elle est devenue envoûtante ! Et elle a réussi ! Chef d'entreprise accomplie, elle a tout pour elle... Jusqu'à ce que son amant déclare en la quittant qu'elle n'est «pas la femme qu'il lui faut». Tout s'effondre alors, et la jeune femme est rattrapée par son passé.
Dans ce roman à l'atmosphère magique et envoûtante, Toni Morrison revient sur les thèmes qui lui sont chers : le racisme, le rejet, la violence, la place de chacun dans la société. Avec son style toujours aussi poétique et subtil, elle nous livre une fois encore une histoire époustouflante qui met en lumière les perversions de notre époque !


Toni Morrison traite une fois encore des traumatismes et du racisme avec talent.
L'histoire comme l'écriture est à la fois crue et poétique, dure et délicate.
Un brillant tourbillon littéraire !


  • Le courrier des auteurs : 17/10/2015

1) Qui êtes-vous ? !
Une traductrice littéraire, ce qui signifie être un peu une éminence grise...

2) Quel est le thème central de ce livre ?
La couleur de l'enfance, tant au sens propre que figuré du terme.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
"J'ai vendu mon élégante noirceur à tous ces fantômes de mon enfance et maintenant ils me la payent."

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
"I Wanna Dance With Somebody", de Whitney Huston. Et peut-être aussi "Unchain My Heart", de Ray Charles.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Je ne partage pas : je leur propose et ils prennent ce qu'ils veulent ou ce qu'il faut, et bien souvent les deux !

6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
Du moka d'Éthiopie ou du Lapsang Souchong avant de me mettre à l'ouvrage.

7) Comment vous vient l'inspiration ?
Par le travail, encore le travail et toujours le travail.

8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescente «un jour j'écrirai des livres» ?
La traduction s'est imposée comme une évidence le jour où, par un généreux hasard, on m'a proposé de m'y essayer.

9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?
"1984" d'Orwell, lu cinq fois en un mois à l'âge de 14 ans. Puis Wilde pour l'immense finesse. Montherlant pour la rigueur et la vigueur. Shakespeare m'a rendue folle amoureuse de Richard III, et Dostoïevski, de Raskolnikov.

10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
Ce qu'ils nous offrent aide à vivre mieux, voire à survivre. Mais s'il m'est difficile de préciser davantage à quoi ils servent, j'espère toujours, en traduisant, dignement les servir.


  • Les présentations des éditeurs : 17/10/2015

Dans son onzième roman, qui se déroule à l'époque actuelle, Toni Morrison décrit sans concession des personnages longtemps prisonniers de leurs souvenirs et de leurs traumatismes.
Au centre du récit, une jeune femme qui se fait appeler Bride. La noirceur de sa peau lui confère une beauté hors norme. Au fil des ans et des rencontres, elle connaît doutes, succès et atermoiements. Mais une fois délivrée du mensonge - à autrui ou à elle-même - et du fardeau de l'humiliation, elle saura, comme les autres, se reconstruire et envisager l'avenir avec sérénité.

«Rusé, sauvage, et élégant... Toni Morrison distille des éléments de réalisme et d'hyper-réalisme dans un chaos magique, tout en maintenant une atmosphère narrative séductrice et poétique, voire toxique... Une fois encore, Toni Morrison déploie une écriture courageuse et sensuelle qui fait d'elle, sans doute, la plus grande romancière contemporaine.» Lisa Shea, Elle

«Toni Morrison ajoute une nouvelle pierre à l'édifice d'une oeuvre [...] au sein de laquelle elle ne cesse d'examiner, d'interroger les conflits et les changements culturels de notre époque. Délivrances est incontestablement un nouveau chef-d'oeuvre.» Jane Ciabattari, BBC



  • La revue de presse Nathalie Lacube - La Croix du 2 septembre 2015

Beau et tragique comme une chanson de Billie Holiday, le dernier livre de Toni Morrison questionne le mal absolu, les crimes contre les enfants, sans renoncer à l'espoir...
La grande dame de la littérature américaine conserve intacte, à 84 ans, sa colère contre le mal qui broie l'innocence. Elle prend la liberté d'aller où elle veut, de dire une parole essentielle que les lecteurs suivront, hypnotisés. Comment se délivrer du mal, comment guérir des blessures, comment repousser les ténèbres  ?...
Écrivain énorme, par l'ampleur des thèmes brassés, la précision de sa construction narrative, la profondeur de ses personnages, les éclats d'humour et les touches de mystère qui composent son oeuvre, Toni Morrison est aussi, avant tout, une moraliste en quête de justice et de pardon.


