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.. La splendeur dans l'herbe

Couverture du livre La splendeur dans l'herbe

Auteur : Patrick Lapeyre

Date de saisie : 06/03/2016

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : P.O.L

Collection : Fiction

Prix : 19.80 €

ISBN : 9782818038192

GENCOD : 9782818038192

Sorti le : 01/01/2016

  • Les présentations des éditeurs : 12/12/2015

Au début, on dirait des ombres. Un homme et une femme parlent ensemble de ceux qui les ont trahis. Ils en parlent sans cesse, obsessionnellement, à chaque fois qu'ils se revoient. Jusqu'à ce que se noue entre eux, et presque malgré eux, une étrange relation amoureuse, dont l'accomplissement semble continuellement retardé. Comme si l'envoûtement de la conversation leur faisait oublier tout le reste.

Patrick Lapeyre est édité chez P.O.L depuis 1984. Il y a publié sept romans, dont L'Homme-soeur prix des Librairies Initiales et Livre Inter, 2004, et La Vie est brève et le désir sans fin, prix Femina 2010 (plus de 158 000 ex vendus).



  • La revue de presse Frédérique Roussel - Libération du 3 mars 2016

Dans «la Splendeur dans l'herbe», deux antihéros rassemblés par le hasard s'accordent dans une exquise indolence...
C'est donc sur l'envers que Patrick Lapeyre a construit son livre. Sur cette face a priori peu glorieuse des laissés-pour-compte, sur les ombres pitoyables d'une flamme passée. Deux échecs amoureux, deux solitudes qui commencent à converser et à communier dans les mêmes silences. Si l'on considère qu'un amour naît entre deux personnes qui se choisissent, qu'en est-il d'un homme et d'une femme amenés à se connaître après la trahison des deux autres ?...
C'est donc sur l'envers que Patrick Lapeyre a construit son livre. Sur cette face a priori peu glorieuse des laissés-pour-compte, sur les ombres pitoyables d'une flamme passée. Deux échecs amoureux, deux solitudes qui commencent à converser et à communier dans les mêmes silences. Si l'on considère qu'un amour naît entre deux personnes qui se choisissent, qu'en est-il d'un homme et d'une femme amenés à se connaître après la trahison des deux autres ? Dans la vraie vie, on regarderait cette tentative de rapprochement comme une sorte d'amour qui ne pourrait être que de consolation.


  • La revue de presse Raphaëlle Leyris - Le Monde du 14 janvier 2016

Dans ce magnifique roman du désir, d'une infinie délicatesse, Patrick Lapeyre joue autant avec la patience de ses lecteurs qu'avec celle de ses personnages...
D'où un effet d'étirement du temps extrêmement réussi, qui fait de La Splendeur dans l'herbe un roman dans lequel on rêverait de rester lové.


  • La revue de presse Laëtitia Favro - Le Journal du Dimanche du 27 décembre 2015

Un homme et une femme, blessés par leurs histoires précédentes, s'interrogent sur la possibilité d'un nouvel amour...
Aussi obsessionnelle que les personnages mis en scène, la mélopée qui émane de cette histoire d'amour à mille lieues de la verve romantique traditionnelle enveloppe le récit d'une douceur quasi surannée, tant on est loin de la séduction agressive et triomphante affichée un peu partout aujourd'hui. Libérée de l'emprise du temps, la relation se nouant entre ces deux êtres abîmés captive le lecteur par la subtilité de ses détails, qui ne manqueront pas d'évoquer en lui le souvenir d'un parfum, d'une inflexion de voix, de l'"heure de cette splendeur dans l'herbe" où tout est baigné de lumière...
Roman du réapprentissage, la tension dramatique de La Splendeur dans l'herbe réside dans l'émancipation d'un couple contre la tyrannie du temps, des erreurs, des regrets, et dans la tentative un peu folle d'essayer encore, quitte à se perdre.


  • La revue de presse Nathalie Crom - Télérama du 30 décembre 2015

Un homme et une femme se rencontrent et, sur les ruines de leurs amours passées, naît une idylle décalée et délicate. A l'image de ce roman...
La Splendeur dans l'herbe - qui évoquera infailliblement aux cinéphiles le chef-d'oeuvre d'Elia Kazan connu en France comme La Fièvre dans le sang, titre diablement plus rêche, moins mélancolique que ne l'est la version originale, Splendor in the grass. Ce n'est pas là une clé qu'il est nécessaire de détenir pour entrer dans ce roman tout en délicatesse, sans larmes ni haussements de ton, comme tracé à la ligne claire par Patrick Lapeyre. Disons simplement que le désir amoureux, à la fois dissident et contrarié, est au coeur de ces deux oeuvres, tout ensemble motif central et principe actif de la narration.


  • Les courts extraits de livres : 12/12/2015

Homer, qui possédait entre autres facultés celle d'apparaître quand on ne l'attendait plus, se présenta à cinq heures devant le portail du jardin, avec son parapluie, sa cravate au vent et ses chaussures boueuses. Comme il était affreusement en retard, la femme avec laquelle il avait rendez-vous était déjà sortie plusieurs fois sur le perron et l'observait à présent, l'air décontenancée.
Tandis qu'il faisait de grands gestes au bas des marches à cause de son parapluie récalcitrant - qu'il brandissait bêtement vers le ciel -, il crut d'ailleurs remarquer que son mètre quatre-vingt-treize et la maladresse de ses gestes contribuaient presque autant à son étonnement que son retard injustifiable.
Une fois son parapluie enfin maîtrisé, ils se retrouvèrent devant la porte d'entrée, à quelques centimètres l'un de l'autre, à la manière de deux personnes sur le point de s'embrasser, sauf qu'ils ne se connaissaient pas... Le moment était donc délicat.
- Je suis sincèrement désolé, s'excusa-t-il, encore tout essoufflé d'avoir couru depuis la gare. J'imagine que vous êtes bien Mme Mangani.
- Exactement, Sybil Mangani... Maintenant, entrez, je vous en prie, lui dit-elle avec un sourire, en ajoutant que s'il le souhaitait, il pouvait laisser ses chaussures et son parapluie dans le couloir.
Rassuré de la trouver si accueillante (même s'il la sentait quelque part aussi tendue qu'il l'était lui-même), Homer la suivit en chaussettes à l'intérieur d'une grande pièce, haute de plafond, dont l'un des murs était percé d'une baie vitrée côté jardin... À l'état des peintures et des parquets, on devinait que la maison avait connu des jours meilleurs, mais elle avait en même temps une sorte de charme anglais, dû à ses murs festonnés de vigne vierge et à ses fenêtres en saillie.
- Vous êtes vraiment immense, remarqua-t-elle tout à coup, en se haussant sur la pointe des pieds à côté de lui.
- Vous trouvez ? dit-il, songeant que sa timidité devait contraster avec son physique de plantigrade.
Comme elle proposait de faire du café, il lui fit signe de ne surtout pas se mettre en peine pour lui. De toute façon, il avait déjà pris un café à la gare. Mais elle y tenait.
Pendant qu'elle allait et venait entre la cuisine et le salon en lui parlant de ses difficultés à entretenir toute seule une telle bâtisse, il était resté debout, un peu incertain, frappé par le chaud de sa voix... C'était une voix sourde, agréablement voilée... Il nota également que ses cheveux relevés en chignon mettaient en valeur son long cou, tout en lui donnant un air très sage.
- J'apporte le sucre, lui dit Sybil Mangani, sans rien soupçonner apparemment de cet examen.


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