  • La revue de presse Florence Noiville - Le Monde du 27 août 2015

Voilà plus d'un demi-siècle que Toni Morrison, Prix Nobel de littérature 1993, restitue les traumas, les maux et les blessures des Noirs américains. Avec une âpreté mais aussi un lyrisme et une poésie qui ont fait d'elle la grande voix de l'Amérique multiraciale. A 84 ans, elle publie son onzième roman, qui s'intitule en anglais God Help the Child (« Que Dieu vienne en aide à l'enfant »). Au moment où les Etats-Unis souffrent d'un regain de tensions raciales, ce livre résonne comme une prière on ne peut plus actuelle. Une prière dont le but ultime serait de délivrer - le titre français est Délivrances. Délivrer, aux sens multiples de libérer, donner, accoucher... Délivrer au sens de «Délivrez-nous du mal» et de tout le reste : voilà l'idée qu'explore Morrison dans ce texte où l'on retrouve, comme dans une chambre d'échos, nombre des thèmes qui irriguent son oeuvre.


  • La revue de presse Valérie Marin La Meslée - Le Point du 26 août 2015

Voici le grand retour de Toni Morrison qui nous avait laissés sur Home, un livre court et essentiel, au titre intraduisible, disant à la fois maison, foyer, havre, appartenance...
Cette fois, ce n'est plus dans la longue et douloureuse histoire afro-américaine qu'elle a puisé le sujet de son onzième roman, mais dans la société contemporaine, saisie avec une stupéfiante modernité, y compris de langage...
Les deux thèmes majeurs du livre sont installés : comment vivre avec une couleur de peau qui demeure un enjeu brûlant dont l'actualité américaine ne cesse de témoigner ? Comment vivre, aussi, lorsqu'on a subi de près ou de loin dans l'enfance l'agression sexuelle d'un adulte ?


  • La revue de presse Nathalie Crom - Télérama du 2 septembre 2015

La compassion magnifique de Toni Morrison pour son héroïne, maudite pour être née la peau noir bleuté. L'enfant est un personnage récurrent, omniprésent dans la galaxie des figures que Toni Morrison convoque, de livre en livre, sur la scène de son éblouissant théâtre romanesque...
D'autres enfants habitent les pages fluides de Délivrances. Filles et garçons, noirs ou blancs, vivants ou morts. Il y a Lula Ann, Rain, Adam, d'autres qui parfois n'ont pas de nom, qu'on ne fait qu'entrevoir. Ils sont toujours victimes - du racisme, de la prédation sexuelle, des défaillances morales des adultes.


  • La revue de presse Laëtitia Favro - Le Journal du Dimanche du 16 août 2015

La Prix Nobel de littérature 1993 revient, à 84 ans, avec Délivrances qui raconte l'histoire d'une fille rejetée par sa mère à cause de la noirceur de sa peau...
Au-delà du ségrégationnisme mis en lumière dans l'intégralité de son oeuvre, Toni Morrison explore dans ce récit la façon dont les préjugés, le racisme des Blancs envers les Noirs, vont jusqu'à modeler les relations sociales des Noirs entre eux, empoisonnant l'inconscient collectif américain. L'adoption de la narration à voix multiples, déjà éprouvée dans Home, rend avec d'autant plus de violence cette injuste réalité. L'auteur, aura néanmoins pris soin de laisser place au sous-entendu, un art qu'elle maîtrise à la perfection, donnant à ce court roman une envergure beaucoup plus vaste que ses 200 pages. Au coeur des bouleversements de son époque, la grande dame au célèbre franc-parler apporte avec ce conte poétique et cruel une nouvelle pierre à son entreprise de mémoire collective de la nation américaine.


  • La revue de presse Hubert Artus - Marianne, août 2015

Après avoir toujours travaillé sur le passé américain et autour des mémoires collectives, voici que le grand écrivain Toni Morrison pose son scanner littéraire sur notre temps et sur la mémoire individuelle. Un grand roman sur les préjugés, l'inconscient collectif, les relations familiales, mais plus encore sur la dignité.


  • Les courts extraits de livres : 17/10/2015

Sweetness

Ce n'est pas de ma faute. Donc vous ne pouvez pas vous en prendre à moi. La cause, ce n'est pas moi et je n'ai aucune idée de la façon dont c'est arrivé. Il n'a pas fallu plus d'une heure après qu'ils l'avaient tirée d'entre mes jambes pour se rendre compte que quelque chose n'allait pas. Vraiment pas. Elle m'a fait peur, tellement elle était noire. Noire comme la nuit, noire comme le Soudan. Moi, je suis claire de peau, avec de beaux cheveux, ce qu'on appelle une mulâtre au teint blond, et le père de Lula Ann aussi. Y a personne dans ma famille qui se rapproche de cette couleur. Ce que je peux imaginer de plus ressemblant, c'est le goudron ; pourtant, ses cheveux ne vont pas avec sa peau. Ils sont bizarres : pas crépus, mais bouclés, comme chez ces tribus qui vivent toutes nues en Australie. Vous pourriez croire qu'elle nous renvoie en arrière, mais à quoi ? Vous auriez dû voir ma grand-mère : elle se faisait passer pour blanche et n'a jamais rien dit d'autre à aucun de ses enfants. Toute lettre qu'elle recevait de ma mère ou de mes tantes, elle la renvoyait sur-le-champ, intacte. Pour finir, elles ont saisi le message comme quoi il n'y avait pas de message et elles l'ont laissée tranquille. Presque tous les types de mulâtres et presque tous les quarterons faisaient ça, dans le temps ; à savoir s'ils avaient les bons cheveux. Vous imaginez combien de Blancs ont dans les veines du sang noir qui circule et qui se cache ? Devinez. Vingt pour cent, à ce que j'ai entendu. Lula Mae, ma propre mère, aurait facilement pu se faire passer pour blanche, mais elle a choisi de s'abstenir. Elle m'a dit le prix que lui avait coûté cette décision. Quand mon père et elle sont allés au tribunal pour se marier, il y avait deux Bibles et il a fallu qu'ils posent la main sur celle réservée aux Noirs. L'autre était pour les mains des Blancs. La Bible ! Incroyable, non ? Ma mère était femme de ménage chez un riche couple de Blancs. Ils mangeaient chacun des repas qu'elle cuisinait et insistaient pour qu'elle leur frictionne le dos pendant qu'ils restaient assis dans la baignoire, et Dieu sait quelles autres choses intimes ils lui faisaient faire, mais hors de question qu'elle touche la même Bible.
Certains d'entre vous croient probablement qu'il n'est pas bon qu'on se regroupe en fonction de notre couleur de peau - plus elle est claire, mieux c'est - dans des clubs, des quartiers, des églises, des sororités, voire des écoles pour enfants de couleur. Mais comment pouvons-nous autrement conserver un peu de dignité ? Comment pouvez-vous autrement éviter de recevoir des crachats au drugstore et des coups de coude à l'arrêt de bus, de marcher dans le caniveau pour laisser tout le trottoir aux Blancs, de devoir payer cinq cents un sac en papier gratuit pour la clientèle blanche ? Sans compter les insultes. J'ai entendu parler de tout ça et de beaucoup, beaucoup d'autres choses. Mais grâce à sa couleur de peau, ma mère ne se voyait pas empêchée d'essayer des chapeaux dans les grands magasins, ni d'utiliser leurs toilettes. Et mon père pouvait essayer des chaussures à l'avant de la boutique, pas dans une arrière-salle. Ni l'un ni l'autre ne se serait autorisé à boire à une fontaine «réservée aux gens de couleur», même s'ils mouraient de soif.


- Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia